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Australie, terre de tous les venins

6 March, by Pierre Vandeginste[ —]

Un sujet de saison inspiré par mon article sur Ces sales bêtes qui nous pourrissent l’été, que l’on peut encore lire dans le numéro de Marianne paru samedi dernier, 26 juillet. C’est une sorte de curiosité zoologico-géographique, l’Australie collectionne les animaux venimeux. Elle détient même des records. Le serpent le plus toxique ? C’est le taïpan du désert (Oxyuranus microlepidotus). Son venin suffirait à tuer cent personnes adultes, bon poids. Il vit en Australie. Il a là-bas tout plein de collègues également dotés de glandes à venin efficaces (notamment le serpent tigre, Notechis ater et N. scutatus), ce que l’on résume généralement en affirmant que sept (voire huit) des serpents les plus venimeux de la planète vivent en Australie. On ajoute généralement que cette région du monde est la seule où la majorité des espèces de serpents sont venimeuses.
 L’araignée la plus féroce ? Atrax robustus, même adresse. Regardez-là bien, elle mérite sans discussion l’appellation mygale. Pour faire bonne mesure, on croise dans cette même contrée une autre araignée venimeuse proche de notre veuve noire, mais en plus dangereuse encore : la veuve noir à dos rouge (Latrodectus hasselti). Comme son nom l’indique, elle est passablement reconnaissable.
  Ça ne s’arrange pas en mer. Attention au poisson-pierre (Synanceia verrucosa). Cette rascasse est le poisson le plus venimeux du monde (jolies photos ici). La douleur est atroce, et il vaut mieux être pris en charge, et même hospitalisé fissa. Attention à ne pas mettre les pieds, non plus, sur l’un de ces cônes (Conus geographus, C. striatus, C. tulipa et quelques autres) capables de vous infliger à l’aide de leur harpon une piqûre franchement mémorable, si l’on survit.

Toujours chez les mous, l’Australie trouve le moyen d’abriter le poulpe qui tue. D’une manière générale, y compris sur notre littoral, la morsure de poulpe est (un peu) vénéneuse. Pour s’en rendre compte, il faut vraiment les asticoter. Mais la pieuvre à anneaux bleus (Hapalochlaena lunulata, H. fasciata et H. maculosa), il vaut vraiment mieux ne pas l’enquiquiner. Son venin neurotoxique est cent fois plus efficace que celui du cobra. Il bloque la respiration. 

Mais dans l’eau, ce sont surtout les méduses que l’on craint, et pas pour rien. La championne toutes catégories est la guêpe de mer (Chironex fleckeri), que l’on ne conseille à personne de rencontrer. Sous un corps de 40 cm de diamètre, elle laisse filer 60 interminables tentacules de 4 mètres de long. Ses neurotoxines sont d’une efficacité redoutable. Elle peut tuer en quelques minutes, le paramètre essentiel étant la longueur de filaments en contact avec le corps. Au-delà de quelques mètres, le pronostic est sombre. Cette engeance a quelques collègues du même tonneau dans les parages. Comme la méduse d’Irukandji (Carukia barnesi), qui sévit sur la côte nord-est (Queensland). Et joue la discrétion. Sa taille est minime (2 cm), sa piqûre d’abord indolore. Mais après un bon quart d’heure elle fait passer… un sale quart d’heure.

Après tout, peut-on s’étonner de cette accumulation de bestioles empoisonnantes autour de ces terres, quand on sait qu’elles hébergent l’un des très rares mammifères venimeux. Un mammifère un peu demeuré, au demeurant, puisqu’il pond encore des œufs. Oui, l’ornithorynque. Chez cette espèce, le mâle est armé, il porte à la cheville postérieure une sorte d’ergot empoisonné.

Mais c’est quand on creuse un peu plus le sujet qu’il devient franchement amusant. Un intéressant renversement se produit. On découvre que le taïpan du désert vit… dans le désert, où il risque d’autant moins de tuer des gens qu’il est d’une timidité confondante. Ce qui fait dire aux spécialistes que pour se faire piquer par lui il faut absolument l’avoir cherché. Plus généralement, ces serpents les plus venimeux du monde, dont s’enorgueillit l’Australie, ne tuent pas grand monde. Un, deux, trois décès par an ? Ce n’est rien à côté, par exemple, de la Vipère de Russel, qui tue des milliers de gens chaque année, notamment au Sri Lanka, en Inde, Malaisie, Indonésie et jusqu’en Chine. Cela parce qu’elle n’a pas peur de l’homme. Elle traîne jusqu’en centre ville, et en cas de rencontre, elle attaque au lieu de se carapater.

Le poisson pierre ? Tout le monde sait le reconnaître et le fuit comme la peste. Les cônes ? Les rares accidents impliquent des plongeurs qui les cherchent, c’est peu de le dire, parce que leur jolie coquille est très appréciée des touristes. La guêpe de mer ne parvient même pas à zigouiller un humain par an, tout simplement parce qu’elle est surveillée, repérée, signalée, et qu’on dispose d’un excellent sérum. Si les secours interviennent rapidement, la victime de Chironex fleckeri a toutes les chances de s’en tirer.

Pas de bébête vraiment dangereuse, finalement, en Australie ? Et bien si, il ont là-bas une terrible tueuse, responsable, bon an, mal an, d’une dizaine de cas mortels annuels. Elle s’appelle Apis mellifera, c’est la même gentille abeille qui produit le miel de nos tartines et pollinise nos plantations. Et elle a été importée d’Europe.


Leçon de (petit) chose

6 March, by Pierre Vandeginste[ —]

Il y a des mecs qui sont super fiers de leur engin. Ils n’ont jamais rien vu. Pour commencer, il y a des baleines qui en ont un de plus de trois mètres. Alors franchement, la ramener pour quelques petits centimètres… Ajoutons que la plupart des mammifères, et même des primates, ont un os dedans (un baculum), pour assurer à coup sûr. Voilà qui remet encore une fois l’homme à sa place : en descendant de l’arbre il a inventé le langage articulé et le pénis mou. Enfin, les serpents, notamment, en ont deux.
Plus grave, notre unique petit outil ramolli est d’une déconcertante rusticité. Papilio xuthus, un joli papillon, a des “yeux” au bout de la queue, lui. Oui, celle que vous avez en tête. Enfin, disons plutôt des sortes de cellules photoélectriques, comme il y en a dans les ascenseurs pour commander la fermeture des portes. Ça lui sert à être sûr que le truc est bien en place chez la dame. Pratique, non ?
Plus banal, les mouches et d’autres insectes ont un hypopyge, bidule complexe doté d’une pince destinée à s’arrimer solidement sur l’abdomen de la belle. De quoi on a l’air avec notre machin tout bête ?
Enfin, que diriez-vous de cet ustensile à double action, dont héritent des libellules et autres iules, doté d’appendices latéraux permettant, avant de planter ses choux, d’astiquer l’endroit, plus précisément d’aspirer la semence de la concurrence qui serait passée devant ?
Faut-il être jaloux de ces artilleries exubérantes et accessoirisées ? Ou au contraire se féliciter d’avoir hérité d’un instrument sans prétention mais élégant, pour tout dire simple et de bon goût ? Chez l’homme, après tout, les accessoires du sexe sont à l’intérieur, dans la tête.


Voiture électrique : EEStor fait plus fort que la meilleure batterie ?

6 March, by Pierre Vandeginste[ —]

La voiture électrique n’en finit pas d’arriver. Ça coince au niveau de la batterie. Les meilleures disponibles, « au lithium », sont trop chères, trop encombrantes. Leur prix permet d’envisager de superbes bolides de luxe comme la Tesla Roadster, qui promet le 100 Km/h départ arrêté en moins de quatre secondes. Mais pour la voiture de Monsieur (et Madame) Tout-le-monde, on attend de nouvelles variétés de batteries, moins chères et plus compactes.

En plus, même les meilleures batteries ont deux gros inconvénients. Primo elles supportent un nombre réduit de « cycles ». L’ordre de grandeur est le millier. Cela signifie qu’après avoir été chargée et déchargée mille fois environ, après mille « pleins », une batterie est bonne pour le recyclage. Ce qui en fait un coûteux consommable, plutôt qu’un réservoir. Secundo, ces batteries ont un temps de charge long : de l’ordre de l’heure, cinq minutes au mieux. Et les charges partielles abrègent leur existence.

Il y a un troisième petit défaut à signaler : elles sont lentes au démarrage. Quand on appuie sur le champignon, une batterie est incapable de fournir instantanément tous les ampères dont on a besoin pour démarrer. C’est pourquoi toutes les voitures électriques comportent un accessoire important : un très gros condensateur ou supercondensateur.

Un condensateur stocke l’électricité directement, sous forme de charges électriques et le restitue instantanément. Il se charge en une seconde. Et on peut le charger et décharger à la louche un million de fois. Mais alors, un supercondensateur, ce serait un peu comme une batterie, en bien mieux ? Dans ce cas, pourquoi on n’équiperait pas les voitures électriques d’un supercondensateur, plutôt que d’une batterie ? Il est où, le hic ?

Le bémol est dans la « densité d’énergie ». Un supercondensateur stocke bien moins de Wh par kilo (et par litre) qu’une bonne batterie.

Sauf que…


Sauf qu’il se passe – peut-être – quelque chose d’énorme à Cedar Park, au Texas. Là-bas, une intrigante entreprise nommée EEStor explique au monde qu’elle serait en mesure de commercialiser bientôt un « Electrical Energy Storage Unit » (EESU), offrant une densité d’énergie trois fois supérieure à celle des meilleures batteries au Lithium sur le marché. Trois fois… Inutile de préciser que bon nombre d’observateurs sont sceptiques.

Peu de détails ont filtré. Les observateurs parlent de supercondensateur, mais il pourrait s’agir d’une technologie mi-chèvre, mi-chou. Le matériau essentiel serait du titanate de baryum, isolé par de l’oxyde d’aluminium. Les spécialistes des matériaux voient mal comment cette recette pourrait déboucher sur les performances annoncées.

Quelques indices, pourtant, laissent penser que cette affaire pourrait être sérieuse. Pièce à conviction numéro un : ZENN Motor, une entreprise canadienne de Toronto, actionnaire de EEStor, annonce la sortie des premières voitures électriques équipées d’un EESU pour l’automne 2009. 130 Km/h, 400 Km d’autonomie. « Pas cher », disent-ils, ce qui est un peu vague.

Pièce à conviction numéro deux : parmi les investisseurs de EEStor, figure la firme de venture capital Kleiner Perkins Caufield & Byers, qui n’est pas réputée pour placer ses billes sans regarder où elle met les pieds.  

Pièce à conviction numéro trois : Lockheed Martin, le géant de l’aéronautique et de l’armement, a signé un deal avec EEStor pour l’utilisation de son EESU dans des applications militaires. Son communiqué de presse est dithyrambique… Il annonce un coût par kWh stocké deux fois inférieur à celui d’une batterie classique. EEStor aurait attrapé cette mouche avec du vinaigre ? 

Pièce à conviction numéro quatre : la très sérieuse Technology Review ne craint pas de consacrer des articles à EEStor, même si c’est en affichant une prudence de principe. 

De deux choses l’une, donc. Ou bien EEStor a mené en bateau une jolie brochette d’investisseurs et observateurs. Ou bien EEStor a inventé le successeur de la batterie, et du même coup la source d’énergie portable qui va révolutionner les transports. Et bien d’autres choses.












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