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CNSMDP - Over the Rainbow (Philharmonie de Paris - 15 Janvier 2017)

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4 February, by noreply@blogger.com (bladsurb)[ —]
Curieux concert (ou est-ce un spectacle ?) que nous proposent, dans la petite salle de répétition, Clément Lebrun et les élèves (musiciens et compositeurs) du Conservatoire National Supérieur. Lui et Hae-Sun Kang (violoniste à l'EIC et apprends-je donc aujourd'hui également enseignante au CNSMDP - musique contemporaine, quatuor à cordes, musique de chambre et quelques autres disciplines) ont demandé à des compositeurs en herbe d'écrire des pièces autour de la thématique des couleurs. S'ajoutent d'autres pièces contemporaines plus ou moins connues, et enfin un texte récité et joué par Clément Lebrun, qui intervient donc en Monsieur Loyal, faisant la présentation des œuvres, et le lien entre elles. La part théâtrale (gesticulations de Lebrun, entrées-sorties de élèves, et également des séquences chorégraphiées) est importante. Le tout est considéré comme un seul gros bloc, personne n'applaudissant avant le fin.

Les notes prises sur le vif dans le livret ne m'évoquent plus grand-chose, l’enchaînement de pièces courtes ne facilitant pas la mémorisation. Je les livre direct (pour quand ces noms réapparaîtront dans les programmes). A noter tristement : que des garçons chez les compositeurs ...

Maël Bailly - Rose : 6 violons, assez tapageur, des pistes, à approfondir.
Benoît Sitzia - Canto : sextet de cordes, un plan central bien, et de beaux développements
Stanislav Makovskiy - Indigo : 3 trios, belle maîtrise des interactions
Francisco Uberto - pixels de statique : avec récitations, pas du tout aimé
Alex Nante - Der Gelbe Klang : duo solaire et lyrique, bien
Rémi Bricourt - Organe : 2 violons en pizzicati et bruits, pas du tout aimé
Bastien David - Sanguine : trio en fusion de sons, bof

En complément, des extraits de "Prologue" de Grisey, de "Dialogue de l'ombre double" de Boulez, de "Kafka Fragments" de Kurtag ... La découverte à écouter plus posément : les "Caprices pour violon" de Sciarrino.

Les musiciens :

over the rainbox - les musiciens

Les compositeurs :

over the rainbow - les compositeurs



Peter Brook - The Valley of Astonishment (Théâtre des Bouffes du Nord - 20 Décembre 2016)

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27 January, by noreply@blogger.com (bladsurb)[ —]
J'avais vu, il y a des années, "L'homme qui (prenait sa femme pour un parapluie)", du même Peter Brooke, et en avait été ébahi. On en retrouve ici certains principes : la permutation constante des personnages, qui, enfilant une blouse, deviennent médecins, et l'enlevant deviennent patients ; les anecdotes , comme une suite de sketchs, sur certains troubles mentaux. Mais l'histoire se concentre rapidement sur Kathryn Hunger, qui joue une journaliste douée d'une mémoire phénoménale, qu'elle utilisera dans des spectacles de cirque, jusqu'à saturer son "palais de la mémoire" amélioré, de tous les mots dictés par les spectateurs, qu'elle n'arrive pas à effacer.
Pour alléger, un interlude fait intervenir deux spectateurs pour des jeux de cartes et de réflexion, et ce soir-là le second refuse de comprendre ce qu'on attend de lui ... Une performance de Marcello Magni, en homme qui ne retrouve sa proprioception que par le regard, et qui ne peut marcher qu'en fixant intensément ses jambes et ses pieds, fait aussi office de pause dans l'évocation de la vie de cette femme qui voudrait apprendre à oublier.
Enfin, un prologue très étrange invoque une mystérieuse réunion d'hommes silencieux ; cela doit venir du poème "La Conférence des Oiseaux" cité dans le livret. Mais je ne vois vraiment pas le rapport avec le reste !
Donc, une pièce formidablement interprétée, magnifiquement mis en scène, dans le décor minimal qui sied aux Bouffes du Nord, texte intéressant mais finalement moins renversant que "L'homme qui", et une mise en contexte que je ne comprends pas.


EIC - Poppe music (Cité de la Musique - 9 Décembre 2016)

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27 January, by noreply@blogger.com (bladsurb)[ —]

Pascal Dusapin - Jetzt genau !

C'est un petit concerto pour piano et six instruments, qui ne peuvent marcher par fusion de timbres. Des séquences très variées s'enchaînent, qui vont d'une clarinette très jazz klezmer, à des passages presque post-romantiques. Spectaculaire et charmant.

pascal dusapin, cornelius meister

Agata Zubel - Double battery

Franchement, à part que c'est très bruyant (saturé d'instruments qui crient, crissent et vrombissent à qui mieux mieux), je ne trouve pas grand-chose à en dire.

Ennio Poppe - Brot

C'est une pièce pour cinq instruments, tirée d'un opéra autour de Robinson Crusoé. C'est vif, plaisamment de plus en plus agité, avec pas mal d'humour, de la virtuosité, bref, bien.

Ennio Poppe - Kopper

Cette longue pièce pour grand orchestre est aussi tirée d'un opéra. Le résultat est plus lyrique, mais me laisse guère de souvenirs.

Ailleurs: Michèle Tosi

Planning Janvier-Février 2017

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14 January, by noreply@blogger.com (bladsurb)[ —]
Ouf, juste dans les temps, puisque les festivités ne commencent que demain ! Programme léger, qu'il va falloir épaissir en cours de route ...



Jeanne Added - Be Sensational (Elysée Montmartre - 7 Décembre 2016)

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12 January, by noreply@blogger.com (bladsurb)[ —]
J'avais vu Jeanne Added au début de cette tournée, avant la sortie de l'album "Be Sensational", il y a plus d'un an et demi, au festival LFSM. La voici en fin de tournée, pour trois concerts à l'Elysée Montmartre (où j'ai l'impression de n'avoir jamais été avant).

En première partie, John Greaves bénéficie d'un son médiocre qui engloutit sa voix et les instruments. Quand enfin un morceau me titille l'oreille, je finis par me rendre compte que c'est une reprise, lourde et sale comme il faut, de "Working Class Hero"... Jeanne Added vient ajouter sa voix pour la dernière chanson. Bon, c'eut été mieux au Triton ...

Après l'entracte, les choses sérieuses commencent. Son puissant et impeccable, lumières soignées, tout a pris plus de présence et d'ampleur. Chaque chanson de l'album devient une épopée, architecturée, avec des envolées, des reprises, de fausses fins, une plus grande épaisseur sonore aussi, et une souplesse dynamique impressionnante.
A la batterie, Anne Paceo a été remplacée par Emiliano Turi, plus brutal, parfois trop, mais cela donne une puissance rythmique formidable dans les parties techno trance enfiévrées. Il est parfois complété par Marielle Chatain, qui joue des percussions électroniques, en plus des claviers et de la voix. Narumi Hérisson continue d'assurer l'essentiel des claviers, discrète et presque dans l'ombre.
Et bien sur, devant, happant la scène, chantant, jouant parfois de la basse, mais aussi dansant, invectivant et enflammant le public, il y a Jeanne Added, Là on en sentait le stress et la libération d'adrénaline, aujourd'hui on ressent le plaisir d'y aller, de sauter, de courir d'un coté de l'autre, elfe bondissante et heureuse, confiante, complice, partageuse, acceptant l'énergie du public, s'en nourrissant et la renvoyant.
Vers la fin du concert, deux inédits : mais après la jubilatoire revisite des morceaux maintenant bien connus de "Be Sensational", je les trouve encore un peu chétifs et hésitants ; il faudra les réentendre quand ils auront mûri.

2016/12/07 : Jeanne Added à l'Elysée Montmartre



Wayne Shorter Quartet (Philharmonie de Paris - 29 Novembre 2016)

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December 2016, by noreply@blogger.com (bladsurb)[ —]
wayne shorter quartet

Wayne Shorter, Danilo Perez, John Patitucci et Brian Blade : quand ce quartet joue, le temps se fige. Ils s'installent sur scène sans un mot vers le public, jouent, pendant une bonne heure, puis repartent. Ce n'est pas du Be-Bop, ce n'est pas du Free Jazz, c'est leur musique à eux, qu'ils répètent depuis plus d'une décennie et demi, et c'est assez miraculeux. 
Je ne connais pas assez les morceaux pour les reconnaître, mais ne saurais même dire quand finit l'un et commence le suivant. Je n'ai plus l'impression d'écouter de la musique, mais de regarder un spectacle de la nature, un beau paysage sous les effets d'une météo agitée. Les phrases musicales surgissent, certaines sont reprises et développées, d'autres sont ignorées et retombent dans le silence ; les énergies fusent puis refluent ; des ambiances passent, comme un souffle, comme un marée, comme un orage qui menace, qui peut-être éclate, qui s'en va. 
Et quand c'est fini, je repars comme lavé de l'intérieur par une bonne dose de beauté inédite.

wayne shorter quartet


Andy Emler Megaoctet - Mystery Bag (Le Triton - 25 Novembre 2016)

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December 2016, by noreply@blogger.com (bladsurb)[ —]
Le Megaoctet d'Andy Emler est un habitué du Triton, et semble-t-il revient-il toujours avec de nouveaux morceaux. Et c'est bien le cas aujourd'hui, un paquet de nouvelles compositions qui permettent de remplir les deux heures (avec quelques titres plus auciens pour conclure). Assez simples, bien carrées, elles permettent aux solistes de se distinguer admirablement. Je me souviens en particulier d'un passionnant et fébrile dialogue entre Laurent Blondiau à la trompette et François Thuillier au tuba, d'une longue intro à l'archet de Claude Tchamitchian sur sa contrebasse, de longues dérives de Laurent Dehors au saxophone (un des morceaux lui est dédicacé). Eric Echampard à la batterie est toujours aussi précis et efficace, imperturbable et élégant, et il est ici accompagné de François Verly au marimba et percussions, excellent et énergique coloriste. De surprenantes couleurs surgissent parfois, de la juxtaposition par exemple du tuba et de la contrebasse. Et puis, il y a l'humeur sur scène, si agréable. De violents éclats de rire surgissent des coulisses pendant l'entracte, Andy Emler conjugue son talent de compositeur avec celui de chef de troupe, qu'il mène avec humour et bonhomie. Une excellente soirée.


Beethoven On Line (Cité de la Musique - 20 Novembre 2016)

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December 2016, by noreply@blogger.com (bladsurb)[ —]

Ludwig van Beethoven - Symphonie n° 7

Lorsque la principale impression suscitée par l'écoute d'une telle oeuvre est qu'elle se répète beaucoup, c'est que soit mon écoute, soit l'interprétation, n'était pas à la hauteur. Ou bien les deux.

Bernard Cavanna - Geek Bagatelles

Une application à télécharger sur son smartphone permet à une partie du public d'agir au cours de l'exécution de l'oeuvre : voilà pour l'aspect "geek", assez anecdotique ; la participation la plus effective sera quand le public devra crier, debout, "Freude ! Freude Freude !" comme un ralliement de guerre.
Quant aux bagatelles (le titre serait-il un nouveau clin d'oeil à Céline ?), elles sont bien lugubres. En hommage à sa mère récemment disparue, et en pensant aux destructions effectuées par Daech, Cavanna transforme la neuvième symphonie de Beethoven en un champ de ruines. La beauté hante les lieux, mais en lambeaux, en souvenirs, en bouffées perdues parmi des chants de désolations. A l'influence de Kagel, j'ajoute ce soir celle de Lachenmann.
Et le ludisme de l'application, le burlesque de ces "Freude" hurlés, ne sont que des paravents devant la tragédie. Une grande oeuvre, à qui Arie van Beek et l'Orchestre de Picardie (et le Choeur de smartphones des élèves du Lycée Boucher !) rendent honneur.

beethoven on line



Anne Paceo - Circles (Centquatre - 17 Novembre 2016)

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November 2016, by noreply@blogger.com (bladsurb)[ —]
Cela fait plusieurs mois que j'écoute régulièrement l'album "Circles" et c'est avec grand plaisir que je le redécouvre sur scène. Tous les morceaux de l'album y passent, bien sur, en versions plus punchy et plus longues. Anne Paceo est particulièrement imposante, alternant puissance et délicatesse, dans une joie de jouer toujours aussi communicative. Tony Paeleman assure l'ossature des morceaux, main gauche volubile pour la basse, main droite pour les textures et les couleurs (peu de solos en mode pianiste). Leïla Martial part dans tous les sens, ses aigus ébouriffent, son rap décoiffe, elle est magique et magnétique. Aux saxophones, Christophe Panzani remplace le très occupé Emile Parisien, ce qui fait un peu bizarre, les parties écrites étant bien sur les mêmes, mais les solos sont moins exubérants et pyrotechniques, l'architecture est un peu plus posée, et les envols plus retenus.
Pour compléter l'équipe, Pierre Perchaud vient ajouter le feu nocturne de sa guitare pendant quelques morceaux.
La fin du concert est particulièrement magnifique : l'émotion au fil du rasoir de "Birth and Rebirth", puis le tonique "Today", et enfin "Smile" (venu de Yokaï) - ces deux derniers titres liés, depuis certains "Banzzaï" de Nathalie Piolé, aux attentats du 13 Novembre, je ressors le cœur gonflé de sanglot tu et les oreilles pleines de beauté intacte.

2016/11/17 Anne Paceo Circles au 104

Spotify : Anne Paceo - Circles

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