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Anne Paceo - Circles (Centquatre - 17 Novembre 2016)

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27 November, by noreply@blogger.com (bladsurb)[ —]
Cela fait plusieurs mois que j'écoute régulièrement l'album "Circles" et c'est avec grand plaisir que je le redécouvre sur scène. Tous les morceaux de l'album y passent, bien sur, en versions plus punchy et plus longues. Anne Paceo est particulièrement imposante, alternant puissance et délicatesse, dans une joie de jouer toujours aussi communicative. Tony Paeleman assure l'ossature des morceaux, main gauche volubile pour la basse, main droite pour les textures et les couleurs (peu de solos en mode pianiste). Leïla Martial part dans tous les sens, ses aigus ébouriffent, son rap décoiffe, elle est magique et magnétique. Aux saxophones, Christophe Panzani remplace le très occupé Emile Parisien, ce qui fait un peu bizarre, les parties écrites étant bien sur les mêmes, mais les solos sont moins exubérants et pyrotechniques, l'architecture est un peu plus posée, et les envols plus retenus.
Pour compléter l'équipe, Pierre Perchaud vient ajouter le feu nocturne de sa guitare pendant quelques morceaux.
La fin du concert est particulièrement magnifique : l'émotion au fil du rasoir de "Birth and Rebirth", puis le tonique "Today", et enfin "Smile" (venu de Yokaï) - ces deux derniers titres liés, depuis certains "Banzzaï" de Nathalie Piolé, aux attentats du 13 Novembre, je ressors le cœur gonflé de sanglot tu et les oreilles pleines de beauté intacte.

2016/11/17 Anne Paceo Circles au 104

Spotify : Anne Paceo - Circles

Chassol, s t a r g a z e, Matmos - Réverbérations (Philharmonie de Paris - 13 Novembre 2016)

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27 November, by noreply@blogger.com (bladsurb)[ —]

s t a r g a z e - Music for pieces of Wood

Stargaze est un collectif berlinois de musiciens "acoustiques"(cordes, vents, percussion) qui joue entre divers domaines musicaux, classiques, pop, ou électroniques. Leur interprétation de cette "musique pour morceaux de bois" commence joliment, avec même des mélodies, mais évolue de façon de plus en plus abstraite et rythmique, une sorte de retour progressif à l'austérité de la pièce d'origine. Je n'accroche pas du tout.

s t a r g a z e + Matmos - Emit Overcast Mesh

Le mécanisme se complique, avec les traitements électronique du duo Matmos. Le livret parle de contraintes et de durée variable en fonction des conditions de représentation. Ce que je ressens, c'est une structure en épisodes, qui se laisse écouter, mais qui ne me passionne guère.

s ta r g a z e + matmos

Chassol - Six pianos

Il y a une sorte d'évidence de vouloir s'amuser avec ce morceau en solo, multiplié par l'électronique. Et de fait, Chassol s'amuse bien, partant dans des bouts d'improvisation, parfois très techno, parfois proche du Jazz. Et les échos entre son jeu et la vidéo, où des mains arpègent en boucle sur des claviers, est assez bluffant. Très agréable.

chassol - six pianos

Chassol - Indiamore

La façon dont sont ici traitées les voix est sans aucun doute directement inspirée par Steve Reich, ce qui légitimise la présence de cette pièce dans cette soirée dédiée aux réverbération de l'oeuvre de Reich dans la musique de jeunes compositeurs non classiques.
Une vidéo diffuse des séquences filmées en Inde, une chanteuse sur la plage, un chauffeur de taxi, un cours de danse, un musicien de rue, qui bouclent de façon a créer une bande son rythmée, syncopée, sur laquelle Chassol, un batteur, et trois flûtistes, apportent leur couche supplémentaire. Le rendu final est du coup très composite.
Et pour ma part, je trouve que le mélange ne fonctionne pas. La batterie pilonne sans subtilité, et les flûtes sont presque inaudibles, non par leur niveau sonore mais par l'absence de définition de leur place dans le mix. Les parties jouées par Chassol sur la bande et en direct sont peu discernables. En fait, la contrainte de la vidéo est si forte que je ne vois pas du tout l'ajout apporté par les musiciens sur scène.
Du coup, je regarde l'écran, c'est joli, c'est intelligent ; mais sans plus.

chassol - indiamore


Planning Novembre-Décembre 2016

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1 November, by noreply@blogger.com (bladsurb)[ —]
Deuxième planning de suite que je publie avant le premier concert indiqué, je m'en félicite (car sinon, qui d'autre le fera ?).




Henri Dutilleux - Paysages poétiques (Philharmonie de Paris - 24 Octobre 2016)

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1 November, by noreply@blogger.com (bladsurb)[ —]

Métaboles

Pascal Rophé dirige dans cette pièce emblématique l'Orchestre National des Pays de la Loire. Je note principalement une utilisation particulièrement accentuée de la dynamique dans les cordes, et l'ensemble des vents sonne très tonique.
Le problème, c'est qu'il y a aussi de la danse, interprétée par la troupe du Centre national de danse contemporaine, et chorégraphiée par Robert Swinston. Comme le note La Souris, Swinston semble vouloir imiter Cunningham, alors que la musique de Dutilleux n'est pas vraiment semblable à du Cage. La division musicale par épisodes d'ambiances très contrastées n'est absolument pas respectée, et en fait, il est difficile de faire le moindre lien entre la musique et la danse. Ce qui est curieux pour un hommage au compositeur.
De plus, le bonheur de "Beach Birds" par exemple, venait de la précision millimétrée des déplacements qui permettait l'apparition de figures géométriques au milieu du hasard des mouvements individuels. Ici, les danseurs peinent à se synchroniser, et les séquences, dès qu'elles sont répétées, souffrent de décalages. C'est très décevant.

Mystères de l'instant

La chorégraphie est plus intéressante, au moins elle semble vouloir transmettre de l'émotion. Dommage que cette musique ne me plaise pas vraiment (peut-être le même problème que pour "Jeux" de Debussy l'avant-veille).

L'Arbre des songes

Et on conclut par une nouvelle déception, la danse détournant, par le bruit des pas et des sauts, et par simplement sa présence visuelle, mon attention de la musique, sans qu'elle en vaille la peine ...

Bref, un ratage.

l'hommage à dutilleux

Ailleurs : Mimy La Souris

Hommage à Nijinski (Philharmonie de Paris - 22 Octobre 2016)

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1 November, by noreply@blogger.com (bladsurb)[ —]

L'Après-midi d'un faune

Voici la chorégraphie la mieux conservée de Nijinski. Dominique Brun nous en propose une version assez aride, sans toile de fond, avec un rocher très symbolique, et à la stylisation très marquée. Mais ça fonctionne admirablement. Les gestuelles des nymphes, comme issues d'une antiquité fantasmée, où les bras sont cassés dans des angles bien peu académiques, le jeu anti-virtuose du faune, qui marche, s'arrête, ne bondit jamais, tout cela brille d'une modernité triomphante et pas du tout vieillie.
L'orchestre "Les siècles", dirigé par François-Xavier Roth, offre une version très correcte de la pièce de Debussy, sans trop insister sur la sensualité des timbres, puisque l'érotisme alangui correspondant de la danse est quasiment nié.

Jeux

Cette fois-ci, la chorégraphie a disparu, et il a fallu donc l'inventer presque totalement. Moi qui ne comprend pas grand-chose à ce morceau de Debussy (musique sans thème, qui s'oublie continuellement dans l'instant, et qui me laisse spectateur indifférent); ce n'est pas cette danse, où une demi-douzaine d'hommes et de femmes traversent le plateau parfois seuls et parfois en couple, qui me permettra de mieux l'apprécier.

Le Sacre du Printemps

Un long travail historique de croisement des documents liés à cette pièce essentielle permet d'avoir une bonne idée de la chorégraphie originelle, même si elle n'a pas été notée à l'époque. Décor, costumes, cette fois, tout y est. Le seul souci, c'est qu'il manque le parfum du scandale provoqué par la création. On en voit bien les raisons : les démarches voûtées, les pieds en dedans, les sauts qui renforcent le poids au lieu de suggérer l'envol, les choix sont radicaux.
Aujourd'hui, je me ravis de la musique, de sa puissance éruptive intacte, et de découvrir quelles articulations musicales sont liées à des événements scéniques (arrivée des vieillards, par exemple).
La danse elle-même, tant concurrencée par les centaines de versions proposées par des chorégraphes de toutes générations, n'est plus aussi essentielle; Et la mort de la danseuse sacrifiée, après un épisode de sauts que j'imaginais plus spectaculaires, m'a moins touché que, par exemple, chez Pina Bausch ...

le sacre

Ailleurs : Amélie Bertrand
Vidéo : On trouve désormais sur Youtube l'intégralité du passionnant document "Riot at the Rite" !


Sidi Larbi Cherkaoui - Puz/zle (Cité de la Musique - 21 Octobre 2016)

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1 November, by noreply@blogger.com (bladsurb)[ —]
Le décor est ingénieux, formé de blocs superposables que les danseurs combinent de façons variées, escalier, mur, dominos géants, etc. La chorégraphie utilise ces assemblages architecturaux pour certainement raconter une histoire, mais celle-ci m'échappe complètement. Il faut avouer que je suis arrivé fatigué, et que la musique, essentiellement vocale, a fini de m'achever. Cela dit, en lisant, dans le livret, "quête philosophique", "élan profondément humaniste", "authentique épopée [..] du microscopique au macroscosmique, de l'individuel au collectif, du passé au futur", je crois que, même en forme, j'aurais eu bien du mal à absorber ce gloubi-boulga à l'ambition écrasante.

puz/zle


Autour de Chet (Philharmonie de Paris - 9 octobre 2016)

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30 October, by noreply@blogger.com (bladsurb)[ —]
C'est l'option "grand spectacle"qui a été choisie pour cet hommage à Chet Baker : spectaculaires jeux de lumières, surprises ponctuant le déroulé, comme un chanteur qui vient du fond de la salle, ou un duo presque dans le noir, défilé plutôt prestigieux de chanteurs (Hugh Coltman, Piers Farcini, José James) chanteuses (Sandra Nkaké, Camélia Jordana) et trompettistes (Airelle Besson, Erik Truffaz, Luca Aquino, Stéphane Belmondo), orchestrations variées (si je vois bien pourquoi ils invitent un quatuor à cordes, je comprends moins bien le choix de renforcer l'aspect rythmique de plusieurs morceaux, en doublant le batteur d'un percussionniste - ce n'est clairement pas ce qui me vient en tête de prime abord quand je pense à Chet Baker).
C'est du bon boulot. On ne s'ennuie pas, et si cela manque globalement de raffinement, il y a quand même de beaux moments. Je retiens principalement Airelle Besson (qui est la seule personne dont le solo a été applaudi pour lui-même !) et Camélia Jordana, qui invoque dans son chant les grandes divas du Jazz ("Camélia, elle l'a, ce je ne sais quoi", etc.).

autour de chet



Les Arts Florissants - Bach cantates (Cité de la Musique - 27 Septembre 2016)

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30 October, by noreply@blogger.com (bladsurb)[ —]
Pour un concert de musique de chambre, je suis assez mal placé, tout au fond de la salle. J'ai de plus la sensation fort désagréable qu'un des violons joue faux ; du moins quelque-chose me gène dès qu'ils interviennent. Enfin, une des chanteuses a la voix à plusieurs reprises inaudible sous l'orchestre, et aucune des autres voix ne m'enchante particulièrement.
Du coup, je traverse le concert (cantate profane BWV 202 ; sonate pour deux violons (aïe !) BWV 1039 ; cantate sacrée BWV 55 ; suite BWV 1067 ; cantate du café BWV 211) sans grand plaisir. J'attendais le plus la dernière pièce, mais n'ai rien ressenti de comparable avec sa découverte en 2008.

les arts florissants


Louis Sclavis Quartet - Loin dans les terres (Le triton - 16 Septembre 2016)

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30 October, by noreply@blogger.com (bladsurb)[ —]
La soirée avait bien mal commencée, par un repas au restaurant du Triton, d'habitude très agréable, et ce soir totalement gâché par un service déplorable, où le collègue a été agressé d'un coup de pied (involontaire) puis d'un coup de fourchette (très surprenant), et où il a fallu attendre près d'une heure qu'on nous serve des plats qui n'étaient pas ceux commandés. Arrivant quand même dans la salle, nous sommes encore refroidis par le discours inaugural du maître des lieux, expliquant qu'il couperait le courant si les musiciens dépassaient l'horaire de début du second concert (Louis Sclavis expliquera ensuite qu'il s'agissait d'une blague entre eux ...).
Le plaisir heureusement revient dès qu'ils commencent à jouer, et c'est un bon long set de plus d'une heure et demi qu'ils nous offrent.
Le batteur Christophe Lavergne et la contrebassiste Sarah Murcia se connaissent bien, évoluant dans le trio de Sylvain Cathala. Lui est toujours incisif et inventif. Elle est pour une fois un peu en retrait, solide mais sans ostentation. Ils laissent toute la place au pianiste Benjamin Moussay, lyrique et intense (le collègue trouve dans son jeu du Chick Corea - celui de "Now he Sings, Now he Sobs" par exemple), et au leader et clarinettiste Louis Sclavis, merveilleux et plus apaisé que parfois.
Au final, c'est de la musique que je déguste avec un grand plaisr sur le moment, mais sans ressentir le besoin pressant d'acheter le disque quand il paraîtra.

louis sclavis quartet - loin dans les terres louis sclavis quartet - loin dans les terres
louis sclavis quartet - loin dans les terres louis sclavis quartet - loin dans les terres

Ailleurs :Alain Gauthier

Emile Parisien Quartet / Archie Shepp All Star (Grande Halle de la Villette - 3 Septembre 2016)

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9 October, by noreply@blogger.com (bladsurb)[ —]

Emile Parisien Quartet

La première fois que je les avais vus, ils avaient joué les morceaux de leur dernier album, dans l'ordre. Cette fois, plus conventionnellement, ils piochent plus largement dans leur discographie, et allongent encore des morceaux déjà longs au départ, construits en épisodes, avec des plages proches du chaos (Julien Touéry fouille dans son piano préparé, Ivan Gélugne martyrise se contrebasse en pizz sauvages, Julien Loutelier revisite sa batterie dans un grand désordre percussif) qui soudain passent du trépignement à l'envol, du surplace à la course, du sombre à l'embrasement. Ces séquences épiques sont généralement l'occasion de solos flamboyants d'Emile Parisien, dont tout le corps réagit à la musique, les jambes s'envolent et se tordent, le dos s'arc-boute puis se détend, les mains et la bouche s'agrippent au saxophone, ténor ou soprano, tandis que les notes fusent, phrases serrées, explosives, tournoyantes, escaladeuses de ciel et bâtisseuses de pont au-dessus des abîmes.
Comme ils ne sont que la première partie, le set est assez court, moins d'une heure. Dommage, je suis à peine rassasié.

émile parisien quartet

Archie Shepp All Star - Tribute to John Coltrane

En effet, quelques standards de Coltrane sont joués ("Naïma", "Cousin Mary" ...), mais Shepp y mêle ses propres succès ("Blasé", "Los Olvivados" ...) et d'autres. Il y a pas mal de monde sur scène : au centre, Archie Shepp ; juste autour, Billy Hart à la batterie, Richard Davis à la contrebasse (qui se déplace en fauteuil roulant et joue assis), et Jason Moran au piano ; plus loin, Ambrose Akinmusire à la trompette, et une section de cuivres (Sebastien Llado, Izidor Leitinger, Jean-Philippe Scali).
Le problème, c'est que j'ai du mal à apprécier le son d'Archie Shepp, qui est sa signature très particulière; Ça geint, ça chouine, ça larmoie, ça se tord et ça suffoque, et je souffre. Je reste du coup assez extérieur aux émotions suscitées, et observe le tout d'assez loin.
Dans les bons moments, je noterai : de beaux, simples et efficaces effets de big band entre la section de cuivres et la contrebasse, sur "Hambone" ; une version âpre et écorchée vive de "Naïma", très loin de toute mièvrerie ; la prestation impeccable de Marion Rampal sur "Blasé", troué de silence et d'obscurité magnifique ; et enfin, pendant le bis, enfin Akinmusire nous délivre un solo lumineux, généreux, comme libéré.

archie shepp all star

Ailleurs : JazzMagazine
Vidéos : Emile Parisien, Archie Shepp

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