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Léandre Ceccaldi (Le Triton - 17 Novembre 2017)

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20 November, by noreply@blogger.com (bladsurb)[ —]
C'est étrange que le Triton appelle "une rencontre inédite" une paire d'artistes qui ont déjà conçu un CD ensemble, et que j'ai déjà vu dans le cadre de "l'autre saison". Ce sont donc deux comparses habitués l'un à l'autre qui attaquent derechef par un continuo de basse grondante par Joëlle Léandre sur lequel s'appuie une complainte au violon de Théo Ceccaldi. Bon départ, brutalement interrompu lorsque la contrebasse s'effondre sur sa pique. Réparation, ça repart. Mais la pique est cette fois trop haute. Réglage. Après ces incidents, la concentration n'est plus vraiment là. Léandre part dans des schémas déjà vus et entendus, monologue marmonné rageur et caustique, accompagné de percussions sur la carcasse de son instrument, ou jeux d'archet sui ponticello. Il y a plus de variété et d'inédit du coté de Ceccaldi, entre jeu post-romantique exacerbé, utilisation du violon comme d'un banjo plaqué contre la poitrine, et alternance entre le violon et l'alto, légèrement amplifié.
Au bout de 45 minutes, Joëlle Léandre demande l'heure, explique qu'il y a un autre concert dans l'autre salle, et déclare forfait. Plutôt un jour sans, donc, dommage, tant pis.


Gustav Mahler - Symphonie n°2 "Résurrection" (Philharmonie de Paris - 10 Novembre 2017)

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12 November, by noreply@blogger.com (bladsurb)[ —]
Curieuse expérience que ce concert. Si le premier mouvement me plait beaucoup, m'évoquant toujours les fureurs tempétueuses wagnériennes, les choses se gâtent dès l'andante. Je n'arrive pas à me concentrer. Ce n'est pas du sommeil (ça je connais), mais plus comme une anesthésie, une indifférence que je n'arrive pas à surpasser. Au point que j'ai l'impression de ne pas entendre du tout le prêche de Saint-Antoine. Et l'Urlicht pareillement me passe à coté. Je ne commence à raccrocher que pour le dernier mouvement, mais par intermittences, et en tombant sur des passages qu'il me semble ne jamais avoir entendus. Seul le final me réveille vraiment, mais par sa lourdeur vociférante (tant qu'à parler d'éternité, je préfère infiniment un certain "ewig, ewig, ewig, ewig" ...). Je passe le temps en regardant le ballet des entrées-sorties des percussionnistes et des joueurs de cors.
Je pensais connaître raisonnablement bien cette symphonie, alors qu'en fait je ne l'ai entendu qu'une seule fois en concert en 2007 (et déjà avec Dorothea Röschmann !). Et manifestement, des pans entiers m'en sont étrangers.
Donc, pour mémoire, je note qu'il s'agissait de l'Orchestre Philharmonique de Radio France dirigé par Mikko Franck, du choeur de Radio France dirigé par Alfonso Calani, et des cantatrices Dorothea Röschmann et Ekaterina Gubanova. Une occasion ratée, on va dire ...

Ailleurs : Carnets Sur Sol, Andika, Alexandre Jamar

Planning Novembre / Décembre 2017

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1 November, by noreply@blogger.com (bladsurb)[ —]
Un programme assez minimal, mais qui verra peut-être quelques ajouts ?



EIC - Kurtag, Sciarrino (Cité de la Musique - 19 octobre 2017)

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22 October, by noreply@blogger.com (bladsurb)[ —]

György Kurtag - ...quasi una fantasia...

Dès les premières notes, au bord de l'inaudible au piano, un impressionnant silence se fait dans la salle. Le public est happé, et restera captivé pendant les 9 minutes de cette oeuvre remarquable, qui passe du minimal nostalgique au hiératisme désespéré, de l'évanescence à la scansion incantatoire, et qui ce soir multiplie les surprises par une spatialisation des musiciens tout autour de la salle. 
Le problème, c'est que c'est de loin la plus belle oeuvre de la soirée, et qu'après ce formidable début, le reste sera du coup plus ou moins décevant.

Salvatore Sciarrino - Gesualdo senza parole

Copier du Gesualdo, en introduisant ça et là des touches de modernité, ça ne suffit pas à être intéressant. C'est pas pénible, c'est juste inutile.

Salvatore Sciarrino - Il sogno de Stradella

L'atmosphère très bruitiste est intéressante, pleine de souffle, d'échos, de présences fantomatiques. Lorsque retentit en sourdine un piano presque classique, certains trouveront cela ridicule, ou amusant, j'ai plutôt aimé l'évocation théâtrale ainsi créée, entre deux univers musicaux voisins qui s'affrontent. Un peu anecdotique, mais pourquoi pas.

Salvatore Sciarrino - Omaggio a Burri

Avec ce trio pour flûte, clarinette et violon, on tombe carrément dans le pénible.De longues plages où il ne se passe pas grand-chose, ponctuées de cris instrumentaux sans guère plus d'intérêts. Passablement affligeant, en fait.

György Kurtag - messages de feu Demoiselle R. V. Troussova

Je voulais vérifier si, 25 ans plus tard, j'étais capable de mieux comprendre cette pièce, que, sur un CD multi-compositeurs dirigé par Pierre Boulez, je n'avais pas du tout appréciée. Le résultat n'est pas très probant. Ce que j'aime surtout ici, c'est ce qui me fait penser au Pierrot Lunaire. Autant boire à la source, du coup.

troussova


Steve Coleman - Natal Eclipse, Five Elements (La Petite Halle - 16 Octobre 2017)

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22 October, by noreply@blogger.com (bladsurb)[ —]

Natal Eclipse

Comme pour sa formation fétiche des Five Elements, "Natal Eclipse" désigne un type de répertoire et une forme d'interactions entre musiciens, plutôt qu'un effectif précis. Le "Natal Eclipse" présent sur scène ce soir est assez différent de celui vu il y a deux ans.
La musique est ininterrompue pendant plus d'une heure : les morceaux s'enchaînent au moyen d'interludes flottants dont tous sortent dès que le rythme reprend. Elle s'organise autour de deux pôles : d'un coté, la contrebasse de Sélène Saint-Aimé, inébranlable et superbe dans son minimalisme souplement swinguant, comme une respiration qui invite à la danse ; de l'autre, Steve Coleman lui-même, impérial dans des solos lyriques, sans avoir besoin de pousser l'aspect polyphonique. Entre les deux, on a de la flûte (Sylvaine Hélary), de la clarinette (Catherine Delaunay), du violon (Johan Renard), du clavier (Matt Mitchell), qui donnent la couleur si particulière de l'ensemble, sans qu'on puisse pourtant parler de Jazz chambriste. Les solos complémentaires sont principalement tenus par Jonathan Finlayson à la trompette et Hugues Mayot au saxophone. Il y a du contrepoint et des prises de relais, des canons serrés et des rythmes inventifs, c'est très beau.

steve coleman natal eclipse

Five Elements

La session de ce soir est là aussi assez différente de celle de la semaine dernière. Plus d'équilibre : je suis moins obnubilé par le batteur et le bassiste, et apprécie beaucoup plus les interventions de Finlayson et de Mitchell. Plus de variété : il y a des morceaux calmes (qui permettent justement à Finlayson de splendides solos), il me semble même des reprises de standards, on n'est plus dans la puissance d'un bout à l'autre. Bref, là aussi, c'est beau.

steve coleman and five elements



Bach en sept paroles 1 - Lumières (Cité de la Musique - 11 Octobre 2017)

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21 October, by noreply@blogger.com (bladsurb)[ —]

BWV 34 - O ewiges Feuer, o Ursprung des Liebe

Il y a dans l'ensemble Pygmalion, dirigé par Raphaël Pichon, une fraîcheur, parfois une verdeur, qui fonctionne parfaitement dans les sonates choisies ce soir, toutes du coté lumineux de la force. Très bondissant chœur introductif ; jolies flûtes pour accompagner Alex Potter, impressionnant alto ; et un chœur final pas du tout mastoc. Bonheur.

BWV 51 - Jauchzet Gott, alle Landen

C'est une sonate pour soprano solo, et malheureusement, de ma place latérale, la voix de Sabine Devieilhe passe assez mal. Les trompettes sont mises à rude épreuve. Assez anecdotique, dans le corpus.

BWV 1048 - Concerto brandebourgeois n°3

Intervient alors un faux entracte, le temps d'installer une avant-scène toute en longueur devant les musiciens, qui fera piste de danse. Chaque épisode de ce cycle "Bach en sept paroles" sera l'objet d'une intervention artistique extra-musicale. Ce soir, c'est un couple de Japonais qui viennent danser sur ce tube brandebourgeois. Elle, Rihoko Sato, souple et liquide, comme une algue dans le torrent ; lui, Saburo Teschigawara, également chorégraphe, plus sec et saccadé, comme un arbre dans la tempête. Leur complémentarité différenciée fait merveille. Et cette danse, à la fois abstraite et évocatrice, intellectuelle et physique, sophistiquée et évidente de naturel, est un parfait contrepoint à la musique de Bach. Un grand moment !

lumières - la danse

BWV 31 - Der Himmel lacht ! Die Erde jubiliert !

Oh, une sonate sans chorale comme introduction ! Superbe air pour le ténor Julian Prégardien. Et joli accompagnement au hautbois pour l'air de soprano. Suivi, cette fois, d'un traditionnel choral final bien carré.

BWV 191 - Gloria in excelsis Deo

Beau choral initial en épisodes variés, et le chœur y est splendide. Et me voilà comblé, moi qui adore les duos dans les cantates de Bach, par l'air pour soprano et ténor ! Et un choral final allègre !

En bis, un "Jubilate Deo" de Giovanni Gabrielli, uniquement par le chœur. On n'est pas tout à fait au niveau du "Et voilà", mais pas si loin non plus ...
Bref, une superbe soirée, lumineuse, jubilante, et jubilatore, en musique et en danse.

lumières - le chant

Ailleurs : Olivier Brunel, Charlotte SaulneronLe concert est disponible en vidéo sur Philharmonie de Paris Live.


Steve Coleman and Five Elements (La Petite Halle - 9 Octobre 2017)

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10 October, by noreply@blogger.com (bladsurb)[ —]
Steve Coleman est en résidence à Paris pendant deux semaines, dans ce petit bar-restaurant "La Petite Halle" qui devient à l'occasion une sympathique salle de concert. Je craignais une foule venue applaudir le maître, il n'en n'est rien. Tant mieux pour la proximité et le coté finalement assez décontracté de la prestation.

Les Five Elements, c'est d'abord une affolante structure rythmique. A la basse (une magnifique guitare basse, six cordes, sans frettes, ni têtes), Anthony Tidd boucle de petites phrases vives et imperturbables ; le batteur Sean Rickman ne le complète pas, mais l'extrapole, l'élargit, parfois le contredit, et surtout fluctue beaucoup plus, accélérations, densifications, contrepoints, c'est bien sur la même école que Stéphane Galland, en moins démonstratif, et je suis scotché d'admiration.
Les bases lancées par Steve Coleman sont souvent simples et courtes. Mais quand il se lance en solo, le paysage devient d'un coup immense : il y a aussitôt de la polyphonie et de la polyrythmie, les notes s'organisant de façon naturelle et instinctive en lignes superposées, sans qu'il ait besoin d'une technique particulière, mais seulement de beaucoup de pratique et d'une vision à nulle autre pareille.
Son compagnon habituel à la trompette Jonathan Finlayson a plus de mal à m'emporter, et me perd souvent, dans des méandres de mélodies enchevêtrées, ou dans des bribes d'un discours dont je ne perçois pas la forme générale.
Le dernier comparse est plus nouveau : Matt Mitchell, pianiste dans le projet Natal Eclipse, est ce soir à l'orgue Rhodes, et semble parfois plutôt perdu, à combler le vide avec beaucoup de notes, ce qui ne convient pas à l'esthétique du groupe. Les autres lui montreront par moments comment se satisfaire d'une note répétée (c'est le coté "work in progress" d'une résidence).

Puis vient les rejoindre le chanteur rappeur Kokayi, habituel membre des Metrics. Il me semble que les mélodies deviennent encore plus basiques, mais les montées d'énergie, augmentées des mots lancés avec force et précision, sont jubilatoires. Le deuxième set est tout entier dans cette formation à 6, avec les anciens qui connaissent tous ces morceaux par cœur, qui obéissent au moindre signe du patron (arrêt / relance d'un geste de la main à peine visible), et qui sont heureux de jouer, et du nouveau qui suit comme il peut, mais aussi heureux que les autres d'être là.
Une bien agréable soirée ; à renouveler sans doute la semaine prochaine ...

steve coleman and five elements


Rebecca Saunders - Yes (Eglise Saint-Eustache - 28 Septembre 2017)

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30 September, by noreply@blogger.com (bladsurb)[ —]
Ce titre "Yes" vient du monologue de Molly Bloom à la fin de Ulysses de James Joyce, qui fournit le texte chanté pat la soprano Donatienne Michel-Dansac. Mots envoyés puissamment vers les voûtes où ils réverbèrent, ou chuchotés à la limite de l'onomatopée. Pour l'accompagner, 19 musiciens, de l'Ensemble Musikfabrik, dirigés par Enno Poppe. 19 solistes, dit le programme, et c'est effectivement ainsi qu'ils se présentent le plus souvent : une contrebasse presque jazz pour les premières envolées, deux trompettes qui dialoguent dans les hauteurs, un accordéon qui officie dans la chaire, des percussionnistes un peu partout, l'orchestre ne se réunit sur la scène principale que pour la partie centrale de l'oeuvre, sinon ils se répartissent tout autour des spectateurs.
Saunders utilise la musique comme un matériau presque physique, pour sculpter l'espace et le temps ; il n'est pas vraiment question de mélodies ou d'harmonies, mais plutôt de textures, de projections, de masses sonores, et de leurs propriétés dans l'environnement particulier de l'église. C'est beau, par moment splendide, mais sur la durée quelque-chose me manque, qui donnerait plus de sens à l'ensemble de la performance. Ma méconnaissance du texte de Joyce (qui n'est, de fait, à aucun moment compréhensible à nos oreilles) peut expliquer en partie cela. Il y a aussi, dans la description qu'elle donne de son oeuvre dans le livret, des principes qui demanderaient plusieurs écoutes pour être mis en évidence, comme des modules presque répétés ; je crains malheureusement ne pas avoir l'occasion de réentendre cette oeuvre, trop longue et trop liée au lieu pour être donnée bien souvent ...

après yes

Réparer les vivants - Emmanuel Noblet (Théâtre du petit Saint-Martin - 26 Septembre 2017)

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27 September, by noreply@blogger.com (bladsurb)[ —]
J'ai lu le livre de Maylis de Kerangal, je n'ai pas vu le film de Katell Quillévéré. Et voici l'adaptation théâtrale, qui  a gagné le Molière du "Seul en scène" en 2017, et qui, après divers théâtres parisiens et tournées, atterrit dans ce petit théâtre, à l'organisation assez rudimentaire (belle pagaille dans le hall).
Le dispositif scénique est minimal : deux chaises, une planche pour figurer la table d'opération, et un écran vidéo (qui interdit la climatisation - du coup, la chaleur et l'atmosphère médicale du spectacle entraîneront un malaise vagal chez un spectateur ; interruption, ma voisine se révèle infirmière et se précipite, on trouve de l'eau, du sucre, puis des bras costaux pour emmener le monsieur dans une salle plus fraîche et tranquille, et on reprend).
La structure du roman est bien sur respectée, avec cette introduction haletante de la séance de surf nocturne, le drame de la mort et le désespoir des proches, la difficulté des questions sur le don d'organes, et enfin la course contre la montre, technique et logistique, pour la transplantation.
Emmanuel Noblet récite beaucoup du texte, décrivant les personnages tout en les jouant, les dialogues sont en fait assez rares. Comme la trame de fond est assez anxiogène, il intercale (comme le fait le roman) des passages plus distrayants (l'album "kind of blue" de 1959, la folle nuit de l'infirmière, la séduction de Juliette, les lunettes de soleil de Virgilio ...), avant de replonger dans le drame (les parents qui s'accrochent l'un à l'autre dans le bar, les montagnes russes de leur prise de décision quant au don). Des données plus techniques nous sont aussi fournies : évocation de définition de la mort par arrêt de l'activité cérébrale, ce qui permit le concept même de greffe de cœur ; les textes de lois sur l'accord présumé du don en cas de non-inscription au registre des refus, simplement affichés sur le mur, puisque le coordinateur refuse de les mentionner aux parents, belle manière de faire.
Certains personnages du roman sont un peu sacrifiés (il me semble qu'on parlait plus de Juliette, la petite amie ; la receveuse est assez peu évoquée), mais c'est la loi de ce type d'exercice.
Le tout est tour à tour bouleversant et passionnant, ébranle la tête et le cœur, et permet de toucher du doigt ce miracle qu'est une greffe, miracle humain d'abord quand une famille en état de choc doit prendre de telles décisions, puis miracle technique pour l'extraction, le transport, l'insertion.


Grand soir - Stravinski (Cité de la Musique - 23 Septembre 2017)

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25 September, by noreply@blogger.com (bladsurb)[ —]
Le format "Grand soir" a été revu à la baisse, ce qui est bien. Une ou deux pièces par partie, trois parties, fin à 23h15, c'est amplement suffisant. Cette soirée s'articule autour d'Igor Stravinski, selon trois associations d'idée assez libres : l'aspect mystique, l'aspect iconoclaste, l'aspect théâtral.

Igor Stravinski - Trois pièces pour clarinette

Petite mise en bouche de quelques minutes, en lent-vif-vif, tonique et sympathique.

Jonathan Harvey - Bhakti

J'accroche pas. Les musiciens sont doublés par leurs projections électroniques sur bande, certains mouvements sont presque inertes, d'autres beaucoup plus mouvementés, ça s'inspire de versets du "Rig Veda" qui ne m'accrochent pas plus, bref, je trouve ça bien long.

Igor Stravinski - Renard

Étrangement, les voix grésillent légèrement, ce qui est assez gênant. Le sur-titrage n'aide pas vraiment à suivre l'histoire, parce qu'on ne sait pas qui parle. Mais tout ça n'est pas bien grave. Duncan Ward dirige l'EIC avec vivacité, dans ce conte formé de courts épisodes, dans un rendu assez rustique, proche des "Noces" (cette impression de hoquet rebondissant), mais en plus goguenard et distrayant.

Richard Ayres - N°31 (Noncerto pour trompette)

Les trois mouvements sont assez dissemblables. Le "burlesque" commence par un grommellement, puis quelques hésitations, un dialogue de sourd avec l'orchestre, un collage hétéroclite où voisinent le tonal et le ridicule. Suit une "élégie", où une harpe minimale orne une mélodie à la trompette d'une beauté simple et trop évidente pour être honnête. Enfin, la "rhapsodie" est un savant charivari tonitruant où l'ensemble commence façon fanfare presque normale, mais sous l'impulsion de la trompette ivre et beuglante, se dérègle en lignes chaotiques. Le tout est constamment surprenant, amusant, mais pas que, sous l'aspect provocant il reste de la musique.

Unsuk Chin - Gougalon

J'ai toujours autant de plaisir à écouter cette oeuvre, où chaque mouvement dépeint à sa manière une scène de théâtre de rue. J'y avais trouvé des allures de Stravinski et Bartok, cette fois j'y décèle des échos de Ligeti, mais radicalisé (l'utilisation de bouteilles et canettes de bières en percussion, en souvenir des klaxons du Grand Macabre ?). C'est vif, coloré, épicé, foisonnant, et quand ça finit on aimerait bien que ça continue !

eic - duncan ward

Ailleurs : Jérémie Bigorie
Spotify : Jonathan Harvey : Bhakti  Richard Ayres : Nos. 31 "NONcerto for Trumpet" Unsuk Chin : Gougalon

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