HOME > RSS > BLOGS France > Carnet de correspondance

R S S : Carnet de correspondance


PageRank : 2 %

VoteRank :
(0 - 0 vote)





tagsTags: , , , , , , ,


Français - French

RSS FEED READER



Retour vers le futur

16 November[ —]

Coup de lassitude qui ne vous aura pas échappé.
Il aura fallu la crise dans les banlieues pour que le gouvernement se soucie de réformer l’école.
Je liste les réponses qui renvoient, explicitement ou implicitement, à l’âge d’or d’avant les ennuis - les années 50.
La propédeutique pour élèves de ZEP avec la «prépa à la prépa» d’Henri IV.
Les bourses comme principale réponse aux ratés de l’ascenseur scolaire.
L’hymne au BA-ba de Robien devant les députés (au passage : vive la «liberté pédagoique» des enseignants).
L’apprentissage à 14 ans.
La fin du projet du collège unique (je sais je sais, il n’a jamais vraiment existé ; au moins l’ambition était-elle là).
La fin de la scolarité obligatoire à 16 ans (revenir au collège sera un «droit» pour les apprentis ; ça n’est plus un devoir).
Réinvention d’un certif au rabais (pour signer un contrat d’apprentissage à 15 ans, les jeunes devront maîtriser le «socle commun» = vu le niveau de ces jeunes, ce socle ne devra pas être trop exigeant, au mieux le niveau de 5e, voire celui de CM2).
La loi sur l’image positive de la France coloniale (et re vive la «liberté pédagogique»).
Je dois en avoir manqué...
Alors oui avec tout ça, un peu de lassitude à voir le débat tourner en rond, à voir l’absence de propositions des contempteurs du système (à bas, à bas, à bas, OK, mais on fait quoi ???).
Le tout dans un silence assourdissant de la profession enseignante.
Quand reviendra-t-on en 2005 ?

PS Quizz : quel parti se retrouve dans nombre de ces propositions ?


Beaucoup de bruit pour rien

16 November[ —]

Robien confirme ce matin sur Europe 1 : l’apprentissage à 14 ans se fera sous statut scolaire.
Il réinvente donc les classes de pré-apprentissage et enterre ce qui restait de l’idéal du collège unique en réinstaurant le palier d’orientation en fin de 5e.
L’alternative proposée aux enfants est donc binaire : se soumettre à la norme scolaire ou apprendre un métier. Le collège est sauvé : il n’aura pas à se remettre en question comme le proposait la loi Haby qui prévoyait à la fois «des aménagements particuliers et des actions de soutien au profit des élèves qui éprouvent des difficultés» et un nouvel «équilibre des disciplines intellectuelles, artistiques, manuelles, physiques et sportives [susceptible] de révéler les aptitudes et les goûts». Là, c’est simple : tu sais pas te tenir et/ou pas lire, et hop : en apprentissage, c’est pour ton bien tu pourrais remercier, espèce d’ingrat !
Bien joué, non ?


83%

16 November[ —]

Ce matin chez nos confrères du Parisien, ce sondage qui indique que 83% des personnes interrogées sont favorables à l’apprentissage à 14 ans.


Plus d'éducation = moins d'école

16 November[ —]

C’est fait, le collège unique (qui ne l’aura jamais été) a officiellement vécu. Villepin a annoncé ce soir l’apprentissage à 14 ans pour les enfants qui ne suivent pas à l’école. Personne ne lui a dit que le travail des enfants était interdit en France (c’est 16 ans, les contrats de travail). Ni que l’école était obligatoire jusqu’à 16 ans. Ni que pour apprendre à lire et à écrire, c’est peut-être bien d’aller à l’école (une année scolaire = 36 semaines de cours ; une année en apprentissage = 13 semaines). Ou alors quelqu’un le lui a dit et il a décidé de passer outre. Je me demande ce qui est le pire.


Débats

16 November[ —]

• Le débat sur l’apprentissage de la lecture se poursuit sur la toile. Avec notamment un échange très enrichissant sur le site de l’association Education et devenir entre Roland Goigoux, Franck Ramus (qui réagit notamment à l’instrumentalisation politique des apports des neurosciences), Jean-Émile Gombert et Liliane Sprenger-Charolles. Aussi ce texte de Freinet exhumé par Philippe Meirieu sur son site - il date de 1959 mais a conservé toute son actualité.

• J’arrête sur la «FNisation» des politiques publiques d’éducation. Amer : au fil des réactions, je lis des phrases disant en substance que «les idées n’appartiennent à personne». Ben si. Justement. Et on ne peut pas dissocier un projet politique de l’idéologie qui le sous-tend, a fortiori quand «les idées» en question n’étaient, jusque-là, défendues que par un seul parti.

• Dans la série «Relisons nos classiques», ce texte de Martin Niemöller, ce pasteur protestant, arrêté en 1937 et envoyé au camp de concentration de Sachsenhausen puis transféré en 1941 au camp de concentration de Dachau, où il écrivit ces lignes que vous devez connaître...

«Quand ils sont venus chercher les communistes,
Je n’ai rien dit,
Je n’étais pas communiste.
Quand ils sont venus chercher les syndicalistes,
Je n’ai rien dit,
Je n’ai rien dit, je n’étais pas syndicaliste.
Quand ils sont venus chercher les juifs,
Je n’ai pas protesté,
Je n’étais pas juif.
Quand ils sont venus chercher les catholiques,
Je n’ai pas protesté,
Je n’étais pas catholique.
Puis ils sont venus me chercher
Et il ne restait personne pour protester.»


Quizz flop

http://m0.libe.com/blogs/education.blogs.liberation.fr/2005/12/15/19_1_b.JPGplay episode download
16 November[ —]

19_1_bVous a pas beaucoup plu, mon récent Quizz. Ça m’a même valu quelques avoinées d’une rare violence (et pourtant, qu’est-ce que j’en prends, ici !) d’avoir relevé que le seul parti qui puisse se réjouir de nombre de mesures récemment annoncées en matière d’éducation soit le FN. N’y aurait-il pas lieu de s’interroger plus avant ?
J’y pensais en lisant cet article du Monde d’hier intitulé Les idées du Front national s’imposent dans l’opinion, qui relève notamment que «Dès que l’on ne mentionne plus le nom de M. Le Pen ou celui du Front national, certaines réticences tombent. Les Français se montrent beaucoup plus nombreux à approuver des affirmations qui relèvent du fonds de commerce de l’extrême droite». Mais j’amalgame encore, j’amalgame, j’amalgame...


Quizz

16 November[ —]

Voici donc quelques éléments de réponse au quizz proposé en PS de la note précédente. Comme c’est un tantinet long, il faut cliquer sur « Lire la suite » ci-dessous. Le jeu : identifier le ou les partis auteur(s) des propositions et analyses que j’ai « copiées-collées ». A vous !

Vive le BA-ba : « Le rayonnement d’une langue passant le plus immédiatement par le livre, il faut encourager la lecture dès le plus jeune âge. Cela suppose le rejet de la méthode globale au profit de la méthode syllabique qui, seule, donne les bases suffisantes pour une bonne maîtrise de notre langue écrite et orale.» Au passage, le pourvoyeur du mal est désigné : «L’INRP, cet organisme public parasitaire et irresponsable est, pour une large part, à l’origine de la catastrophe scolaire que connaît notre pays. Il a fait la preuve de sa nocivité et de son inutilité. L’INRP sera donc supprimé.»
Fin de la scolarité à 16 ans et suppression du collège unique : «La durée de la scolarité obligatoire ne se justifie plus : c’est l’intérêt et l’aptitude de l’enfant qui doivent, avant tout, être pris en compte. Le collège unique sera donc supprimé.»
Aspects positifs de la France coloniale : «L’histoire et la géographie privilégieront la France et son identité. Cet enseignement devra rompre tout particulièrement avec l’endoctrinement “politiquement correct” qui sévit actuellement dans l’école publique. L’enseignement de l’histoire privilégiera la connaissance de notre continuité nationale, en mettant l’accent sur les pages glorieuses de notre passé.»
Vive le redoublement (j’avais oublié) : «Le refus systématique du redoublement (il ne faut pas engorger “le tuyau”, sic), pour lequel l’autorisation écrite préalable des parents est demandée, entraîne l’échec en fin de cycle d’élèves qui ne suivent pas le niveau général, pourtant déjà fort bas.»
Apprentissage à 14 ans : «Dans le cadre de la montée en puissance de l’apprentissage, il convient de privilégier le rôle des chambres de métiers (ensemble de l’artisanat), dans certains cas des chambres de commerce et d’industrie et principalement des organismes professionnels par branches réellement paritaires que nous voulons développer, pour faire correspondre le droit au fait, à savoir la très importante évolution des activités économiques et des métiers, des entreprises et du salariat, intervenue depuis la Seconde Guerre mondiale» ; la généralisation de l’apprentissage à 14 ans étant par ailleurs au programme lors des Régionales 2004.

Plus largement, quelques éléments d’analyse sur l’état de l’école : «La crise scolaire frappe aussi les maîtres, mal soutenus par leur hiérarchie, laissés seuls face à la violence, pénalisés quand ils veulent bien faire, ostracisés quand ils tentent de s’affranchir de la dictature des organisations de la gauche syndicale. (…) Bien sûr, dans la réalité, tout n’est pas toujours aussi noir : il y a des enseignants qui transmettent un savoir de qualité, des établissements calmes, des élèves bien formés et heureux, des étudiants qui réussissent. Mais c’est souvent malgré le système, voire contre lui : “L’éducation nationale est le dernier dinosaure hérité des mythes de l’après-guerre. Par son gigantisme et ses statuts soviétiformes, ses erreurs sont à la fois coefficientées et pérennisées” (P. Nemo, Pourquoi ont-ils tué Jules Ferry ?). Le désastre scolaire français n’est pourtant pas le fruit du hasard ou de la fatalité : il s’inscrit dans un processus mûrement réfléchi de destruction des intelligences. (…) Le plan Langevin-Wallon (1947) postulait “l’école unique avec un corps unique d’enseignants de la maternelle à la terminale”. Il s’agit de “démocratiser l’école” : comme on ne peut obtenir que les élèves soient tous également intelligents, on préfère qu’ils soient tous également ignorants. (…) C’est une révolution culturelle permanente que l’enseignement a subie depuis 40 ans : il s’agit de former un homme nouveau, décervelé et déraciné. Pour cela, les matières formant la réflexion et le goût (lecture, écriture, arithmétique, humanités) seront liquidées, l’enseignement de l’histoire sera révisé de manière soviétique, une pédagogie nouvelle sera mise en œuvre, apte à produire des personnalités dociles à l’utopie mondialiste. (…) Le ministère de l’éducation nationale est au service d’un projet totalitaire de manipulation psychologique et mentale des enfants, qui a pour objectif, comme l’a écrit le père du “pédagogisme” moderne, l’américain John Dewey, la destruction de “la notion purement individuelle de l’intelligence” (in Liberalism and social action, cité par Pascal Bernardin, Machiavel pédagogue). Telle est la principale raison de la crise scolaire : les aberrations du système éducatif ne sont que la conséquence de cette révolution. (…) Le fer de lance de cette nouvelle pédagogie, outre les syndicats politisés (le SNES, qualifié de “stalinien” par Claude Allègre, la FSU, la FEN, qui bénéficient de milliers de “mis à disposition”, autrement dit de permanents payés sur fonds publics), est l’Institut national de la recherche pédagogique (INRP), “temple” de cette pédagogie subversive qui a fait des millions de sacrifiés sur le front de l’inculture.»


Liberté pédagogique chérie

16 November[ —]

Reçu aujourd’hui ce communiqué.

Éducation  -  Communiqué de presse - 14 décembre 2005 - Sauver les lettres  

Apprentissage de la lecture : « Ce qui compte, c’est l’efficacité de la pratique. » *

La méthode alphabétique enfin autorisée


Novembre 2005 : en annonçant une circulaire qui demande aux instituteurs d’abandonner définitivement la méthode globale d’apprentissage de la lecture, Gilles de Robien reconnaît que les recommandations des programmes de 2002 pour l’école primaire ne sont toujours pas appliquées ! Ces programmes affirment clairement que le choix des méthodes globales et idéo-visuelles « comporte plus d’inconvénients que d’avantages : il ne permet pas d’arriver rapidement à une reconnaissance orthographique directe des mots, trop longtemps appréhendés par leur signification dans le contexte qui est le leur plutôt que lus. » (B.O. HS n°1 du 14 février 2002).

Certes, la méthode globale pure n’est appliquée par personne. Toutefois, la majorité des instituteurs pratiquent une méthode de compromis, à départ global (dite «méthode semi-globale»). C’est ce que montre le rapport élaboré en mai 2004 par le groupe de l’enseignement primaire de l’Inspection Générale, dans lequel on lit que “ bien des maîtres n’ont pas réellement intégré l’approche recommandée par les programmes de 2002 ” (enquête réalisée dans 17 académies entre novembre 2003 et janvier 2004, disponible sur le site de la Documentation française).

Sauver les lettres dénonce les errements en matière de méthodes de lecture. Le dénigrement officiel de la méthode syllabique a fait des ravages pendant des années, ainsi que le manque de formation initiale des instituteurs. Rachel Boutonnet a montré dans son Journal d’une institutrice clandestine qu’à l’IUFM elle n’a passé en tout et pour tout que six heures à étudier comment on apprend à lire aux enfants.

Pour autant, l’interdiction de la méthode globale serait une erreur. Si quelques rares maîtres la pratiquent avec succès, pourquoi la leur interdire ? L’essentiel est aujourd’hui de laisser les instituteurs juger enfin par eux-mêmes des méthodes efficaces auprès de leurs élèves, et de faire cesser les pressions qu’ils subissent en la matière de la part de nombreux inspecteurs... que ce soit dans un sens ou dans l’autre !

Sauver les lettres rappelle que d’autres facteurs entraînent l’illettrisme et donc l’échec dès l’école primaire : la diminution des horaires hebdomadaires de français (site de SLL), le remplacement de l’apprentissage méthodique et raisonné de la grammaire, de l’orthographe et de la conjugaison par une très superficielle « observation réfléchie de la langue », le passage automatique en CE puis dans les classes suivantes même si l’élève ne sait pas lire.

Collectif Sauver les lettres

* Gilles de Robien à l’Assemblée Nationale, (questions au gouvernement).

Contact presse : Marc Le Bris (06 ......)


An 1

16 November[ —]

Ce blog a un an, 112 notes et 3400 commentaires. Et je m’interroge sur sa pérennité. Ressemble-t-il à ce que j’espérais ? Pas vraiment. Je n’ai pas su convaincre les intervenants les plus fidèles d’abandonner le recours, trop fréquent à mon goût, aux insultes et anathèmes. On m’a aussi sommé, ici ou là, plus ou moins poliment, d’abandonner telle référence, de «choisir mon camp», comme si l’ambition de refléter une diversité de points de vue sur l’école était incongrue. Ce n’est pas l’idée que je me faisais d’un espace qui tente de rester ouvert à tous, sans sectarisme mais sur la base de quelques valeurs partagées. Que cela reflète l’état actuel du débat sur l’école ne me réjouit pas. Ai-je envie de maintenir un blog où les personnes sont plus souvent prises à parti que les idées ? Pas franchement. J’ai également échoué à faire entrer dans le débat les «non professionnels» de l’éducation. D’un autre côté, j’ai beaucoup appris, et certains d’entre vous ont peut-être décelé, dans mes articles, les traces de commentaires, de témoignages ou d’analyses ici proposés. Et je reste persuadé qu’à l’heure où le journalisme a perdu son monopole de la recherche et de la diffusion d’information, il est encore plus important qu’avant de faire vivre des espaces d’échange où le lecteur peut, publiquement et sans être censuré (ici, pas de lecture a priori des commentaires), critiquer et mettre en débat le travail du journaliste. Un tel blog répond-il à ce projet, un an après son lancement ? Voilà qui m’offre un joli sujet de réflexion pour 2006. Sur quoi je vous souhaite une bonne année.











mirPod.com is the best way to tune in to the Web.

Search, discover, enjoy, news, english podcast, radios, webtv, videos. You can find content from the World & USA & UK. Make your own content and share it with your friends.


HOME add podcastADD PODCAST FORUM By Jordi Mir & mirPod since April 2005....
ABOUT US SUPPORT MIRPOD TERMS OF USE BLOG OnlyFamousPeople MIRTWITTER