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R S S : Carnets de JLK


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Minutes heureuses

24 April, by noreply@hautetfort.com (JLK)[ —]
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Chemin faisant (155)
 
La grâce d'une rencontre.- Au cœur de la ville-monde, dans le prodigieux labyrinthe architectural que déclinent deux siècles de styles dégageant une identité sans pareille, une exposition rapprochant deux maîtres de la couleur et du trait irradie ces jours les murs blancs de l'un des plus beaux musées d'art contemporain qui soient.
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Rapprocher deux peintres tels que le Français Henri Matisse (1869-1954) et l'Americain Richard Diebenkorn (1922-1993) paraît aller de soi quand on découvre le magnifique ensemble de leurs œuvres continuant pour ainsi dire de dialoguer tant d'années après la mort de ces deux artistes habités par le même besoin de célébrer la vie par la couleur, mais c'est surtout l'effet révélateur de cette mise en rapport qui enchante, faisant mieux voir La beauté selon Matisse par le regard du plus inspiré de ses admirateurs tout en parcourant, à travers cette filiation unique, un itinéraire illustrant, en deux suites de séquences très représentative, l'évolution non linéaires de deux psalmistes de la couleur qui furent aussi des inventeurs de nouvelles perspectives spatiales, entre figuration épurée et stylisation abstraite.
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Deux grands nus féminins, deux "portraits " de fleurs d'un même adorable intimisme, deux intérieurs à l'espace réinventé comme dans un rêve éveillé rigoureux et flottant dans une dimension parallèle illustrent, entre cent autres exemples , ce merveilleux dialogue non concerté où les notions de maître et de disciple s'effacent dans l'affirmation parente de deux visions irréductiblement personnelles, et ça chante et ça danse dans la même poésie radieuse, sensuelle et pensive.
 
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Lumière des livres. - Le foyer de culture vibrionnant de City Lights Books n'est pas qu'un mythe littéraire de plus évoquant une période de créativité hors norme : c'est LA librairie cristallisant, dans un quartier à bigarrures métissées de Chine et d'Italie, une passion de la littérature qui reste vivace selon toute évidence. À preuve: le choix exceptionnel de livres "à lire absolument" qui échappent aux automatiques et souvent débilitants "coups de coeurs" des derniers succès, sous le signe de la qualité, d'une curiosité sans cesse relancée et de la production la plus récente, notamment en matière de pensée et de poésie en volcanique activité.
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La danse sur le volcan est alors doublement évoquée par les essais très présents en ce lieu d'un Noam Chomsky , constatant la fin du rêve américain sans ignorer pour autant les forces vives s'opposant à l'écrasante religion du dieu Dollar, et d'une kyrielle d'auteurs vivants - tel le New Yorkais David Shapiro dont City Lights Books vient de publier In the Memory of an Angel - toujours soutenus par la légendaire maison du Mathusalem jamais aligné de ce haut-lieu, en la personne du nonagénaire Lawrence Ferlinghetti.
 
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Instantanés contre l’oubli. - Un préjugé rassis voudrait que nos cousins d'Amérique, mâcheurs de chewing-gum ou d'insipide marshmallow, fussent pauvres de mémoire et moins portés que nous autres à défendre les valeurs d’intelligence et de sensibilité distinguant l'humaine créature de la brute épaisse, mais l'inculture crasse de l'ubuesque Président actuel ne saurait faire référence !
C'est en tout cas ce que nous nous disions, avec Lady L, en nous attardant ce matin dans l'enfilade des salles du MOMA de San Francisco où le regard de la photographe Diane Arbus se trouve réfracté par une centaine d'images chargées d'humanité et sous tous les aspects qu'en brasse la société.
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Imagiers défiant la fuite du temps , les photographes autant que les peintres, et parfois plus que ceux- ci se perdant dans les artifices de la pseudo -nouveauté, font figures de témoins, comme le rappellent aussi quelques-uns d'entre eux, réunis dans une suite de courts métrages du plus vif intérêt, tel Un Richard Adams travaillant à capter encore un reste de beauté dans les dévastatrices entreprises soumises au seul profit, ou telle la Vietnamienne An-My Lê exorcisant ses anciennes terreurs d'enfant de la guerre à sa saisissante façon...
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En cette ville la nuit

23 April, by noreply@hautetfort.com (JLK)[ —]
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"Pourquoi nos désirs ? Pourquoi nos pensées dans la nuit ?
Pourquoi la présence de certains hommes, de certaines femmes à mes côtés
fait-elle se dilater le soleil dans mon sang ?"
 
(Walt Whitman)
 
 
Depuis la nuit du sang
le remords de n'être pas dieu
me retient en ville ou je tue
le temps.
 
Aussi je me fais une fête
d'ancien cueilleur d'amulettes
de conspuer avec l'enfant
tatoué de sangs mélangés
la fierté des battants
qu'enivre l'élan de l'épieu.
 
Votre ville est si fière
de son utilité
pure de toute futilité
qu'elle en devient plus dure
en nos cœurs assiégés
que l'obsidienne des couteaux.
 
Vous êtes les tenants
de l'activité verticale;
aux axes effilés
vous cumulez l'effet
et les reflets des angles
exsangues et calculés
dans les bureaux glacés;
vous êtes les adroits,
et ni le choix des armes
ni les états d'âme
n'échappent à vos menées
et autres visions programmées.
 
Votre empire est sans pitié
et la misère empile à vos pieds
les hardes de la horde exclue,
mais les affaires sont les affaires.
 
La ville-monde au demeurant
nous exalte et nous épate,
oxymore de splendeur;
Caïn le rebelle au grand air s'éclate,
et le tendre Abel en sa lenteur
mène sa peur où ça lui chante.
 
(San Francisco, ce 23 avril 2017)

Grandes largeurs

22 April, by noreply@hautetfort.com (JLK)[ —]
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Chemin faisant (154)
La ville aux échappées. - ce n'est pas d'un coup, comme peut apparaître soudain New York de plein fouet, de face ou de profil, que la splendeur de San Francisco se révèle, mais plutôt au gré de multiples déplacements de points de vue, de rudes montées et de vertigineuses descentes, de parcours latéraux et de mouvements giratoires, entre autres traversées encaissées ou laissant subitement fuir le regard vers des percées lointaines, et le cumul de ces vues se constitue alors en sensation d'ensemble dont l'exaltation se fixe mieux avec le recul d'un bateau faisant le tour de la baie, d'un pont suspendu à l'autre, sur le roulis des eaux fraîches et sous les claques du vent.
 
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On oublie le Routard.- Les francophones moyens que nous sommes, qui plus est de la classe 68, sont censés trouver Frisco (la seule abréviation fait initié) forcément sublime, avec tout l'afflux de références contre-culturelles liées aux mythes d'une génération rompant les amarres de la conformité, mais ce nouvel alignement ne sera pas le nôtre: nous ne ferons pas forcément pèlerinage aux lieux supposés de la bohème magnifique et des légendes vivantes, nous irons où ça nous chante et sans airs entendus, et c'est ainsi qu'hier nous aurons trouvé plus de belle et bonne vie sur les quais d'Embarcadero grouillants de multiples populations bigarrées aux langues de tous les continents que par les ruelles taguées de l’Art Street certifié, les hauts d'Ashbury aux nostalgies hippies homologuées ou les cafés de Castro et ses vieux gays forcément libérés - et demain nous irons par les jardins du Golden Gate ou de Presidio de préférence à Sausalito et sa légende réchauffée, mais gardons-nous pour autant de renoncer à aucun détour improvisé, via City Lights allez donc ! ni aucune surprise.
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Entre pannes et tremblements. - Se retrouver soudain dans le noir des volées d'escalier de bois d'un vieil hôtel style 1900 et des poussières soudain privé de l'usage de son ascenseur de collection, où se voir soudain coupé de toute connection Internet dans l'Etat de la planète où se forge notre avenir numérique : telle fut aussi bien , hier, la surprise paralysant soudain toute une colline à la suite d'une monumentale panne d'électricité. Evohé ! Miracle: la Machine a encore ses failles, sans parler de notre mère la Terre dont les humeurs ne sont point encore tout à fait sous contrôle ainsi que les sismologues, prévenants sinon avenants, l’envisagent pour les temps peut-être prochains...18033437_10212812650537941_1732025984254058833_n.jpg18033335_10212812652537991_1532082226585430632_n.jpg
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Young memories

22 April, by noreply@hautetfort.com (JLK)[ —]
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Nous avions vingt ans d'âge
et le vent jeune aussi,
la nuit au sommet de l'île
nous décoiffait et sculptait nos visages
de demi- dieux que partageait
l'amoureuse hésitation,
sans poids ni liens que nos
ombres dansantes
enivrées au vin de Samos,
les dauphins surgis de l'eau claire,
nos impatiences enlacées,
un consul ivre sous le volcan
et le feu du ciel par delà le dix-septième parallèle...
 
 
Et partout, et déjà,
défiant toute innocence,
les damnés de la terre
plus que jamais déniés;
et si vaine la nostalgie
de nos vingt ans,
en l'insolente injonction de nos rebellions.
 
 
C'était hier et c'est demain,
et nos vieilles mains sur le sable
retracent en tremblant les mots
qui se prononcent les yeux fermés
au secret des clairières.
 
(San Francisco, Nobhill, ce 21 avril 2017).

Your attention please...

20 April, by noreply@hautetfort.com (JLK)[ —]
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(Dialogue schizo)
 
Moi l'autre: - Alors, ce début de voyage ?
 
Moi l'un: c'est pire que ce que je croyais - j'en suis déjà retourné, pour ainsi dire enchanté !
 
Moi l'autre: - Toi qui prétendais hier encore que le voyage est le plus souvent assommant, tu te contredis à présent ?!
 
 
Moi l'un: - Absolument pas. Ce qui me tue est l'idée qu'on se fait actuellement du voyage, et l'injonction d'en profiter ! Comme si la vie de tous les jours était moins dense que le fait de se déplacer !?
 
Moi l'autre: - Pourtant tu as maintes fois remarqué que la découverte de lieux nouveaux accentue l'attention et la vision des choses...
 
Moi l'un: - C'est l'évidence même, mais des millions de prétendus voyageurs actuels ne voient rien ou ne regardent que ce qu'on leur ordonne de regarder pour mieux profiter, selon l'expression que je hais.
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Moi l'autre : - Tu prétends ne pas consommer ?
 
Moi l'un : - Notre ami Charles Albert Cingria l'a écrit: qu’"observer c'est aimer". Consommer n’est à mess yeux qu’ un sous-produit. De même y a-t-il une gradation entre voir, regarder et contempler. C'est affaire d'attention une fois de plus, et de gradation dans la qualité. Consommer est un automatisme, tandis que savourer relève du don de soi.
 
Moi l'autre: - Et qu'est-ce alors qui a frappé ton attention au point de te faire savourer pareillement ce début de voyage ?
 
Moi l'un: - C'est d'abord l'immensité du paysage. La sensation physique de dilatation. Ce ciel plus haut, ces avenues plus larges, ce fabuleux élan du pont routier sur la baie de San Diago, ce joyeux chaos vestimentaire brassant les classes sociales, cet air à la fois indien et sino-japonais des Mexicains, et ce matraquage publicitaire à la télé ...
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Moi l'autre: - Quoi, Ça ne t'horripile pas ?
 
Moi l'un: - Pas du tout. C'est tellement exagéré que j'y trouve le plus haut comique, comme chaque apparition du Président sur Fox News, avec son air de se regarder passer et son rictus satisfait de plantigrade à brushing orangé. Les présentateurs eux-mêmes, autant que les télévangélistes et les intervieweuses aux maquillages outrés, me semblent de telle figures formatées du toc et du kitsch que le retour à la réalité réelle relève de la féerie. La vision hier, vers Seaport, d’une extravagante vieillarde à chapeau de paille et grandes fleurs multicolores, trônant sur sa chaise roulante à côté d'une sans-abri à caddie et leggings troués - toutes deux jactant comme deux écolières -, m'a semblé d'une humanité incarnée revigorante. C’est Fellini chez Donald le beauf ! Et quel beau porte-avions juste à côté ! Et quels beaux enfants à Balboa Park !
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Moi l'autre: - Tu ne crois pas au déclin de l'empire américain ?
 
Moi l'un : - Ce que je crois n'a aucune importance, mais je souhaite que cet excès d'arrogance du plus haut grotesque du nouveau Président et de sa clique appelle les braves gens à plus de lucidité et d'empathie multilatérale, comme j'en viens presque à souhaiter la victoire de la calamiteuse Marine Le Pen pour secouer les Français !
 
Moi l'autre. - Et Lady L. dans tout ça ?
 
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Moi l'un: - C'est évidemment elle la vraie First Lady, qui s'occupe de tout, prévoit, combine, planifie, organise, avec un sens des réalités qui n'exclut pas la rêverie végétative et des éclats de rire jamais forcés, en complicité tribale de bon aloi avec ses luronnes de filles et leurs lascars à la coule - bref tout ça aide à vivre, avec ou sans voyage, sans donner dans la suavité glamour juste bonne pour la télé-réalité...

Ceux qui font le tour du jardin

20 April, by noreply@hautetfort.com (JLK)[ —]

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Celui qui remonte le fleuve étincelant dans sa Chevrolet Impala / Celle qui se gorge de glace à la vanille noire à la Bottega italiana de Coronado / Ceux qui se retrouvent au théâtre du Globe de San Diego ou l'esprit du Good Will n'en finit pas de souffler / Celui qui ne renoncera pas à lire Annie Dillard au motif qu'elle a le même passeport que Donald Trump alors qu'aucune romanciere-essayiste européenne n'egale son génie à sa connaissance / Ceux qui ont trouvé dans Le Cercle de Dave Eggers la critique romanesque la plus aiguë de la nouvelle idéologie transhumaniste / Celui qui ne s'est jamais dit Charlie ni non plus Américain le 11 septembre de l'année que vous savez / Celle qui préfère cent fois les séries anglaises ou américaines aux productions françaises qui se piquent d'exception / Ceux qui dans les années 60 vous tournaient le dos au prétexte que vous alliez camper dans l'Espagne de Franco / Celui qui a son premier retour des States à déçu ses amis suisses allemands en refusant de dénigrer ce prétendu nid de fachos / Celle qui a fait la grève du Coca avant de se mettre à la coke / Ceux qui copiaient ce matin les gravures de Goya et de Jacques Callot exposées au Musée Timken du Balboa Park / Celui qui relit Miss Lonely Hearts et se rappelle aussi le même esprit de Dostoïevski marquant la Confederation des imbéciles De John Kenney Toole découvert en Louisiane peu avant le suicide de son auteur / Celle que le matraquage matinal de Fox News n'empêche pas de sourire à ses voisins de palier peut-être bien républicains va savoir / Ceux qui prédisent aux Français de gauche se recentrant à droite un sort aussi peu enviable qu'aux déçus centristes des deux bords se ralliant aux extrêmes / Celui qui trouve à l'Americain moyen plus de politesse et d'humour qu'au Français de ces aigres années / Celle qui ne se prononce jamais que sur les cas particulier / Ceux qui demain matin s'envoleront pour San Francisco et vous saluent aimablement en attendant, etc.


Déambulation

19 April, by noreply@hautetfort.com (JLK)[ —]
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L'éveil de nos méditations
se fera d'occurrence
au dam de toute autre influence
ou détermination.
 
 
Les bois flottés aux ornements
de nouvelles musiques
vers d'autres lendemains indiquent
les intimes courants.
 
 
Au dam des dominations
de slogans ressassés,
les mots se laissent ramasser
au creuset des galions.
 
 
Dans les préaux déjà
les mots nous auront chahutés,
ou parfois extasiés,
délivrés de tout quant à soi.
 
 
Nous respirons dans le jardin
aux parfums espagnols,
sous les ramées de rossignols
au chant de pur satin.
 
 
(Avant une première virée au Balboa Park...)

Notes d'un premier jour

19 April, by noreply@hautetfort.com (JLK)[ —]
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Chemin faisant (155)
 
Premiers constats. - Au premier jour de ce nouveau périple américain au niveau du couple, un peu plus d'un an après celui qui nous conduisit du plus haut des Pays-Bas au plus bas du front de mer breton, par Bruges et Cabourg avant le retour diagonal par la douce France aux bourgs plus ou moins déprimés si bien observés par l'acide Michel Houllebecq, de Nantes à Nemours et jusqu'aux collines de Côte d'or et aux bords de Saône inondés, je me dis que sans l'increvable Lady L. je serais resté en ce que Robert Walser appelait son "modeste coin", tout à mon indolence naturelle.
Et me voici prié de me bouger en Californie, non mais ! Enfin voilà que ce matin, des grandes baies de notre quinzième étage du Marriott donnant sur la baie de San Diego, sur fond de sourd grondement des avions semblant plonger en pleine ville, un regain d'énergie m'est pour ainsi dire infusé par le mouvement concerté de l'immense ville...
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De l'habitus. - Et tout de suite on est prié de réviser ses préjugés ! Illico l'observation rapprochée s'oppose aux généralisations devenues de plus en plus abusives, notamment via les réseaux sociaux, et c'est ainsi qu'hier, découvrant l'urbanisation middle classs superbement agencée , sur les hauts montueux de San Diego où notre fille aînée et son compagnon se sont installés pour quatre ans ( notre ingénieur de beau-fils se trouvant représenter en Californie la plus fameuse firme suisse de machines à plier le carton), l'occasion nous aura été donnée d'apprécier l'intelligence d'un plan de quartier rompant avec l'ordinaire chaos de tant de banlieues développées n'importe comment, tel que je l'ai observé, des années 60 à nos jours, aux alentours de la maison de notre enfance...
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La notion de beau quartier ne m'a certes jamais fait rêver, mais comment décrier le projet d'un quartier à mieux habiter ? Ceci noté sans la moindre intention de conclure quoi que ce soit sur la supériorité des suburbs californiens par rapport à leurs homologues lausannois ou même danois, non plus qu'à l'habitus des médinas ou des industrieuses termites...
 
17991109_10212786387441380_4447102590369322451_n.jpgAutre notations revigorantes . - La façon des Américains de porter des shorts, même financiers en retraite ou jeunes théologiens, à quelque chose d'aussi démocratiquement rassurant que l'entregent immédiat des Américaines de tous âges. Je me l'étais dit il y a plus de trente ans au Texas ou à Boston, puis à Los Angeles et à Santa Barbara un lustre plus tard, mais une fumeuse ou un fumeur n'étaient pas encore considérés, en ces temps préludant seulement à la political correctness, comme autant de meurtriers en puissance à chapitrer. En revanche on se réjouit de constater le recul de l'obésité des enfants et les progrès de la méditation non sectaire dont notre fille aînée illustre le souriant bienfait...

Allegro furioso poi dolcissimo

18 April, by noreply@hautetfort.com (JLK)[ —]
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Une lecture de La Divine Comédie (49)
Purgatoire, Chant XV. Deuxième corniche : envie. Troisième corniche : colère.
 
Que l'évocation des envieux et des coléreux se fasse sous le signe de la joie n'a rien que de (sur) naturel dans un processus d'ascension à la fois matérielle et spirituelle que le verbe du poète, mêlant à tout moment éléments concrets et visions transfigurées, module en douceur implacable - si l'on ose l'oxymore...
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Ainsi Dante se plaît-il à indiquer un décalage horaire entre l'instant qu'il vit, passant de la deuxième à la troisième corniche du Purgatoire, montant donc du site des envieux à celui des colériques, et la minute inscrite au même moment sur les horloges de Jérusalem, du Vatican ou du lecteur en train de lire la Commedia au XXIe siècle...
Les dernières nouvelles qui nous parviennent, en ce mardi de Pâques 2017, au 15e étage du Marriott de San Diego, latitude d'Alger sous le règne d'un monstre de cynisme cupide au prénom de canard de bande dessinée, laissent à penser que l'humaine créature n'a guère progressé depuis le lundi de Pâques de l'an 1300.
De la même façon, subitement éclairé par la lumière d'un ange “à la voix joyeuse", Dante ne fait que reprendre l'enseignement des Béatitudes évangéliques détaillées par l'apôtre, alors que Virgile lui rappelle pour sa part que la seule passion vouée aux biens matériels divise les hommes, obstruant la voie qui "court vers l'amour", etc.
Paroles lénifiantes que ces incitations à plus de mansuétude et de généreuse miséricorde au milieu des enragés de toute sorte ? Le conclure ne serait pas voir que Dante, en donnant trois exemples de douceur (de la vierge Marie, du Grec Pisistrate et du pauvre Etienne lapidé par la foule de Jérusalem) opposée à la mauvaise rage de notre drôle d'espèce qu'il sait en lui aussi, et en chacun de nous - sans parler des fureurs d’enfant pourri-gâté de l'actuel Président américain - inscrit bel et bien l’utopie christique dans la réalité de notre expérience vécue.
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Comme la lecture de Shakespeare, quoique en plus dogmatique, la lecture de Dante reste ainsi un inépuisable creuset d'observations et de réflexions à transposer dans notre vie, et voici l'aube se lever sur le Pacifique...
 
 
Peintures: William Blake et Salvador Dali.

Ceux qui planent

18 April, by noreply@hautetfort.com (JLK)[ —]

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Celui qui se met à la place de l’autre sans demander son reste / Celle qui cherche le père en scrutant le bras de mer / Ceux qui n’ont de cesse que de vous trouver où vous n’êtes pas / Celui qui prie Big Mother de lui mâcher la moquette / Celle qui rêve tout haut dans le sous-marin soluble / Ceux qui touchent l’écran pour voir Les Sept Mercenaires / Celui qui se demande où est le copilote quand Dieu passe à la télé / Celle qui te dit qu’elle est en recherche dans une dimension latérale / Ceux qui disent tout à la Toile dont la réponse tarde à venir / Celui qui est théocrate à nuance ploutophile / Celle qui défèque dans l’avion à étages / Ceux qui voient Jésus marcher sur les nuages dont les moutons le saluent d’un air entendu / Celui qui à l’aplomb de San Diego dit salut à Sally l’hôtesse de l’air qui lui a prêté son stylo sans ciller / Celle qui lâche un vent sous la couverture nuageuse / Ceux qui vont fumer sur le toit du zingue mal aéré faut reconnaître / Celui qui jette un froid dans la classe Ecologique en sortant un Coran usagé / Celle qui a trouvé une coquille dans l’évangile apocryphe selon saint Jacques / Ceux qui par le hublot voient le désert tout là-bas où cinq ascètes font la sieste / Celui qui pense au pape François dans l’avion qui ne bat point de l’aile / Celle qui sait que tous les chemins mènent à Rome, via Vegas pour se refaire / Ceux qui constatent qu’en effet San Diego est à la latitude d’Alger, etc


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