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LA DIFFERENCE INVISIBLE

22 July, by Lo[ —]
de Julie Dachez et Mademoiselle Caroline
Bande dessinée - 90 pages
Editions Delcourt/Mirages - août 2016

Marguerite a 27 ans, bosse dans un bureau parisien, et s'y rend tous les matins en suivant le même protocole précis qui la mène à la boulangerie acheter son petit pain à l'épeautre, puis passer devant la librairie, et arriver au boulot bien avant les autres, avant les bruits qui se multiplient dans cet open-space, avant les talons qui percutent le sol, avant les allusions qu'elle ne saisit pas, avant la foule qu'elle n'aime pas suivre. Son copain non plus ne comprend pas qu'elle refuse de l'accompagner aux soirées d'amis, souvent fatiguée. Qu'a-t-elle vraiment ? Qu'est-elle ?

Cette bande dessinée est un plaidoyer, un témoignage, un ouvrage pédagogique pour expliquer les troubles de l'autisme, et notamment les comportements des femmes qui vivent avec le syndrome d'Asperger, trouble du spectre autistique. Non, ce n'est pas une maladie, non, pas la peine de chercher à le soigner, l'éradiquer. Ces personnes sont juste différentes, d'une différence invisible souvent, et aspirent à une vie respectueuse, qui appelle notre tolérance.
La réalisation de l'album, égrenant le rythme des jours, l'enlisement dans une solitude née de l'incompréhension de l'entourage, l'épuisement de devoir se conformer à une norme et faire le tour des médecins et des psychologues sans avoir d'explication, est une réussite.
Et puis, la révélation du livre, la révélation de Marguerite, c'est ce diagnostic, enfin, cette possibilité donnée, expliquée. Et c'est même une chance tant le syndrome est difficilement repérable chez les femmes. 
 
 

LA MENUISERIE

22 July, by Lo[ —]
Chronique d'une fermeture annoncée
d'Aurel
Bande dessinée - 130 pages
Editions Futuropolis - mars 2016

Au cœur de l'Ardèche, il est une vielle menuiserie familiale qui se pose la question de la reprise. Le patron et sa femme doivent prendre leur retraite, leur fille ne souhaite pas reprendre, tout comme leur fils, dessinateur de bande dessinée, qui n'est autre qu'Aurel. Malgré sa décision, il s'intéresse beaucoup au destin de son père ingénieur qui s'est tourné vers cette profession manuelle, il admire sa mère, associée de longue date, et les salariés qui ont vécu aux côtés de ses parents pour réaliser un métier en voie de disparition quand les fenêtres PVC importées prennent le pas sur les huisseries en bois.
 

Il fait de son père le portrait d'un patron à l'ancienne, non pas "paternaliste" mais humain et artisan, humble, simple et faiseur.
Il fait par ses dessins, par la vie qu'il rend à cette menuiserie et à ces acteurs, un monde technique intéressant que celui de cet artisanat.
Sur le fond comme sur la forme, cet album est un régal. Avec cette ambiance graphique douce et détaillée, il restitue toute cette douceur, tout cet amour pudique d'un fils pour ses parents. Une admiration pour ce père chef à bord d'une entreprise à laquelle il n'était pas destinée, qu'il a reprise à la mort de son père à lui. Et cet attachement, cet hommage maternel qu'on lit aux amorces des chapitres quand il présente les menus dominicaux que sa mère élabore pour sa venue...
 
Et l'avenir ? la fermeture ? La fin d'une activité d'artisanat qui a fait vivre plusieurs générations, une de plus ? La reprise par les salariés au travers d'une SCOP ? La vente ? A qui ?
 
Une excellente BD, un témoignage réussi.

L'avis de Mick Léonard - Planète BD
L'avis de Yaneckchareyre - Les chroniques de l'invisible

TROPIQUE DE LA VIOLENCE

21 July, by Lo[ —]
de Natacha Appanah
Roman - 190 pages
Editions Gallimard - août 2016
Prix Roman France Télévisions - 2017
Prix Femina des lycéens - 2016
Prix Patrimoines - 2016

Marie est une infirmière expatriée installée à Mayotte, cette île française si lointaine. Une île aussi splendide qu'elle est le foyer d'une rare violence sociale. Chaque jour elle voit des enfants en provenance des Comores et d'Anjouan, échouer morts sur ses rives. Marie épouse Chamsidine qui la délaissera plus tard pour une jeune autochtone plus fertile. Alors, elle trouvera la force, face à une mère éplorée, de recueillir Moïse, de décider de l'adopter. Mais la micro cellule explose quand il a 15 ans, Moïse est alors un gamin des rues, sous les ordres de Bruce, jusqu'au drame et peut-être la guerre...

Elle a une écriture cinglante Natacha Appanah, sans concession, distillant cette violence sourde, cette injustice, ces états de fait qui doivent scandaliser.
Tour à tour, les personnages parlent au fil des chapitres. Moïse, l'enfant djinn à l'œil vert, Bruce, le caïd sui tient le quartier de Gaza, Marie, la mère adoptive fragile, Olivier, le policier sensible et humaniste confronté à l'immigration clandestine, Sébastien, l'humanitaire français.


Extrait :
"Je venais d’arriver à Mayotte dans le cadre de mon année de bénévolat avec l’ONG C. Ma mission était d’ouvrir une maison pour les jeunes de Kaweni. On m’avait dit que ça ressemblait à une cité : les jeunes qui traînent, qui traficotent, qui macèrent dans l’ennui, le manque de perspectives d’avenir, zéro boulot, drogue à gogo. Le local était déjà trouvé, il manquait les idées. J’avais vingt-sept ans et nous n’étions que deux à être volontaires pour venir ici. Mayotte, c’est la France et ça n’intéresse personne. Les autres voulaient aller en Haïti, au Sri Lanka, au Bangladesh, en Indonésie, à Madagascar, en Éthiopie. Ils voulaient de la « vraie » misère, de la misère centenaire ancrée comme une mauvaise racine, des pays « où c’est chaud », des endroits où les tempêtes succèdent aux guerres, où les tremblements de terre suivent les sécheresses. Le nec plus ultra, celui qui en jette sur le CV, restait Gaza, le vrai Gaza en Palestine je veux dire, mais c’était réservé aux plus expérimentés."

Un roman court et fort comme un cri. Un livre qui met en lumière une détresse de la jeunesse dans cette île de l'Océan Indien, qui souligne les disparités, les malaises, les jalousies, les rancœurs et les ignorances qui se tissent entre les privilégiés et les laissés pour compte.

L'avis de Joelle - Les livres de Joelle
Leurs avis - OnLaLu

UN CHEMIN DE TABLES

18 July, by Lo[ —]
de Maylis de Kerangal
Récit - 100 pages
Editions Seuil - Raconter la Vie - mars 2016

Elle est témoin du processus de formation et de vocation du jeune Mauro pour la carrière de cuisinier. Il accumule les expériences, rémunérées ou non, dans des brasseries parisiennes, un restau étoilé, une petite auberge, tente même d'ouvrir sa propre adresse.

Le côtoyant de longs mois durant, Maylis de Kerangal dresse le portrait d'un jeune homme qui entame une partie décisive de sa vie, qui fait naître de ses actions sa vie professionnelle.
Une magnifique écriture qui prend plaisir à se déployer autour de la passion, des ustensiles, des aliments et des plats, des gestes d'artiste.
Maylis de Kérangal a réussi l'exercice du documentaire de la vie contemporaine en même temps qu'un récit à l'écriture soignée et enthousiasmante.

Extrait :
"Un train roule vers Berlin. Il traverse à bonne vitesse des étendues rases, des champs qui fument, des rivières, c’est l’automne. Assis contre la vitre dans un wagon de seconde, il y a ce jeune homme, vingt ans, délié, maigre bagage, un livre entre les mains – je suis assise sur la banquette d’en face, je déchiffre le titre sur la couverture, La Cuisine de référence, Techniques et préparations de base, Fiches techniques de fabrication, repère trois toques stylisées sur fond bleu blanc rouge, puis je soulève les fesses et me penche en avant, bascule tête la première dans le livre, à l’intérieur des planches où s’alignent des vignettes légendées en italique, pas-à-pas photographiques où il n’est nul visage humain, nulle bouche humaine, mais des torses et des mains oui, des mains précises aux ongles propres, et ras, des mains maniant des ustensiles de métal, de verre ou de plastique, des mains plongées dans des récipients, des mains que prolongent des lames, toutes mains saisies dans un geste."
 
Un livre à dévorer qui a son rôle dans la collection de Rosanvallon "Raconter la vie" tant il est le reflet d'un regard humain sur une vie d'aujourd'hui. Mauro n'est pas très bavard ni démonstratif, Maylis le scrute et le traduit. Ils n'omettent pas d'évoquer l'envers du décor de prestige et de mode culinaire, les horaires, la fatigue, la solitude, les humiliations et la compétition.




Restaurer les vivants, l'avis de Virginie Félix - Télérama


POLICE

11 July, by Lo[ —]
d'Hugo Boris
Roman - 180 pages
Editions Grasset - août 2016

Virginie, Erik et Aristide sont trois gardiens de la paix de région parisienne. Pour dépanner d'autres services, ils doivent raccompagner un étranger tadjik à l'aéroport Charles de Gaulle pour renvoi dans son pays d'origine. Entre les 4, dans le véhicule de police, la tension est palpable. Entre Erik qui se sent responsable d'obéir aux ordres, Aristide, le costaud rustre qui veut reconquérir Virginie, et cette dernière, tiraillée entre ses sentiments pour Aristide, sa vie maritale, son avortement en cours, et l'aversion professionnelle qui l'envahit quand elle prend connaissance du passé du Tadjik. Comment reconduire de manière neutre un homme vers sa mort ?

Dès la première page, le roman nous embarque, l'écriture est absolument remarquable. Rythmée, toute en rondeur, efficace. Le roman dresse le portrait d'hommes et femme de la police, sans se cantonner aux habituels apéros et débâcles. Ici, en prenant une mission précise, on suit le cheminement qu'ils font entre obéissance au devoir et cas de conscience. Avec tous les détails et tracas du quotidien liés aux rivalités inter services et au matériel peu ergonomique. Et les relations professionnelles et personnelles tissées entre eux trois, surtout entre Aristide et Virginie, un beau portrait de femme.


Extrait :
"On a confié la sale besogne à des employés sous-payés de quelque administration d'Etat, qui devront dormir avec. La responsabilité est dispersée entre la Préfecture, les gardiens, les escorteurs, la Police aux frontières, les pilotes; les hôtesses, les stewards, pour que chacun ait le confort de penser : ce n'est pas moi, c'est l'autre.
- Mon but à moi, déclare solennellement Erik, c'est que vous rentriez vivants chez vous ce soir.
- Tu te sens menacé ? demande Aristide. Regarde-le, il a un corps d'enfant de CM1.
- Je ne parle pas de lui.
- De qui, alors ?
- De personne en particulier. Je parle en général."

Et bien sûr, la situation des migrants et des reconduites à la frontière est en permanence en toile de fond. Le roman interrogé sur le bien fondé, sur l'efficacité, sur l'absurde. Avec un migrant qui est à la fois très lourd de son histoire et totalement muet, d'apparence indifférent, mais surtout dans l'incapacité de comprendre. Un roman brûlant d'actualité, qui prend le pari du pas de côté pour une immersion d'une journée décisive, mais hélas sûrement banale.
 

CREPUSCULE DU TOURMENT - Tome 2

9 July, by Lo[ —]
HERITAGE
de Léonora Miano
Roman  - 310 pages
Editions Grasset - mars 2017
 
Après qu'Amok/Dio ait salement amoché sa femme en la battant un jour de colère, il fuit sous une pluie battante à travers les faubourgs, puis à travers la brousse de ce pays d'Afrique. Il roule vers son père, cet home avec qui il n'entretient plus de relation apaisée, cet homme qui lui faut enfin ré-affronter. Mais, victime d'un accident de la route, il tombe inconscient, et c'est alors que ses pensées s'enchaînent, que son esprit le propulse dans ses souvenirs lointains, ses gouffres intérieurs, ses émotions intimes, ses blessures tues.
 
Pour ce tome, après avoir suivi 3 portraits de femmes fortes et inattendues, qui gravitaient autour d'un homme - frère, époux, fils, c'est maintenant ce mâle qui est au centre de cet opus. Il nous avait agacé. Il est à présent inconscient, faible, victime, et souffrant toujours d'un lourd passé qui condamne son avenir. La violence, il l'a vue enfant, lorsque son père battait sa mère, Madame. La violence, il l'a subie enfant, sous les assauts d'une tante incestueuse et humiliante.
 
Extrait :
"Le monde n’avait que faire de cette ancestrale maîtrise de la parole qui les sacrait, où qu’ils soient, rois du rap, du stand-up, du prêche, de la conférence universitaire. Depuis le temps, on les avait observés. Rien de leur fonctionnement n’échappait plus à quiconque. On savait que leur art de la profération cheminait avec la passion de consommer, que la plupart de ces grands activistes auraient tué père, mère et la communauté entière pour détenir le dernier gadget à la mode, lequel ne devait rien à l’inventivité de Kemet."
 
J'ai été déçue par cette lecture, sûrement en attendais-je trop, après Mélancholia qui était si lumineux, qui touchait toujours juste, bouleversant et limpide. Ici, les contours des personnages sont trop flous, le temps trop élastiques, les superpositions des rêveries, de l'irrationnel, des souvenirs peuvent me perdre. Léonora Miano aime explorer et interroger le genre dans la sexualité. Elle aime à bâtir un personnage ambigu, qui ne serait ni homme ni femme, ni hétéro ni homosexuel. Mais ce qu'elle en dit dans ses interviews (cf Les Inrocks par la rédac'chef Virginie Despentes, fin mai 2017) va plus loin que ce que le personnage d'Amok ne m'a laissé entrevoir dans ce roman.
J'ai trouvé intéressante la réflexion autour des attentes de puissance pour les hommes afrodescendants, qui peuvent régler par une sexualité dominante un lourd passé de soumissions historiques. Au lieu de repenser la masculinité.
L'écriture aussi m'a un peu moins fait vibrer. Je reste sur ma faim en attendant la fin de la trilogie avec impatience.

L'avis de Virginie qui a davantage compris - Fragments de lecture
L'avis de Marie-Julie Chalu - Africultures

Mes [DVD]s de l'été 2016 au printemps 2017

8 July, by Lo[ —]
LA DOLCE VITA **
de Federico Fellini
Sortie salles - 1960

Un film qui ne me laissera pas un souvenir mémorable, si ce n'est par l'élégance éternelle de Marcello.







LOLITA ***
de Stanley Kubricks
Sortie salles -novembre 1962

Un film qui surfe sur l'ambigüité d'une relation incestueuse, qui jamais ne la montre mais souvent la suggère, où celui qui manipule le plus faible n'est pas toujours celui qu'on croit.




LES NUITS BLANCHES ***
de Luchino Visconti
Sortie salles - 1957

Magnifique film autour de cette Natalia qui attend le retour de son amant chaque soir à 22 heures. Elle ne se morfond pas, elle est fraîche, gaie, rieuse, lorsque le beau Marcelo Mastroianni s'éprend d'elle. Mais elle lui raconte tout et le tient à distance. Raison, espoir, déception, dénouement. Grâce et dénuement. Dans une ambiance ouatée nocturne, sous un brouillard onirique, brume magnifiquement rendue par des toiles tendues...



MORT A VENISE *
de Luchino Visconti
Sortie salles - 1971

Film lentissime, sur les émois d'un homme pour un garçon. Désir, dépression, maladie, solitude, soleil et plage.



TOUT DE SUITE, MAINTENANT ***
de Pascal Bonitzer
Sortie salles - juin 2016

Comédie française avec une belle palette d'acteurs, pour jouer des histoires de famille, des histoires de cœur et d'intrigues professionnelles. Agréable, bien rythmé, à la manière de la série Dix pour Cent.





SHAME ****
de Steve MacQueen
Sortie salles - décembre 2011

Un film fort et troublant autour d'un homme malade d'addiction sexuelle, de solitude, de honte. Un mort-vivant qui sans cesse repasse à l'acte. Quand sa sœur Sissy débarque chez lui à New York, sa routine est quelque peu perturbée, son intimité mise à mal. Et l'on comprend que son handicap d'intimité et de stabilité amoureuse a une origine lointaine, ancrée, peut-être familiale.



SUZANNE ***
de Katell Quillévéré
Sortie salles - décembre 2013

Une histoire passionnelle, chez une fille-mère qui passe d'une relation familiale complice avec son père veuf et sa jeune sœur, à l'aventure pour suivre aveuglément un beau mec, laissant derrière elle son jeune fils. Un saut dans chaque pas qui la mène à l'irrémédiable, une force volcanique.



DANS LES FORÊTS DE SIBERIE ***
de Safy Nebou
Sortie salles - juin 2016

D'après le roman de Sylvain Tesson, la quête de liberté d'un homme qui fuit le chaos des villes pour la vie de quiétude, un retour à soi et à la Nature. Le scénario du film a créé une rencontre avec un assassin fuyard qui attend la prescription de son crime.
Avec la musique d'Ibrahim Maalouf. Envoûtante, enveloppante.


LE CLIENT  ****
d'Ashgar Farahadi
Sortie salles - novembre 2016

Jeune couple de Téhéran, Emad et Rana doivent quitter leur appartement. Un type leur sous-loue un autre appart', et un jour, l'intrusion d'une homme alors que Rana y est seule, va renverser leur quotidien du côté obscur, du côté de la suspicion, de l'indicible, de la haine, du silence et de l'envie de vengeance. Ou comment, dans une société de l'honneur et du déshonneur, on peut être violée et coupable. Un suspense terrible pour un film intimiste.


TOUR DE FRANCE **
de Rachid Djaïdani
Sortie salles - novembre 2016

Un jeune rappeur doit fuir les règlements de compte de quartier et rejoindre le sud de la France, en conduisant également un vieux peintre maçon bourru. Avec un Gérard Depardieu qui occupe toujours l'écran avec autant de présence, mais des scènes finales et des séquences autour de l'univers du rap qui ne m'ont pas paru toujours crédibles.



QUATRE COULEURS

26 June, by Lo[ —]
de Blaise Guinin
Bande dessinée - 144 pages
Editions Vraoum ! - mai 2014

Grégoire, étudiant en fac d'Histoire de l'Art, est pressé par son père de ne pas tripler sa première année à glander et à fumer. Alors, il a la très bonne idée d'échanger son identité avec son pote Pierre en études de Géographie. Ils se complètent, quand l'un est nul dans une matière, l'autre est un peu plus spécialiste. Ils vont se compléter pour les épreuves. Et ça démarre bien, Pierre apprécie follement de côtoyer au cours de géo la belle rouquine Mathilde, et Grégoire est complètement subjugué par sa nouvelle plantureuse prof d'Histoire de l'Art. Et aussi par la fille de la bibliothèque. Mais moins par Chloé, son ex, qui surgit dans le cours. Sa fausse nouvelle identité sera compliquée à conserver...
 
 

Les bons vieux stylos quatre couleurs, y'a que ça de vrai. On peut même faire une super chouette BD avec de la texture, du relief, du grain.
Quatre couleurs est un album petit format, modeste mais vraiment surprenant.
Ca commence par une banale histoire d'étudiants, de frivolité, de triche et de séduction. Et puis ça glisse vers le polar car un meurtre est, sous couvert de discrétion narrative, au centre de l'histoire. On ne s'attache pas à Grégoire, qui est détestable, mais à cette ambiance colorée, et au scénario bien mené.
Le travail graphique réalisé avec le fameux stylo 4 couleurs est abouti, régressif en nous rappelant les heures à griffonner sur des pages de cahier en écoutant d'une oreille le cours magistral.
Magistrale cette petite BD !

L'avis de Caroline - Un dernier livre avant la fin du monde
L'avis d'Hannibal - Le Lecteur

LA NATURE AU FIL DES SAISONS

25 June, by Lo[ —]
de Marc Giraud
Documentaire - 200 pages
Editions Allary - novembre 2016

Mois après mois, la Nature change et nous donne à voir une foule de phénomènes, nous met sur le chemin de différentes espèces. De manière ludique, le livre permet des comparatifs visuels pour reconnaître des espèces végétales ou animales, nous décrypte des comportements ou des phénomènes physiques, nous livre des recettes très nature, des dictons ou extraits littéraires et nous pose aussi quelques devinettes !

La Nature au fil des saisons est un ouvrage qui s'impose de lui-même, l'attendu nécessaire à toute la famille, petits et grands, mais surtout grands pour ensuite briller auprès des petits ;-) Et même à partir de 5 ans et demi, cela se révèle pour certains points très intéressant.
Les considérations botanistes, éthologiques et écologiques ne sont pas négligées.
On peut picorer au fil des pages quelques encarts, anecdotes, bulles, mais assez facilement j'ai voulu le lire de manière exhaustive, tant les sujets sont intéressants et variés. Et puis on y revient avec appétit, on recherche un schéma d'identification pour expliquer aux enfants comment différencier et bien nommer des espèces visuellement proches.
 
J'ai un faible pour les illustrations du naturaliste François Desbordes qui côtoient celles de Gilles Macagno, plus dans le style BD humoristique, bien que celles-ci apportent un côté très vivant à l'album.

Un bel ouvrage moderne, qui dépoussière les bestiaires et autres encyclopédies botaniques. Sans autre prétention que le partage du plaisir d'observer la Nature et le transmission de la connaissance.

L'avis de Kantutita - Birds & Bicycles
L'avis de Nouv'Elle Nature - Nouv'Elle Nature



RENAISSANCE

24 June, by Lo[ —]
de Michel Houellebecq
Recueil de poèmes - 110 pages
Editions Flammarion - août 1999

Michel Houellebecq écrit quelques vers, délicieusement déprimant, dangereusement mélancolique, teintés de misanthropie et de lassitude, mais aussi d'humour et d'un certain moteur qui subsiste pour la vie, l'immersion fatale au milieu de notre environnement.

Extrait :
"Les dents qui se défont
Dans la mâchoire maigre,
La soirée tourne à l'aigre
Et je touche le fond.

L'anesthésie revient et dure quelques secondes,
Au milieu de la foule le temps semble figé
Et l'on n'a plus envie de refaire le monde,
Au milieu de la foule et des parcours piégés."

Un recueil qui se lit très vite. Des pages où on croit entendre la voix assez monocorde et les mots semi articulés de Michel Houellebecq.

Extrait :
"Le matin de mes jours m'apparaît vaguement
Lorsque je suis assis, tordu devant ma table,
Tous semble s'effacer et se couvrir de sable,
Le matin de mes jours disparaît lentement."

Cette profonde difficulté de vivre les matins est souvent évoquée, comme une difficulté à renaître au monde à chaque réveil avec ses mêmes perspectives de désenchantement.
De la poésie, des mots aériens sur nos vies au quotidien, ça ne fait pas de mal. Jolie lecture.

Houellebecq au milieu des gouffres humains - Blogue houellebecquien d'une doctorante engagée

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