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LE CONSENTEMENT

27 mai, par Lo[ —]
de Vanessa Springora
Roman - 200 pages
Editions Grasset - Janvier 2020
Prix Jean-Jacques Rousseau - 2020

La jeune V. vit avec sa mère, ne voyant plus que trop rarement son père. Elle a 14 ans quand elle rencontre dans le milieu littéraire professionnel de sa mère, le beau cinquantenaire au sourire paternel, G.M. Ce dernier va très vite séduire la jeune fille, sous le regard d'abord offusqué puis très vite consentant de sa mère. Cette relation va durer des années et la jeune V. aura toutes les difficultés du monde à se débarrasser de cette emprise prédatrice.

Rarement écriture aussi droite et délicate n'aura planté sa mine effacement, en dévoilant tant, dénonçant implacablement et maintenant toujours maîtrise et élégance. C'est une histoire personnelle et intime que raconte l'autrice, une histoire dont elle a voulu démêler les nœuds et les contradictions, les évidences et les ambiguïtés. Le titre pourra être trompeur, car davantage que la question du consentement, c'est évidemment celle de l'abus de pouvoir dont il est question. Qu'une très jeune fille soit consentante pour entretenir des rapports sexuels avec un vieux monsieur n'est pas impensable, mais le grave problème réside dans son impossibilité d'avoir un consentement éclairé, libre, et pesé lorsqu'elle est soumise de fait à un abus de pouvoir sur sa faiblesse infantile.

Extrait :
"A quatorze ans, on n'est pas censée être attendue par un homme de cinquante ans à la sortie de son collège, on n'est pas supposée vivre à l'hôtel avec lui, ni se retrouver dans son lit, sa verge dans la bouche à l'heure du goûter. De tout cela j'ai conscience, malgré mes quatorze ans, je ne suis pas complètement dénuée de sens commun. De cette anormalité, j'ai fait en quelque sorte ma nouvelle identité.
A l'inverse, quand personne ne s'étonne de ma situation, j'ai tout de même l'intuition que le monde autour de moi ne tourne pas rond.
Et quand plus tard, des thérapeutes en tout genre s'échineront à m'expliquer que j'ai été victime d'un prédateur sexuel, là aussi, il me semblera que c'est pas non plus "la voie du milieu". Que ce n'est pas tout à fait juste. Je n'en ai pas encore fini avec l'ambivalence."

Elle éclaire aussi sur les contradictions du bonhomme, qui s'accroche par ego à elle, jeune femme, qui la harcèle, la poursuit parce qu'elle a osé avoir la force de vouloir rompre, l'envie de vivre avec d'autres jeunes hommes. Quelle contradiction non assumée puisque le prédateur pédophile n'est attiré que par les corps juvéniles, il feint de manière sadique un attachement durable qui n'est pas viable !...
Le roman témoignage est sublimement écrit, et l'importance de l'écriture justement, est soulignée. La source de l'emprise et de l’admiration, et la clé de la libération également. Un échange d'arme pour une vengeance éclairée.


EVE

17 mai, par Lo[ —]

de Guy Hocquenghem

Roman - 310 pages
Editions Albin Michel - août 1987
Editions Livre de Poche - 1987

Adam est un romancier connu, homosexuel souffrant alors déjà du terrible Vih. Lorsqu'il voit Ève, sa jeune nièce de 20 ans qu'il ne connaît pas, il y a soudainement une attraction, une liaison sulfureuse qui fera le mécontentement notamment d'Anne, sœur d’Adam et mère d’Ève, qui vit éloignée dans le Berry avec son amie Judith. Rejetés, les amants qui se ressemblent comme deux  gouttes d'eau, vont fuir, errer aux Antilles, en Argentine, en Afrique, où leur ressemblance frappera quiconque les croisera, et leur amour sulfureux intriguera, jusqu'à ce que la maladie d'Adam le condamne a rester hospitalisé à la Pitié Salpêtrière.

Ce roman reste, près de 35 ans après sa parution, sulfureux en ayant planté le récit dans une époque et un milieu aux mœurs libérés, et en frôlant les problématiques pédophiles pour lesquelles les écrivains sont longtemps restés impunis. Mais Ève n'est pas seulement cela. C'est un roman remarquablement bien écrit, où l'intelligence de l'auteur paraît à chaque page, où la lucidité et la dénégation côtoient l'assurance fière du narrateur. L'histoire est plus que cela, elle bouscule effectivement les codes de l'inceste, en révélant peu à peu des liens qui ne sont pas ceux de simples oncle-nièce, en mettant en lumière des origines que l'on doit aussi aux premiers progrès et recherche en génétique.

Extrait :
"Je n'ai plus d'amant régulier depuis des années. Au début, ça s'est simplement espacé. Ils se faisaient rares. Comme dans les changements écologiques, je ne me suis rendu compte de rien. Le paysage amoureux était déjà aux trois quarts stérile autour de moi, quand j'ai pris conscience que les pluies acides de la désillusion avaient exterminé les bosquets de l'amour.
Je ne vois ni ma famille, trop dispersée, ni mes collègues écrivains. Je vis si seul que je pourrais bien finir assassiné, comme les vieilles dames du quartier, par un type qui m'aurait suivi, avec mon accord, depuis le boulevard ; et personne ne s'apercevrait de rien avant des semaines, quand l'odeur s'étendrait en nappes fétides dans l'escalier."

Au delà de l'attirance scandaleuse, il y a aussi chez ce personnage homosexuel, une attraction qu'il explique par davantage qu'une gémellité, un double reconnu, un miroir, l'Autre qui est Soi, sa moitié.
Enfin, la maladie est le deuxième aimant, tirant lui vers la finitude, la décrépitude, l'ôtant à la jeunesse retrouvée dans le double. 
Le personnage d’Ève, jeune femme indépendante, mystérieuse, ayant plusieurs vies derrière elle que le mensonge ne nous donne pas à lire très facilement. L'histoire nous embarque dans la quête d’identité, les vertiges des inséminations et protocoles génétiques, les trafics illicites...
Un livre dur et lumineux à la fois, un texte fascinant, en puissance et en audace.

"La rage intacte, itinéraire d'un indompté" - FranceCulture
"La guerre des Gays : Hocquenghem et les lendemains de 68" - Libération

[DVD-VOD] Mes Films et Séries du Printemps 2020 - Part. One

6 mai, par Lo[ —]

Le confinement favorise le visionnage, alors voici déjà une belle fournée pour la première moitié du printemps à peine ! Des films et des séries donc... :

ATLANTIQUE ****
de Maty Diop
Sortie salles France - octobre 2019
Grand Prix - Festival de Cannes 2019

Un film qui détonne, braquant sa caméra sur le Dakar d'aujourd'hui, sur le revers nocturne de la face du développement économique, sur les drames qui se trament à la nuit tombée : des rencards amoureux clandestins à 2 jours d'un mariage arrangé, des bars où les filles attendent les garçons, ces derniers décidant du grand voyage par l'Atlantique, des zombies sans pupilles qui viennent venger les disparus et les bafoués. Romance, thriller, fantastique.



HORS NORMES ****
de Toledano et Nakache
Sortie salles France - mai 2019

Univers social des malmenés et incompris, des jeunes aux troubles autistiques graves dont les structures agréées ne veulent pas. Un Vincent Cassel au jeu implacable avec l'adoré Reda Kateb, un vrai duo plus vrai que nature.


ELLE S'EN VA ***
d'Emmanuelle Bercot
Sortie salles France - septembre 2013

C'est un film léger, un petit road trip, le chemin d'une femme à la dérive tout en restant forte. Un film qui vaut surtout pour le bonheur de (re-re-re...)voir Catherine Deneuve, sa nonchalance, son naturel, son jeu qu'on aime tant. Bettie, la soixantaine, à la tête d'un restaurant, se retrouve engluée de dettes, et de chagrin suite au départ de son amant. Elle part, quitte tout, mais retrouve un temps sa fille rancunière de la voir si peu, et son petit fils, qu'elle va devoir garder.


CAMILLE ****
de Boris Lojkine
Sortie salles France - octobre 2019

Un film biographique sur les dernières années de la très courte vie de Camille Lepage, photographe de guerre décédée à 26 ans en 2014 au cœur du conflit centrafricain. Une vraie claque, l'admiration pour ce bout de femme déterminé, cette demoiselle solide avec sa répartie, son assurance, sa détermination. Elle n'avait pas les grigris autour de son buste, ses bras, son torse, mais elle avait la sincérité, et la reconnaissance acquise péniblement, car être Blanche, c'était un problème, c'était son problème. Au côté de rebelles, les anti-balakas, elle va progresser vers le front de guerre, elle va affirmer sa liberté de ne pas être vue comme une proie ou une prédatrice espionne. Elle se pose toujours les questions, qu'est-ce qu'elle fait là ? Pourquoi se sent-elle bien si loin ? Comment photographier sans cautionner ces crimes de vengeance ?


AUJOURD'HUI **
d'Alain Gomis
Sortie salles France - janvier 2013

Dakar. Satché (joué par Saul William) est condamné, sacrifié, destiné à mourir dès la fin de cette journée. Alors il va faire ses choix, voir celles et ceux qu'il souhaite revoir, partager en douceur, comme en lévitation, dans le brouhaha de la ville, ses dernières heures. Un homme résigné, - mais est-on jamais prêt pour mourir ? n'est-ce pas finalement une chance que de connaître son heure ? - que l'on suit de près, aux côtés du second personnage joué par la ville de Dakar. Film lent, mais atmosphère très englobante.


UN DIVAN A TUNIS **
de Manèle Labidi Labbé
Sortie salles France - février 2020

Une franco-tunisienne retourne s'installer à Tunis, et concrétiser l'ouverture de son cabinet de psychanalyse, sur un toit de Tunis, non sans difficultés administratives, culturelles, relationnelles avec le voisinage. Il y a beaucoup d'humour dans ce film, et également le cri de rage d'une jeunesse qui veut placer ses espoirs sur sa terre natale. Malgré l'absolu plaisir de voir Golshifteh Farahani à l'écran, l'histoire souffre peut-être d'un brin d'immaturité, mais sa fraîcheur est aussi sa force et son message.


LA TORTUE ROUGE ***
de Michael Dudok de Wit
Sortie salles France - juin 2016
Prix Spécial Un Certain Regard - Festival Cannes 2016

Ce film d'animation sans paroles est un métissage entre la tradition d'animation japonaise et les studios Ghibli, et un certain regard européen sur la mythologie et les préoccupations écologiques. Un homme échoue sur une île déserte, puis échoue par trois fois d'en partir à bord d'un radeau de bois. Une tortue rouge apparaît un jour comme étant la source des destructions du bateau de bois, mais aussi comme l'espoir d'une compagnie, par sa transformation en une ravissante femme. Onirisme, imaginaire, poésie et éloge des forces de la nature et de la création, ce film est un bonheur esthétique, mettant l'accent sur la musique et les sons illustrant le concert des éléments naturels. Vu et validé avec et par les enfants.


MATTHIAS ET MAXIME ***
de Xavier Dolan
Sortie salles France - octobre 2019

Maxime vit entre sa mère alcoolique et ses potes d'enfance. Lors une soirée, une amie va, pour les besoins d'un film, demander à Matthias et Maxime de s'embrasser alors que Maxime s'apprête à quitter le Canada pour 2 ans en Australie. Ce baiser va faire remonter à la surface un passé d'attirance et bouleverser leurs équilibres sociaux, notamment celui de Matthias, en couple. Avec toujours les thèmes de prédilection de l'homosexualité, la création, les rapports mère-fils, Xavier Dolan livre un film techniquement très bien réalisé, très pudique et à la fois très intime avec probablement beaucoup d'autobiographie, mais dans lequel il manque peut-être un ingrédient de folie, de dramaturgie, d'éclat...



DOULEUR ET GLOIRE ***
de Pedro Almodovar
Sortie salles France - mai 2019

Salvador est un réalisateur en pleine souffrance : souffrances physiques multiples, chroniques, et souffrance psychique due à l'incapacité d'exercer. Alors, des rencontres, des retrouvailles, des souvenirs. Sa mère, ses amours, son succès. Et maintenant, la plongée dans l'héroïne...

    


PLAY ***
d'Anthony Marciano
Sortie salles France - Janvier 2020

Le jeune Max (Boublil) de ses 13 ans en 1993 jusqu'aux années 2010 s'est filmé, avec ses amis, ses parents, son quotidien, ses vannes, ses échecs. C'est une comédie très attachante, drôle, nostalgique, distillant avec un plaisir visible, des références qui parleront aux trentenaires et quarantenaires.






NOTRE-DAME **
de Valérie Donzelli
Sortie salles France - décembre 2019

Maud Crayon travaille dans un cabinet d'architecte et sur un malentendu elle doit mener à bien le projet de réaménagement du parvis de la cathédrale Notre-Dame-de-Paris. Cela fera beaucoup de chose à mener avec le père de ses enfants qui s'accroche envers et contre tout, et un amour de jeunesse qui resurgit en journaliste charger de la filmer... Il y a toujours l'humour, l'originalité de Valérie Donzelli, sa liberté légère, et le jeu toujours parfait de Pierre Deladonchamps, mais au final, ce film n'arriva pas à marquer, hormis quelques scènes dansées assez réussies.




GLORIA MUNDI ****
de Robert Guédiguian
Sortie salles France - novembre 2019

Un très bon cru de Guédiguian, un film transgénérationnel, une famille avec parents, enfants, petits-enfants, un sorti de prison, et les galères de la jeunesse contemporaine. Un film avec la nostalgie de toujours, avec des acteurs immuables et intemporels, mais aussi et cela m'a surpris, une réalité très moderne.



LA CRAVATE ****
de Mathias Théry et Etienne Chaillou
Sortie salles France - février 2020

Un documentaire peaufiné, si bien amené avec l'interview du personnage principal en train de lire le scenario qu'on en croirait une fiction. La voix du narrateur porte une analyse à mesure que les images se déroulent, une distanciation, un recul pour étudier ce jeune homme, Bastien, 20 ans, militant FN, ses envies, ses peurs, ses souvenirs, ses amertumes. Un résultat étonnant et novateur.



LES GARDIENNES ****
de Xavier Beauvois
Sortie salles France - décembre 2017

Un film qui se déroule dans la longueur, mais c'est du temps qui se savoure. L'image est belle, et les saisons défilent sous nos yeux, dans la ferme tenue par deux femmes (Nathalie Baye et sa fille Laura Smet) bientôt trois. Nous sommes en temps de guerre, le vrai, celui de la Première Guerre Mondiale, quand les femmes devaient tenir les exploitations agricoles seules, travaux fermiers, investissements, moissons, ventes, maternité. Une vie austère de labeur, ponctuée par les retours rares des soldats de la famille ou des américains qui parcourent les campagnes. Un très beau jeu d'actrices féminines, une histoire de famille, d'amour et de trahison. 

                          



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ATLANTA - Saison 1**
de Donald Glover
Sortie TV USA - 2016

Une série américaine, une fois n'est pas coutume. Je n'ai pas été emballée, très très peu vraiment. Parfois un peu drôle, mais pas beaucoup plus pour moi.




VALIDE ****
Série saison 1
de Franck Gastambide
Sortie Canal+ - mars 2020

Première série sur l'univers du rap français, un microcosme théâtre de toutes les passions, les luttes, les trafics, les combats, les ascensions et les trahisons. Avec Clément, joué par le rappeur Hatik, on voit débarquer avec fracas lors d'une émission de Planète Rap sur Skyrock un jeune au visage de Moha la Squale et à la crinière de Rilès pour défier avec brio au micro, la star établie MaStar. Le seul bémol, c'est ce trop grand écart peut-être entre une assurance indéfectible d'Apash (Clément) et ses moments d'intense naïveté admirative... Série très réussie qui se binge à souhait....avant de visionner le Lac des Cygnes....



BUREAU DES LÉGENDES - Saison 5 ****
d'Eric Rochant puis Jacques Audiard
Sortie Canal+ - avril 2020

La nouvelle saison commence fort, on a plaisir à retrouver, parfois grâce à des flash backs de plus en plus nombreux et de plus en plus appuyés, Phénomène, Mme El Mansour, JJA, Marie-Jeanne, Sisteron et même Pain in the Ass. L'épisode 6 est un peu décevant, lent. Mais la série se rattrape, et les 2 derniers épisodes écrits par Jacques Audiard sont réjouissants, en donnant la part belle à nos héros préférés. Le Bureau des Légendes est à l'aube d'une restructuration, d'une nouvelle gouvernance, d'un Malotru à gérer, après avoir moyennement réussi des missions d'ex-filtration d'agent double ou de clandé. Du grand travail, une série toujours stimulante et intelligente.





VERNON SUBUTEX - Saison 1 ****
de Cathy Nerney
Sortie Canal+ - avril 2019

Cette première saison qui englobe les tomes 1 et 2 de Vernon Subutex de Virgine Despentes est une totale réussite. Romain Duris joue et est Vernon, on est avec lui, il est totalement solaire, touchant. Tellement qu'à la fin, à le quitter alors qu'il quitte son banc des Buttes Chaumont pour rejoindre les amis, on veut en être, on veut faire partie de la bande. Un corps est donné à Alex Bleach, une voix aussi, bref c'est comme si le roman avait davantage pris forme à mes yeux.


L'EFFONDREMENT - Saison 1 ****
de Bastien Ughetto, Jérémy Bernard et Guillaume Desjardins
Sortie Canal+ - novembre 2019

En ce temps de confinement, c'est la série dans laquelle se plonger, pour regarder avec les yeux du possible les peurs, les paniques, les ruées et les combats auxquels les femmes et les hommes vont céder dans un monde de pénurie, d'abandon, de panne, et de recherche de lieux pour la survie. Très rythmée, cette série qui veut illustrer la collapsologie et l'anticipation écologique, a le mérite de mettre en scène un monde effrayant, très proche du nôtre malgré tout. On ne sait pas ce qui s'est passé, mais aujourd'hui on sait que tout peut arriver. L'Effondrement s'intéresse au jour d'après. L'épisode de la maison de retraite est poignant, en poussant au maximum la situation, un dénuement extrême, le personnel réduit à un unique dévoué, les moyens coupés...


DERAPAGES ***
de Ziad Doueiri d'après un roman de Pierre Lemaître
Sortie Arte - avril 2020

 Le groupe international Exxya va entamer une sacrée restructuration, et pour commencer va virer 1000 personnes sur le site de Beauvais, très syndiqué. Pour ce baptême du feu, la stratégie RH sera de faire d'une pierre deux coups : simuler une prise d'otages et sélectionner parmi les cadres le meilleur à même de résister face à la violence, à même de favoriser jusqu'au bout les objectifs de l'entreprise au détriment de sa survie personnelle ; et également de recruter le meilleur recruteur qui officiera, interrogera, stressera au maximum pendant cette prise d'otages. Un thriller social cynique.



NE M'ATTENDEZ PAS POUR DÎNER

5 mai, par Lo[ —]
de Geoffrey Métais
Récit - 400 pages
Auto édition Amazon - mars 2020

En mars 2009 Geoffrey Métais était suffisamment prêt pour réaliser son rêve de tour du monde sans avion... ou presque. En démarrant très fort de Paris, à vélo jusqu'à Istanbul avec son acolyte Yann. Au fil des pays, des retrouvailles d'amis ou des rencontres lors d'hébergement chez des amis d'amis. L'Asie le fera descendre de vélo et faire son chemin en bus épique, en scooter, à pieds, en bateau,... A plusieurs reprises ses parents ou des amis le rejoignent, et c'est souvent l'occasion de reprendre les sentiers battus et de surclasser repas et hébergement. Les Amériques du Sud, Centrale puis du Nord font miroiter leurs couleurs, leur diversité, même si l'espagnol lui permet une meilleure communication. Partout des anecdotes cocasses, tendres ou déplaisantes, des rires, des aides salvatrices, des dépossessions, des déconvenues intestinales et quelques frayeurs. 

Après avoir lu l'Odyssée d'Homère, me voici plongée dans le périple de Geoffrey. Des péripéties, un parcours presque aussi long, mais riche de bien plus nombreuses escales !
Avec un goût indéniable pour la langue française, Geoffrey distille ses récits et ses anecdotes choisies par de belles pincées d'humour, de dilettantisme, et de poésie. Chaque pays traversé fait l'objet d'un chapitre, et les départs de continents donnent lieu à des statistiques pointilleuses.

Le ton est à la fois familier, amical, et assez brillamment écrit, ce qui est une qualité indispensable pour les récits de voyage dignes de lecture dépaysante.
La jeunesse de Geoffrey, sa fougue, son entrain lui ont permis d'avancer, de vivre, d'expérimenter, de rencontrer, de s'essayer, mais tout en véhiculant les contradictions inévitables du voyageur : envie de solitude mais de compagnie, envie d'authentique mais regret du confort, envie de différences mais sans nier ses préférences, envie d'explorer d'un regard neuf mais les yeux chargés de tous les encombrants préjugés, aimer se sentir semblable mais se savoir toujours autre, être un touriste sans faire du tourisme...

Extrait :
"Il règne une ambiance de fête dans un village isolé, près duquel je passe en scooter. Tous les villageois sont rassemblés. Je m'invite. De jeunes couples en parures traditionnelles colorées dansent en ronde au son d'un orchestre. Je suis convié à partager le repas, assis au sol, avec la main droite nettoyée au préalable dans un petit bol d'eau (à ne pas confondre avec l'eau à boire !) J'arbore un joli sourire, je prends des photos, je plaisante avec les locaux. Je suis le seul touriste et c'est tant mieux. Alors que j'imagine la célébration d'un mariage, ou une quelconque festivité locale, je découvre avec stupeur au centre de la cour un cercueil ouvert sur un macchabée. Oups, un enterrement ! Ici les funérailles sont festives : la mort est un passage et non un anéantissement. Dans les tombes batak, la tête est toujours orientée en direction du village ; si le corps venait à se relever, il partirait au loin, sans revenir hanter ses anciens voisins..."

Je peux simplement regretter l'absence des dates/périodes en début de chaque chapitre, pour avoir un repère au fil des saisons durant les deux années de bourlingue. 
En cette période de confinement, c'est assurément une lecture dont on profite triplement : on voyage sans bouger et on s'évade dans des contrées visitées ou inconnues, on voyage dans nos souvenirs et dans les découvertes qui nous sont offertes. Ce qui apparaît ensuite c'est la préciosité de ce que l'on appelle les récits de voyage, qui fixent des visions sur des pays et des lieux que l'on ne pourra éventuellement plus parcourir de la sorte. Un certain spleen, une nostalgie, quelquechose dans ce goût-là... Mais les réflexions que livre l'auteur en toute fin d'ouvrage changent le ton : il est question d'une grande lucidité qui tord le cou à l'ironie et aux conclusions hâtives parfois portées à travers son parcours. Au final, pourquoi, quel en est le sens, et par quels autres moyens pourrait-on s'absenter pour dîner en comblant nos soifs autrement ? Des soifs d'ailleurs et d'émerveillements certes, mais surtout des envies d'humanité et d'harmonie. Cela résonne d'autant plus à l'heure où notre confort occidental devrait remettre en question sa liberté totale de mouvements et de voyage en tous lieux. 
Et quelle déclaration finale d'amour à sa contrée !
Un récit vivant qui assurément vaut la lecture et qui réserve à ses lecteurs une grande générosité et son pesant de surprises et de rebondissements ! 
Et les photos rendues disponibles en partage illustrent et complètent le voyage en beauté !



L'ODYSSEE

28 avril, par Lo[ —]
d'Homère (?)
d'après une épopée antique grecque écrite vers la fin du VIIIe s av. JC
Roman classique - 430 pages
Traduction par Dufour et Raison
Editions Flammarion -  mai 2017

La guerre de Troie achevée, il est temps pour Ulysse de retrouver son île d'Ithaque, son fils Télémaque et la prudente Pénélope. Sur son parcours, des épreuves, des colères de Poséidon, des détours et des retenues, des attaques et des pièges. Parvenu non loin de son îl, il sera fortement détourné par les flots et les vents, et envoyé jusqu'à l’extrémité ouest de la Méditerranée, chez Calypso, la déesse qui le retiendra 10 ans, rêvant d'en faire son mari et un immortel. Ulysse toujours garde le cap, le mortel aux mille expédients use des stratégies qui lui souffle sa ruse et la bienveillante Athéna. Quand enfin il parvient sur les rives d'Ithaque, le salut n'est pas encore prêt, restent les innombrables prétendants de Pénélope, armés, qui siègent en la demeure d'Ulysse, rient et festoient en épuisant ses ressources.

Lu à la hâte lorsque j'avais une dizaine d'années, j'ai voulu relire ce texte, davantage que la guerrière Illiade, mise en appétit par mon passionné de fils et par l'éloquent Sylvain Tesson.
Pour de telles œuvres classiques, on apprécie les éditions augmentées de préface et de dossiers, ici avec trois chapitres additionnels : Commentaire des treize aventures d'Ulysse, " Aventure merveilleuse, aventure «réelle» et Les femmes de l'Odyssée. On apprécie aussi de connaître certaines stars de la mythologie, pour faire la lumière sur les nombreux personnages croisés, et pour certains leur double identité.

Extrait :
"Télémaque, divinement beau, l’aperçut avant tous. Assis parmi les prétendants, il avait le cœur plein de chagrin voyant en pensée son valeureux père : ne reviendrait-il pas faire en son manoir une jonchée de ces prétendants, ressaisir les droits du maître et régner sur ses biens ? Ainsi songeait Télémaque assis parmi les prétendants, quand il aperçut Athéna. Il alla droit au porche, et son cœur s’indignait qu’un hôte attendît si longtemps à la porte ; il s’approcha de l’arrivant, lui prit la main droite, reçut sa javeline de bronze, et lui adressa ces paroles ailées : « Salut, étranger, tu seras chez nous traité en ami ; viens d’abord souper ; tu diras ensuite ce dont tu as besoin. »"

Ce qui est touchant c'est la beauté d'un texte qui nous parvient presque 30 siècles plus tard, et de voir comme la littérature a eu et conserve son pouvoir de décrire des mondes et des rêves d'Hommes. Le récit est aussi frappant par sa construction, qui déjà manie avec talent les flash backs, les récits dans le récit, les quiproquos, les formules qu'on répète, la poésie et une forme précieuse de décrire, sa structure solide. Alors oui, il peut y avoir des critiques sur des redondances, des rappels du passé d'Ulysse déjà connus du lecteur, des passages qui ne seraient pas authentiques mais écrits postérieurement. Oui, c'est vrai, mais ça n'enlève pas le souffle, la force de ce conte antique, qui a su fasciner d'innombrables générations, jusqu'aujourd'hui. 
Ulysse n'est pas un aventurier, il subit les éléments, tout juste est-il un héros, mais un héros glorieux car soutenu divinement. Ce sont alors les Phéaciens, un peuple généreux, marin, serviable, accompagnateurs, qui ressortent en véritable légende, en idéal à atteindre, en modèle d'humanité.


LA CHALEUR

17 avril, par Lo[ —]
de Victor Jestin
Roman - 130 pages
Editions Flammarion - août 2019
Prix de la Vocation - 2019
Prix Femina des Lycéens - 2019

Léonard, 17 ans, passe l'été au camping avec ses parents. Il attend surtout que ça se passe, terrassé par le soleil, par l'ennui, par le dégoût des congénères qui se trouvent dans l'obligation du bonheur. Un soir, en errant sur la plage, il passe à côté d'Oscar en train de s'étouffer avec les cordes d'une balançoire, et il ne fait rien, ne bouge pas, avant de réaliser l’action qui le poursuivra par la suite : il enterre le corps d'Oscar sous le sable. Les vingt-quatre heures qui vont suivre seront celles de la torture. A qui avouer ? Quand ? Comment réagir face à Claire, la mère d'Oscar s'inquiétant pour l'absence de son fils ? Comment résister à Luce, la fille fatale à laquelle tous les minots se brûlent les ailes ?

Avec une plume claire, tranchante, Victor Jestin livre là un sacré premier roman. Un livre qui fait ressentir avec intensité la chaleur, la lourdeur, la moiteur de ce temps de l'été qui nous voit succomber au silence, aux rêves, aux exceptions, aux peurs aussi... Il met le plein soleil sur ces corps adolescents, qui ne sont pas que des corps, qui voient leurs esprits en lutte avec tout.

Extrait :
"Il n'y avait plus qu'Oscar. Il cadavrait comme une eau stagne tout contre moi. Il me collait à la peau. Par moments, je ne savais plus depuis combien de temps il était mort, depuis combien de jours je le traînais avec moi dans les allées. Et puis, n'étais-je pas déjà coupable bien avant l'instant de sa mort ? N'avais-je déjà pressenti dès l'enfance que tout m'emmenait vers cette histoire. Rien n'était nouveau."



Puis ce crime qui n'en est pas vraiment un, ce seul événement qui vient prouver que le malheur existe jusque dans ce camping, qui vient rappeler la cruauté de la vie, qui vient clore un âge d'enfance. C'est un roman très bien maîtrisé, vraiment plaisant à lire, vingt-quatre heures de la vie d'un jeune homme qui se savourent.




LE CHAT DU RABBIN - vol. 9

17 avril, par Lo[ —]
LA REINE DE SHABBAT
de Joann Sfar
Bande dessinée -70 pages
Editions Dargaud Poisson Pilote - octobre 2019

Le Rabbin est en deuil, sa femme vient de mourir, mais il n'ose le dire à sa fille, cette petite reine de Shabbat qui semble se consoler avec un chat, ce chat malicieux, doué de parole et trop intéressée par la belle Zlabya.

Un Rabbin, une Zlabya, un chat, et finalement une famille proche de l'universel, avec la crainte d'un père voyant sa fille grandir vite et réclamer son indépendance, la réflexion de tous sur le rôle de la foi et des libertés.
C'est le premier volume que je lis de cette série, et il s'avère qu'il évoque le principe fondateur, par chance !

Extrait :

"Les pauvres ! A chaque page, quelqu'un tente de les exterminer ! Les Amalécites, les Philistins, les Égyptiens, les Grecs, les Perses, les Romains ! Si j'étais antisémite, mon livre préféré, ce serait la Torah : du début à la fin, y'a des juifs qui meurent !"


Joann Sfar a surtout le talent d'instiller son humour grinçant, ses moqueries bienveillantes, son humanité débordante à travers les planches. Sombre et lumineux, c'est un album totalement réussi.


LES TROIS SOEURS

11 avril, par Lo[ —]
d'Anton Tchekov
Roman - 90 pages
Editions Espaces 34 - novembre 2000
Traduction par Jean-Claude Fall

Olga, Irina, Macha. Elles sont trois sœurs dans une maison de la Russie profonde, rêvant de Moscou et d'une vie plus trépidante. Elles sont trois sœurs, trois femmes dont seule une est mariée, mais s'ennuie. Elle sont trois sœurs, mais elles ont un frère, Andreï, marié à Natalia, cette belle-sœur un peu vulgaire qu'on n'apprécie guère. Dans cette maison de province vont et viennent des militaires de passage, comme attirés par cette fratrie féminine, mais ils ne restent pas. Les sœurs ne savent pas quoi décider, se laisser courtiser, épouser, tromper, agir pour peut-être fuir ce lieu...

Ce roman est court et heureusement car il ne se passe aucune action retentissante, les filles tournent en rond, se morfondent, rêvent, espèrent, se disputent... tout au plus !

Extrait :
"Irina, elle pose sa tête sur la poitrine d'Olga. - Un jour viendra où tout le monde saura pourquoi tout ça, pourquoi toute cette souffrance, et il n'y aura plus de mystère ; mais en attendant ce jour il faut vivre... Il faut travailler, travailler c'est tout... Demain je partirai seule, j'irai enseigner à l'école, et je donnerai ma vie entière à ceux qui en ont besoin, peut-être. Aujourd'hui c'est l'automne, demain l'hiver viendra et tout sera enseveli sous la neige. Et moi je travaillerai, je travaillerai..."

Une pièce de théâtre douce amère, qui veut parler du quotidien de jeunes femmes nostalgiques de leur vie familiale avec leurs parents, de leur enfance, mais déjà tristes, désabusées, sur le sort que la vie leur réserve. Reste la musique, reste peut-être les hommes, même s'ils diffèrent de ceux auxquels elles rêvent...

L'avis de Jean-Yves Ruff - Mise en scène Théâtre contemporain
L'avis de Yuko - Le blog de Yuko

FAUT PAS PRENDRE LES CONS POUR DES GENS

6 avril, par Lo[ —]
d'Emmanuel Reuzé & Nicolas Rouhaud
Bande dessinée - 50 pages
Editions Fluide Glacial - septembre 2019

A notre époque, de grands bouleversements peuvent être sur le point d'arriver. La peur des migrants fait envisager de nouvelles stratégies de constructions protectrices ou de renvoi de nouveaux nés ne maîtrisant pas la langue. On s's'interroge aussi grandement sur l'utilité des profs et du Bac, à l'heure du développement d'une nouvelle génération de distributeurs. Les supermarchés sont vides avant que les clients eux-mêmes ne réceptionnent, rangent et passent en caisse les marchandises. Enfin, la publicité rémunératrice entrecoupe les conversations amicales et familiales.

Sur des planches initialement dessinées dans les années 2000 pour L'écho des savanes et Psikopat avec cette réédition, se déploient des dialogues et des scènes pleins de cynisme et d'absurdité grinçante. Ça résonne dans une société économiquement fragilisée avec la montée en puissance des technologies, de l'intelligence artificielle pour les prédictions en tous genres, du télétravail et de la peur de l'autre et de la privatisation de l'espace public. 
A l'heure du confinement Covid-19, c'est une bouffée d'air, un échappatoire presque en forme d'annonce.


BECOMING

5 avril, par Lo[ —]
DEVENIR
de Michelle Obama
Biographie - 420 pages
Editions Crown - novembre 2018

Depuis son enfance dans une famille modeste de Chicago jusqu'à ses derniers jours à la Maison-Blanche en tant que FLOTUS (First Lady Of The United States), en passant par ses études de Droit dans les universités de Princeton et Harvard, son début de carrière au sein d'un cabinet d'avocats, la rencontre qu'elle fait d'un certain Barack, les compromis et espoirs qu'elle partage avec lui, sa vie de mère et ses projets professionnels et humains, le parcours de Michelle Obama est celui d'une femme laborieuse, qui cherche autant à ne pas brimer ses aspirations et celles de son mari, qu'à préserver un équilibre familial.

Une fois n'est pas coutume, une lecture en anglais dans le texte, histoire de remporter un challenge personnel linguistique durant la période de confinement. Pas d'excuse !
Cette biographie est un bon entraînement. Au delà de ça, j'ai lu avec Becoming le témoignage d'une femme qui revient sur son parcours bien évidemment unique. Elle livre un récit que l'on peut qualifier d'afro féministe. Très tôt ses parents se sont démenés pour qu'elle puisse accéder à toute l'éducation et toutes les opportunités qu’eux n'auraient jamais connues, et tout fait pour qu'elle ôte de sa tête la petite musique qui veut la faire douter de ses capacités en tant que fillette afro-américaine.

Extrait :
"I liked my job, and while it wasn't perfect, I also liked my wife. With Sasha about to move into elementary school, I felt as though I was at the start of a new phase, on the brink of being able to fire up my ambition again and consider a new set of goals. What would a presidential campaign do ? It would hijack all that. I knew enough to understand this ahead of time. Barack and I had been through five campaigns in eleven years already, and each one had forced me to fight a bit harder to hang on to my own priorities? Each one had put a little dent in my soul and also in our marriage."

C'est une autobiographie que j'ai trouvée sincère, assez touchante, proche de chacun. L'exercice d'autopromotion familiale est réussi. Il y a bien sûr la musique lancinante "Si on veut on peut", idée bien répétée, mais il y a aussi et surtout les questionnements d'une femme, ses réactions, pensées, déceptions face au sexisme de la société, face aux occasions qui ne manquent pas d'être sous estimée, face à la charge de travail et la charge mentale qu'elle endosse à la naissance de ses filles quand son époux est très fréquemment en déplacement. Une vie comme de nombreuses autres, des journées de solitude et d'épuisement, mais qu'elle ne compare pas, loin de là, à ce qu'endure les familles de militaires. Sa manière de décrire toutes ses découvertes, ses premières fois, ses échelons qu'elle gravit, au fil des déménagements, des projets puis des élections de son mari, dresse aussi une fresque méconnue des coulisses de la politique américaine, nous montre l'envers du décor de la Maison Blanche, et en reflet, ce qu'a été le quotidien de cette famille.

L'avis de Mimipinson - Le blog de Mimi
L'avis de Patricia Sanaoui - OnLaLu

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