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Vidéos du Succès : Comment oser écrire un livre

22 March, by HK[ —]

Les Vidéos du Succès abordent ce que pense quelqu'un qui va oser se lancer dans l'écriture d'un livre. Marie-Laure nous fait part de ses difficultés et de ses joies. Elle vient d'écrire un livre publié par les Editions Kawa : Les relations presse à l'heure du digital

 

 


POURQUOI UN CANCÉROLOGUE AMOUREUX ?

21 March, by HK[ —]

Fascination-du-chercheur-dans-les-coulisses-du-cancerPOURQUOI UN CANCÉROLOGUE AMOUREUX ? Françoise Simpère, auteur de Fascination du Chercheur nous répond : 

On m'a demandé pourquoi j'avais mis dans “Fascination du chercheur” une invraisemblable histoire d'amour entre le cancérologue et une jeune femme croisée furtivement dans un bureau, que le héros identifie immédiatement comme “la femme de sa vie”. Oui,pourquoi, et surtout pourquoi cette histoire monogame de Prince charmant trouvant sa Princesse, moi qui suis pour tout le monde chantre des amours plurielles?
Pourquoi ? Parce qu'elle est rigoureusement vraie ! Je l'ai déjà précisé: tout ce qui est dans ce livre est emprunté à la vraie vie, parfois à plusieurs personnages dont je n'ai fait qu'un, mais rien n'est inventé. De même, le confrère de Vincent, qui apaise le chagrin de perdre un(e) malade avec une “sex-friend”, laquelle de son côté se console avec lui de ses frustrations professionnelles existent, et m'ont confirmé, lorsque je les ai rencontrés, dans la conviction que l'érotisme est une puissance énergétique fabuleuse pour l'équilibre personnel de chacun(e).

On me demandera pourquoi, dans un livre consacré aux coulisses du cancer, j'ai parlé de théâtre, de vins bio, d'amitiés, de familles déchirées, de laboratoires pharmaceutiques qui poussent à la consommation de chimiothérapies (c'est d'actualité, on en parle aujourd'hui même dans les médias), de chagrins d'enfance qui, peut-être, font le lit de cancers adultes, de l'importance des défenses naturelles contre la maladie et, conséquemment, du risque que font courir les polluants chimiques immunodépresseurs qui, même s'ils ne provoquent pas directement de cancers, en favorisent l'explosion.

On me demande cela et je me le suis demandé.
Oui, pourquoi les cancers interrogent-ils plus que tout autre maladie sur nos façons de vivre, nos chagrins, la fragilité des équilibres et comment les maintenir? Parce qu'il s'agit d'une maladie de révolte de cellules qui font partie de nous et, soudain, se retournent contre l'organisme qui les héberge avec une rage destructrice que le Pr Erick Gamelin qualifie d'intelligence dont il essaie de décrypter les mécanismes.
C'est pourquoi, plus que de médecins et de malades, je me suis attachée à l'humanité de chaque personnage. Avec l'envie de comprendre, si possible, pourquoi une jeune femme- c' était une voisine- non fumeuse, mangeant bio, faisant du yoga, adorablement gentille, a pu mourir d'une tumeur au cerveau à 41 ans. Quel pas immense on aura fait lorsqu'on comprendra, chez ces malades irréprochables, ce qui a provoqué le déséquilibre...

On sait depuis longtemps que 80% des cancers du poumon sont liés au tabac, et que l'amiante provoque des cancers de la plèvre. Cela permet d'agir sur ces polluants majeurs. Mais le jour où on comprendra quels mécanismes permettent à bon nombre de fumeurs et de travailleurs exposés d'échapper aux cancers- et tant mieux pour eux!- on aura fait un grand pas vers la possibilité d'éviter aux gens de tomber malade- base de la médecine chinoise- plutôt que de leur promettre le meilleur traitement possible, vu que, efficaces ou non, les traitements anticancéreux ne sont jamais une partie de plaisir.
Voila pourquoi “Fascination du chercheur” n'est pas un livre sur les cancers, mais plutôt un livre sur ce qui nous met, pauvres humains, en équilibre ou en déséquilibre dans nos vies, avec en filigrane l'idée de chercher l'harmonie entre nos rêves et notre réalité.

Pour en parler avec vous, je serai sur le stand ORSERY (1- H54 ) au salon Livre de Paris, le dimanche 26 mars de 11h à 18h. #editionskawa #simpère#cancers #érotisme #joueraumonde #salondulivre


Carnet de campagne (8) : My taylor is rich, my Fillon is chiche !

20 March, by HK[ —]

Fillon ArnysMy taylor is rich, my Fillon is chiche !

Si le Canard enchaîné a taillé un costard à la probité du candidat Fillon, en révélant les montants des revenus de Madame Pénélope, en tant que soi-disant assistante parlementaire, ce qui s’est passé depuis jette un manteau de soupçons sur le chef de file des Républicains.

La mariée a bon dos, Monsieur Fillon invente la dot inversée

On a ainsi appris que non content d’avoir donné à ses enfants de copieux émoluments, qu’il a aussitôt repris par remboursements différés (dont celui de sa fille, laquelle s’est acquittée de régler son mariage à hauteur de 44 000 euros), l’ancien édile de Sablé, qui n’est plus à la noce, avait des oursins dans ses poches. Et comme les oursins font des trous, il faut bien recoudre la vérité ou remplacer les costumes.

Costard rico, du grain à moudre pour les médias

Côté flanelle, avec le fringant candidat, c’est chose faite et pas n’importe où ni par n’importe qui : chez Arnys, fameuse enseigne du Tout-Paris qui a érigé le chic paysan en style gentleman-farmer, et payé rubis sur ongle ou diamant sur canapé, par Monsieur Bourgui, avocat de profession et accessoirement pilier très controversé de la « Françafrique ».

L’information donnée par le JDD précisait que depuis 2012, François le dandy était un habitué des salons de la boutique, rue de Sèvres, où « il se serait fait offrir pour près de 48 500 euros de vêtements, dont 35 500 euros semblent avoir été payés en espèces ».

Mais qui peut douter de son honnêteté ?

Evidemment, pour le commun des mortels, quoi de plus normal qu’un costume à 5000 ou 10 000 euros ! On rentre dans ce type d’échoppe comme chez Tati, les poches pleines de billets et on en ressort les sacs remplis de vêtements. C’est une évidence... Sauf que les oursins ont la fâcheuse habitude de laisser passer la monnaie, d’où les règlements en liquide pour éviter les fuites. Enfin, c’est une théorie.

« Un ami m’a offert des costumes en février. Et alors ? »

Ce qui est un cas pratique en revanche, c’est le paiement cash de deux autres costumes pour 13 000 euros, le 24 février, soit en pleine tempête du Penelopegate. Et que nous répond le candidat coquet tandis que son entourage caquète, en substance que chacun est libre de lui offrir un cadeau, sans qu’il y ait nécessairement retour sur investissement. Puis il s’insurge sur cette lecture des évènements et semble outré qu’on puisse aller voir le prix de ses chaussettes. A défaut de bas-romètre, l’archiduc de la Sarthe continue de remplir sa garde-robe : le JDD nous apprend que deux pulls en cachemire ont été payés toujours en liquide pour un montant de 4000 euros. C’est doux le cachemire, mon prince !

Dépôt de la Liste de candidat : le mensonge sur-mesure

Monsieur Fillon est ainsi le premier à avoir inventé le concept du financement politique via le tissu participatif et les liasses, terme qui désigne les échantillons de tissu. Cette élégance du geste alliée à une parole cousue de fils blancs l’a incité à déposer officiellement sa Liste de candidat au Bon Marché, grand magasin proche de chez Arnys. Le principe fonctionne sur celui des listes de mariage : chacun, amis et proches, soutiens et partisans, citoyens et contribuables, peut offrir au candidat tout ou partie d’un vêtement, d’un objet, d’une ménagère... qui lui permettra, ainsi qu’à Pénélope de s’installer confortablement à l’Elysée, si toutefois il obtient la majorité requise. L’anonymat, a priori, vous préserve de toute poursuite. Mais rien ne garantit une fuite, oursin oblige.

Les amis de mes amis sont-ils toujours mes amis ?

Ce qu’il est toutefois intéressant de rappeler c’est que le généreux donateur des costumes est un avocat franco-libanais plus connu pour ses tournées africaines et son soutien à Ali Bongo que pour ses défilés de mode. L’ami africain aurait-il des arrière-pensées ou agit-il par pur désintéressement ? Voudrait-il échanger un boubou Arnys contre un doudou délice pour Fillon ? Il semblerait que François l’austère n’aurait, à ce jour, même pas remercié son zélé porteur. Le candidat mesquin veut-il par cette ingratitude lui signifier la hauteur morale de son détachement ? Ou bien le candidat chiche se voit-il en Brummel ensablé mais toujours portant beau ?

A ces questions, et quelques autres, les électeurs auront à répondre sous peu et il leur appartiendra de rendre au candidat sourcilleux la monnaie de sa pièce dans cette oursinade présidentielle.

S’il prend une veste, il n’aura qu’à s’en prendre à lui et à ses mensonges.

Henri-Jean Anglade

P.S. : selon la définition du Larousse, le mot Chiche évoque celui qui répugne à dépenser, qui se révèle par trop parcimonieux. Autrement dit, quelqu’un de mesquin, ou qui n’est pas prodigue et qui n’accorde qu’à regret son argent pour une dépense jugée dispendieuse. Un dîner éclairé par de maigres bouts de chandelles par exemple et un verre de mauvais vin autour d’une assiette à moitié vide... Et dire que le Monsieur Chiche voudrait nous inciter à nous serrer la ceinture tandis que lui poursuivrait son essayage un verre de Champagne à la main. Que nenni, boutons le candidat impudent qui n’a pas la pudeur de renoncer après être revenu sur sa parole. Chiche !


Carnet de campagne (7) : Vermeer-Hollande : destins croisés

9 March, by HK[ —]

La laitièreHenri-Jean continue son Carnet de Campagne, et aujourd'hui il le consacre à ...Hollande !

Alors que l’exposition du Grand Palais consacrée au maître de Delft attire des foules considérables, le maître de l’Elysée, lui, se retrouve bien seul en son palais. Ce qui les lie ? Tout deux ont un point commun : Hollande. Et peut-être plus encore... Voici l’incroyable et improbable parallèle de destins entre un artiste et un équilibriste, toute la finesse de la faïence de Delft et toute la délicatesse d’un éléphant dans un magasin de porcelaine.

Des similitudes frappantes

Le premier, surnommé le «Sphinx de Delft», né (1632) et mort (1675) dans cette cité hollandaise qu’il ne quitta point, fut un maître du clair-obscur, des jeux de lumières et des scènes intimes.

Le second, surnommé le « Culbuto de Tulle », élu en Corrèze (1988) pour son premier mandat, s’est éteint le 1er décembre 2016, après son allocution du renoncement. Il fut un maître des courants du PS, des jeux d’ombres et des scènes partisanes.

D’un côté, Johannes acquit assez vite une réputation flatteuse mais sa notoriété resta limitée à son territoire. Avec une production évaluée seulement à une quarantaine de tableaux il est l’un des peintres les plus secrets du Siècle d’or néerlandais.

De l’autre, François gagna rapidement des postes à responsabilité au sein de l’appareil socialiste, alors sous le règne de François Mitterrand, sans jamais obtenir un poste ministériel. Premier secrétaire du PS pendant une dizaine d’années (1997-2008), il fut l’aquarelliste de la synthèse molle. Cependant, son manque de stature en fait l’un des présidents les plus impopulaires de la Vème République.

Pour ce qui est de la technique, Johannes serait plutôt peinture à l’huile, François peinture à l’eau, spécialiste de la détrempe de la pâte.

Pour ce qui est de la vie privée, Johannes épouse en 1653 Catharina Bolnes, ce qui le conduira à se convertir au catholicisme, et ils auront onze enfants, dont quatre morts en bas âge ; François ne se marie pas mais vit 25 ans en concubinage très notoire avec Ségolène Royal, ce qui l’amènera à se convertir provisoirement au Ségolinisme, et ils auront quatre enfants, tous bien portants.

Pour ce qui est de la carrière, Johannes est élu à la tête de la guilde de Saint-Luc à l’âge de 30 ans, ce qui fait de lui un peintre apprécié et reconnu, représentant du baroque intimiste. François quant à lui s’impose par son style empreint de normalité et de jovialité, comme un maître de chapelle très prisé des courants opposés, représentant du réformisme de gauche.

Johannes sera l’homme de Delft, François sera l’homme de Maastricht. Le premier subira les conséquences de l’orgueil belliqueux de Louis XIV avec la guerre de Hollande (1672-1678) qui ruina sa famille, le second affrontera le caractère ombrageux de Fabius, qui tentera de saper son autorité en votant non au référendum européen (2005) et l’affublera du patronyme de Flanby.

Pour ce qui est de la palette, Johannes s’illustre dans les tons bleu, jaune et rouge - que l’on peut admirer dans « La liseuse à la fenêtre », « La femme en bleu lisant une lettre », « La dame au collier de perles, ou encore « La laitière » - tandis que le second avance sa (re)composition par petites touches de rose en une infinité de nuances, framboise, cerise, bonbon, saumon jusqu’au rose dragée, qu’on a pu apprécier dans ses motions lors des différents congrès, à Brest, à Dijon, au Mans et à Reims. En somme, de la fine ouvrage : la dentelle pour l’un, le tulle pour l’autre.

Pour ce qui est de la destinée, les deux ont en commun d’être tombés très vite dans l’oubli : Johannes a connu une longue éclipse malgré l’intérêt des collectionneurs tout au long du XVIIIème siècle jusqu’à son retour en grâce auprès des historiens de l’art (dont Théophile Thoré-Burger au XIXème) et sa consécration actuelle. François, au lendemain de la veille de son départ était déjà éclipsé par son dauphin, Emmanuel Macron, élève brillant quoique dissipé. Par la suite, après l’échec de Benoît Hamon, son bilan fut réhabilité et François est revenu en odeur de sainteté socialiste.

Pour ce qui est de la conclusion, désormais, Johannes est au paradis des grands peintres, entre deux figures tutélaires, Frans Hals et Rembrandt, tandis que François est entré au purgatoire des présidents, entre deux représentants falots, Gaston Doumergue* et René Coty**. Qui sait si au XXIIème siècle, les ouvrages d’histoire ne lui accorderont pas une petite place, à condition que l’élévation du niveau des mers n’ait pas, d’ici là, englouti un pays nommé Hollande !

Henri-Jean Anglade

* Il est intéressant de signaler que Gaston Doumergue a refusé de concourir à sa succession et qu’il s’est retiré de la vie politique (1931). Non sans revenir trois ans plus tard comme président du Conseil d’un gouvernement d’union nationale (en 1934) qui dura 9 mois, le temps d’une gestation de transition, avant que n’arrive en 36 le Front populaire.

**Second président de la IVème république, et son dernier titulaire, René Coty, s’est bravement effacé pour laisser le fauteuil au général de Gaulle. Autre exemple d’un renoncement pour cause d’effondrement des institutions dans un cadre, certes différent, de post-colonialisme. Et comme un fait exprès, on reparle aujourd’hui de proportionnelle et de multipartisme dans une Vème à la dérive.


Carnet de campagne (6) : Ruy Blas, la tirade actualisée version 2017

8 March, by HK[ —]

Ouh la la, Henri-Jean nous parle aujourd'hui en alexan Ruy-Blas-drins, comme Victor Hugo, excusez du peu ! Enjoy...

Chacun connaît la célèbre tirade de Ruy Blas*, premier ministre (du roi d’Espagne) quand il surprend les conseillers en train de se partager les richesses du royaume : « Bon appétit, messieurs ! Ô ministres intègres ! Conseillers vertueux ! Voilà votre façon de servir, serviteurs qui pillez la maison... ». La pièce de Victor Hugo, créée en 1838, à Paris, n’a pas pris une ride et pourrait servir de cadre aux pérégrinations politico-judiciaires de nos candidats.

Ruy Blas, hélas, reste d’une actualité brûlante, au point qu’il suffit de peu pour l’actualiser au goût (ou dégoût du jour). En voici sa version revisitée.

Bonsoir, mesdames, messieurs !

Ô collègues intègres,

Amis de la loi, si respectueux

Surtout quand elle sert vos avantages

N’avez-vous pas honte de cette image,

A la veille d’une échéance présidentielle

Alors que le pays lentement se désintègre

Et que monte une odeur pestilentielle !

Pris la main dans le sac, vous contestez

Cette réalité évidente, qui saute aux yeux

Et vous accusez les juges de vous pourfendre

Au lieu du mal à la racine vous en prendre.

Il suffit, c’en est assez. Je vous le dis, arrêtez !

Emportés par le ressac des élections

Vous allez subir les foudres du peuple

Qui dans sa colère, pire, sa fureur aveugle

Ne supporte plus cet affront à la nation.

Au triste spectacle de cette désolation,

De vos petits arrangements qui frisent l’outrage

C’est un pays que vous prenez en otage.

Ne voyez-vous pas que le mal nous ronge

Et que c’est un cercle vicieux

Dont nous ne sortirons par le mensonge.

Votre inconduite est sans nul doute

Une menace pour nos institutions,

Mise en pièce jusqu’aux essieux

Et vos agissements une sortie de route

Qui nous conduit tout droit à la déroute.

Quand les affaires vous tombent sur le paletot

La faute n’en revient pas aux médias

Fussent-ils des canards déchaînés

Prompts en pâture à vous jeter sitôt

Pas plus qu’à des manigances ou des coups bas,

Mais bien à vos actes et la nature innée

De vos combines, comme autant de turpitudes

Qui confortent l’ambiguïté de votre attitude.

Vous, députés, sénateurs, conseillers de tous bords

La main sur le cœur, il en va de votre sort,

Jurez que vous n’avez rien pris, même si

Le doigt sur la combinaison du coffre-fort

Vous aurez du mal à nier le flagrant délit

Car puiser dans la caisse et a priori aussi

Employer votre femme, c’est faire le lit

De l’adultère des finances publiques.

En vérité, et sans conteste, je vous le dis

Vous êtes la honte de la République.

Par quelle audace osez-vous prétendre

Faire des réformes et nous gouverner

Alors que vous vous faites prendre

La main dans le pot de confiture.

N’est-ce pas là déjà une forfaiture,

Indignité et malhonnêteté cumulées

Il ne vous reste plus qu’à vous parjurer.

L’Europe vous regarde, le monde vous observe,

D’Espagne ou de Pologne, de Grèce ou de Hollande

Les partis s’agitent et les peuples s’énervent

A ce qu’on les méprise, ils veulent qu’on leur rende

Ce à quoi ils tiennent avant tout, leur dignité.

Ne les poussez pas aux extrêmes par vos actions.

Rappelez-vous ce qui est inscrit au fronton :

Liberté, égalité, fraternité !

Cette devise, vous êtes loin de la mériter.

Henri-Jean Anglade

* Extrait de la fin de la (vraie) tirade de Ruy Blas :

Ce pays qui fut pourpre et n’est plus que haillon.

L’état s’est ruiné dans ce siècle funeste.

Et vous vous disputez à qui prendra le reste !

Ce grand peuple... aux membres énervés,

Qui s’est couché dans l’ombre et sur qui vous vivez,

Expire dans cet antre où son sort se termine,

Triste comme un lion mangé par la vermine !

P.S. : Le film de Gérard Oury « La Folie des grandeurs » en donne une version comique et réjouissante. Il n’est qu’à se souvenir de certaines scènes dont : « C’est l’or... il est l’or, l’or de se réveiller Monseignor... il est huit or... » où Yves Montand/Blaze fait teinter le précieux métal aux oreilles de son maître, Louis de Funès/Don Salluste. Entre les candidats pris de phobie administrative et qui oublient de payer leurs impôts, les ex présidents mis en examen et les prétendants sur le chemin, l’argent reste au cœur des élections. Il est bientôt l’or de voter !


Carnet de campagne (5) : Fillon, le rescapé des Républicains

7 March, by HK[ —]

  Fillon PluieSuite des Carnets de campagne (électorale) écrits par Henri-Jean Anglade

Fin provisoire de l’acte 2, scène 4 d’une tragédie qui se joue à guichets fermés : L’obstiné du Trocadéro. Après un premier acte où le troisième prétendant devient le premier, damant le pion à ses adversaires tout ébaubis d’une telle prouesse, nous en étions au deuxième acte où le premier entame une chute qui le ramène au troisième rang derrière un jeune premier nommé Emmanuel. Et dans cette séquence, après la scène du pilori, nous avons eu droit à la scène du déni puis celle du dépit et maintenant celle du défi, qui débouche sur une renaissance.

Une scène où tous les acteurs en présence jouent leur partition dans une sorte de réconciliation opportune, de grand-messe républicaine. Avec par ordre d’entrée ou de sortie de scène : Bruno, Laurent, Nathalie, Alain, Nicolas, Patrick, Gérard, Bernard, Gilles, Valérie, François, Eric, Luc, Christian, Nadine et quelques autres.

Le bal des hypocrites

Cette belle troupe, qui a le sens de l’emphase, moins de la mesure, a réussi à nous tenir en haleine pendant quelques jours sur le ton de « il reste, je m’en vais » ou de « on continue, on coule ». Cette dramaturgie a permis de remonter l’audience (surtout les chaînes du tout info à robinet ouvert), et de faire défiler une kyrielle d’experts entonnant le couplet de la morale en politique face à l’offensive des protagonistes.

On a ainsi vu Bruno (Le Maire) se draper dans le manteau déchiré de son honnêteté intellectuelle mise à mal par le refus du candidat d’honorer sa promesse de retrait en cas de (future) mise en examen. On a observé Laurent (Wauquiez) mi-chèvre mi-chou attendre la mi-temps, Nathalie (Kosciusko-Morizet) mi-matois mi-matou avancer puis reculer et passer son tour pour 2022, Alain (Juppé) mi-figue mi-raisin, boire la coupe jusqu’à la lie et se faire entuber par les mêmes qui le soutenaient officieusement par derrière et qui lui disaient qu’on avait intubé le malade. Le pauvre Alain qui se croyait calife par la grâce du renoncement fictif, se retrouve donc tout seul vizir de Bordeaux. On a eu aussi, dans les coulisses, les tractations menées par Iznopasgood Nicolas qui, tirant les ficelles de ses marionnettes, poussait son poulain François junior (Baroin), lequel se tenait bien droit sur la photo aux côtés de François sénior (Fillon), lui filant le train. Et puis, en toute intimité, on a eu le départ de Patrick (Stéfanini), bras droit qui n’en pouvait plus de porter sa croix, tandis que Gérard, dit Gégé l’archer, décochait ses flèches pour déminer la situation et son acolyte, Bernard (Accoyer) vitupérait l’assemblée des déserteurs, quoique lui-même pris d’un sérieux doute.

Des sous-fifres qui ne valent pas un fifrelin

Egal à lui-même, le benêt de l’Assemblée, Christian (Jacob), ânonnait son texte et la voix de son maître, Luc (Chatel) entonnait le refrain de la fidélité, à Nicolas avant tout, à François ensuite, à la famille décomposée enfin. Sur ses talons, moins sur ses talents, Eric (Ciotti), se rêvait en Fouché d’opérette mais avec sa voix aigrelette est-il autre chose qu’une aigrette ? Estomaqué par la tournure des évènements, Gilles (Boyer), l’ex-bras droit de Juppé, que celui-ci avait prêté en tant que trésorier, aboyait dans le désert, et en rase campagne, devant la caravane des médias qui passent. Nullement estoqué, sieur Fillon tout à son ambition, et à ses dénégations, voyait les siens l’abandonner mais se cramponnait à son estrade, supportant une brimade de l’un, esquivant une ruade de l’autre, son escouade féminine partagée ; Valérie (Pécresse) qui dit oui, toujours aux avant-postes, guignant un futur maroquin, Nadine (Morano) qui dit no, doutant de son destin.

I bégue your pardon

Reste dans le rôle du traitre à son camp présumé, celui qui aurait soutenu Juppé, désormais chanteur abandonné, mais rejette Fillon, désormais acteur déshonoré. L’homme qui colle aux basques d’un centre gauche déboussolé. Celui qui louvoie hors la friche, mais qui s’en fiche depuis longtemps : le bègue du centre. L’homme d’Etat qui les met dans tous leurs états, celui qui fait don de sa personne à Macron, l’autre François (Bayrou) en grand méchant loup d’une droite redevenue par réflexe pavlovien de défense, la droite la plus bête du monde.

Or, l’origine latine du verbe ébaubir est « balbus » qui veut dire bègue. La boucle est bouclée. La bouche est bouche-bée : la voie de Macron toute tracée. Et la douche assurée pour les impétrants. Ainsi va le devenir des Républicains, associés à Fillon pour le meilleur et le pire. Faut-il en rire ?

Laissons à Shakespeare le soin de conclure : « La vie n’est qu’une ombre qui passe, un pauvre acteur qui se pavane et s’agite durant son heure sur la scène et qu’ensuite on n’entend plus. C’est une histoire dite par un idiot, pleine de bruit et de fureur, et qui ne signifie rien. »

Dommage que nous confions nos destinées à de si piètres comédiens, si prompts à se jouer de nous et à confondre la cassette commune et la leur.

La commedia è finita !*

Henri-Jean Anglade

P.S. : air célèbre de l’opéra italien « Paillasse » de Ruggero Leoncavallo, chanté (entre autres) par Luciano Pavarotti. Illustration du mouvement « vériste », fondé sur la représentation de la réalité quotidienne et des problèmes sociaux. Autant dire un sujet ô combien d’actualité !


Carnet de campagne (4) : Fillon c’est plié, pourquoi il a perdu...

4 March, by HK[ —]

FillonHenri-Jean Anglade poursuit sa chronique des Carnets de Campagne électorale.

Fillon c’est plié : pourquoi il a perdu

Les dieux ont soif. Les médias ont faim. Les journalistes aiment croire qu’ils ont un pouvoir. Surtout contre. Les électeurs adorent détester ou brûler ce qu’ils ont aimé. Surtout quand ils ont été déçus. Et dans le cas de Fillon la déception est à hauteur des espoirs fondés sur sa candidature ou plutôt sur sa figure d’incarner rigueur et probité. Là, ils sont las, très las, et ils ne sont plus là où on les attendait. Ils désertent le camp et sondage après sondage, la chute s’annonce fatale.

L’entêté de la République

Fillon est devenu le troisième homme. Le mauvais cheval d’une course qu’il aurait dû mener en tête. Pour ceux qui l’ont soutenu c’est désormais l’erreur de casting ; pour les Sarkozistes c’est la revanche. Il n’y a plus que son cœur de cible pour le préserver. Mais le cœur n’y est déjà plus. Le chœur des pleureuses, lui, verse des larmes de crocodile.

Pourtant, il y a encore quelques semaines, c’était écrit, Fillon en emportant haut la main les Primaires était sacré roi. Il devait venger la droite et gagner les présidentielles. C’était 100% sûr. Patatras, l’honnête homme s’est révélé dans sa médiocrité. Sa tribu a eu droit à l’argent de poche de la République pendant des années et Pénélope a été généreusement salariée durant deux décennies. Elle faisait et défaisait ses dossiers, dans la plus totale discrétion, remettant sans cesse son ouvrage pour ne l’achever jamais. C’est ce qui s’appelle un CDI : Contrat Durable Invisible. Sauf que, Ulysse, sous les traits de François est désormais un héros déchu. Ses chaussettes rouges, c’était son talon d’Achille.

Après avoir raillé Sarkozy l’été dernier en lançant « Qui imagine le général de Gaulle mis en examen ? », le gentleman Sarthois s’apprête à subir le même sort, sans se soucier d’appliquer la sentence. Au contraire, il attaque les juges, dénonce un pouvoir prompt à l’embastiller et cherche à entraîner l’opinion vers une dérive populo-justicière. Est-ce là le Fillon de la campagne des Primaires qui promettait sur un ton Churchillien de redresser le pays ? Quel est aujourd’hui sa légitimité à tenir ce discours de fermeté et encore moins à l’appliquer s’il était, malgré tout, élu ?

L’handicapé des Républicains

Parce qu’il a été pris la main dans le sac, lui le Monsieur Propre de la droite n’a plus qu’à se démettre et à assumer les conséquences de ses actes. Il ne peut plus représenter dignement son camp, il ne peut plus se réclamer de la majorité obtenue au second tour des Primaires car combien d’électeurs a-t-il floué par son comportement douteux ?

Combien aujourd’hui, en connaissance de cause, lui apporteraient leurs voix ? Il n’est qu’à entendre les réponses cinglantes d’électeurs sur les marchés pour s’apercevoir que sa légitimité est à présent remise en cause et que sa candidature vacille comme une flamme dans la tempête. Il croit que se tenir debout c’est tenir ferme, il croit que souquer c’est avancer contre vents et marées, mais il rame à contre-courant, à contre-vérité, à contre-élections. Il invoque les mânes gaullistes mais il en trahit l’esprit, il évoque la curée, lui qui avait le soutien des curés, mais il se moque du jugement des hommes de loi. En fait, il ne comprend pas. Il ne comprend plus. Il a perdu parce qu’il n’a pas su appliquer l’une des règles de base de ce qui est pourtant sa foi affichée : faire acte de contrition. Et rendre sa contribution indue.

Ainsi va le navire des Républicains qui, tel le Titanic, attend de se fracasser sur l’iceberg pendant que son capitaine propose d’entonner la Marseillaise.

Henri-Jean Anglade


Carnet de campagne (3) : Match au sommet par Henri-Jean Anglade

2 March, by HK[ —]

Si l’élection 2017 est placée sous le signe du « on », le pronom indéfini neutre se teinte à gauche ou à droite selon l’interlocuteur, par ordre alphabétique : Fillon, Hamon, Macron, Mélenchon. Le seul, ou plutôt la seule, à leur contester ce sujet indéterminé est Le Pen, prénom Marine, qui a réussi à adoucir son discours, en apparence, en féminisant son populisme que son vieux père avait délibérément poussé à l’outrance.

Il en ressort que nous pourrions assister, au gré de ces fluctuations, à un match plus ou moins attendu, et même très tendu, entre les protagonistes suivants, que les médias inspirent ou auxquels les électeurs aspirent selon le petit jeu pervers du vote par défaut et d’une défiance désormais, hélas, généralisée.

Cas n°1 - Macron-Le Pen : le match contrarié

S’il confirme son avance, le petit Emmanuel pourrait tenir la dragée haute à l’égérie de Saint-Cloud et lui faire mordre la poussière. Sa jeunesse, son parcours, son épouse (tiercé dans le désordre), lui valent une couverture médiatique exceptionnelle, presse people comprise. Sortie de route de Fillon démonétisé. Exit le duo Laurel Hamon et Hardy Mélenchon, tandem je t’aime moi non plus, qui fait rire à droite et pleurer à gauche. Macron a bien un boulevard mais saura-t-il éviter les bourdes, les approximations historiques et affirmer ses choix sociaux face à l’hérésie économique du Front national ? Dans cette hypothèse, la France pourrait se (re)mettre en marche et Hollande se dire qu’il a placé son héritier sur le trône, à l’insu de son plein gré. O gué, vive la rose.

Cas n°2 - Fillon-Le Pen : le face à farce

Imperdable ! Cette élection devait être gagnée par François Fillon, dans tous les cas de figure, y compris et surtout face à Marine Le Pen. Les droites entre elles, la gauche hors course, of course après la surprise Hamon qui tire un peu plus à gauche. Le notaire de Sablé se voyait locataire de l’Elysée après avoir terrassé son adversaire frontiste, hélas pour lui, son appât du gain a été le grain de sable de sa campagne et il se pourrait qu’il ne goûte jamais les ors du faubourg Saint-Honoré. Pénélope, fais tes valises, c’est assez, on retourne au manoir de Beaucé !

Cas n°3 - Hamon-Le Pen : la revanche assumée

Il faudrait un renversement des sondages qui n’est pas à l’ordre du jour, mais dans cette campagne chaotique, tout peut arriver. Et le candidat Hamon, outre qu’il a su écarter ses deux copains rivaux, Valls et Montebourg, démontre une certaine habileté à la manœuvre, à commencer par le ralliement de l’écologiste Yannick Jadot. Cela dit, Mélenchon veille en embuscade de guérilléro à le priver quasiment de tout accès au second tour. S’il se désistait, alors, oui, leur addition pourrait conduire la gauche à espérer revenir dans la course. Mais, à priori, Marine peut dormir sur ses deux oreilles, ce cas de figure semble du registre de la fiction. Dommage car cela aurait permis de voir comment se comportent les Républicains, dans une inversion du match Chirac-Le Pen où la gauche aurait pu et dû rallier les vrais républicains.

Cas n°4 - Mélenchon-Le Pen : le choc des égos

Qui peut croire aujourd’hui que Mélenchon pourrait parvenir au second tour ? Lui-même ! L’incarnation du Castro-Bolivarisme à la française n’a peur de rien ni de personne et il faudrait vraiment un sacré concours de circonstances pour qu’il y arrive. Que Fillon soit empêché, que Macron soit distancé, que Hamon soit rallié, bref, que le paysage soit ravagé. Robespierre pourrait monter en tribune et rafler les suffrages mais dans la surenchère des programmes hasardeux, du souverainisme de l’un ou du populisme de l’autre, qui l’emporterait ? Front contre front, Mélenchon-Marine ce serait la surenchère des lendemains qui chantent ou qui déchantent.

Cas n°5 - Fillon-Macron : l’ordalie revendiquée

Imaginons que Marine perde quelques points dans les sondages, affaires à l’appui. Imaginons que Fillon se redresse et élargisse son socle, Pénélope ayant plaidé sa cause. Imaginons que le couple Hamon-Mélenchon se déchire par estrades interposées et qu’une partie du PS se rallie au panache de Macron. Bref, imaginons ce cas de figure peu probable. La gauche en déroute ayant fait 5% avec Gaston Deferre en 1969 peut bien se ramasser aussi en 2017 par éparpillement des voix. Dans cette hypothèse où toute synthèse est impossible, qui de Fillon-Pompidou ou de Macron-Giscard peut l’emporter ? Balle au centre.

Cas n°6 : Macron-Hamon : le saut générationnel

Sur le papier, c’est peut-être le duel le plus intéressant. Enfin, deux candidats jeunes, nouveaux à ce niveau de l’exercice du pouvoir, avec une opposition franche mais pas (trop) sectaire, deux visions de l’avenir et du rapport au travail, pour l’un libéré, pour l’autre assisté. Un social-libéral contre un social-étatiste, un pragmatiste contre un dogmatiste. Le Monde contre Libération. Les pages saumon du Figaro contre la rubrique éco de l’Humanité. Deux ex ministres du gouvernement Valls ayant réussi la prouesse d’écarter l’ancien Premier ministre et le chef de l’Etat. De quoi animer le débat autour du renouvellement et de la méthode pour y parvenir. Un choix de société entre Marais-Bastille et Barbès-Belleville. Allo, maman, bobos !

Cas n°7 : Macron-Mélenchon : le duel impossible

Que deux tenants du socialisme (l’un soft, l’autre hard) puissent en 2017 générer les deux finalistes de la Présidentielle est une pure vue de l’esprit. Un esprit des Lumières perverti par une sourde machination ourdie contre le système, qui aurait éliminé dans un même élan judiciaire la droite et la droite, Fillon et Le Pen, le conservatisme bon teint province-catho-famille et le patriotisme réactionnaire. Un complot contre la Vème République manigancé par quelques énarques émancipés et des post-soixante-huitards recyclés. Dans cette hypothèse, et seulement celle-ci, où Hamon aurait dévissé, dénucléarisé par les écolos, et Mélenchon aurait pris l’avantage, le père et le fils se retrouveraient au second tour. Le père la rigueur Méluche (65 ans), rigoureux dans ses attendus, plus laxiste dans sa gestion et généreux dans sa parole, aurait comme contradicteur le fils prodigue Macron (39 ans), tour à tour indigne et prodige, tous deux haranguant les foules et marchant sur l’eau. Qui des deux, en cette circonstance l’emporterait ? Ma foi, avec une abstention à 50% (la droite restant dans ses foyers, les électeurs de Marine à la pêche), le miracle pourrait s’accomplir pour l’un ou l’autre et indistinctement.

Conclusion : A bon électeur trumpé, marine chalut !

Nous savons que le 7 mai, la fête ne sera pas vraiment au rendez-vous, trop de déceptions passées, trop de désillusions accumulées. Mais s’il reste un espoir pour que la fête ne soit pas irrémédiablement gâchée, saisissons malgré tout cette chance et pesons les arguments dans la balance. D’un côté le trop plein, de l’autre le vide. Marche avant ou marche arrière ? 

Que chacun vote donc au premier tour en ayant bien perçu les enjeux économiques et sociétaux pour que le portrait se dessinant sur nos écrans au soir du second tour ne soit pas le visage hideux de la haine.

HJA


Carnet de campagne (2) : Match au sommet

1 March, by HK[ —]

 

Elections 1Parmi les candidats au grand jeu « Qui veut gagner des millions (de voix) ? », 5 d’entre eux semblent en position de disputer la demi-finale, même si au rythme de l’actualité judiciaire et des rebondissements possibles ou des révélations médiatiques, certains pourraient être éliminés avant de concourir. Quant à la grande finale, c’est là que se jouera leur destin, et le nôtre, puisque des urnes sortira le vainqueur, selon son profil, laissant KO le pays ou mettant au tapis celle qui incarne à la fois une dérive fasciste et un populisme fâcheux.

Sans être Madame Irma, on peut imaginer raisonnablement les cas de figures qui se présentent à nous et voir les combinaisons possibles avec leurs chances de succès. Parmi les matchs présupposés, au stade de la campagne aujourd’hui, qui n’a pas encore été officialisée (date limite de réception des parrainages le 17 mars), il est loisible d’envisager plusieurs hypothèses pour le second tour, celui qui aboutit à l’élection du roi, ou de la reine.

S’il est encore trop tôt pour le prévoir, il est néanmoins intéressant et utile d’y songer pour que le vote du premier tour prenne tout son sens et évite par la suite le mensonge d’une nuit d’été avec la confusion que cela entraînerait.

En effet, sachant que les candidats qui seraient opposés à Marine Le Pen (si elle confirme sa pool position) ont un potentiel de voix qui les situe entre 15 et 20%, selon un étiage variable au gré des sondages, avec un petit bonus actuel à Macron en cool-position (mais n’est-il pas fragile ?), l’Access prime time de la Finale va se jouer avec une audience serrée, très serrée.

A la lecture de l’actualité et au stade où nous en sommes, des affaires, des reniements, des alliances et des trahisons, des revirements et des mises en examen, chacun des candidats peut conforter ou perdre son avance à la vitesse grand V. Et seul un examen de conscience collectif peut nous sauver de la déroute.

                                                                                          .../à suivre

Henri-Jean Anglade


Carnet présidentiel (1) : bêtes politiques

1 March, by HK[ —]

Carnet présidentiel (1) : bêtes politiques par Henri-Jean Anglade

Dans cette élection présidentielle, le cru 2017 s’avère particulièrement saignant. Les Primaires ont eu raison des vieilles carnes, des viandes macérées ou des tendrons quand ce n’étaient pas des morceaux braisés.

Sur l’étal des candidats, ce fut l’autel des sacrifices. Et sur le billot télévisuel, nombre de favoris ont dû y laisser leurs ambitions. Entre deux marées, dans une sorte de table à la renverse, l’amer étale son dépit en confit de rancœur que les prochains résultats n’ont pas fini de nous révéler.

Juppé serait bien tenté par Venise mais il a préféré Bordeaux pour noyer son chagrin. Sarkozy prend son destin à bras l’Accor moyennant un siège au conseil d’administration. La République bonne fille ne lui retire pas son fauteuil au Conseil Constitutionnel, pas plus que son train de vie d’ex-Président, ce qui s’appelle un accord tacite de retraite en or. Montebourg défait de son Olympe pourra écrire une biographie de Tacite et faire l’éloge des vertus romaines, lui dont les talents d’orateur n’ont pas suffit à le sauver de l’échec d’une troisième place. Valls, d’humeur chafouine, prend des cours de paso doble pour orchestrer son retour en grâce auprès de l’opinion et préparer sa revanche. La lecture de « Pour qui sonne le glas » d’Hemingway, lui donne matière à se replonger dans ses racines ibériques et attendre que son heure Essonne. Cochon qui s’en dédit à l’horizon 2022 et pata negra pour le pot aux roses à Evry.

Dans la cohorte des ex-futurs et des futurs-ex, on trouve pêle-mêle, des séniors revigorés, des séniles édiles, des juniors killers, des baby-boosters, des loosers-revival, tous addicts au pouvoir. Pour eux, la France est un hôtel cinq étoiles dont ils veulent les meilleures chambres et si possible la suite présidentielle. Les Français y sont des gens de maison, employés aux tâches domestiques, mais c’est eux dorénavant qui veulent faire le ménage. Allez, du balai !

Ce modeste pouvoir individuel multiplié par des millions de voix est la clé de voûte de la démocratie. Et depuis que cette clé est accrochée à l’Elysée, les concierges potentiels se font très nombreux. C’est tout le paradoxe de la République française, une salade bien de chez-nous, les fruits empoisonnés d’un régime finissant d’une Vème usée, flétrie ; un quart banane, un quart melon, un quart orange, un quart citron. Ce à quoi on peut désormais ajouter un car Macron. Une république aux mœurs bananière, où les élus nous prennent de haut, pour qui la transparence est une menace, qui toisent la justice quand elle regarde de près leurs petits arrangements, mais qui exigent de serrer la ceinture, tout en prenant des libertés sur leurs émoluments. C’est sans doute ce qui explique que la coupe est pleine. Et qu’elle peut dangereusement déborder. Quitte à saborder nos institutions.

Henri-Jean Anglade


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