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La revue Etincelles, numéro 36 : un Marxisme vivant sur tous les fronts

26 February, by jean christophe grellety[ —]

Les revues politiques, marxistes, philosophiques, existent encore et se portent – bien comme le prouve la revue Etincelles (revue théorique du PRCF), de laquelle un 36ème numéro vient de paraître. De près de 80 pages, dans un grand format, ce numéro porte à votre connaissance des textes, d’Annie Lacroix-Riz (une deuxième partie consacrée à «Léon Blum haïssait-il la finance ? »), de 2 textes de Georges Gastaud sur «le retour d’une ontologie matérialiste» et sur la question «les progressistes doivent-ils avoir peur de l’Histoire de France ? », d’un texte d’Aurélien Djament sur «la convergence des mouvements écologistes et ouvriers», de Benoît Foucambert, sur «Lénine, le Front unique et l’identité communiste», de Jean-Pierre Combe sur «Darwin contre le néo-libéralisme», et d’autres encore. C’est par un entretien avec Julian Mischi que commence ce numéro, sur l’actualité de la lutte des classes. Le sous-titre de l’entretien pourrait être, «dans le monde du travail et dans les organisations syndicales», si et quand elles méritent une telle désignation. J.M insiste sur les évolutions des structures de travail, et sur les conséquences de ces évolutions sur la syndicalisation, comme sur la volonté patronale de faire disparaître les organisations et les représentants syndicaux. S’il existe un angle «mort» dans la perception et la compréhension de ces rapports de force dans les luttes de classe, c’est pour celles et ceux qui n’ont plus, pas, de travail, et notamment lorsque cette absence-de-travail-salarié est durable. Les «sans», travail, domicile, sont les plus frappés dans ces luttes, mais quid de leur syndicalisation ? De leur présence dans les organisations ? Des messages des organisations à leur attention ? De leur organisation même ? Un des principes dans ces luttes est que la classe dominante décrète que des problèmes comme des personnes n’existent pas. Cette néantisation est, évidemment, sans rapport avec l’existence réelle de tels ou tels, mais elle est déterminante par ses effets dans le fonctionnement et les représentations. C’est par cette prétention de néantisation que J.M commence son propos : «Il y a effectivement une idée prégnante, largement partagée, selon laquelle la classe ouvrière aurait disparue : il n’y aurait plus d’ouvriers en France. De telles représentations minimisent non seulement la réalité du salariat, qui reste formé essentiellement de travailleuses et travailleurs subalternes, mais aussi l’intensité actuelle de la lutte de classe. Le simple fait que les ouvriers soient désormais invisibilisés et que la question des classes devienne secondaire dans l’espace public est une expression en elle-même de cette lutte des classes dans le champ politique et des idées. Cela constitue un résultat d’une lutte des classements sociaux, dimension de toute lutte des classes, comme dirait Pierre Bourdieu. Comme je l’indique au début de mon dernier livre, le discours dominant sur la fin de la classe ouvrière s’impose d’autant mieux aujourd’hui que la représentation du monde ouvrier a été largement réduite aux figures de la grande industrie et à ses secteurs les plus militants. Du démantèlement des vastes concentrations industrielles et de la crise des places fortes du mouvement ouvrier depuis les années 1970, on conclut trop rapidement la disparition du groupe ouvrier et de ses militants. Or, s’il a décliné, son poids demeure significatif : il s’agit de l’un des principaux groupes sociaux, représentant 22 % de la population active française. Seulement, les ouvriers d’aujourd’hui sont moins syndiqués, connaissent des périodes longues de chômage, travaillent davantage dans des petites unités de production, dans le secteur des services, et beaucoup résident dans les espaces ruraux et périurbains. Les ouvriers contemporains ne correspondent plus aux images de la classe ouvrière produites par les militants du siècle dernier, une classe ouvrière dont les instruments de représentation politiques et syndicaux ont été partiellement détruits. Tout un ensemble de facteurs, à la fois sociaux et politiques, ont fait éclater le sentiment d’homogénéité et de force politique de l’ancienne classe ouvrière. Si le groupe ouvrier existe bien, il forme en quelques sortes de moins en moins une classe en tant que telle, d’autant plus que les organisations censées le défendre ont été fragilisées.» (…) Il est d’autant plus important de le rappeler que le patronat et les partis conservateurs ont tout intérêt à l’absence d’organisation des classes populaires, la fragilisation et l’éclatement du monde syndical jouant en leur faveur. Ils ne se privent pas d’alimenter eux-mêmes la dénonciation des appareils et des « corps intermédiaires » Face à cette volonté efficace, l’engagement syndical constitue pour les travailleurs un premier temps dans la réflexion et l’engagement politiques : «L’engagement n’a rien de naturel pour celles et ceux qui appartiennent aux classes populaires et subissent au quotidien une domination sociale et politique. Au contraire, tout un ensemble de processus contrarie leur militantisme dans les entreprises ou les partis. Sur ce plan, les ouvriers subissent une forte marginalisation. La répression antisyndicale qui s’est accentuée ces dernières années, y compris dans des secteurs auparavant réputés protégés comme la SNCF. Plus que dans le passé, les syndicalistes sont discriminés et combattus par leur hiérarchie. C’est ce qui explique la date plus tardive d’adhésion pour les nouvelles générations. Tout est fait pour détourner les jeunes ouvriers des syndicats combattifs comme la CGT ou Solidaires. Les ouvriers sont aussi plus largement exclus de la scène politique. La détérioration de leurs conditions de vie et de travail, sous l’impact du développement du chômage et de la précarité, fragilise leur investissement dans l’espace public. À cela s’ajoutent les effets de la valorisation de « compétences » nécessaires à la gestion publique locale, avec le développement de l’intercommunalité et du rôle des « experts » en « développement local ». Le mouvement de professionnalisation du métier politique tend à marginaliser les catégories populaires de la scène municipale au profit de membres de la petite bourgeoisie diplômée. Enseignants, cadres, travailleurs sociaux sont susceptibles de mettre en avant une compétence et une confiance en soi forgées dans des métiers d’encadrement des classes populaires. Or le syndicalisme offre justement la possibilité de contrer ces logiques : il apporte des ressources convertibles en dehors de l’entreprise et opposables aux classes supérieures. Il procure des savoir-faire et une confiance en soi qui permet à des salariés de contester la monopolisation des positions du pouvoir par les catégories les plus diplômées que ce soit dans les assemblées électives ou les organisations politiques. » J.M tient donc un plaidoyer pour cet engagement syndical, totalement «formateur». Malgré tout, cet engagement connaît beaucoup de difficultés, externes comme évoquées, et internes. La «permanence» en est une. J.M. rappelle son importance. Tout dépend alors de ses conditions, comme de ses effets, individuels et collectifs. Un bilan de la «permanence» syndicale semble nécessaire et se faire attendre. Les deux textes de G. Gastaud doivent être lus : le premier, sur «l’Histoire de France», sujet permanent de débats, polémiques, en France, et notamment par l’offensive des réactionnaires et la réponse des progressistes. Le texte est avant tout une contribution polémique sur ce rapport à cette Histoire de la part de la direction officielle du PCF, dans son attelage au PGE, face aux réactionnaires. «Porteuse d’un tel paquet « euro-constructif »1, la direction du PCF-PGE ne peut évidemment que refuser tout ce qui l’amènerait à lutter si peu que ce soit pour la reconquête plénière de notre souveraineté nationale (politique, monétaire, budgétaire, sociale, économique, militaire, diplomatique… et, plus largement, culturelle au sens gramscien du mot !). Impossible donc pour cette direction euro-compromise et socialo-dépendante de relever le gant pour combattre frontalement la relecture xénophobe que les Wauquier, Guaino et autres Sarkozy voudraient imposer de l’histoire de France avec plusieurs « buts de guerre » ultraréactionnaires : diviser les travailleurs, concurrencer le FN sur sa droite, et surtout, susciter une diversion pseudo-patriotique et pseudo-historique, voire pseudo-mémorielle, à la dissolution rapide de la République française dans l’Empire euro-atlantique du capital… » La «colère» anime ce texte. G.G interroge ce qui mine tant le rapport cognitif et interprétatif à notre propre Histoire de prolétaires français, que ce qui mine également le rapport imposé par des clercs communistes non prolétariens à cette même Histoire, dans le cadre de ses politiques et accords avec les Etats capitalistes européens et d’inspiration européenne (USA, …). Le PGE est au coeur de ce rapport, dans une orientation favorable à l’UE/OTAN, en contradiction manifeste avec ses références et avec les peuples. Il n’est pas aisé pour un communiste aussi rigoureux et fidèle à ce Parti dont il fut un membre éminent de devoir ainsi constater de telles erreurs idéologiques : «Quant au reproche dartigollien adressé à Mélenchon de mettre au centre du débat politique le faux problème de l’identité nationale (sous-entendu, aux dépens du débat social), il contredit tout l’héritage du PCF patriote et internationaliste de Pierre Sémard, de Jacques Duclos, de Danielle Casanova et de Missak Manouchian, lesquels n’eurent de cesse d’associer la défense de l’indépendance nationale à celle du prolétariat mondial. Que l’on consulte l’article lumineux Race, peuple et nation de Georges Politzer, qui sera par la suite fusillé par les nazis ; que l’on relise les écrits tout à la fois scientifiques et vibrants de patriotisme qu’écrivit l’historien-résistant Marc Bloch, et l’on verra si Politzer – qui était issu de l’immigration – , ou si M. Bloch, qui était d’origine juive et que persécutèrent les pseudo-patriotes de Vichy, refusaient d’évoquer haut et fort la question de l’histoire nationale, de la lier sans simplification ni caricature à l’histoire socio-économique de notre pays, de rappeler que « la nation, c’est le peuple » (Politzer) ou de citer le mot de Jaurès « un peu d’internationalisme éloigne de la patrie, beaucoup d’internationalisme y ramène ». Qu’on se souvienne aussi que Maurice Thorez fut ovationné par le VIIe congrès de l’Internationale communiste (1935) pour avoir, avec ses camarades Cachin, Duclos et Frachon, disputé aux faux patriotes fascistes le drapeau tricolore, en assumant dans sa totalité contradictoire l’histoire de la nation. C’est sans le moindre complexe que le jeune secrétaire du PC-SFIC, arborait alors le drapeau bleu-blanc-rouge de Valmy et en associant la Marseillaise à l’Internationale, comme le firent si souvent par la suite les résistants communistes que les nazis conduisaient aux poteaux d’exécution de Châteaubriant, du Mont Valérien ou de la Citadelle d’Arras... » Et c’est à un travail qu’il appelle, plutôt qu’à des points de vue superficiels : «Bref, attelons-nous de nouveau au grand chantier politico-culturel qu’a délaissé l’euro-« gauche » établie : reconstituons du point de vue de la classe ouvrière et des forces progressistes en lutte, sans rien gommer ni idéaliser, sans forcer les continuités et sans durcir les inéluctables ruptures, un récit national non falsifié par les classes dominantes. À partir d’une étude scientifique du devenir des modes de production et des hégémonies culturelles, redécouvrons l’ensemble des figures et des évènements nationaux qui ont pu porter et scander les luttes de libération dans notre pays, qu’il s’agisse de l’émancipation nationale stricto sensu (car comme le disait Jaurès, « l’émancipation nationale est le socle de l’émancipation sociale »), de l’émancipation politique – ce fut l’œuvre, encore inachevée aujourd’hui, des Sans Culotte et de Robespierre – ou de l’émancipation sociale1, sans omettre l’émancipation anticoloniale : car les anticolonialistes communistes Henri Martin et Henri Alleg n’eurent jamais la sottise d’opposer l’émancipation de « nos » colonies à l’honneur de notre pays, que déshonoraient alors les profiteurs des guerres coloniales et autres « trafics de piastre »… C’est à cette appropriation tant de la France que de l’Histoire de France par la coalition permanente depuis la Révolution Française, de la Bourgeoisie (la «grande») et de la Noblesse, que les prolétaires français doivent répondre, sur le plan théorique (ici, mémoriel), comme sur le plan pratique. A l’exclusion/disparition dans l’animation, la direction et la représentation de la France, pour et contre les prolétaires français, comme évoquée concernant l’entretien avec J.M, contre laquelle il faut agir, c’est la même obligation pour des Communistes aujourd’hui concernant cette même exclusion/disparition des prolétaires constructifs et actifs, dans une fausse «mémoire nationale», comme cela fut le cas lors du centenaire de la Libération, via un site officiel du Ministère de la Défense, dans lequel le récit mémoriel était entièrement dédié aux «gaullistes» et faisait entièrement disparaître les communistes. Hélas, le PCF, informé de, se tut. Et dans la Fête de l’Humanité, «les dirigeants successifs du PCF-PGE dé-marxisé ont peu à peu purgé la nomenclature des allées de la fête de l’Huma, cet itinéraire fléché de l’histoire nationale et mondiale, de toute une série de noms malsonnants : exit Lénine, exit Stalingrad, ou, pour rester en France, au Purgatoire Marat, en enfer Thorez et tous ces communistes français trop rugueux que l’histoire officielle, qui criminalise l’URSS et ses amis français, les Duclos, Frachon, illon, Martha Desrumeaux et autres héros nationaux incontestables, a à jamais proscrits du Panthéon national1. De même la manchette de la nouvelle Huma a-t-elle été purgée de toute référence aux anciens dirigeants du journal que furent Cachin, Vaillant-Couturier, Péri ou Fajon (dont les noms voisinaient naguère avec l’emblème ouvrier et paysan), pour ne conserver qu’un seul nom, jugé consensuel parce que « reconnu »… par la gauche non communiste, celui du grand Jean Jaurès» Incarner ce que furent les figures, connues ou moins connues, du peuple, c’est non seulement garder en mémoire, mais assurer un «devoir de mémoire», tant pour les disparus que pour les nouveaux venus (la «jeunesse»), ne pas abandonner les individus et les forces qui conditionnèrent les victoires et les structures résistantes qui se sont maintenues et nous maintiennent aussi. De ce point de vue, on peut ajouter que l’articulation de «notre» Histoire avec, par exemple, celle de l’URSS, par exemple, pour la formation, les batailles, et les victoires de l’armée rouge, permettrait de rappeler que les principaux donateurs ET victimes des combats et des victoires sur l’hydre fasciste/nazie ont été les communistes, de notre Terre qui se trouve au bout de l’Europe jusqu’à l’URSS, dont le terme extrême-oriental est le bout du continent asiatique, d’une gigantesque et extraordinaire fraternité qui a été trop niée comme ignorée.

Pour le second texte sur «l’ontologie matérialiste», un extrait est ici publié, en PDF.

Le texte de la note en PDF

Téléchargement ETINCELLES NUMERO 36

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Académie de Platon, marque déposée, par Rosa Moussaoui | L'Humanité

23 February, by jean christophe grellety[ —]

Athènes (Grèce), envoyée spéciale.  Si Platon connaissait les projets des oligarques, aux portes même de son académie ! Les habitants d’Academia Platonos, un quartier déshérité d’Athènes, en sont désespérés. Là où le philosophe fonda au Ve siècle avant Jésus-Christ sa fameuse école, un havre de verdure sauvé de l’urbanisation anarchique fait de la résistance. À l’ombre de vestiges antiques, les enfants s’y élancent sur des balançoires, en sortant de l’école. En fin de semaine, les habitants du quartier viennent y respirer, autour de repas champêtres pris sur le pouce. On y jouera bientôt l’Apologie de Socrate, dans un théâtre de plein air improvisé. Il faut croire que cet espace de liberté, lieu d’histoire délaissé par les pouvoirs publics, n’a plus sa place dans une ville défigurée de longue date par les appétits des promoteurs immobiliers. Pour défier l’héritage antique, il fallait au moins un mastodonte de Wall Street.

« Seule la multinationale porteuse du projet fera des affaires »

Le rôle échoit au fonds d’investissement BlackRock, une société de gestion d’actifs tentaculaire, qui brasse 4 000 milliards de dollars et compte, parmi ses actionnaires, les Rothschild, Warren Buffett, Georges Soros ou encore Elizabeth II. Sa filiale grecque, Artume SA, travaille d’arrache-pied, depuis 2007, à la réalisation d’un projet de centre commercial aux abords de l’académie. Gigantesque, ce temple de la consommation, qui pourrait s’étendre sur 55 000 mètres carrés, a déjà été baptisé par des professionnels de la communication, avant la pose de la première pierre. Il se nommera « Les Jardins de l’Académie ». Platon, marque déposée. Dès 2007, Artume SA a acquis, méthodiquement, 20 000 mètres carrés de terrains entre l’avenue Kifissou et l’avenue Lenorman, dont une vaste friche industrielle protégée, initialement destinée à devenir une extension du parc. Sur la table, 300 millions d’euros et la promesse de créer 1 600 emplois. Assez pour convaincre, en 2011, le ministre socialiste de l’Environnement Yannis Maniatis, qui a fait amender le plan d’urbanisme pour y faire entrer au forceps ce projet démesuré. Il faut dire que les liens entre la société financière et l’État grec étaient, à l’époque, familiers. La même année, la Banque de Grèce avait mandaté BlackRock pour établir un diagnostic de l’exposition du secteur bancaire grec au risque financier. Les temps ont changé et dans ses notes de conjonctures, le géant américain qualifie la gauche anti-austérité désormais au pouvoir de « populiste ».

Aux abords de l’académie, sur les décombres d’une violente crise économique, des lieux de pensée et de solidarité ont fleuri. La Politique est de ceux-là, qui revendique jusque dans son enseigne les préceptes de Platon. Voisin, Le Village européen, meublé de bric et de broc, est tout à la fois cantine sociale, carrefour de controverses philosophiques et scène d’improvisation musicale. Les habitants du quartier viennent y déjeuner pour quelques euros, dans l’après-midi. Vassilis Koufopoulos, l’une des chevilles ouvrières de cette agora, s’insurge contre le projet de centre commercial, qu’il juge aberrant. « Des dizaines de milliers de pièces antiques ont été découvertes sur ce site. La plupart ne sont accessibles ni au public, ni aux chercheurs. Plutôt qu’un centre commercial, nous préférons voir se construire ici le futur musée de la ville d’Athènes. L’académie d’Athènes doit être soustraite à l’avidité des capitalistes, pour redevenir un lieu de diffusion de la connaissance. C’est la seule proposition viable, respectueuse des habitants, de l’environnement et du patrimoine », tranche-t-il.

Attablés au soleil, deux habitants du quartier, des amis d’enfance, engagent un rude débat sur l’opportunité de ce projet urbain exorbitant. « Ce quartier a été urbanisé pour une large part de

via www.humanite.fr


Vrai/faux et faux/vrai : enfin, la visibilité d'une dialectique de la conscience monde - à propos d'Olivier Berruyer, des Fake News, Google, Décodex et consorts

12 February, by jean christophe grellety[ —]

Dans le cadre de l'industrialisation de tous les processus techniques, les "médias" ont été ces puissances qui ont diffusé de la copie, à x millions d'unité, pendant des décennies. Ils étaient émetteurs de, et les destinataires n'avaient qu'à, lire, écouter, voir, et en penser ce qu'ils en voulaient, mais sans pouvoir renvoyer quoique ce soit à l'émetteur. Pour les rédactions, ces décennies furent "heureuses" : le bonheur de cette dictature que les membres de ces rédactions étaient si prompts à dénoncer dans certains régimes politiques, qui contrevenaient à leurs critères "libéraux". Et puis la possibilité, technique, d'une réponse sociale, populaire, s'est fait jour. Avec Internet et les sites, le principe du "commentaire" est devenu structurel. Des médias-personnes ont également fait leur apparition, comme ici (les blogs). Puis le commentaire est devenu lui-même structurel, avec les "réseaux sociaux" - et plus encore avec l'interaction avec ces médias à sens unique (des émetteurs qui n'écoutent pas les possibles réponses des destinataires), avec les commentaires réseautés. Du coup, dans cette deuxième phase, les chantres, nostalgiques, de la "dictature" parole/pensée via quelques réputés "grands médias" ont vilipendé et insulté cette "démocratisation", associée aux poubelles, comme dans une diatribe finkelkrautienne, malade de ses rages (mais heureusement pour lui, chouchouté par les derniers représentants de ces "médias à sens unique"). La Pravda était leur référence - pour s'en distinguer et s'y opposer. Et pendant que certains donnaient dans le leurre pavlovien pravdien, la "Pravda" des Etats capitalistes était la seule parole sociale et politique autorisée et pratiquée. Avec le recul, nous pouvons dire des médias français, des années 60 aux années 80, et autrement après, mais dans la même continuité, qu'ils ont imposé une parole d'Etat d'où les alternatives et les contestations furent aussi rares que dans cette fiction de l'Etat totalitaire communiste - parce que selon ces mêmes médias, "communiste. Quand des émissions, comme "les Dossiers de l'écan", "l'Heure de vérité", "Apostrophes", régnaient, quelles connaissances de la vie du monde ont été autorisées, entendues, par leurs intermédiaires, et combien de choses, au contraire, furent tues, cachées ? Mais voilà : l'habile diversité faisait croire à l'existence d'une "libre expression". Evidemment, dans ce cadre, "Droit de réponse" servira, dans les années 80, de caution, jusqu'à ce qu'un BTPIste la liquide. Aujourd'hui, il n'y a même plus de "Droit de réponse" dans nos médias télévisuels multipliés par 4, 5, plus encore, et tous les "Droit de réponse" sont sur Internet, refuge de la parole populaire et non étatique. La montée en puissance de ces moyens qui restent tous sous le contrôle d'entreprises privées liées aux Etats dont nous dépendons horripile l'élite. Spécialiste dans la création et l'usage d'une langue pour coder ses messages, elle fait évoluer sa novlangue régulièrement, et ces dernières années, s'est mise à se servir avec frénésie du "populisme". Les "populaires" sont "populistes" (traduisez : démagogues, menteurs, tricheurs, réducteurs, d'information et de tête, etc), quand les anti-populaires qu'ils sont, sont, évidemment, dans la pure et simple "vérité". L'élection présidentielle américaine a été, comme à l'habitude, encadrée par ces mêmes moyens médiatiques, et ces médias ont donc soutenu le dégagement du duo final, Clinton/Trump, le duo gagnant/gagnant pour eux, et après ils ont laissé faire le "jeu". Mais les soutiens des deux derniers candidats ont usé de leurs propres moyens pour s'exprimer et faire pression. A ce "jeu", il semblerait que les soutiens de D. Trump aient été plus actifs, performants, en diffusant de véritables informations sur les pratiques de Mme Clinton (par exemple, ses conférences pour ses amis de Wall Street), mélangées à des accusations grotesques, énormes, sur le vieux principe des effets de la calomnie. La grande Bourgeoisie qui soutenait la belliqueuse Mme Clinton s'est donc réveillée avec la gueule de bois, quand leur candidate passa de favorie des sondages à perdante de l'élection réelle. A la question : qu'est-ce qui a fait perdre Mme Clinton ? ils furent nombreux à épargner ses choix, sa campagne, pour mettre en cause la force du faux dans la conscience vivante nationale. Les "fake news" se virent ainsi doter d'un statut en soit, de force déterminante. Il faut s'en réjouir. Enfin, le "faux" fut, est, compris, comme élément déterminant de ce qui est diffusé, échangé. La prise de conscience est tardive, mais en outre, elle est artificiellement limitée à des types d'infos et aux médias/personne, aux médias réseautés, comme si les médias "nationaux", les entreprises qui les contrôlent et les animent, n'étaient pas, et de loin, les premiers "artifauxciers", depuis des décennies et dans des proportions autrement plus graves. Or, dans la "bonne conscience" qui caractérise cette classe dirigeante dans les rédactions des médias-de-masse, la conscience de leur rôle, de leurs décisions, de leurs propres "faux", est, évidemment, d'une très grande faiblesse, pendant que, brusquement, elle mesure la force de ce faux, et la met en cause - chez les autres. Et c'est ainsi que nous voyons un conglomérat d'entreprises des réseaux avec les médias-de-masse, se constituer, pour "lutter ensemble contre les fausses informations, la propagande, etc". Et c'est aussi ainsi que cette semaine, le blogueur Olivier Berruyer se trouve pris dans la tourmente, pour son blog "Les Crises", officiellement mis en cause par le Temps/Le Monde. C'est que cette "Pravda" de l'Etat français (cette comparaison est faite pour définir son rôle et son action, eu égard à cet Etat, mais, évidemment, il est déshonorant pour la Pravda soviétique, et nous en remercions ces connaisseurs de nous excuser de), a donc décidé qu'elle allait séparer le bon grain de l'ivraie médiatique. Dans cette émission d'Arrêt sur Images, François Ruffin évoque quelques Unes trompeuses, mensongères, et parfois même, par conséquent, dangereuses, de Le Temps/Le Monde, mais ses exemples sont très peu nombreux et ne sont sans doute pas les meilleurs. Il faut tout de même remercier le Temps/Le Monde d'avoir eu cette initiative : le visage permanent de sa rédaction s'y révèle, dans ce "Décodex". Ils prétendent être capables de labelliser, de hiérarchiser. Et c'est ce qu'ils font en permanence, dans toutes les dimensions : la parole aux gens importants, et, évidemment, aux autres, non, taisez-vous, écoutez. En grands démocrates, ils se disent heureux que certains leur écrivent pour les critiquer - mais comme en bonne dictature, les critiques glissent sur eux... Le principe même d'une telle action ne les interroge pas, ils le valorisent avec constance. Mais comment vont-ils faire avec Le Temps/Le Monde lui-même ? Vont-ils le passer à l'orange quand, comme pour la Syrie, la rédaction se fera le relais des mensonges du Departement d'Etat USAFrance ? voire au rouge en situation de crise ? Pour se crédibiliser, ce dont ils ont bien besoin, ils se sont engagés dans un engrenage à haut risque, où ils risquent beaucoup. Leur prétention à être les seuls bons "responsables", parce que, "professionnels" de l'information, est morte, mais ils la maintiennent tout de même, jusque dans cet excès. Le processus en cours ne peut être stoppé - ce sont même eux les chantres de ces "évolutions nécessaires" qu'il faut savoir "accepter". Mais de celle-ci, ils ne voudraient pas, mais comme ils n'ont aucun moyen de la stopper, ils sont paniqués, et quand on est paniqué, on le sait, l'humain fait n'importe quoi, et le plus souvent, ce qui est contraire à son intérêt. Désormais, "le Temps/Le Monde", est un sujet, en soi, pour le débat public national. Il faut donc commencer par parler de son Histoire, de son baptême post-Libération, de ses liens avec les USA, l'OTAN.

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L'Autre Stalingrad 1942-1943, vue par les Russes contemporains

7 February, by jean christophe grellety[ —]

Sur ce sujet, vous pouvez écouter cette 3ème et dernière partie d'une émission diffusée par une chaîne spécialisée : avec comme "témoins" principaux, d'anciens soldats... allemands, présentés comme des soldats et des "combattants" et non comme des terroristes criminels...


Snowden/NSA, Obama/Trump, le cerveau malade de l'Humain dominant

8 January, by jean christophe grellety[ —]

La mondialisation des moyens électroniques/informatiques a créé et le réseau mondialisé, "Internet", dépassé par l'inter-connection mondialisé, par une addition de réseaux, et, nécessairement, la détermination des causalités dans les flux, la vie, de ces réseaux (identification, localisation, ...). La domination de l'industrie, réseaux matériels et logiciels, sise aux USA, ET de l'Etat fédéral américain, un Etat militaire qui dépense des sommes gigantesques, pour être le mieux outillé et le plus "performant", a créé les conditions d'un cerveau mondial, dont le centre est donc nord-américain. La "surveillance" des réseaux est comparable à la conscience des sentiments et des pensées - de soi, mais aussi des autres, telle que nous en faisons l'expérience par nos capacités. Ce qui existe là, ce qui est advenu là, est le symbole même de la "Logique", qui est en réalité, sous son aspect faussement universel, une logique, celle de la domination. Reste le sens, et de cette "Logique", et de cette "conscience". Que l'Etat fédéral américain soit l'Etat qui surveille le plus au monde, et qui, à partir de là, agisse le plus, est une chose, un fait - et il est comique d'entendre certains de ses représentants se plaindre qu'un autre Etat est, selon leurs propres informations non démontrées, peut-être, fait de même ! Dans la "Dictature" technologique dont ils sont les chantres, les usagers, ces activistes de l'Etat fédéral américain entendaient et entendent rester les leaders et les bénéficiaires exclusifs - quelle scandale que la compétition dans le domaine ! Il faut se réjouir que ce qui se passe dans ce champ conduise les dirigeants de cet Etat à violer tous les droits fondamentaux desquels ils ont longtemps prétendu être les champions - de la "démocratie" face aux non-démocraties, alors que, par ces violations massives et systématiques, par le Patriot Act et autres merveilles, telles que le camp de torture de Guantanamo, l'Etat de droit made in USA est un spectre et un mensonge. La question est : ce cerveau, avec ces "données"-pensées, qu'en fait-il ? Qu'il s'agisse de ce que nous montre/démontre et la vie de Snowden, et le film de Stone, et tout ce que nous savons sur les pratiques de cet Etat, il faut constater qu'il est pris dans une logique égoïste/égotiste - moi contre le reste du monde. Il n'y a donc rien d'étonnant que ce cerveau manichéen ait enfanté de son double, "Daesh" - au bout de trente ans de pratiques terroristes, par la destruction des organisations sociales, des Etats, du Proche Orient jusqu'à l'Afghanistan. C'est ce "monstre", "moi contre le reste du monde", qui désormais menace... le monde entier - logiquement, et le problème donc est que les citoyens sont cernés par de prétendus opposés qui sont en fait identiques.C'est là l'équivalent planétaire de la "tenaille", Fillon/Macron/Le Pen, qui voudrait broyer le peuple français entre l'euro-mondialisme atlantique et la xénophobie lepéniste. Obama aura été dans ce contexte le président qui aura continué la politique de ses prédécesseurs, en donnant l'apparence d'une inflexion, que le terme de son mandat révèle être une supercherie. Et, étant donné les personnes qui l'entourent, qu'il a nommées, on peut penser et craindre que le nouveau Président des Etats-Unis va, comme l'aurait fait Mme Clinton, prolonger cette "politique", cette activité violente et dangereuse pour la paix mondiale. Si, nouvelle Antigone, Snowden incarne une "conscience" dans cette conscience, il faut bien constater qu'il n'est pas rejoint et soutenu par des foules - au sein même de l'Etat fédéral américain. Le fonctionnaire et le "manager" Eichemanniens sont là. Face à ce cerveau malade d'un monde malade, et donc dangereux, les réponses/parades ne sont pas encore élaborées et au rendez-vous.Un nouveau cerveau mondial (une Internationale communiste ?), se complétant d'un nouveau cerveau national/populaire (un vrai parti communiste français) ne serait-il pas la réponse appropriée pour, enfin, permettre de réfléchir les contradictions en évitant la paranoïa du manichéisme et la schizophrénie des croisades et contre-croisades ? Le temps presse... C'est la connaissance précise et partagée de ce qu'est ce cerveau malade qui nous manque - et qu'il faut élaborer.

 


"En 2016, la pauvreté aura tué des dizaines de millions de personnes" : le constat terrifiant de Jean Ziegler - Le Vent Se Lève

7 January, by jean christophe grellety[ —]

Pauvreté mondiale galopante, inégalités vertigineuses entre pays riches et pays pauvres, toute-puissance des marchés financiers et des multinationales, militarisation des grandes puissances… c’est un sombre tableau que brosse Jean Ziegler dans son nouveau livre, Chemins d’Espérance. Le titre semble ironique tant le constat est pessimiste. Selon l’auteur, membre du Conseil des Droits de l’Homme à l’ONU, quelques décennies de mondialisation capitaliste ont suffi pour enterrer les promesses d’un monde égalitaire et pacifique qui ont accompagné la création des Nations Unies.

Tout n’avait pourtant pas mal commencé. L’avènement de l’Organisation des Nations Unies (ONU), à l’issu de l’effroyable Seconde Guerre Mondiale, avait suscité d’immenses espérances. Contre la misère et l’exploitation qui frappaient des milliards de personnes, l’ONU affirmait que les plus pauvres avaient droit à l’existence et à la dignité. Contre l’ordre colonial du monde qui prévalait alors, les Nations Unies ont inscrit dans le droit international l’égale souveraineté des nations les unes par rapport aux autres. L’utopie était belle. Elle n’a pas fait long feu. Selon Jean Ziegler, la faillite des Nations Unies s’explique essentiellement par deux phénomènes : le triomphe du capitalisme mondialisé et l’apparition d’un nouvel impérialisme qui en est le corollaire. 

Nations Unies contre capitalisme mondialisé

Ce rêve d’un ordre régi par les Droits de l’Homme a été tué dans l’œuf au sein d’un monde dominé par les grandes puissances économiques. Ziegler cite plusieurs statistiques terrifiantes : les 1% de personnes les plus riches de la planète possèdent 50% de la richesse mondiale. Les 500 plus grandes entreprises multinationales contrôlent 58% du commerce mondial brut ; c’est-à-dire 58% des richesses produites. Jean Ziegler constate qu’aujourd’hui, les grandes puissances économiques sont devenues des acteurs plus importants que les nations sur la scène internationale. à l’heure où les grandes entreprises ont autant voire davantage de pouvoir que les nations, que reste-t-il du vieux rêve de mettre en place un ordre régi par les Nations Unies ?

les-vrais-maitres-du-monde

Les conséquences sociales de cet ordre mondial dominé par ces grandes puissances économiques glacent le sang : selon un rapport de la FAO, ce sont 58 millions de personnes qui sont mortes en 2015 à cause de la faim, de la soif ou de maladies que l’on pourrait facilement soigner… Et ce, alors que les ressources mondiales et la technologie contemporaine permettraient que plus une seule personne sur terre ne meure de faim, de soif ou de maladies guérissables. « Un enfant qui meurt de faim meurt assassiné », conclut Jean Ziegler.

Comment ce capitalisme impitoyable s’est-il imposé ? Comment le rêve des fondateurs de l’ONU, celui d’un monde basé sur le droit et l’égalité des nations, a-t-il pu être brisé avec autant de violence?

L’impérialisme, bras armé du capitalisme mondialisé

via lvsl.fr


Les élites françaises, entre 1940 et 1944, note 2 : de la Synarchie à l'action militaire concertée, la Haute Trahison, jamais relevée comme telle et...

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December 2016, by jean christophe grellety[ —]

Dans la 1ère note consacrée à cet ouvrage, nous en avions prévenu les futurs lecteurs et lectrices : il faut accepter de supporter le vertige, avec de telles révélations et mises en perspective. Il en va ainsi notamment avec les «militaires» français, et, évidemment, on n’entend pas ici désigner les hommes de troupe, les civils devenant soldats du jour au lendemain mal équipés, mal dirigés, envoyés à une nouvelle boucherie. C’est que les soldats de la campagne de 1940 ne se sont pas échappés, bien au contraire, et à la différence de tant de dirigeants militaires, qui pour certains même, couraient dans le même sens que l’agresseur nazi, parce qu’ils en étaient les complices, les amis. Pour une armée qui comptait près de 2 millions de soldats, ce sont 100.000 engagés qui ont péri pendant les combats, lesquels ont été très durs, et, pour l’agresseur nazi, très difficiles, contrairement à ce que l’historiographie officielle répétait mécaniquement depuis la Libération. Il faut lire ces constats, établis par des plumes dont les consciences ne sont pas marxistes., de Charles de Laubier à un chef de bataillon, Patrice Huiban, jusqu’à Roland Hureaux, dans son texte «Une réhabilitation de l’armée française de Mai-Juin 1940», dans lequel il écrit : «L’imposture du régime de Vichy ressort avec assez d’évidence de ce livre:  les mêmes hommes qui portent presque entièrement la responsabilité du désastre prennent le pouvoir le 17 juin 1940 . Comment Pétain qui, certes n’avait plus de commandement effectif, mais depuis vingt  ans faisait et défaisait les  carrières,  a-t-il pu apparaître alors  comme le sauveur ? Comment Weygand, après sa nomination  à la tête des armées  le 19 mai  1940,  et qui dès le 25 mai se déclarait partisan de l’armistice, put-il mener de front la conduite de la guerre  et  la  préparation du changement politique ? Comment le général Huntzinger, responsable de la charnière des Ardennes où il avait refusé des renforts  début mai,  put-il se retrouver ministre de la guerre ? ( Le comportement du général Giraud sur le front du  Nord avait en revanche  été exemplaire.) Poussant plus loin encore le mensonge, les mêmes responsables  imputèrent la défaite, non point leurs propres défaillances, mais  aux  vices et à la décadence morale des français dont le Front populaire avait été, selon eux,  l’expression. Une rhétorique morale fallacieuse qui devait non seulement  discréditer pour des décennies tout discours moral, mais encore être pris à la lettre par les générations ultérieures et l’opinion internationale. » Hélas, cet éclair de lucidité, rare de ce côté du champ politique, retrouve vite ses accusations classiques, pour associer «l’extrême-gauche» (traduisez, «Les Communistes), aux traîtres pétainistes, «Il est indispensable de connaître et faire connaître ce livre, y compris  dans nos écoles. Au cours du dernier demi-siècle, la rhétorique défaitiste de Vichy et  l’anti-patriotisme  d’extrême gauche se sont conjugués avec l’esprit de dénigrement anglo-saxon pour refouler le souvenir du  comportement courageux de l’armée française en mai et juin 1940». On voudrait bien savoir qui, où, et quand, «l’extrême gauche», donc, les communistes, auraient nié le comportement courageux, alors que celui-ci a été le fait des CITOYENS ENGAGES DE FORCE, et que, en effet, les travaux des historiens démontrent de manière certaine la volonté au combat face à l’agresseur nazi. Reste qu’il faut saluer les lignes précédentes, qui sont «historiques» : un gaulliste reconnaît clairement les responsabilités des dirigeants militaires, alors que, depuis la Libération, le récit national gaulliste s’était concentré sur la «supériorité de la force mécanique» teutonne, pour, là aussi, dédouaner des militaires, donc des amis, d’une responsabilité qui pouvait donc être allée jusqu’à la trahison. Aux intuitions de Marc Bloch, Annie Lacroix-Riz apporte des preuves irréfutables, et gravissimes. Car ce sont ces hommes-là qui ont eu le plus de responsabilité théorique et pratique dans la défaite de 1940 et qui en furent les plus protégés, notamment à l’occasion de la pseudo «épuration». Un grand nombre parmi les plus influents dirigeants des armées françaises a fait partie, et, au minimum, a été sympathisant, de la Cagoule, le visage organisé de la Synarchie, Cagoule qui a tenté et raté un putsch contre la République en 1937. Mais ce qui a été raté en 37 réussit trois ans plus tard. Il faut dire que les amis des rares emprisonnés ont agi pour, d’un côté, rendre impossible toute alliance effective entre la France et l’URSS, et de l’autre, contribué à la défaite, à quelque niveau que ce soit. Leur projet de dictature militaire était connu des nazis, et Abetz, leur représentant le plus important à Paris avant la guerre et pendant la guerre, «brocarda en décembre 1940 la tentative de généraux vaincus, tous Action Française, «d’ériger, avec le prestige du vainqueur de Verdun, une dictature militaire à laquelle l’Église prêt(ait) son aide la plus empressée». C’est «l’état-major de l’armée »qui «dirigeait la Cagoule militaire, (…) groupant 12000 officiers, sur un total de 120.000 cagoulards pour toute la France, répartis en 40 légions». En septembre 1938, le chef d’état major de l’armée, Louis Colson, en visite privée chez son ami, attaché militaire allemand, Erich Von Kühlental, entendait rassurer celui-ci en lui disant que toute mesure de défense française ne visait qu’à «tranquilliser et neutraliser la population». La consanguinité de ce petit milieu était évidente (et aujourd’hui?), avec une origine et appartenance à une «aristocratie» la plus prétentieuse et violente, avec des familles prétendant relever de la «noblesse d’épée». Les prétendus «seigneurs» nazis retrouvaient donc leurs cousins «seigneurs francs», avec lesquels ils allaient s’entendre comme larrons en foire, pour assassiner parmi tous celles et ceux qui n’appartenaient pas à leur caste. Avec eux, prend tout son sens l’expression d’une collaboration active, et on dirait aujourd’hui hyper-active ! : «Il n’y a, dans l’ivresse des acquis intérieurs de la Débâcle et des espérances anglophobes, presque pas d’exception, même chez ceux dont la germanophilie fraîchit le plus tôt. Le consentement à l’espionnage et au pillage des colonies dura presque partout jusqu’en 1942, et même au-delà (comme la Tunisie) conservés par le Reich et Vichy». Il faut donc là aussi et encore, accepter de découvrir des figures, d’entendre des noms, qui, tous, ont mérité, par leurs actes, leurs crimes, un procès et une condamnation, lorsque la fin de la guerre sera venue, et qui y échapperont par un réseau de complicités au sein du «nouvel» Etat qui se met en place : il y a par exemple Eugène Bridoux, le secrétaire à la Guerre, puis sous-secrétaire à la Défense Nationale ; l’amiral Charles Platon, le général d’aviation Jean-François Janneckeyn, le général Joseph Delmotte, Charles Huntziger, le pathétique Weygand, le général Charles Noguès (qui ira se protéger chez le 2ème dictateur fasciste d’Europe de l’Ouest de l’après-guerre, dans le Portugal de Salazar, quand tant d’autres trouvèrent refuge dans l’Espagne de Franco), le général Henri Dentz, le général Juin (modèle d’adaptation aux circonstances et aux rapports de force). Avec «la mission Desloges», la haute trahison est établie clairement : l’armée française donne son concours à une répression criminelle. La mission, dont la réputation est qu’elle fut très limitée et de faible intérêt, visait au contraire à établir un cheval de Troie au sein de la zone sud, dans la prévision de son envahissement, et cet objectif fut atteint, par l’assistance de l’armée française. Celles et ceux qui consulteraient à ce sujet la page Wikipédia qui lui est consacrée doivent savoir qu’ils ne trouveront rien de sérieux et de profond à propos de cette «mission» sur la dite page, mais auront un exemple de plus de la superficialité, voire de la nullité, de cette pseudo «encyclopédie», véritable organe de propagande capitaliste, dont il faudra parler par ailleurs. Sur ce sujet et d’autres (comme la Cagoule/Synarchie, etc), les champs ouverts par les travaux et les découvertes d’Annie Lacroix-Riz exigent des travaux à réaliser par les futurs chercheurs – s’ils le peuvent…, et par les futures générations, lesquelles devront faire la synthèse des connaissances de l’historiographie scientifique, seule et seules susceptibles de permettre un «récit du roman national» entièrement décolonisé de l’influence et des mythes des élites sur elles-mêmes. Sur ce sujet, les militaires français collaborateurs, avant et pendant la guerre, comme sur le sujet des clercs chrétiens, des précédents ouvrages d’Annie Lacroix-Riz exposent plus de connaissances et de détails. Cet ouvrage est lui consacré au passage de la dévotion de ces élites pour le tuteur nazi puis la dévotion de ces mêmes élites pour le tuteur made in USA, dévotion pour les mêmes raisons et avec la même «réussite». Et il faut rappeler que si nous nous sommes libérés de l’occupation nazie, dans des conditions extrêmement dramatiques et difficiles, par les efforts et les «sacrifices» de millions de femmes et d’hommes sur le continent, nous ne nous sommes pas du tout libérés de l’occupation américaine, au contraire. En France, il y a toujours eu les larbins des puissances aveugles et inhumaines, et les autres. Pour ceux-ci, les travaux et les connaissances nouvelles offertes par Annie Lacroix-Riz nous permettent de changer tant notre conscience de la mémoire nationale que le récit même de cette Histoire, et d’une manière radicale. Evidemment, il ne faut pas s’attendre que les héritiers et héritières volontaires de ces responsables et coupables l’acceptent et nous aident, au contraire. Il nous appartient donc de ne pas nous contenter de ces partages, si nous voulons faire entendre la voix des innocents et des justes qui, avec la vie, l’ont perdu, la voix, et à l’égard desquels nous avons donc un devoir de mémoire, total. Quand on constate que, sur une prétendue «encyclopédie», qui, comme d’autres, exploite les données offertes par des milliers de rédacteurs, prétend à une relative mais certaine «objectivité», dans la page consacrée à la «synarchie», et donc à ce complot historique contre la République, un des «auteurs» juge, en trois phrases (1), le sujet, en reprenant à son compte la conviction personnelle d’un «historien», opinion détachée de tout fondement solide, l’inexistence et de la dite synarchie et du dit complot, on mesure que «tout se tient», et que ce n’est pas à une fatalité que nous avons à faire, mais à une organisation qui a sa cohérence, que nous appelons «capitalisme» et qui, en matière d’Histoire, est obligé de réécrire, modifier, truquer, cette Histoire, tellement les crimes et les désastres commis par et pour ce capitalisme sont nombreux, édifiants, terrifiants. S’y ajoute, comme avec le «point Godwin», le complot contre les complots, à savoir cette dénonciation, par généralisation, de celles et ceux qui prétendent voir, constater et mettre en cause, tel ou tel «complot». L’anti-complotisme en soi est le pendant idiot du complotisme systématique. Il ne s’agit pas de voir des complots partout ni de nier qu’il en existe, puisqu’il y en a eu. Et c’est officiel. Citons en deux : le complot par les Nazis (point godwin, point godwin, répètent à l’envi les extrémistes de droite et leurs jouets, qui veulent interdire toute référence à la seconde guerre mondiale), reconnu et condamné comme tel, avec le procès de Nuremberg, et le complot américain pour pouvoir engager une guerre contre l’Irak de Saddam Hussein, en trompant tous les citoyens du monde avec de fausses preuves sur les armes de destruction massive. Même les officiels américains reconnaissent, tranquillement, avoir bidonné leurs «preuves». Il s’y ajoutera bientôt, avec les mêmes procédés, deux autres complots du même pays, contre la Libye, et la Syrie. C’est pourquoi il faut acter que les militaires français de haut niveau ont été des complices de ces militaires allemands et de leurs chefs nazis, dans ce complot, ce plan de guerre. Dans ce plan, la défaite de la France était une condition sine qua non, pour pouvoir engager, ensemble, une guerre dans toute l’Europe, contre l’Union Soviétique principalement, et contre le reste du monde. Désormais, grâce aux travaux d’Annie Lacroix-Riz, toute la chaîne des faits et des preuves est à notre disposition.

 

(1) Dans ses ouvrages, l'historienne marxiste-léniniste Annie Lacroix-Riz tente d'accréditer la théorie du complot synarchique en affirmant que « les synarques » n'auraient pas eu pour but de ruiner la Révolution nationale du maréchal Pétain mais représenteraient les intérêts de groupes financiers et d'organismes patronaux liés à des groupes ou organismes allemands souhaitant comme leurs homologues d'outre-Rhin l'instauration d'un régime fasciste30. Cependant, « [l']analyse historique [d'Annie Lacroix-Riz se] trouve trop limitée » par le « caractère engagé » de son travail, « le parti pris doctrinaire adopté par l'auteur fragilise son argumentation ». Ainsi, les considérations de Lacroix-Riz sur le personnel politique français de 1940 « témoigne en particulier des a priori de l'auteur dans le but d’étayer son postulat de départ »37. Auteur de l'étude La Synarchie, le mythe du complot permanent, l'historien Olivier Dard observe que les ouvrages d'Annie Lacroix-Riz sur le sujet relèvent « d'un discours anticapitaliste d'extrême gauche qui instruit à travers la synarchie le procès traditionnel du « grand capital » et des élites38. »

 

Téléchargement ANNIE LACROIX RIZ LES ELITES FRANCAISES ENTRE 1940 ET 1944 NOTE DEUX LES MILITAIRES


Le jeune Karl Marx - bientôt, le film

December 2016, by jean christophe grellety[ —]


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