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Russo/phobie(s)

18 April, by jean christophe grellety[ —]


"Un continent derrière Poutine ?", 85 minutes pour survoler ce continent - et les faits ?

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24 March, by jean christophe grellety[ —]

Le 18 Mars dernier, France 5 a diffusé ce reportage. La promesse d'Anne Nivat est d'aller à la rencontre des Russes, afin de les connaître et de les comprendre. Le voyage au sein de la Russie actuelle aura duré environ 4 mois. Le reportage, lui, dure 85 minutes. Elle rappelle que c'est un pays "immense, complexe". Mais à peine ce rappel est-il effectué, qu'elle évoque un pays partagé entre de "vieux démons" (un langage religieux significatif) et ses "désirs d'émancipation". Pour faire ce voyage, elle a décidé de mettre ses pas dans ceux de Soljenitsyne, un auteur controversé - il faut dire que Papa Nivat est un inconditionnel et un spécialiste de celui-ci (il faudrait savoir pourquoi  : pour son anticommunisme ? son soutien au royalisme ? à l'Eglise orthodoxe ?). Le reportage, en fait, est en décalage, avec la promesse, impossible : aller à la rencontre DES Russes, et ce sont seulement quelques Russes qui sont rencontrés, avec lesquels elle dialogue. Plusieurs questions se posent : comment a t-elle été mise en contact avec ces Russes ? Quels ont été les critères de sa sélection ? Le fil rouge du voyage et des rencontres, est le rapport de ces Russes à M. Poutine, identifié, dans le reportage, comme un autocrate, voire un dictateur. Le premier Russe rencontré, Pacha, de Vladivostok, évoque Alexis Navalny, et la journaliste affirme que la plupart de ses interlocuteurs lui ont parlé de cet "opposant", lequel n'a pas pu se présenter à l'élection présidentielle russe. Ce candidat d'extrême-droite, soutenu par les Etats-Unis (comme ses semblables l'ont été, le sont, en Ukraine), fait l'objet, comme d'autres figures, comme Soljenitsine en son temps, d'un soutien actif, étatique, médiatique, dans les pays occidentaux, sans rapport avec ce qu'il signifie socialement, politiquement, en Russie. Et c'est avec de telles références, que le reportage devient très faible, parce qu'il n'y a aucune comparaison avec les pays occidentaux, notamment les Etats-Unis, la France. Par exemple, en France, pour pouvoir être candidat(e) à l'élection présidentielle, il faut bénéficier de parrainages par les maires de France. Il s'agit d'un contrôle censitaire, qui a empêché de nombreux citoyens et de nombreuses citoyennes, de présenter officiellement et validement leur candidature. Et un candidat comme Coluche a subi des menaces de mort, et ces menaces l'ont conduit à annuler sa candidature. Par l'absence, systématique, de comparaison, les problèmes évoqués par la journaliste paraissent spécifiquement russes, et particulièrement graves. Un autre interlocuteur n'a pas été aidé pour créer son entreprise. En France, des aides existent..., sur le papier. Mais en fait, les petits entrepreneurs ont les plus grandes difficultés pour en obtenir une, et, en général, ne les obtiennent pas. Elles sont, en général, très conditionnées. Quand il s'agit des souhaits/rêves de Sasha pour la Russie, ils peuvent être, sans aucun problème, transposés en France : avoir la possibilité d'un choix (d'un vrai choix, ce qui signifie, d'avoir des alternatives, et non des candidates et candidats qui relèvent d'un même système, logique, ce qui est le cas en France, et pire encore aux Etats-Unis, avec la tenaille Républicains/Démocrates), que des personnes qui ont des compétences et des talents puissent les mettre au service du pays (et en France ? !), qu'il y ait moins de corruption (rires). Quand il s'agit d'évoquer la période soviétique et ses constructions, la journaliste parle de "stigmates". Quid des banlieues et périphéries, de Paris, Lyon, etc ? Quid de quartiers abandonnés, avec des immeubles de type victorien, à New-York, où des familles pauvres étaient et sont entassées ? ! Parlerait-elle de "stigmates" ? ! Quand il s'agit du système de santé, il faut comparer, et la comparaison s'avère pénible - pour nous. En effet, quand le système de santé russe a beaucoup progressé, s'est vu doté de moyens suffisants pour, les naissances, les opérations, notre propre système de santé est mis en difficulté par un sous-financement, et aux Etats-Unis, le système de santé public est dans une situation très grave. A l'occasion d'un échange avec un responsable d'un site médical, l'un des propos, sens, politiques, du reportage, apparaît clairement : alors que le professionnel évoque les efforts qui ont été faits, en matière d'investissement, mais qui auraient pu être plus importants encore, la journaliste compare ces dépenses avec les actions et dépenses militaires de la Russie, notamment en évoquant (elle le fait à plusieurs reprises), "la Crimée", avec ces dépenses pour la santé des Russes. Or, cette question, cette journaliste, et au-delà d'elle, les journalistes installés, à Paris, la posent t-ils, pour l'Etat français, dont le budget militaire reste, encore, important (et pour certains, pourtant, très insuffisant), au profit donc d'un budget supérieur pour la Sécurité Sociale ? ! Les éléments de langage concernant "la Crimée" sont ceux des élites européennes, des Etats-Unis : la Crimée aurait été annexée par la Russie. Or, là encore, à l'exception du reportage de Paul Moreira sur "la Révolution Orange" ou "de Maïdan", nous n'avons vu aucun reportage diffusé sur les chaînes françaises concernant les influences étrangères qui ont agi pour réussir à faire destituer le pouvoir en place, installer celles et ceux qui, depuis, sont au pouvoir dans ce pays, avec les "résultats" que l'on connaît (notamment concernant les mafias ukrainiennes). Concernant les sentiments, avis, propos, de ce médecin, sur "l'homosexualité", là encore, une comparaison serait utile : serait-il si difficile de trouver en France, aux Etats-Unis, un père de famille, homophobe ou non homophile ? ! Comment expliquer alors que, avec "la Manif pour tous", la France ait vu défiler des centaines de milliers de personnes, dans Paris ? Lorsqu'elle interroge un photographe professionnel, celui-ci met en cause le gouvernement pour la situation économique. La même question est-elle posée à des citoyens en France ? Lors de cet échange, elle salue le propos anti-Poutine de ce photographe - preuve que c'est ce qui était très recherché. Même problème : et si nous parlions de la situation des photographes professionnels indépendants en France ? ! Concernant le fait que, avec le système politique, "tout est déjà décidé", tout est sous contrôle, il faudrait comprendre que ce qui se passe en Russie est particulièrement grave et spécifique, mais comment comprendre l'énorme abstentionnisme en France ? ! Idem sur le sujet des revenus et des retraites : elle entend que la situation économique s'est améliorée, mais les revenus et retraites cités sont souvent faibles, par comparaison avec nous. Mais pour pouvoir les mesurer, il faut prendre en compte les coûts et les prix, locaux, nationaux. En France, certaines, certains, perçoivent une retraite très faible, une allocation, également très faible, une retraite, également très faible, lesquelles permettent seulement de survivre - et encore. La journaliste passe par le Birobidjan, cette République Soviétique, refuge pour les Juifs soviétiques, unique dans le monde, avant la création d'Israël. En France, combien peuvent dire, comme Sergueï, que le résultat des élections ne changera rien (en mieux), à leur situation ? Inversement, tous les Dimitri Ramouzov du monde ont de grandes maisons, ont des revenus importants. Quoiqu'il en soit, les Russes inclinent en faveur de la stabilité, de la paix, et ne marchent pas dans les coups de communication des "opposants", et ils ont de la mémoire, sur ce qu'ils ont subi, de la part de cette Europe de l'Ouest, avec son armée nazie/fasciste. Hélas, avec l'OTAN présente dans tous les Etats frontaliers de la Russie, les Etats baltes, la Pologne, etc, une réplique de cette armée a été reconstituée, dans un projet de guerre, contre la Russie. Le reportage se termine par une rencontre, un échange, avec deux jeunes homosexuels. L'homophobie, les agressions, les crimes homophobes, une spécialité russe ? ! Et en France ? Et aux Etats-Unis ? L'un d'eux reconnaît même qu'il existe une loi, en Russie, contre les discriminations. Il faut dire que, désormais, une organisation comme l'OTAN  a récemment déclaré sa flamme aux personnes homosexuelles, discriminées. C'est que ses dirigeants ont désormais décidé que les préférences affectives et sexuelles de ses soldats, officiers, leur importaient peu, tant qu'ils exécutaient les ordres, notamment en cas de guerre contre la Russie. Il est terrible de voir que des personnes puissent être instrumentalisées pour tenter d'attaquer, discréditer, un pouvoir, un pays, alors que, par ailleurs, il y a tant de problèmes graves, identiques ou quasi, dans d'autres pays du monde. Il faut souhaiter que de tels reportages, et surtout plus substantiels, seront faits, en parcourant la France, les Etats-Unis. Des reportages sérieux révéleront, révéleraient, des réalités et des problèmes civiques, inouïs.

A la fin des années 90, elle a obtenu un Bourse américaine : https://fr.wikipedia.org/wiki/Programme_Fulbright

 


Un communiqué de l'APPEP : Réforme Blanquer, la philosophie en vitrine, son enseignement menacé

21 March, by jean christophe grellety[ —]

Jean-Michel Blanquer nous avait assuré en décembre dernier de son attachement à l’enseignement de la philosophie, lequel ne serait pas menacé par la réforme en cours, et pourrait même être étendu". Maintenant que le projet ministériel de réforme du baccalauréat et du lycée est connu et que les projets de textes réglementaires ont été rendus publics, nous constatons que, loin des belles promesses, la philosophie sera marginalisée dans le nouveau lycée. Le coefficient annoncé pour l’« épreuve universelle de philosophie » est inférieur à celui de la série S, celle des séries générales où la philosophie compte aujourd’hui le moins . Cela ne représente un progrès que dans la voie technologique, mais sans pour autant que les dédoublements indispensables au travail des élèves soient proposés. La seule « spécialité » dans laquelle la philosophie sera présente, « Humanités, lettres, philosophie » n’est pas clairement définie. Il n’est pas même certain que les élèves puissent y bénéficier de l’horaire minimum dont ils ont besoin, soit 2 h en Première et 3 h en Terminale. Les disciplines y perdront leur spécificité et leur fusion semble préparer la bivalence. Cantonner la philosophie à cette seule spécialité revient à ignorer les dimensions politique, épistémologique, esthétique de cette discipline qui lui sont pourtant essentielles. Cette spécialité, à l’horaire et au contenu incertains, ne sera pas même proposée dans tous les lycées. Là où elle le sera, elle ne permettra pas de garantir le travail d’approfondissement patient et rigoureux actuellement offert aux élèves des 2300 Terminale L. Chaque année, un nombre significatif d’élèves de Terminale littéraire s’engagent dans des études de philosophie après avoir suivi cet enseignement approfondi. Avec la disparition dela filière littéraire, ce sont les départements de philosophie des universités qui sont menacés. La fameuse « épreuve universelle » ne constitue en rien un progrès. Il ne s’agit formellement que d’une reconduite de l’épreuve commune existante : tous les élèves des séries générales et technologiques passent déjà une épreuve de philosophie. Mais en réalité, la nouvelle architecture du baccalauréat affaiblit ce qui existe aujourd’hui. Cette « épreuve universelle », au coefficient diminué, sera en effet la dernière du baccalauréat. Qui peut croire que les élèves continueront de la prendre au sérieux, alors que l’examen sera déjà joué à 92 %, que les lycées seront désertés après le passage en mai des deux épreuves de spécialité, qui représentent à elles seules le tiers du baccalauréat, et qu’elle ne comptera pas dans la détermination du cursus universitaire des élèves ? Ces dispositions sont en contradiction totale avec les déclarations officielles antérieures, que condense cette étrange formule, abondamment citée dans la presse : « la philosophie sera une épreuve universelle » ! Cette formule reconnaît pourtant le besoin des élèves de faire de la philosophie. Étudier
des notions communes c’est, pour chaque élève, expérimenter par un travail méthodique de réflexion la possibilité durable de maîtriser toutes les connaissances acquises durant sa scolarité, c’est donc aussi avoir la chance de s’approprier les ressources et les outils pour une véritable autonomie, dans ses études, son travail et sa vie. La démarche philosophique offre une voie rationnelle pour aborder, loin des fanatismes, les nouveaux défis qu’apportent, pour l’existence de tous, le développement des sciences et des techniques en même temps que l’insertion accélérée des cultures dans le processus de mondialisation. La philosophie n’est ni un vague supplément d’âme, ni un legs patrimonial que nous aurions à honorer. La portée cruciale de son enseignement dans les études secondaires doit être reconnue et garantie par des dispositions nationales adéquates. Hors de ces mesures institutionnelles, les louanges adressées à la philosophie ne seraient qu’opération de séduction ou de communication dont personne ne peut être dupe. Au-delà de tous les professeurs, l’APPEP appelle donc l’opinion publique à se mobiliser pour défendre et promouvoir l’enseignement de la philosophie dans le lycée français de demain.

Paris, le 18 mars 2018

Association des professeurs de philosophie de l’enseignement public

Le communiqué, avec des notes de précision : http://www.appep.net/reforme-blanquer-la-philosophie-en-vitrine-son-enseignement-menace/


Auteurs #payetonauteur : ils travaillent à s'organiser pour requérir le paiement de leurs légitimes revenus

20 March, by jean christophe grellety[ —]

Une pétition traduit ce mouvement social, inédit : https://www.change.org/p/pas-d-auteurs-pas-de-livres, avec un titre qui rappelle génèse et condition : pas d'auteurs, pas de livres. S'ils ne sont pas les seuls à contribuer à faire exister des livres, ils en sont les premiers. Et, comme dans un propos "chrétien", les premiers sont souvent les derniers - sans deniers. Le texte de la pétition est le suivant, ci-dessous. Des Etats Généraux du Livre sont annoncés, pour mai. Les auteurs doivent s'exprimer, sur ces sujets, questions, problèmes, afin que leurs voix et leurs idées ne soient pas occultées, remplacées par d'autres, plus "opportunes". 

"Les réformes sociales et fiscales envisagées par le gouvernement vont placer les auteurs du livre dans une situation d’extrême fragilité.

Nous, les auteurs de textes et d’images, sommes à l'origine de la vitalité et de la réussite de l’une des premières industries culturelles en France.

Nous sommes encensés quand il s'agit de se féliciter, ici ou ailleurs, de la richesse et de la diversité de la création éditoriale française, mais nous redevenons quantité négligeable dès lors qu’il s'agit de questions économiques ou sociales. Trop peu nombreux, trop singuliers, pas assez bruyants peut-être pour que le Gouvernement entende nos doléances et daigne enfin s'occuper de nous.

Contrairement à l’engagement pris, et dans un contexte devenu particulièrement difficile pour les auteurs ces dernières années (41% des auteurs considérés comme professionnels gagnent aujourd’hui moins que le SMIC), un bouleversement complet de notre régime social et fiscal se prépare sans que les auteurs et leurs représentants soient consultés.

Le sentiment qui prévaut est que le gouvernement ne sait pas comment appréhender le cas spécifique des auteurs du livre. S'agissant du ministère des Affaires sociales et de celui des comptes publics, qui ignorent totalement nos réalités et nos spécificités, on peut même affirmer qu'ils s’y refusent.

Lors de la hausse de la CSG au 1er janvier 2018, le gouvernement avait en effet simplement oublié les créateurs dans la réflexion sur le dispositif de compensation envisagé, sans même imaginer qu’ils devaient pouvoir bénéficier, comme les salariés, d’un gain de pouvoir d’achat.

Les auteurs n’acceptent pas d’être laissés pour compte au moment où le gouvernement confirme la mise en œuvre de nouvelles réformes importantes au 1er janvier 2019 :compensation de la CSG, réforme du régime social des auteurs, réformes des régimes de retraite, circulaire sur les revenus artistiques, retenue à la source de l'impôt sur le revenu, réforme de la formation professionnelle...

En dépit d'une réelle prise de conscience du ministère de la Culture, personne au gouvernement n'est en charge d’anticiper et donc d'adapter les effets de ces réformes pour les auteurs.

Les auteurs du livre ne sont pas des actifs comme les autres, notamment en raison de la périodicité de leur rémunération : une seule fois par an en moyenne, trois à six mois après l’arrêté des comptes des éditeurs. De cette situation imposée découlent de nombreuses contraintes qui doivent être prises en compte par les pouvoirs publics.

Nous, auteurs, avons, il est vrai, choisi un métier marqué du principe d’incertitude. Incertitude de la prochaine idée, incertitude de ce que sera demain, incertitude de l’échec ou du succès d’un livre. C’est un choix que nous assumons pleinement.  Mais aujourd’hui, l’incertitude pour les auteurs devient la certitude du pire.

À l’heure où la création est portée en étendard national, où la lecture et l’éducation artistique et culturelle sont des priorités politiques, comment le Gouvernement peut-il laisser les auteurs du livre dans une situation d'extrême gravité, sans que nos spécificités et celles du monde du livre soient prises en considération ?

Nous demandons une concertation et une réflexion profonde et commune autour de notre régime social, qu'il est vital d’enfin renforcer et non de détruire réforme après réforme.

 Nous demandons au gouvernement d’agir avec justice, dans le respect des auteurs. La situation est d'une urgence absolue.

 


"Urgence antiraciste - pour une démocratie inclusive", note 4 - sur le Racisme

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15 March, by jean christophe grellety[ —]

C’est le co-président du MRAP et membre du CA d’Attac France, Augustin Grosdoy, qui est l’auteur du chapitre qui traite spécifiquement du «racisme aujourd’hui et ses différentes formes». Sans doute parce que l’ouvrage traite, dans ses autres chapitres, sous des angles spécifiques, de ce sujet, ce chapitre est très court. Après avoir donné une définition classique mais fondamentale du racisme, «essentialisation des personnes et une hiérarchisation des groupes humains», ce qui «permet de justifier la domination, l’asservissement, le rabaissement, la stigmatisation, la maltraitance, voire l’extermination de n’importe quelle personne ou groupe de personnes», il rappelle que c’est à l’époque moderne, et notamment alors qu’existe un mouvement appelé «Les Lumières», qu’est «venue s’y ajouter une idéologie qui répartit les gens selon des particularités physiques, ethniques ou culturelles en groupes biologiques («races»)», et que le «racisme négrophobe a servi à justifier l’esclavage et la traite négrière, le colonialisme et l’impérialisme», mais affirme aussi que «le racisme n’est pas une spécificité occidentale», ce qui constitue une erreur de formulation. En effet, si le racisme n’est plus, avec, depuis, et à cause d’une mondialisation de type colonialiste/esclavagiste, dans l’imposition de régimes politiques de modèles européens, capitalistes, les peuples non-européens, et les peuples européens de l’Antiquité, n’ont jamais connu ce racisme, tel que défini au début de ce chapitre, et si aujourd’hui des peuples non occidentaux en subissent les effets, c’est en raison de l’exposition qu’ils ont vécue, subie, avec la «culture européenne» de tel ou tel pays colonisateur. L’exemple coréen-japonais en est l’illustration : à partir de quand ce racisme anti-coréen a-t-il pris corps et s’est-il vraiment développé ? Ce n’est pas un hasard si «les sociétés européennes sont confrontées à une forte persistance de l’intolérance et du racisme», puisque c’est à partir de ces sociétés européennes que le racisme est apparu, s’est développé et a été instrumentalisé, en tant que double du racisme social, et en tant que masque de celui-ci (cf mon ouvrage sur «Du Racisme Social en Europe, et par extension dans le monde»). Heureusement, on peut contredire l’auteur, lorsqu’il affirme que «les idées racistes gagnent l’ensemble de la société» : les prolétaires, notamment urbains ou inclus dans un tissu social important, notamment au sein des lieux de travail, se révèlent plus imperméables au racisme, que ce qu’une sociologie de comptoir raconte sur eux, et leur présence dans des partis explicitement racistes ou de manière masquée, est faible ; et du côté des élites, ce racisme anti-étranger est presque nul, puisque les membres de ces élites ont l’habitude, et le goût, de vivre, travailler, avec des étrangers semblables à eux. Par contre, le racisme social, de ces élites, envers les prolétaires, est structurel, et des membres de ces élites, mais non intégrés au plus haut niveau, utilisent le racisme pour masquer le racisme social de leur classe. C’est qu’il s’agit, pour ces élites, d’assurer l’un des principes machiavéliques fondamentaux, diviser pour mieux régner, et les divers phénomènes sociaux, publics, liés aux étrangers sont, constamment utilisés pour réussir réaliser l’objectif de ce principe. C’est pourquoi l’auteur liste les groupes qui, en France, font l’objet de ce double racisme, qu’il s’agisse des musulmans, avec l’Islamophobie, les Roms. L’évaluation qu’il donne des principes, actions principales, par nos élites, de «l’Etat» est sévère mais, hélas, exacte : «Les déclarations et protestations d’humanité présidentielle ou gouvernementale, ne peuvent faire oublier le racisme et la xénophobie engendrés par certaines politiques de l’État et pratiqués par certains corps de l’État. Faut-il rappeler aussi la hiérarchisation des racismes, le rejet des réfugiés hors des frontières, l’indifférence face à la mort de tant de migrants, le marchandage honteux avec la Turquie, les accords de «réadmission» avec les pays du Sud, les mesures uniquement sécuritaires avec la prolongation de l’état d’urgence et la tentative d’extension de la déchéance de nationalité, le refus d’entendre ceux qui tentent d’expliquer la dérive de quelques centaines de jeunes qui se laissent convaincre par les thèses djihadistes...», et, dès lors, «comment s’étonner avec une telle politique qu’aucun progrès ne soit constaté dans la lutte contre les discriminations directes ou systémiques, liées à l’origine».

Et ce qui manque pour expliquer qu’aucune «mesure n’est prise pour réprimer les discriminations dont l’illégalité est rarement sanctionnée», c’est précisément ce racisme social, fondamental, qui est structurel en France, sous l’Ancien Régime et sous le Nouveau Régime, qui copie tant de caractéristiques du réputé «Ancien». Qu’ils ou elles soient à la rue, en étant «Français», ou non, toutes et tous, sont traités avec la même logique d’exclusion : le droit fondamental, l’habitat, dont disposent, et dans quelles conditions, les plus fortunés de France, notamment les familles des politiques et de la haute administration, ceux-là, et celles-là, s’en voient privés, même interdits de, au motif qu’ils n’ont pas l’argent nécessaire. Et s’ils prétendent occuper un logement inoccupé, ils sont qualifiés de «squatters», tandis que la multipropriété des plus fortunés est considérée et comme un droit et une comme une légitimité, et comme le signe d’une «grande fortune», contre laquelle l’État n’a rien à dire. La segmentation des actions d’organisations spécifiques, en fonction de la nationalité des personnes à la rue, correspond à la différenciation effectuée tant par l’État que par les racistes «normaux», entre les SDF «français», et les autres. 

Urgence antiraciste –Pour une démocratie inclusive- (Martine Boudet coordinatrice, Ed du Croquant, 2017) http://www.editions-croquant.org/component/mijoshop/product/384-urgence-antiraciste

 

 


Maëlys de Araujo n'aurait jamais dû rencontrer Nordahl Lelandais, si l'enquête concernant la disparition d'Arthur Noyer avait...

16 February, by jean christophe grellety[ —]

Comme dans certains régimes dont on nous raconte, "à l'étranger", les vices, les défauts, les fautes, les médias d'Etat, qu'ils le soient officiellement ou non, nous racontent tous les jours d'étranges histoires. Il faut constater que, hélas, le véritable travail, d'investigation, de recherche, d'analyse, a largement disparu dans ces rédactions (pas de toutes, et pas tout le temps, heureusement), concernant de telles affaires, et qu'il y a donc un "journalisme de fauteuil", qui passe son temps à commenter l'actualité du monde, comme dans tout café du commerce, mais avec le label d'un "média", une radio, etc. Pour la tragédie de l'assassinat de Maëlys de Araujo, par Nordahl Lelandais, le récit officiel, largement diffusé, répété, proclame que les enquêteurs ont réussi, ont fait un excellent travail, etc. Ils reçoivent des louanges. Il est vrai que, pour des professionnels dont c'est le métier, parvenir à identifier un criminel recherché, à l'amener à avouer et à les conduire sur le lieu de l'enterrement de la victime, est un "succès", puisque c'est ce qu'ils avaient à faire. Cela a tout de même pris six mois. Entre temps, même brièvement, dans la foulée de la disparition, il a été laissé libre, puisque, après la disparition de Maëlys, et ce alors qu'il faisait partie des personnes présentes lors d'une fête d'un mariage. Pourquoi est-ce que cela n'étonne personne, que des personnes, toutes "suspectes" aient été laissées libres de rentrer à leur domicile ? Or nous savons que, à peine le crime était-il commis, le jour revenu, que Nordahl Lelandais procédait à un nettoyage de fond en comble de son véhicule. Il a fallu, pour la résolution de cette affaire, que les moyens scientifiques parviennent, finalement (six mois après !), à trouver et prouver l'existence de traces de sang de Maëlys de Araujo dans le coffre de la voiture de Nordahl Lelandais pour que, grâce à cette preuve incontestable, ce suspect qui, jusqu'ici, niait tout, et réclamait même sa mise en liberté, comprenne qu'il était démasqué, et qu'il devait passer aux aveux, pour, éventuellement, limiter la casse lors de son futur procès. Mais il y a plus grave. C'est que Maëlys de Araujo n'aurait jamais dû croiser le chemin de cet assassin, pour la bonne et simple raison que, dans l'affaire de la disparition d'Arthur Noyer, il aurait dû être repéré, et, peut-être, rapidement, mis en cause. En effet, lorsque, récemment, ces mêmes médias qui diffusent chaque jour des concentrés indigestes d'information, ont évoqué, et sont passés rapidement "dessus", le fait que les téléphones portables d'Arthur Noyer et de Nordahl Lelandais "bornaient" systématiquement ensemble lors de cette nuit, jusqu'à un moment où le repérage par le réseau cessait. Il a fallu que ce tueur soit identifié comme tel dans la disparition de Maëlys de Araujo pour que, suite à la remarque d'un enquêteur externe sur un véhicule possiblement en cause dans la disparition de celle d'Artur Noyer, soit procédé, presque, par hasard, à une analyse des bornages de ces deux numéros de téléphone pour aboutir au constat déjà énoncé. Là encore, personne n'est surpris ? Comment cette analyse a t-elle pu être faite, finalement, et par hasard ? Comment a t-elle pu ne pas être effectuée dans les jours qui ont suivi la disparition d'Arthur Noyer ? Parce qu'elle n'était pas prise au sérieux ? Or, si Nordahl Lelandais avait été mis en cause plus tôt, pour cette disparition, il n'aurait jamais pu assister à cette fête de mariage, et tuer, encore.


Quoiqu'il soit désagréable de le faire, et, en n'oubliant pas qu'il ne faut pas généraliser le constat critique, comme si tous les travaux de tels enquêteurs et agents, qu'ils soient policiers ou gendarmes, relevaient de ce type, il est nécessaire de rappeler quelques affaires où l'échec "sécuritaire" aura été, tragiquement, patent : 

 

  • l'affaire Mohammed Merah : alors qu'il avait été repéré, notamment parce qu'il était allé faire un "voyage touristique" dans la zone tribale, non étatique, entre le Pakistan et l'Afghanistan, foyer des Talibans par excellence, qu'il avait été interrogé sur ce voyage, il a été "oublié" par le supposé suivi anti-terroriste (les personnels sont rarement à mettre en cause, étant donné une faiblesse des moyens, au regard des objectifs, mais il existe aussi des fautes, le pire étant lorsqu'il s'agit d'une "faute", volontaire...), et après son premier crime, les enquêteurs sont restés aveugles sur son cas pendant de très longs jours. Il faut dire que de tels crimes pendant une telle période, certains en "rêvaient", et Mohammed Merah l'a fait...
  • l'attaque contre Charlie-Hebdo : si la rédaction de CH avait été placée sous surveillance et protection, ce n'était pas pour rien. Hélas, des policiers, membres du syndicat Alliance, protestaient contre cette "obligation", quelques semaines avant, et la "surveillance" de l'entrée de l'immeuble était non professionnelle, indigne. Pour les deux frères, une fois entrés dans l'immeuble, le massacre pouvait commencer, en toute "tranquillité", puisqu'un seul agent était présent et il a été immédiatement neutralisé.
  • les attentats du 13 Novembre : alors que Daesh était, encore, presque, au sommet de sa puissance, mais commençait déjà à focaliser contre son organisation des milliers de forces, à travers le monde, et donc, s'affaiblissait déjà, et réagissait par rapport à cela, comment la sécurité du territoire a pu totalement rater la préparation de ces attaques, y compris dans ses relations avec les services spécialisés belges ?
  • l'affaire Dils : un innocent a été incriminé et incarcéré, pendant de très longues années, notamment en raison de l'incompétence, voire pire (faute professionnelle ?) d'un enquêteur
  • l'affaire d'Outreau
  • etc

Donc, pour rappel : si, en effet, il ne faut pas généraliser le constat critique, comme si tous les travaux de tels enquêteurs et agents, qu'ils soient policiers ou gendarmes, étaient systématiquement, nuls, mauvais, etc, il est important d'être sérieux et lucide, afin que des erreurs, graves, ne se répètent pas. Il s'agit donc d'une contribution citoyenne, afin que, dans de telles enquêtes, celles-ci se réalisent au mieux, y compris lorsqu'il s'agit de ne pas poursuivre et condamner des personnes qui n'ont rien fait. Là, avec Nordahl Lelandais, la réalité criminelle est certaine, et il a même formulé des aveux probants, puisqu'il les a accompagnés d'une preuve, à savoir indiquer le lieu où se trouvait le corps de Maëlys de Araujo.

 


Classes préparatoires/concours des grandes écoles : des connaissances importantes sont réservées à leurs étudiant(e)s, en faussant le prétendu "principe d'égalité" des concours

http://www.lemonde.fr/campus/article/2018/02/09/les-concours-une-tradition-francaise-faussement-meritocratique_5254124_4401467.htmlplay episode download
9 February, by jean christophe grellety[ —]

C'est un article apparemment anodin du "Monde" qui révèle, reconnaît, qu'il existe cette "information réservée" :

"Autre reproche : sous le couvert d’être méritocratique, le concours est en réalité profondément élitiste. « Une partie du programme sur lequel planchent les candidats aux plus grandes écoles n’est enseignée que dans quelques classes préparatoires, auxquelles n’ont accès que ceux qui ont bénéficié d’un solide parrainage familial et scolaire. C’est vrai dans les disciplines littéraires, mais également dans les matières scientifiques », pointe Agnès van Zanten, directrice de recherche au CNRS et professeure en sociologie à Sciences Po."

Une preuve, supplémentaire, de ce racisme social français, structurel

BookCoverPreview1


A propos du projet gouvernemental, avec le rapport Mathiot, l'analyse et les réflexions de Tatiana Ventôse

3 February, by jean christophe grellety[ —]

 

Le partage de cette vidéo n'implique pas que l'auteur du blog est en accord avec l'ensemble des idées et des propos de Tatiana, mais son propos, mis en vidéo, est l'un des premiers sur ce "projet", et d'autres seront aussi ici partagés, puisque le débat public commence. Un certain nombre de ses analyses sont partielles ou fausses (par exemple, les "vacataires" n'existent plus, il n'y a que des contractuels, et nombre d'eux ont beaucoup d'expérience), et d'autres sont au contraire, exactes, justes. A vous de l'écouter et de dire ! 


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