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Pseudo Cloud, ou Cloud Natif ?

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1 October, by Louis Nauges[ —]

 

Menteur grand nez CloudEn 2019, connaissez-vous un seul DSI, un seul fournisseur de solutions numériques qui ne se déclare pas être un très grand fan du Cloud ? Moi, non. 

Après 15 ans d’existence, l’expression “Cloud Computing” fait partie des “meubles numériques” et plus personne n’ose se déclarer ouvertement contre.

Petit problème : le mot Cloud a autant de significations différentes que de personnes qui l’utilisent.

Il devient urgent de clarifier la situation ; je vous propose de simplifier l’analyse en séparant en deux grandes familles les visions “Cloud” des entreprises :

  • Pseudo Cloud : utilisation de solutions Cloud pour faire comme avant, pour ne rien changer en profondeur.
  • Cloud Natif : utiliser intelligemment les nouveaux potentiels du Cloud pour repenser ses usages numériques, autrement.

 

Le Cloud, le vrai, aujourd’hui

J’écrivais déjà en 2012, il y a plus de 7 ans, un billet sur le “faux cloud”, et ce texte reste, hélas, d’actualité.

AdS DPC IaaS  PaaS  SaaS S 162794428Les fondamentaux du cloud sont très stables, depuis les années 2007 :

  • Des infrastructures IaaS, Infrastructure as a Service, que l’on paye à l’usage, en OPEX.
  • Des applications SaaS, Software as a Service, multi-tenant, avec une même instance pour tous les clients.
  • Des outils de développement PaaS, Platform as a Service, de plus en plus indépendants des infrastructures, avec les démarches Serverless.

Ce ne sont pas des concepts d’une extrême complexité ! Fournisseurs et DSI sont tous capables de les comprendre.

Pourquoi faut-il, en 2019, que je rencontre encore des personnes intelligentes qui, en apparence, parlent de Clouds qui n’ont rien à voir avec ces idées simples ?

 

Pseudo Cloud : comment le reconnaître

DPC Choice highway S 55298497Vous ne rencontrerez jamais une personne qui vous dira qu’elle a une démarche “pseudo cloud”. Il y a heureusement des indicateurs clefs qui ne trompent pas, et qui permettent d’identifier cet animal bizarre qui se dit cloud, essaie de ressembler au cloud, mais n’a rien de commun avec un cloud natif.

La liste qui suit, de décisions Pseudo Cloud, n’est pas exhaustive, mais permet d'identifier les entreprises Pseudo Cloud avec une marge d’erreur inférieure à 10 %.

Migrer ses machines virtuelles (VM) sur le cloud.

Oui, il est possible de porter rapidement des VM sur Azure, GCP de Google ou AWS. Ces trois grands acteurs industriels du cloud public ont tous signé des accords avec VMware pour faciliter cette migration.

Porter ses applications historiques sur le cloud.

Exécuter Oracle Applications sur AWS ou SAP sur Azure, c’est possible depuis longtemps. Cela a un nom, depuis plus de 30 ans : l’hébergement d’applications, qui existait bien avant l’arrivée du premier cloud public, AWS en 2007.

Choisir une application en “mode SaaS”.

Derrière ce vocable “mode SaaS”, les éditeurs historiques proposent le plus souvent des applications traditionnelles hébergées, multi-instances, mono-tenant, qui n’ont aucune des caractéristiques des véritables applications SaaS, multi-tenant.

Man falling in SAP:4HANAMigrer ses applications SAP vers S/4 HANA

J’ai écrit un billet entier pour dire tout le “bien” que je pense de cette démarche.

C’est beaucoup plus dangereux qu’un simple portage à l’identique d’une application SAP classique sur une infrastructure Cloud. Avec HANA, la malheureuse entreprise qui se laisse piéger devient doublement prisonnière de SAP, pour ses applications et pour ses… infrastructures en étant obligé de choisir une base de données propriétaire SAP.

Choisir des applications de BI, Business Intelligence à installer sur poste de travail

On peut citer, parmi les plus connues, Qlik Sense ou Tableau. Comme tous les usages Cloud Natif, les applications de BI doivent pouvoir être utilisées depuis un navigateur ; DataStudio de Google en est un bon exemple.

Utiliser des outils bureautiques installés sur PC.

C’est l’exemple le plus classique, le plus répandu que je connais de Pseudo Cloud. Une majorité d’entreprises font aujourd’hui le choix d’Office 365 et croient, ou font semblant de croire qu’elles… migrent sur le Cloud. Dans 90 % des cas, elles continuent à déployer la version PC d’Office, avec Word, PowerPoint ou Excel, ce qui est la négation d’une solution Cloud Native.

AdS DPC homéopathie S 24910859Tous ces indicateurs ont un point commun : ils permettent aux entreprises de continuer à fonctionner “comme avant le cloud”. Ils représentent :

  • Des changements homéopathiques dans tous les domaines d’infrastructures, d’applications, d’externalisation, de développement.
  • Des changements homéopathiques dans les modes de travail des collaborateurs, qui continuent à utiliser leurs applications paléontologiques telles que Microsoft Office sur leur PC ou SAP.
  • Des changements homéopathiques dans la gouvernance des SI, toujours considérés comme des centres de coûts.

Rappel : la France vient de décider que l’homéopathie avait des résultats “peu probants”, mais n’était pas dangereuse pour la santé. La même remarque peut être faite pour les démarches “Pseudo Cloud” : elles n’ont aucune efficacité prouvée, mais sont sans risques à court terme.

 

Cloud Natif : signes distinctifs

Aujourd’hui, les géants du IaaS proposent des offres d’une exceptionnelle richesse, et qui s’améliorent tous les ans.

Ce double tableau montre l’évolution du nombre de services proposés par GCP, Google Cloud Platform, entre février 2017 et juillet 2019. L’évolution des offres AWS est très similaire.

Google GCP 2017 vs 2019

La majorité de ces services n’existe pas dans les solutions numériques “pré cloud”. Connaître, maîtriser et savoir utiliser ces centaines de services, c’est un travail à temps plein, qui demande des compétences exceptionnelles, réparties dans des équipes de haut niveau.

Ce deuxième tableau, d’avril 2018, présente les logos de… 5000 logiciels SaaS pour les seules fonctions marketing et commerciales ! Malgré mes efforts et une veille technologique quotidienne de 2 heures, je n’en connais pas plus de 3 % à 5 %.

Marketing map solutions

Avoir une démarche “Cloud Natif”, c’est comprendre et accepter que le panorama des offres du Cloud n’a plus rien à voir avec ce qui était disponible il y a 10 ou 15 ans. C’est aussi comprendre et accepter qu’il faut tout repenser, remettre à plat, dans les infrastructures, les usages et les développements.

  • Essayer de répliquer dans ses petits centres de calcul privés la richesse fonctionnelle d’un AWS ou d’un GCP : absurde, impossible, ridicule, hors de prix…
  • Continuer à penser ERP intégré, quand des dizaines de milliers de solutions SaaS remarquables, chacune dans leurs créneaux proposent des solutions plus ergonomiques, plus économiques, plus performantes, plus rapides à déployer, c’est conduire une voiture du début du 20è siècle à l’époque des véhicules électriques et autonomes.

J’ai regroupé ces quatre images automobiles qui illustrent bien ces différences d’approches :

Canoo Electric Car

  • Une des premières voitures à moteur était une voiture à cheval à laquelle on avait ajouté un moteur thermique (Musée de Mulhouse). Une bonne représentation des ERP des années 1990.
  • A côté, j’ai mis une photo de la “nouvelle” Porsche électrique Taycan annoncée en septembre 2019. Rien ne vous choque sur cette photo ? Regardez bien ! Elle porte la mention “Turbo” ! Turbo sur un véhicule électrique, ils ont tout compris chez Porsche ! Une excellente illustration des ERP en 2019, tels SAP/4 HANA, qui n’ont rien compris à la profonde évolution des solutions cloud natives.
  • En dessous, il y a deux photos, externes et internes, d’un nouveau véhicule électrique, de l’entreprise Canoo. Tout a été repensé, de A à Z, pour profiter des innovations rendues possibles par des moteurs électriques placés dans les roues.

Les entreprises cloud natives ont compris et accepté qu’il est indispensable de tout remettre à plat. Quelques exemples de décisions Cloud Natif :

  • Fermer le plus vite possible tous mes centres de calculs archaïques.
  • Créer des équipes d’infrastructures de haut niveau qui maîtrisent les solutions IaaS.
  • Essayer de trouver parmi les milliers de solutions SaaS disponibles des réponses “raisonnables” aux attentes des métiers pour les fonctions support.
  • Développer, avec des équipes internes de “builders”, les applications cœur métiers en microservices, Serverless…
  • Redonner leur indépendance aux données, les sortir du carcan des applications historiques.
  • Repenser les échanges avec la DG et les directions métiers, se mettre à leur service et répondre rapidement à leurs demandes légitimes d’innovations rapides.

Rien de tout cela n’est facile, dans un monde Cloud Natif, j’en suis conscient. Je sais aussi que c’est totalement impossible dans une démarche Pseudo Cloud.

 

Les “Exits” vers un Cloud Natif

Ce billet est écrit début octobre 2019, avant qu’une décision définitive sur le Brexit ne soit prise. 

Sans attendre le résultat du Brexit, je propose aux responsables de la Transformation Numérique de leur entreprise de mettre en chantier trois “Exit” numériques ; ceci ne concerne que les entreprises qui ont encore comme “membres” de leur espace numérique ces solutions historiques.

Pseudo Cloud - Cloud Natif fournisseurs

  • SAPExit : c’est de loin le plus difficile ! J’ai écrit l’année dernière un long billet qui présente les nouvelles compétences nécessaires à la DSI pour réussir à sortir de SAP. En y mettant beaucoup d’énergie et de courage, il faudra probablement 3 à 7 ans aux grandes entreprises pour réussir leur SAPExit. Raison de plus pour démarrer, immédiatement !
  • OraclExit : il peut prendre deux formes, selon les entreprises, exit des bases de données et/ou des applications. Cet Exit est probablement celui qui sera le plus rentable, surtout pour la partie bases de données, qui sont omniprésentes dans les grandes entreprises.
  • VMware Tansu = containers + VMVMExit : Passer d’une plateforme VM à des containers est de loin le plus rapide et le plus facile de tous les Exit. Bravo à VMWare qui a bien compris que les containers ont gagné la partie et propose maintenant Tanzu, sa solution maison containers.

 

Un test simple : êtes-vous Pseudo Cloud ou Natif Cloud ?

Je vous propose un test simple pour vous aider à comprendre à quel groupe appartient votre entreprise. Il comporte dix thèmes et pour chacun vous devez choisir une seule des deux réponses, en mettant 1 dans la colonne PC (Pseudo Cloud) ou CN (Cloud Natif).

Important : il ne s’agit pas d’évaluer la situation actuelle, mais la cible que vous avez définie pour votre Transformation Numérique.

Ce tableau, que vous pouvez agrandir et copier, vous servira pour enregistrer vos réponses.

Matrice Pseudo Cloud - Cloud Natif

Une rapide explication pour chacun de ces thèmes :

  • ERP intégrés vs Best of Breed. Est-ce qu’un ERP intégré fait partie de votre démarche ou est-ce que vous optez en priorité pour des solutions SaaS “Best of Breed”.
  • Souhaitez-vous garder des applications historiques, en mode hébergé, ou basculer au maximum sur des solutions SaaS multi-tenant.
  • Voyez-vous un avenir aux grandes applications monolithiques ou avez-pris la décision de privilégier des applications microservices, qui communiquent par API.
  • Est-ce que l’externalisation des développements restera la règle ou allez-vous reconstruire des équipes importantes de développement en interne pour reprendre la maîtrise de vos applications cœur métier.
  • Allez-vous continuer à utiliser des VM ou vont-elles être rapidement remplacées par des containers.
  • Des centres de calcul privés, aussi appelés Clouds Privés, garderont-ils une place importante dans le futur ou voyez-vous l’avenir de vos infrastructures dans des solutions IaaS, avec une démarche DataCenterLess (sans centres de calculs privés).
  • Pensez-vous que vos collaborateurs ne peuvent pas travailler sans Office sur leurs postes de travail ou qu’une bureautique “Web” comme G Suite est la meilleure réponse pour eux.
  • Serez-vous capable, ou non, d’éliminer pour la grande majorité des collaborateurs toutes les applications installées sur les PC pour basculer vers des solutions navigateurs.
  • Vos dirigeants et directeurs financiers sont-ils prêts à accepter que les budgets du numérique basculent d’une culture CAPEX, investissements, à une approche OPEX, coûts de fonctionnement.
  • Pour la sécurité, allez-vous continuer à faire confiance à des pare-feux traditionnels, périmétriques, qui protègent vos lieux de travail, ou acceptez-vous de déployer des pare-feux dans le cloud, tels que Zscaler, qui protègent les accès de vos collaborateurs où qu’ils soient.

Comment analyser vos résultats

Comptez combien de “1” vous avez dans la colonne CN, Cloud Natif :

Echelle 10 niveaux Pseudo Natif Cloud

  • De zéro à trois : votre entreprise a clairement choisi une démarche Pseudo Cloud.
  • De quatre à six : vous hésitez entre les deux démarches, mais êtes bien parti pour devenir rapidement Cloud Natif.
  • De sept à dix : vous avez basculé dans une véritable logique Cloud Natif.

 

En synthèse : la situation actuelle en France

Je vais réutiliser la courbe de Gauss de l’innovation, qui répartit les entreprises en cinq grandes familles.

Gauss Innovation - Pseudo vs Natif Cloud

Sur la courbe de gauche, j’ai représenté la situation du Pseudo Cloud : il ne reste plus qu’un tout petit nombre d’entreprises retardataires à considérer qu’elles ne sont pas Cloud, mais au sens Pseudo Cloud.

La courbe de droite correspond aux entreprises qui sont vraiment Cloud Natives. Elles sont encore dans la famille des premiers adopteurs, largement minoritaires.

Dirigeants et responsables de la Transformation Numérique, le plus dangereux est de se mentir à soi-même et de se persuader que l’on est Cloud Natif quand en réalité on est resté dans une démarche Pseudo Cloud.
J’espère que ce billet vous aidera à mieux comprendre à laquelle de ces deux familles appartient votre entreprise.




 B I S D : la version 2 du modèle B I S

https://www.amazon.fr/Dirigeants-Acteurs-Transformation-Numérique-Naugès/dp/171788234X/ref=sr_1_1?__mk_fr_FR=ÅMÅŽÕÑ&crid=RGBHFCT5QV8T&keywords=dirigeants+acteurs+de+la+transformation+numérique&qid=1566882867&s=gateway&sprefix=dirigeant%2Caps%2C141&sr=8-1play episode download
27 August, by Louis Nauges[ —]

 

AdS DPC Version 2 V2 S 36888272En janvier 2015, il y a plus de 4 ans, j’ai publié sur ce blog un billet présentant le modèle B I S, une approche innovante pour définir les principaux composants d’un Système d’Information.

Ce modèle B I S est rapidement devenu une référence pour nombre d’entreprises innovantes. Il est aussi l’une des bases du livre que j’ai co-écrit avec Dominique Mockly, P-DG de Teréga :

Dirigeants, Acteurs de la Transformation Numérique

La mise en œuvre du modèle B I S m’a permis de réussir de nombreuses missions d’accompagnement de la Transformation Numérique d’entreprises. Mais, progressivement, je me suis rendu compte qu’une dimension majeure n’était pas prise en compte de manière satisfaisante par ce modèle : la gestion des données.

Je suis aujourd’hui convaincu que les entreprises doivent mettre les données au cœur de leur stratégie numérique et que le modèle B I S initial n’accordait pas suffisamment d’importance à cette dimension données.

Je vous propose, aujourd’hui, une version 2 du modèle B I S, qui ajoute cette dimension D, pour Données.

Il devient le modèle... B I S D.

 

Rappel : le modèle B I S, version initiale

(Pour les lecteurs qui ne sont pas familier avec le modèle B I S)

Les fondamentaux

Les trois composants du modèle B I S sont :

Modèle B I S

I = Infrastructures. Serveurs, réseaux, objets d’accès, les fondations d’un Système d’Information, sur lesquelles sont construits les usages.

S = Support. les usages universels, que l’on rencontre dans toutes les entreprises : messagerie, budgets, gestion des ressources humaines, achats…

B = Business (cœur métier en français). Les usages spécifiques d’une activité : équilibrage offre et demande d’énergie chez EDF, gestion des prêts immobiliers dans une banque, gestion des wagons pour la SNCF…

 

B I S et Cloud Public

Le Cloud Public est aujourd’hui la seule réponse pérenne pour construire un Système d’Information en s’appuyant sur le modèle B I S.

I : infrastructures. Les entreprises basculent leurs usages sur les solutions IaaS, Infrastructures as a Service, des grands acteurs mondiaux : AWS d’Amazon, Google GCP ou Microsoft Azure.

S : Usages Support. Pour 99 % des usages support il existe des solutions SaaS, Software as a Service. Des dizaines de milliers de solutions SaaS sont disponibles pour les usages support.

B : Business. L’offre de solutions SaaS verticales, spécialisées pour un métier, s’enrichit tous les jours. Quand les entreprises souhaitent créer de la compétitivité ou se différencier de leurs concurrents, elles construisent des applications sur mesure en utilisant les outils PaaS, Plateforme as a Service, disponibles dans le Cloud Public.

 BIS Cloud Public - Infra  Soutien  Métiers

Comme le démontre ce graphique, les clouds publics peuvent accueillir tous les composants d’un Système d’Information, organisé autour du modèle B I S.

 

Le modèle B I S D

En relisant mon billet de 2015 qui présentait le modèle B I S, j’ai noté avec intérêt que l’un des premiers commentaires posait déjà la question… des données. 

Commentaire Données sur blog B I SAvec un peu de retard, j’y répond, aujourd’hui !

Les trois composants du modèle B I S initial ne changent pas et leurs rôles restent identiques.

La composante D, Données, s’intercale entre les infrastructures et les usages.

Nouveau modèle BISD - Infra  Soutien  Métiers -Data

L’objectif prioritaire est de donner leur indépendance aux données. Les données sont créées et utilisées par les applications, S et B, hébergées et gérées par les infrastructures, I. Les données n’appartiennent plus aux infrastructures ou aux usages, elles doivent avoir leur vie propre.

Donner leur indépendance aux données aura des impacts majeurs sur les choix d’architecture d’un Système d’Information ; ils sont présentés dans les prochains paragraphes.

 

Différentes familles de données, différents outils logiciels

AdS DPC SQL S 138586261Poser la question suivante à un informaticien : quels sont les outils à utiliser pour gérer des données. Dans la majorité des cas la réponse sera : une base de données SQL.

Oracle, SQL Server, MySQL et quelques autres seront les solutions les plus souvent citées.

Depuis plus de 30 ans, ces outils ont été utilisés dans les entreprises pour gérer des données structurées, et ils répondent très bien à cette demande.

Aujourd’hui, cette réponse n’est plus satisfaisante :

  • La nature des données utilisées est devenue très variée.
  • De nombreuses familles de données sont peu structurées.
  • Utiliser un seul outil pour des familles de données différentes devient une aberration.

AdS DPC Marteau et vis S 102413693“Pour un marteau, tout devient un clou” : cette expression correspond très bien au réflexe de beaucoup de professionnels de la gestion des données. Je maîtrise très bien les bases de données SQL, je vais les utiliser pour toutes les familles de données.

Une fois de plus, privilégier l’unicité des solutions pour “simplifier la vie” des informaticiens est une très mauvaise idée.

Les entreprises auront de plus en plus besoin de gérer des données de natures très différentes. 

Six familles techniques de données

Sans prétendre à l’exhaustivité, j’ai identifié six familles principales de données :

  • Données numériques structurées : financières,  commerciales, RH...
  • Documents bureautiques : textes, tableaux, présentations…
  • Données multimédia : photos, images, vidéos, sons…
  • Séries temporelles : financières, techniques…
  • Données géographiques : plans, cartes, représentations de réseaux de distribution…
  • Données modèles 3D : ingénierie, aviation...

En 2019, la bonne démarche consiste à proposer un outil logiciel différent pour chacune de ces familles de données. Ce seront, bien sur, toutes des solutions dans les clouds publics !

Chaque entreprise devra sélectionner un ensemble de solutions de gestion de données qui répond le mieux possible à leurs besoins. Une banque n’aura pas besoin de choisir un outil de gestion de modèles 3D si elle n’en a pas l’usage.

Dans certains domaines, les offres sont bien connues et pérennes. C’est le cas des données structurées, des modèles 3D ou des documents bureautiques.

C’est plus difficile dans des domaines comme les données géographiques, temporelles ou multimédia. Les offres qui dominent aujourd’hui le marché ont été construites sur des architectures anciennes, le plus souvent client/serveur. Les solutions “natives cloud” sont peu nombreuses et, souvent, moins abouties. C’est particulièrement vrai pour la gestion des actifs multimédia : la grande majorité des solutions existantes DAM, Digital Asset Management, sont en fin de vie.

 

Double vision des données, infrastructures et usages

N’essayez pas d’expliquer aux collaborateurs de votre entreprise les avantages d’une démarche multi-solutions logicielles pour gérer les données de leur entreprise ; ce n’est pas leur préoccupation principale ! Comme pour tous les choix d’infrastructures, il faut accepter d’être “invisible” et que les métiers ne souhaitent qu’une chose, que les contraintes “techniques” n’interfèrent pas avec leurs usages.

Les métiers ont une vision… métier des données : ils souhaitent parler de clients, de salariés, de produits ou d’objets industriels.

Vision métiers des données

Je vous propose un exemple simple pour illustrer cette double vision, technique et métiers, dans les ressources humaines. Le responsable RH de l’entreprise souhaite “tout savoir” sur Louis Naugès :

  • Sa date d’entrée dans l’entreprise et son salaire : ces données seront dans des bases structurées SQL.
  • Une photo récente : elle est dans la base multimédia.
  • Le support qu’il a utilisé pour la présentation de l’entreprise aux nouveaux embauchés ; il est dans la base des documents bureautiques.

Répondre de manière transparente à cette requête est tout sauf simple, mais les équipes d’infrastructures données devront être capables de le faire.

 

Un lien entre ces deux visions : le catalogue de données

Etre capable de trouver et accéder les données dont on a besoin, à un instant donné, pour un usage donné spécifique, en toute transparence et sans avoir à connaître les moyens techniques utilisés pour les gérer, c’est un défi majeur auquel toutes les entreprises vont se confronter dans les années qui viennent.

La démarche que je propose est de créer un catalogue de données de nouvelle génération, capable d’établir un pont transparent entre la vision métiers et la vision technique des données.

Deux visions données + Catalogue données

Ce sera tout sauf simple : le client principal de ce catalogue de données est un collaborateur de l’entreprise, sans compétences particulières en informatique, qui souhaite :

  • Savoir quelles sont les données disponibles qui pourraient l’intéresser.
  • Y accéder facilement.
  • Les visualiser, rapidement, dans son navigateur favori.

Metadata, Intelligence Artificielle, souplesse, ergonomie orienté en priorité vers les clients internes et externes du SI, tout reste à inventer aujourd’hui pour créer ces nouveaux outils de gestion de catalogues de données.

Je n’ai pas encore trouvé de solutions SaaS catalogue de données qui répondent bien à ces besoins. Dans une première étape, les entreprises qui souhaitent les mettre en œuvre devront s’appuyer sur des équipes de développement internes pour les construire.

Je prédis un succès exceptionnel au premier éditeur de logiciels capable de proposer un outil SaaS universel pour créer un catalogue de données.

 

Responsable les données : un métier d’avenir

Ads DPC Data Management & people S 104880742Difficile d’utiliser CDO, Chief Data Officer, pour définir ce métier ; ces initiales évoquent le métier de Chief Digital Officer. Il faudra trouver un autre acronyme !

DMO, Data Management Officer pourrait être une option, similaire à PMO, pour la gestion des projets.

N’hésitez pas à me proposer d’autres options.

Bien au delà des fonctions actuelles d’administrateur de bases de donnés, ce nouveau métier demande des doubles compétences, techniques et métiers.

DMO half man half womanComprendre et maîtriser toute la richesse et la variété des données d’une entreprise, gérer ce capital donnée dans la durée, le faire vivre et évoluer en permanence, assurer une veille technologique pour profiter des innovations majeures qui vont arriver dans ces domaines… ce nouveau métier a des potentiels majeurs.

Aux premières personnes qui vont participer à la création de ce poste, capables d’en comprendre les défis et les potentiels, je prédis un avenir professionnel radieux !

 

Résumé

Ads DPC Data Vision S 116698217Le capital données est aujourd’hui un actif essentiel de toutes les entreprises. Elles doivent en reprendre le contrôle et gérer leurs données de manière aussi indépendante que possible des infrastructures, des applications et des fournisseurs.

En ajoutant la dimension D au modèle B I S initial, le modèle B I S D a pour ambition d’aider les entreprises à être encore plus performantes dans leur Transformation Numérique.

Je reprends la célèbre devise des mousquetaires en l’adaptant au monde des données de l’entreprise :

La donnée au service de tous, tous au service de la donnée 

Dans une prochaine série de billets, je reviendrai sur ces thèmes de l’indépendance et du contrôle de leur destin numérique par les entreprises.











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