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R S S : Là bas si j’y suis


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Todd : « Avec Macron, on atteint le vrai vide »

20 September[ —]

C'est à la Fête de l'Huma que nous a rejoints dimanche dernier Emmanuel Todd, qui a acquis sa réputation de prophète des sciences sociales en prédisant, il y a tout juste quarante ans, la chute imminente de l'Union soviétique à partir de ses seules statistiques démographiques. Le titre de notre émission, la Guerre des idées, lui va parfaitement. Si quelqu'un dans ce pays a régulièrement lancé des assauts contre le conformisme intellectuel national, c'est bien l'auteur de L'Illusion économique et du Mystère français.

Le petit-fils de Paul Nizan coche toutes les mauvaises cases pour les sentinelles de la pensée dominante. Qu'on en juge plutôt : adversaire de l'euro, qui inspirera selon lui aux générations du futur autant de commisération que la « ligne Maginot », détracteur de longue date du « modèle allemand », il combat également volontiers l'obsession russophobe des « élites » françaises et américaines. Sans même parler de son livre hautement polémique sur la manifestation monstre du 11 janvier 2015 consécutive aux attentats, Qui est Charlie ?, on voit que Todd ne se donne pas beaucoup de mal pour plaire aux chiens de garde et à ceux qui tiennent leur laisse.

Le voici de retour avec Où en sommes-nous ? Une esquisse de l'histoire humaine (Seuil), très ambitieuse réflexion sur les dérèglements socio-économiques mondiaux auxquels nous assistons, et les poussées de fièvre isolationniste qui y répliquent, du Brexit jusqu'à l'élection de Trump. Une fois encore, Emmanuel Todd mobilise dans ce livre les structures familiales et religieuses pour comprendre ce qui nous arrive, cette fois à l'échelle mondiale. Partout, il observe une même guerre des classes en train de se réactiver. Un sécessionnisme des classes supérieures par rapport aux gens du peuple tenus pour des « ploucs », et toujours davantage éloignés des prises de décision réelles.

Sous l'égide de Macron, authentique fondé de pouvoir du capital, la France est désormais à la pointe de ce phénomène. À rebours de cette désintégration nationale, Todd prône un nouveau pacte urgent entre les couches sociales. Une des grandes convictions que l'intellectuel porte également pour la France, c'est qu'elle ne pourra échapper à l'emprise de Francfort, en train d'achever de détruire son tissu économique, sans l'aide de Washington et même de Wall Street. Quelle forme celle-ci pourrait-elle prendre ? Écoutons le prophète, même s'il revendique de dire parfois des bêtises.

À LIRE :

- Où en sommes-nous ? Une esquisse de l'histoire humaine, un livre d'Emmanuel Todd (Le Seuil, 2017)


Climat : pour une rupture radicale !

17 September[ —]
La Guadeloupe, 19 septembre 2017 (© MOREL/SIMAX/SIPA)

Quel lien entre les ouragans et le réchauffement ? La question passe après émotions et séquences sensations. Pourtant, il y a urgence, on compte déjà 25 millions de réfugiés climatiques, le réchauffement entraîne des désertifications qui entraînent des déplacements de population qui entraînent des conflits armés. Pour nous éclairer : Clémence DUBOIS (350.org) et François GEMENNE, chercheur en géopolitique de l'environnement.

Des chercheurs comme Naomi Klein montrent comment les multinationales et les gouvernements utilisent les désastres et les catastrophes pour mieux imposer l'ordre libéral. En France, concernant le climat, comparé à Donald J. Trump, notre ministre de la transition écologique Nicolas Hulot semble rassurant. Des mauvais esprits cependant rappellent les liens entre la fondation Nicolas Hulot et de généreux sponsors comme EDF, comme Veolia, TF1, Bouygues Telecom ou L'Oréal ou encore Vinci qui doit construire l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes… De généreux donateurs qui ont assuré la réussite de la fondation du bienheureux Nicolas Hulot avec ses 350 000 euros de revenus annuels (2013) selon le Canard enchaîné (juillet 2017).

Ministère oblige, Nicolas Hulot a confié les clés de son entreprise à Audrey Pulvar, mais sera-t-il assez ingrat pour combattre aujourd'hui ses bienfaiteurs d'hier, ceux qui venaient à lui se faire repeindre en vert contre quelques généreuses donations ?

François Gemenne (photo : Vladimir Slonska-Malvaud)
Clémence Dubois (photo : Vladimir Slonska-Malvaud)

À LIRE :

- De quoi Total est-elle la somme ? Multinationales et perversion du droit, un livre d'Alain Deneault (éditions Rue de l'échiquier, 2017)

- L'optimisme contre le désespoir, entretiens de C.J. Polychroniou avec Noam Chomsky (Lux Éditeur, 2017)


Un petit patron contre la loi Travail

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15 September[ —]
Un petit patron contre la loi Travail [INTÉGRALE]
[EXTRAIT] Un petit patron contre la loi Travail
(photo : Dillah Teibi)

En France, plus de trois millions de petits patrons. Beaucoup ne roulent pas sur l'or, bossent beaucoup et galèrent pas mal. Rien à voir avec les grands requins du CAC 40 et les dirigeants du Medef qui pourtant parlent en leur nom. Écoutez Jean-Marie VIEILLE, un patron à fond contre Macron...

Exploiteurs, profiteurs, buveurs de sueur, un beau jour camarades, un beau soir, de tous ces patrons on fera du boudin, on fera des saucisses pour nourrir les veuves et les orphelins, on fumera tous leurs cigares, on baisera leurs poules de luxe, on pissera dans leurs piscines, on videra leurs Château Margaux, mais attention camarades, il faudra pas se tromper d'ennemi, les patrons, les entrepreneurs comme on dit aujourd'hui, attention, y'en a des gros et y'en a des petits, faut pas confondre Bernard Arnault avec le plombier du quartier, des milliers ils sont, même des millions, 3 millions de petits patrons avec moins de 20 salariés, c'est eux qui font tourner l'économie et souvent ils galèrent entre le dépôt de bilan et la crise de nerfs.

Depuis longtemps, la gauche a mis une frontière entre le patron et le prolétaire, entre le dominant et le dominé, mais en oubliant toujours de se demander qu'est-ce qui domine le dominant. Est-ce que la gauche n'a pas des amis à se faire de ce côté ?

Un reportage à Besançon de Dillah Teibi.

Les différentes séquences du reportage :


01. Merci, petit patron !
02. Besançon, Doubs
03. Ça ne créera pas un emploi



04. Un patron fait déjà ce qu'il veut

Les ordonnances du docteur Macron

13 September[ —]

C'est l'histoire d'un professionnel qui rachète la clientèle de son prédécesseur… Un médecin inquiet du manque de malades à soigner, un charlatan qui en vient à inventer la maladie en persuadant les habitants d'un petit village qu'ils sont tous malades : « tout bien portant est un malade qui s'ignore. »

Et si Emmanuel MACRON s'était inspiré du docteur KNOCK pour écrire ses ORDONNANCES ? Gérard Mordillat revisite le film de Guy Lefranc, avec Louis Jouvet et Jean Carmet.

À VOIR :

- Knock, un film de Guy Lefranc (1951, 98 min)


Pour une autre réforme du Code du travail

12 September[ —]

La réforme du Code du travail est la facture de plus de trente ans de guerre idéologique au sein d'une opinion publique française qui fut vraiment travaillée au corps pour accepter l'inacceptable.

Experts de cafés du commerce télévisés type « C dans l'air », professeurs d'économie proches du pouvoir ou travaillant en sous-main pour de grands groupes, éditorialistes vendus aux vertus de l'indispensable « fluidification des énergies », tous ont imposé au pays des pseudo-évidences néolibérales qui confinent à l'imposture, et parfois même aux fake news intégrales. Aujourd'hui, l'économiste Christophe Ramaux est dans la « Guerre des idées » pour démonter méthodiquement les plus répandues et les plus pernicieuses d'entre elles.

Maître de conférences à Paris-I-Panthéon-Sorbonne et membre des « économistes atterrés », il est spécialiste de l'économie du travail et de l'État social. Avec lui, nous passerons en revue aujourd'hui les quelques grands dogmes sur lesquelles les instigateurs de la loi Travail XXL s'appuient pour fragiliser des millions de salariés face à leurs employeurs, et dégrader leurs possibilités de riposte s'ils venaient à être licenciés abusivement. Parmi ceux-ci, l'idée selon laquelle le chômage de masse en France serait dû à la rigidité excessive de notre marché de l'emploi, beaucoup trop protecteur pour les salariés, ou encore la soi-disant détestation des Français pour les réformes, sans parler bien sûr de la fausse opposition entre insiders et outsiders, qui permet de faire passer des smicards pour des nantis à sortir de leur « zone de sécurité » pour le bien-être de tous.

La lutte passe par la rue dès aujourd'hui, mais elle passera aussi, et peut-être même avant tout par une contre-attaque sur le plan des idées. Contre Macron et son monde, il est urgent de se réarmer intellectuellement.

À LIRE :

L'État social : pour sortir du chaos néolibéral, un livre de Christophe Ramaux (éditions Fayard/Mille et une nuits, 2017)


Non, la réforme du Code du travail ne réduira pas le chômage !

8 September[ —]

3ème numéro de « Vive les médias ! », la revue de presse qui donne sa chance au produit ! En l'occurrence, des infos aussi fracassantes que l'histoire d'un évêque qui fait la culbute, celui de Saint-Tropez, celle d'une bande de fous de Dieu échappés de leur asile, une grande maison blanche matelassée à l'intérieur, ou encore le coup de gueule du petit Daniel, stagiaire à la rédaction et qui fait ses débuts devant un micro.

Avec, aux manettes de cette rubrique désormais (presque) indispensable, le facétieux Didier Porte…


LÀ-BAS à la Fête de l'Huma : la guerre des idées continue !

8 September[ —]



Rencontres, débats, musiques, surprises. Rendez-vous samedi 16 et dimanche 17 septembre à la Fête de l'Humanité, halle Léo Ferré, à partir de 11h. Quatorze heures d'émissions en public, diffusées en direct et en accès libre sur la-bas.org.

AU PROGRAMME :

SAMEDI 16 SEPTEMBRE

- 11h : dans les archives photo de l'Humanité. Avec Danielle Tartakowsky, historienne, et Gérard Mordillat, cinéaste, écrivain

- 12h : contre Macron, mais comment ? Avec André Chassaigne, député PCF du Puy-de-Dôme, et Adrien Quatennens, député La France Insoumise du Nord

- 12h30 : l'Allemagne, un modèle ? Avec Bruno Odent, journaliste à l'Humanité, Heinz Bierbaum, ouvrier (métallurgie), syndicaliste, porte-parole de Die Linke et Pascal Delwit, professeur de sciences politique à l'Université libre de Bruxelles

- 13h15 : les vieux, cet or gris. Avec Anne-Sophie Pelletier, aide médico-psychologique à l'Établissement d'Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes (EHPAD) Les Opalines de Foucherans (Jura), Albert Papadacci, délégué syndical CGT Korian, José Polard, psychanalyste et président de l'association « EHPAD'côté-Les pas de côté » et Bernadette Paul-Cornu, codirigeante du groupe « Familles Solidaires » et spécialiste de l'habitat partagé et accompagné

- 13h45 : les quartiers oubliés. Avec Philippe Rio, maire PCF de Grigny (Essonne), Hamé du groupe La Rumeur et Assa Traoré du collectif « Vérité et justice pour Adama »

- 14h30 : Thomas Sankara. Avec Rosa Moussaoui, journaliste à l'Humanité, Bruno Jaffré, auteur de Thomas Sankara : la liberté contre le destin, un recueil de discours de Thomas Sankara (éditions Syllepse, 2017), et Abdoulaye Traoré, guitariste, membre du groupe Debademba.
Suivi de Debademba (musique) à 14h50.

- 15h : des molécules pour qu'on s'encule ! Les combats d'Act Up. Avec Christophe Mathias et Xavier Joly de l'association Act Up

- 15h30 : victoire pour les GM&S ? Avec les salariés de GM&S Industry de La Souterraine et Éric Coquerel, député La France Insoumise de Seine-Saint-Denis.
Suivi de Labess (musique) à 16h30.

- 17h : des JO à Paris, pour quoi faire ? Avec Marie-George Buffet, députée PCF de Seine-Saint-Denis, ancienne ministre de la Jeunesse et des Sports, David Garcia, journaliste, et Frédéric Viale, membre du collectif NON aux JO 2024.

- HK (musique) à 18h.

- 18h15 : il y a cent ans, octobre 1917. Avec Sophie Wahnich, historienne, auteure de la préface du livre Octobre 17 | La Révolution trahie : un retour critique sur la Révolution russe, de Daniel Bensaïd (éditions Lignes, 2017)

- 18h45 : les ordonnances Travail. Avec Gérard Filoche, membre du Bureau national du Parti socialiste, et Anthony Gratacos, chef d'entreprise

- 19h15 : Didier Porte

DIMANCHE 17 SEPTEMBRE

- 11h : Aude Lancelin reçoit Emmanuel Todd dans La Guerre des idées , pour son dernier livre Où en sommes-nous ? Une esquisse de l'histoire humaine (éditions du Seuil, 2017)

- 12h15 : le Manifeste des œuvriers. Avec Charles Silvestre, vice-président des Amis de l'Humanité et Bernard Lubat, musicien, co-auteurs avec Roland Gori du Manifeste des œuvriers (Actes Sud, 2017). Suivi de Lubat (musique) à 12h45

- 13h : la Tour abolie. Avec Gérard Mordillat, cinéaste, écrivain, auteur du livre La Tour abolie (éditions Albin Michel, 2017)

- 13h30 : Volo (musique), puis Karpatt (musique) à 13h45.

- 14h : que sont-ils devenus ? Avec Hubert Wulfranc, ancien maire de Saint-Étienne-du-Rouvray, député PCF de Seine-Maritime

- 14h30 : Philippe Martinez, secrétaire général de la Confédération Générale du Travail (CGT).

- 15h : Maax (musique)

- 15h30 : le dérèglement climatique. Avec François Gemenne, chercheur en géopolitique de l'environnement et Clémence Dubois, du mouvement 350.org

- 16h30 : Sidi Wacho (musique)

Toutes les infos sur la Fête de l'Huma ici : fete.humanite.fr


DIX PORTRAITS DE LA FRANCE QUI NE BAISSE PAS LES BRAS

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8 September[ —]



Macron, ils n'en veulent pas, ni Macron ni son monde, mais qui sont-ils, que veulent-ils ? Âge, sensibilité, parcours, ils sont différents mais ils seront tous dans les prochaines manifs, l'un « pour que ça pète », une autre « pour pas être seule à être contre ». Lucas, Marie, Lionel, Kamel… Attention écoutez-bien, toute ressemblance avec vous ne serait pas fortuite, avec vous ou avec quelqu'un près de vous dans la manif.

Après :

- LIONEL avec ses 22 ans de syndicalisme [12'01],

- ÉLYSÉE, « anar-autonome » tendance cortège de tête [06'45],

- Laurent THÉRON, du syndicat Sud Santé-Sociaux, blessé à l'œil par une grenade de désencerclement pendant les manifs contre la loi El Khomri en 2016 [06'45],

- MARIE, jeune bachelière [12'00],

- Barthélemy, étudiant à Nanterre le jour et livreur à vélo le soir [07'43],

- Julien TAMPÉ, avocat spécialisé en droit du travail [05'50],

- Lucas, étudiant à Rennes [06'42],

- Joëlle, retraitée de la Poste [06'45],

voici les derniers portraits de cette série :

- Kamel, six ans de cuisine et bientôt étudiant [08'25]

- Gaël, apiculteur [09'17]

Une série de reportages de Sophie Simonot et Dillah Teibi.



La France qui ne baisse pas les bras : Lionel (01/10)



La France qui ne baisse pas les bras : Élysée (02/10)



La France qui ne baisse pas les bras (03/10) : Laurent Théron



La France qui ne baisse pas les bras (04/10) : Marie



La France qui ne baisse pas les bras (05/10) : Barthélemy



La France qui ne baisse pas les bras (06/10) : Julien Tampé



La France qui ne baisse pas les bras (07/10) : Lucas



La France qui ne baisse pas les bras (08/10) : Joëlle



La France qui ne baisse pas les bras (09/10) : Kamel



La France qui ne baisse pas les bras (10/10) : Gaël

Le répondeur, c'est reparti !

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6 September[ —]

Mercredi 06 septembre :

Vos messages du 06 septembre 2017




Avec Édouard, on n'est pas aidés !

6 September[ —]

Édouard Philippe affirme que les trois quarts des bénéficiaires de contrats aidés sont en échec six mois après la fin de leurs contrats. Faux. Le Premier ministre prend les chiffres et les conclusions qui l'arrangent.

Inefficaces, ces contrats aidés ? En fait, seulement la moitié des bénéficiaires de contrats aidés se retrouve au chômage six mois après la fin de leur contrat. Et si on se limite aux contrats aidés en entreprise, ce chiffre tombe à 29%.

Trop chers pour la collectivité, ces contrats ? Pas vraiment, si on les compare au coût du CICE par emploi créé, comme vous allez le voir.

Désireux de prendre à bras-le-corps la question du chômage, le gouvernement a décidé, cet été, de réduire sévèrement le nombre de contrats aidés – ces contrats précaires subventionnés qui tentent de rapprocher de l'emploi ceux qui en sont le plus éloignés. Et, pour justifier la mesure, le premier ministre Édouard Philippe a affirmé sur BFMTV que les trois quarts de ces contrats aidés ne débouchaient sur rien :

« Vous savez que, après un contrat aidé, le nombre de gens qui trouvent un contrat durable après un contrat aidé, c'est 25%. C'est tout. Ça veut dire que 75% des gens qui disposent d'un contrat aidé ensuite n'ont rien. »

Alors, est-ce que les trois quarts des bénéficiaires de contrats aidés n'ont « rien » six mois après la fin de leur contrat ? Et bien non, c'est faux. Et pour plusieurs raisons.

D'abord, parce qu'en citant ce chiffre, Édouard Philippe est imprécis et réducteur : dans le maquis de ces contrats aidés, il oublie de distinguer deux types de contrats, qui n'ont pas la même incidence en matière d'insertion professionnelle :

- ceux qui relèvent du secteur marchand (les entreprises), qui ouvrent relativement facilement sur l'emploi (pour les deux tiers d'entre eux).

- et ceux, plus nombreux, qui relèvent du secteur non marchand (les associations, le secteur public), où les débouchés, c'est vrai, se font plus rares.

D'ailleurs, Édouard Philippe est le premier à rectifier cette première erreur puisqu'on peut l'entendre maintenant faire le tri et dire plus précisément ceci :

« Six mois après la fin d'un contrat aidé, qu'on ne peut pas renouveler, six mois après la fin d'un contrat aidé dans le secteur non marchand : 25% d'accès à l'emploi. Ça veut dire 75% d'échec. Et dans les emplois aidés dans le secteur marchand – pardon, je suis long, mais je veux insister sur ces points – dans les contrats aidés dans le secteur marchand, un peu plus de réussite, c'est vrai, 57% à 60% de réussite. »

Alors, pour autant, ces chiffres, plus précis, sont-ils les bons ? Y a-t-il 75% de gens sur le carreau six mois après la fin des contrats aidés du secteur non marchand ? Et bien non, pas de chance, ce ne sont toujours pas les bons chiffres. Pourquoi ? Parce que le chef du gouvernement a une lecture partielle et partiale du document, publié en mars, sur lequel il s'appuie.

Ce document est celui des analystes du ministère du Travail qui se sont penchés sur la situation professionnelle à six mois des sortants de contrats aidés. Et que dit ce document ?

Et bien que dans le secteur non marchand, là où se concentrent les populations les plus en difficulté sur le marché de l'emploi, ce ne sont pas les trois quarts d'entre eux qui n'ont « rien » six mois après la fin de leur contrat d'accompagnement à l'emploi (les CAE), mais 51% qui sont au chômage et 4% en inactivité. Un taux de chômage élevé certes, mais loin des 75% annoncés par Édouard Philippe. On peut ainsi lire que 41%, au contraire, sont en emploi (et non pas 25% seulement) et 4% en formation.



On peut voir surtout que, pour assassiner ces contrats et les accuser d'avoir la rage, le Premier ministre, lui, ne pioche que les statistiques relatives aux emplois dits durables (les CDI ou les CDD de plus de six mois, une denrée particulièrement rare pour tous les demandeurs d'emploi). Il fait l'impasse sur toute autre situation d'emploi ou de formation, qui n'est pas forcément négative, dans laquelle peuvent se retrouver les bénéficiaires de ces contrats aidés.

En fait, derrière les imprécisions du Premier ministre se manifeste surtout le mauvais procès qui est fait aux contrats aidés : certes, ils ne sont pas la panacée… Et en même temps – comme dit M. Macron – à court terme, ils permettent de soutenir efficacement l'emploi. Ce sont les experts du ministère du travail, toujours, qui l'écrivent.

Certes, dans le secteur marchand, les entreprises peuvent profiter d'un effet d'aubaine – c'est-à-dire être aidées pour des embauches qu'elles auraient dû faire de toute façon… Et en même temps, le dispositif permet de mieux cibler les bénéficiaires et d'agir sur ce que l'on appelle « la file d'attente » face au chômage – c'est-à-dire de faire en sorte que ces contrats profitent bien à ceux qui sont le plus éloignés de l'emploi ou aux territoires qui en ont le plus besoin.

Certes, personne ne rêve vraiment d'être précarisé et subventionné… Et en même temps, 74% des anciens bénéficiaires de ces contrats aidés – les principaux concernés – trouvent que ceux-ci leur ont « permis de se sentir utile et de reprendre confiance ». Ce n'est pas rien.

Certes, enfin, ces contrats ont un coût… Et en même temps, comme l'a relevé en août le magazine Alternatives économiques, un emploi aidé coûte à la collectivité de 7 à 11 000 euros, quand en 2013/2014, les emplois créés par le CICE (le Crédit Impôt Compétitivité Emploi) ont coûté au moins vingt à trente fois plus ! Le magazine cite là une fourchette de 286 000 à 570 000 euros par emploi créé.

Comme quoi, rien n'est simple… En tous cas moins que ce que voudrait faire croire l'exécutif qui entend lutter contre le chômage, et en même temps, s'empresse donc d'abord de retirer des possibilités de travail aux plus précaires.

« Le mauvais procès fait aux contrats aidés », un article de Laurent Jeanneau publié le 23 août 2017 par Alternatives économiques

« Les contrats aidés : quels objectifs, quel bilan ? », l'analyse de la Direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques (DARES) du ministère du travail, de l'emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social (mars 2017)


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