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R S S : Là bas si j’y suis


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François Morel déçu du petit Jésus

2 December[ —]


Le petit Jésus a beaucoup déçu François MOREL. Gérard MORDILLAT aussi, mais lui en plus, c'est SARKOZY et c'est HOLLANDE qui l'ont déçu. Et vous c'est qui ? Dites-le si ça vous chante.

Pauline BOULET attend vos messages sur le répondeur de Là-bas si j'y suis au 01 85 08 37 37.

chronique : Gérard MORDILLAT
journaliste : Jonathan DUONG
image : Jeanne LORRAIN et Cécile FREY
son : Sylvain RICHARD
montage : Pascale ALIBERT

(Vous pouvez podcaster cette chronique en vous rendant dans la rubrique « Mon compte », en haut à droite de cette page.)

Télécharger le .mp3 de la vidéo :

La chronique de Gérard MORDILLAT : François Morel déçu du petit Jésus

Hollande renonce : les journalistes-pronostiqueurs avaient vu juste !

2 December[ —]


Après l'enthousiasme médiatique pour le « président Juppé », le site d'Acrimed (Action-Critique-Médias) revient sur les prédictions et les « informations exclusives » de nombre de grands médias quant à la candidature de François Hollande : www.acrimed.org/Hollande-renonce-les-journalistes-pronostiqueurs

Une collecte de titres de ce journalisme de pronostic qui n'a eu de cesse, au cours des derniers mois, de la victoire du Brexit à la défaite d'Alain Juppé en passant par l'élection de Donald Trump, de se tromper et d'oublier la vocation première du journalisme : produire une information sérieuse, vérifiée et recoupée.

Ce qui n'a rien à voir avec les commentaires de rumeurs, les extrapolations sur la base d'hypothèses et les prédictions expertes à propos de bruits qui courent – qu'elles tombent finalement juste, ou, comme ici, spectaculairement à côté de la plaque.

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Collecte réalisée par Julien SALINGUE pour Acrimed

Une mention spéciale à Éric Brunet, journaliste extralucide à RMC et à Valeurs actuelles, auteur en 2012 du célèbre ouvrage Pourquoi Sarko va gagner, et qui s'est distingué cette fois par un remarquable doublé.



Collecte réalisée par Julien Salingue pour Acrimed

- « Hollande renonce : les journalistes-pronostiqueurs avaient vu juste ! », un article de Julien SALINGUE à lire sur le site d'Acrimed


La vérité sur la déclaration de François Hollande

2 December[ —]

Personne ne comprend la joie de François Hollande depuis qu'il a annoncé qu'il ne serait pas candidat à sa succession à l'Élysée. Ah, le bonheur de sortir de tout ça ! Ah, ne plus entendre chaque jour la voix de Manuel Valls, ne plus sentir l'haleine de Gattaz, ne plus devoir embrasser les joues molles d'Angela Merkel, ne plus ramper devant les mafieux du CAC 40 et obéir aux crétins cyniques de Bruxelles, quelle joie !

Ne plus être obligé de se teindre les cheveux, de rentrer le ventre et de déjeuner avec Laurent Joffrin. Ah, se mettre à l'aquarelle ou à la viole de gambe, rester au lit jusqu'à midi, apprendre à se faire cuire un œuf, se balader en survêt, se mettre à la pétanque, s'occuper d'un ciné-club, ou alors partir en camionnette avec Julie vendre merguez et pizzas sur les marchés et sur les plages.

Oh, c'est pas les idées qui manquent. D'ailleurs il s'est déjà acheté un Opinel. Ce qu'il voudrait surtout, c'est découvrir la France enfin, découvrir le monde avec ses pieds. Son grand rêve, c'est de se faire accepter au bistrot du coin. Il se voit arriver au comptoir :

« —Salut tout le monde !

— Salut François ! Alors t'as vu, notre présidente Marine parle à la télé ce soir.

— Ah, oui, Marine, c'est qui ça ? »

Depuis des mois, toutes les nuits il rêve de ça. Il va compter les jours jusqu'au mois de mai. Des entailles au couteau dans le bois de son bureau à l'Élysée. Avec l'Opinel. Ah, ne plus entendre la voix de Valls ! En fait ne cherchez pas, c'est ça qui l'a décidé. Ca et les joues molles d'Angela.

LÀ-BAS

UBU ROI D'AMÉRIQUE, un entretien avec NOAM CHOMSKY

30 November[ —]



Oui mais de toute façon, JÉSUS arrive bientôt. Au moins 40% de la population américaine ne voit pas quel est le problème avec le réchauffement climatique. Pour Donald TRUMP, à la tête de la plus grande puissance économique et militaire de tous les temps, le réchauffement est juste une grosse blague. Tout comme l'Islam qui n'est pas une religion, tout comme les mexicains qui sont des violeurs…

UBU a réponse à tout. Dans cet entretien, Noam CHOMSKY lui reconnaît qu'il est difficile « de trouver les mots qui permettent de saisir le fait que des humains, devant la question la plus importante de leur histoire, répondent en accélérant la course au désastre ».

Un entretien pour TRUTHOUT traduit de l'anglais (américain) par Joëlle MARELLI (LÀ-BAS)



Noam, l'impensable est arrivé : contre toutes les prévisions, Donald Trump a enregistré une victoire décisive sur Hillary Clinton, et c'est l'homme décrit par Michael Moore comme un « lamentable, ignorant et dangereux clown à mi-temps et sociopathe à plein-temps » qui sera le prochain président des États-Unis. À votre avis, quels ont été les facteurs déterminants qui ont conduit les électeurs américains à susciter le plus grand bouleversement de l'histoire politique états-unienne ?

Noam Chomsky : Avant d'aborder cette question, je crois qu'il est important de consacrer quelques instants pour réfléchir à ce qui s'est passé le 08 novembre, une date qui pourrait s'avérer l'une des plus importantes de l'histoire humaine, selon la manière dont nous réagirons.

Sans exagération.

La nouvelle la plus importante du 08 novembre a été à peine remarquée, ce qui en soi est un fait assez significatif.

Le 08 novembre, l'Organisation météorologique mondiale (OMM) a livré un rapport à la Conférence internationale sur le changement climatique au Maroc (COP 22), organisée pour mener à bien les accords de la COP 21 signés à Paris. L'OMM a rapporté que les cinq dernières années avaient été les plus chaudes jamais enregistrées. Elle a rapporté que le niveau croissant des océans était voué à augmenter encore très bientôt, conséquence de la fonte plus rapide que prévue des glaces polaires et, pire encore, des immenses glaciers de l'Antarctique. La banquise arctique a déjà diminué de 28% par rapport à la moyenne des vingt-neuf années précédentes, ce qui a pour effet non seulement de faire monter le niveau des océans, mais aussi de réduire l'effet refroidissant de la réflexion des rayons solaires sur la glace polaire, ce qui accélère les effets néfastes du réchauffement climatique. Entre autres informations et prévisions alarmantes, l'OMM a également rapporté que les températures s'approchent dangereusement de la limite établie par la COP21.

Le 8 novembre a eu lieu un autre événement qui pourrait aussi s'avérer d'une importance historique exceptionnelle pour des raisons qui, là encore, ont été à peine remarquées.

Le 8 novembre, le pays le plus puissant de l'histoire mondiale, qui marquera de son sceau ce qui arrivera par la suite, a tenu des élections. Le résultat place l'entier contrôle du gouvernement – l'exécutif, le Congrès, la Cour suprême – dans les mains du Parti républicain, qui est devenu l'organisation la plus dangereuse de l'histoire mondiale.

À part la dernière phrase, tout ceci est indiscutable. La dernière phrase peut paraître extravagante, voire outrancière. Mais l'est-elle ? Les faits indiquent le contraire. Le Parti se consacre à une course aussi rapide que possible vers la destruction de toute vie humaine organisée. Il n'y a pas de précédent historique d'une telle posture. Est-ce une exagération ? Considérez ce à quoi nous venons d'assister.

Au cours des primaires républicaines, chacun des candidats a nié que ce qui est en train de se passer était en train de se passer – à l'exception de modérés raisonnables, comme Jeb Bush, qui a dit que tout cela était incertain mais que nous n'avions pas besoin de prendre des mesures parce que, grâce à la fracturation hydraulique, nous produisons davantage de gaz naturel. Ou John Kasich, qui a admis qu'un réchauffement climatique avait lieu, tout en ajoutant : « Nous brûlerons [du charbon] dans l'Ohio et nous ne nous excuserons pas de le faire. »

Le candidat victorieux, futur président, appelle à augmenter rapidement l'utilisation des carburants fossiles, y compris le charbon ; à démanteler les régulations ; à refuser d'aider les pays en développement qui cherchent à passer à l'énergie durable ; et plus généralement, à courir aussi rapidement que possible vers le bord de la falaise.

Trump a déjà pris des mesures pour démanteler l'Agence de protection environnementale (EPA) en plaçant à sa tête un climato-sceptique notoire (et fier), Myron Ebell. Le principal conseiller de Trump à l'énergie, le dirigeant pétrolier milliardaire Harold Hamm, a annoncé ses attentes, qui étaient prévisibles : dérégulations, réductions d'impôts pour l'industrie (et plus généralement pour le secteur de l'argent et des affaires), accroissement de la production de carburants fossiles et levée du moratoire imposé par Obama sur le pipeline Dakota Access. Le marché n'a pas tardé à réagir. Les parts des entreprises liées à l'énergie ont décollé, notamment celles de Peabody Energy, le plus grand charbonnier du monde, qui avait déclaré faillite, mais a enregistré un gain de 50% après la victoire de Trump.

Les effets du déni républicain s'étaient déjà fait sentir. On espérait que l'accord de la COP21 à Paris conduirait à un traité vérifiable, mais il a fallu abandonner de telles idées, le Congrès républicain refusant d'accepter tout engagement contraignant. C'est donc un accord volontaire, évidemment beaucoup plus faible, qui en est sorti.



Les effets risquent d'être bientôt plus fortement visibles encore qu'ils ne le sont déjà. Au Bangladesh seul, on s'attend à ce que des dizaines de millions de personnes doivent fuir les basses plaines dans les prochaines années à cause de l'élévation du niveau de la mer et d'un climat de plus en plus dur, ce qui donnerait lieu à une crise migratoire qui rendrait insignifiante, par comparaison, celle que nous connaissons aujourd'hui. Le scientifique climatique le plus important du Bangladesh dit avec beaucoup de raison que « ces migrants devraient avoir le droit de s'installer dans les pays d'où proviennent tous ces gaz à effet de serre. Des millions d'entre eux devraient pouvoir aller aux États-Unis ». Mais aussi dans les autres pays riches qui ont acquis leurs biens en donnant lieu à une nouvelle ère géologique, l'Anthropocène, marquée par la transformation radicale de l'environnement par l'humain. Ces conséquences catastrophiques ne peuvent que s'aggraver, non seulement au Bangladesh mais dans toute l'Asie du sud, où les températures, déjà intolérables pour les pauvres, augmentent inexorablement, et où fondent les glaciers de l'Himalaya, ce qui met en péril toute la réserve d'eau. En Inde, déjà, quelque 300 millions de personnes manquent d'eau potable en quantité suffisante. Et les effets iront bien au-delà.

Il est difficile de trouver les mots permettant de saisir le fait que les humains, devant la question la plus importante de leur histoire – consistant à savoir si la vie humaine organisée survivra dans une forme qui ressemble si peu que ce soit à celle que nous connaissons – y répondent en accélérant la course au désastre. Des observations similaires valent aussi pour l'autre énorme problème qui vise la survie humaine : la menace de destruction nucléaire qui plane sur nos têtes depuis soixante-dix ans et grandit à présent.

Il n'est pas moins difficile de trouver les mots pour saisir le fait déconcertant que dans la couverture massive du spectacle électoral, rien de tout cela n'a reçu davantage qu'une mention furtive. Du moins, je suis bien en peine de trouver les mots qui conviennent.

Abordons enfin la question soulevée. Pour être précis, il semble que Clinton ait obtenu une légère majorité de votes. La victoire apparemment décisive est liée à des traits curieux de la politique américaine : entre autres facteurs, le Collège électoral, une survivance de la fondation du pays comme alliance d'États séparés ; le système du « winner-take-all » (« le gagnant emporte tout ») dans chaque État ; l'organisation des districts parlementaires (parfois par redécoupage électoral) en vue de procurer davantage de poids aux votes ruraux (dans les élections précédentes, et probablement dans celle-ci aussi, les Démocrates disposaient d'une marge confortable d'avance dans le vote populaire pour la Chambre, tout en détenant une minorité de sièges) ; le très fort taux d'abstention (habituellement proche de la moitié dans les élections présidentielles, y compris celle-ci). Il importe pour l'avenir que, dans la tranche d'âge des 18-25 ans, Clinton l'ait emporté largement et Sanders ait obtenu un soutien encore plus élevé. À quel point cela comptera, c'est ce qui dépend du type d'avenir auquel l'humanité aura à faire face.

D'après les informations dont on dispose pour l'instant, Trump a battu tous les records de soutien auprès des électeurs blancs, de la classe ouvrière et de la classe moyenne inférieure, notamment dans la tranche de revenus située entre 50 000$ et 90 000$, dans les campagnes et les banlieues, et surtout chez les personnes sans formation universitaire. Ces groupes partagent la colère de tout l'Occident contre l'establishment centriste, une colère qui se manifeste tant dans le vote inattendu en faveur du Brexit que dans l'effondrement des partis centristes en Europe continentale. Les personnes en colère et désabusées sont le plus souvent des victimes des politiques néolibérales de la génération précédente, ces politiques que décrivait dans son témoignage au Congrès le président de la Fed, Alan Greenspan (« saint Alan », comme l'appelaient révérencieusement les professionnels de l'économie et autres admirateurs, jusqu'à ce que l'économie miraculeuse qu'il supervisait s'effondre en 2007-2008, menaçant d'entraîner dans sa chute toute l'économie mondiale). Comme l'expliquait Greenspan au temps de sa splendeur, ses succès en gestion économique étaient fondés essentiellement sur « l'insécurité croissante des travailleurs ». Les travailleur-se-s intimidé-e-s ne demandaient ni augmentations de salaire, ni avantages, ni garanties sociales, mais se satisfaisaient des salaires stagnant et des avantages réduits qui signalent une économie saine selon les critères néolibéraux.

Les personnes au travail qui ont été sujettes à ces expérimentations de la théorie économique ne sont pas particulièrement satisfaites du résultat. Elles ne sont pas enchantées, par exemple, du fait qu'en 2007, à l'apogée du miracle néolibéral, les salaires réels pour les travailleurs non cadres étaient inférieurs à ce qu'ils avaient été des années auparavant, ou de ce que les salaires réels pour les travailleurs hommes soient à peu près au niveau où ils étaient en 1960, alors que des gains spectaculaires sont allés remplir les poches d'un très petit nombre au sommet, à peine une fraction des 1%. Ceci n'étant pas le résultat de forces de vente, d'accomplissement ou de mérites particuliers, mais plutôt la conséquence de décisions stratégiques, comme le démontre minutieusement l'économiste Dean Baker dans un ouvrage récent.

Le destin du salaire minimum illustre ce qui s'est passé. Pendant les périodes de forte croissance égalitaire, dans les années 1950 et 1960, le salaire minimum – qui établit un plancher pour les autres salaires – était fonction de la productivité. Cela a pris fin avec la mise en place de la doctrine néolibérale. Depuis, le salaire minimum stagne. S'il avait continué sur sa lancée, il atteindrait probablement près de 20$ de l'heure. Aujourd'hui, proposer de l'augmenter à 15$ est considéré comme révolutionnaire.

Avec tout ce qui se dit sur le presque plein-emploi aujourd'hui, la participation au marché du travail reste en dessous de la norme antérieure. Et pour les gens qui travaillent, il y a une grande différence entre un emploi stable dans la production, avec des salaires et des avantages correspondant à ce que demandent les syndicats, comme naguère, et un emploi temporaire offrant peu de sécurité dans un métier de service. Outre les salaires, les avantages et la sécurité, il y a une perte de dignité, d'espoir dans l'avenir, ainsi que du sentiment d'appartenir à ce monde et d'y jouer un rôle estimable.



L'impact en est bien saisi dans le portrait sensible et éclairant que fait Arlie Hochschild d'un bastion de Trump en Louisiane où elle vit et travaille depuis de nombreuses années. Elle utilise l'image d'une file d'attente où les gens prévoient d'avancer rapidement, étant donné qu'ils travaillent dur et respectent toutes les valeurs conventionnelles. Mais leur position dans la file est bloquée. Devant eux, ils voient des gens qui progressent à grandes enjambées, mais cela ne leur cause pas de désarroi, étant donné que « c'est l'usage américain » que de récompenser les mérites (supposés). Ce qui leur cause un réel désarroi, c'est ce qui se passe derrière eux. Ils croient que des gens « sans mérite », qui ne « suivent pas les règles » leur passent devant grâce aux programmes gouvernementaux qu'ils croient à tort conçus pour bénéficier aux Africains-Américains, aux immigrés et à d'autres catégories qu'ils considèrent souvent avec mépris. Tout cela est exacerbé par les élucubrations racistes de [Ronald] Reagan sur les « reines du chômage » et les « vigoureux jeunes gars » (sous-entendu noirs) qui volent l'argent durement gagné des Blancs, et autres fantaisies.

Il arrive que l'absence d'explication, qui est en soi une forme de mépris, contribue à alimenter la haine du gouvernement. J'ai un jour rencontré à Boston un peintre en bâtiment qui en voulait amèrement au gouvernement « malfaisant » depuis qu'un bureaucrate de Washington, dépourvu de toute connaissance en matière de peinture, avait réuni des entrepreneurs en bâtiment pour les informer qu'ils n'avaient plus le droit d'utiliser de la peinture au plomb – « la seule qui tienne, pourtant » – comme ils le savaient tous, mais ce que ce col blanc ignorait. Cette disposition avait détruit sa petite affaire et l'avait forcé à travailler seul, avec le matériau de qualité inférieure imposé par les élites gouvernementales.

Il arrive qu'il y ait de vraies raisons à ces attitudes à l'égard des bureaucraties gouvernementales. Hochschild décrit un homme dont la famille et les amis souffrent durement des effets mortels de la pollution chimique, tout en méprisant le gouvernement et les « élites progressistes » parce que pour lui, l'Agence de protection de l'environnement, c'est un type ignorant qui lui interdit de pêcher, mais ne fait rien contre les usines chimiques.

Ce ne sont que des exemples des vraies vies des soutiens de Trump, lesquels sont conduits à croire qu'il fera quelque chose pour remédier à leurs difficultés, bien qu'un coup d'œil à ses propositions fiscales et autres suffise à démontrer le contraire – ce qui présente une tâche critique aux militants dont l'espoir est de parer au pire et de faire advenir les changements désespérément attendus.

Les sondages de sortie des urnes révèlent que le soutien passionné à Trump est inspiré avant tout par la croyance dans le fait qu'il représente le changement, alors que Clinton était perçue comme la candidate qui perpétuerait leur détresse. En 2008, les mêmes personnes avaient bien souvent voté pour Obama, répondant à son message de « changement », mais avaient bientôt déchanté. Le « changement » que Trump risque d'apporter sera nuisible ou pire, mais il est compréhensible que les conséquences n'en soient pas claires pour des gens isolés dans une société atomisée qui ne disposent pas du type d'association (comme des syndicats) capables de former et d'organiser. C'est une différence fondamentale entre le désespoir d'aujourd'hui et les attitudes généralement pleines d'espoir de nombreux-se-s travailleur-se-s dans une bien plus grande misère économique pendant la Grande dépression des années 1930.

D'autres facteurs ont contribué au succès de Trump. Des études comparatives montrent que des doctrines suprématistes blanches ont encore plus fortement prise dans la culture américaine qu'en Afrique du Sud, et ce n'est un secret pour personne que la population blanche est en déclin. On estime que dans une ou deux décennies, les Blancs formeront une minorité de la main-d'œuvre, et il ne faudra pas beaucoup plus de temps pour qu'ils ne soient plus qu'une minorité dans la population. La culture conservatrice traditionnelle est également perçue comme menacée par les succès de la politique de l'identité, considérée comme le domaine d'élites qui n'ont que mépris pour les « Américains blancs, travailleurs, patriotiques, allant à l'Église, et dotés de vraies valeurs familiales » et qui voient leur pays familier disparaître sous leurs yeux.

L'une des difficultés que l'on rencontre quand on essaie d'attirer l'attention du public sur les très graves dangers liés au réchauffement climatique, c'est que 40% de la population états-unienne ne voit pas où est le problème, étant donné que le Christ doit revenir d'ici quelques décennies. Le même pourcentage à peu près croit que le monde a été créé il y a quelques milliers d'années. Si la science est en conflit avec la Bible, c'est dommage pour la science. Il serait difficile de trouver l'équivalent dans d'autres sociétés. C'est quelque chose d'important, dont il y aurait encore beaucoup à dire et à penser.

Depuis les années 1970, le Parti démocrate a renoncé à se soucier véritablement des travailleur-se-s et c'est pourquoi ceux-ci ont été attirés dans les rangs de leurs pires ennemis de classe, lesquels font au moins semblant de parler le même langage qu'eux – le style populo de Reagan faisant de petites blagues en mangeant des bonbons, l'image soigneusement entretenue par George W. Bush du gars normal qu'on pourrait rencontrer dans un bar et qui aime débroussailler autour de son ranch par une chaleur de 38 degrés, sa mauvaise prononciation probablement simulé (il est peu vraisemblable qu'il ait parlé ainsi à [l'université de] Yale), et maintenant Trump, qui donne une voix à des gens dont les griefs sont légitimes – des gens qui n'ont pas seulement perdu leur travail, mais aussi leur sentiment de valeur personnelle – et s'en prend à un gouvernement qu'ils perçoivent (non sans raison) comme ayant miné leurs vies.

L'une des grandes réussites du système doctrinal a consisté à détourner la colère du secteur des entreprises vers un gouvernement qui met en place des programmes conçus en grande partie par ce secteur, comme par exemple les accords très protectionnistes de droit des entreprises et des investisseurs que les médias et les commentateurs désignent régulièrement, à tort, sous le terme d'« accords de libre échange ». Quels que soient ses nombreux défauts, le gouvernement est largement soumis à l'influence et au contrôle populaire, à la différence du secteur des entreprises. Il est très avantageux pour le monde des affaires de nourrir la haine des pointilleux bureaucrates gouvernementaux et de chasser des esprits l'idée subversive que le gouvernement pourrait servir d'instrument à la volonté du peuple, étant un gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple.

Trump représente-t-il un nouveau mouvement de la politique américaine ou le résultat de ces élections correspond-il avant tout à un rejet de Hillary Clinton par des électeurs qui détestent les Clinton et en ont assez de la « vieille politique » ?



N. Chomsky : Cela n'a rien de nouveau. Les deux partis politiques se sont déplacés vers la droite pendant la période néolibérale. Les Nouveaux démocrates d'aujourd'hui sont à peu près ce qu'on appelait naguère les « Républicains modérés ». La « révolution politique » appelée à raison par Bernie Sanders n'aurait pas beaucoup surpris Dwight Eisenhower. Les Républicains sont allés si loin dans leur dévouement pour les riches et pour le secteur des entreprises qu'ils ne peuvent plus espérer obtenir des votes sur leur programme, ils se sont donc mis à mobiliser des secteurs de la population qui ont toujours été là, mais ne représentaient pas une force politique de coalition organisée : les évangéliques, les nativistes, les racistes et les victimes des formes de mondialisation conçues pour mettre les travailleur-se-s du monde entier en concurrence les un-e-s avec les autres tout en protégeant les privilégiés et en sapant les mesures juridiques et autres, qui protégeaient plus ou moins les travailleur-se-s et leur donnait des moyens d'influer, notamment grâce à des syndicats efficaces, sur les décisions prises par les secteurs public et privé, si étroitement liés.

Les conséquences en ont été manifestes dans les récentes primaires républicaines. Tous les candidats qui venaient de la base – comme Michèle Bachmann, Herman Cain ou Rick Santorum – se sont montrés si extrémistes que l'establishment a dû user de toutes ses ressources pour les abattre. La différence, en 2016, c'est que l'establishment a échoué, à son grand dam, comme nous l'avons vu.

Que ce soit mérité ou non, Clinton représentait des politiques qui étaient redoutées et détestées, tandis que Trump était considéré comme le symbole du « changement » – or pour savoir de quelle nature était ce changement, il aurait fallu considérer attentivement ses propositions réelles, chose que ne font pas la plupart de ceux qui ont l'audience du public. La campagne elle-même a été remarquable par son évitement des problèmes ; le commentaire médiatique s'est montré complaisant, s'en tenant le plus souvent à l'idée que la véritable « objectivité » revient à rapporter ce qui se passe dans le pourtour de Washington, sans s'aventurer au-delà.

À l'issue des élections, Trump a dit qu'il allait « représenter tous les Américains ». Comment le fera-t-il, alors que la nation est si divisée et qu'il a déjà exprimé une haine profonde pour de nombreux groupes aux États-Unis, notamment les femmes et les minorités ? Voyez-vous une ressemblance entre le Brexit et la victoire de Donald Trump ?

N. Chomsky : Il y a des similitudes certaines avec le Brexit, mais aussi avec la montée des partis ultranationalistes d'extrême droite en Europe – dont les leaders n'ont pas tardé à féliciter Trump pour sa victoire, puisqu'ils le perçoivent comme l'un des leurs : Nigel Farage, Marine Le Pen, Viktor Orban et d'autres comme eux. Ces développements sont assez effrayants. Un regard sur les sondages en Autriche et en Allemagne – l'Autriche et l'Allemagne ! – ne peut manquer d'évoquer des souvenirs déplaisants pour ceux qui connaissent les années 1930, sans parler de ceux qui en ont été les témoins directs, comme c'est mon cas lorsque j'étais enfant. Je me rappelle avoir écouté les discours de Hitler sans en comprendre les mots, mais le ton et les réactions du public étaient glaçants. Le premier article que je me rappelle avoir écrit, c'était en février 1939, après la chute de Barcelone, sur l'avancée apparemment inexorable de la peste fasciste. Et par une étrange coïncidence, c'est de Barcelone que ma femme et moi avons regardé se déployer les résultats de l'élection présidentielle américaine de 2016.

Quant à ce que Trump fera de ce qu'il a suscité – pas créé, mais suscité – nous ne pouvons le dire. Sa caractéristique peut-être la plus frappante est son imprévisibilité. Beaucoup de choses dépendront des réactions de ceux qui sont atterrés par sa manière de se conduire et par les visions qu'il projette, quelles qu'elles soient.

Aucune idéologie identifiable ne guide la position de Trump sur les questions économiques, sociales et politiques, mais il y a clairement des tendances autoritaires dans son comportement. Trouvez-vous de la validité aux arguments selon lesquels Trump pourrait représenter l'émergence d'un « fascisme à visage amical » aux États-Unis ?



Pendant de nombreuses années j'ai écrit et parlé du danger de l'avènement d'un idéologue sincère et charismatique aux États-Unis, quelqu'un qui exploiterait la peur et la colère qui mijotent depuis longtemps dans une part importante de la société, et qui pourrait la détourner des véritables agents du malaise vers des cibles vulnérables. Cela pourrait effectivement conduire à ce que le sociologue Bertram Gross, dans une étude très fine, il y a 35 ans, a appelé « fascisme amical ». Mais cela nécessite un idéologue sincère, un genre de Hitler, pas quelqu'un dont la seule idéologie décelable soit « Moi ». Les dangers, cependant, sont réels depuis de longues années, et peut-être plus encore à présent, étant données les forces que Trump a déchaînées.

Avec les Républicains à la Maison-Blanche, mais aussi contrôlant les deux chambres et la future forme que prendra la Cour suprême, à quoi les États-Unis vont-ils ressembler pendant au moins les quatre prochaines années ?

Beaucoup de choses dépendent des nominations et du cercle des conseillers. Les premières indications sont peu engageantes, c'est le moins qu'on puisse dire.

La Cour suprême sera pour longtemps aux mains des réactionnaires, avec des conséquences prévisibles. Si Trump donne suite à ses programmes fiscaux à la Paul Ryan, il y aura d'immenses avantages pour les très riches – ce que le Centre de politique fiscale évalue à une réduction d'impôts de plus de 14% pour les 0,1% du dessus, et plus généralement une réduction substantielle au sommet de l'échelle des revenus, mais quasiment pas d'allègement fiscal pour les autres, qui auront au contraire à faire face à d'importantes nouvelles charges.

Le respecté correspondant économique du Financial Times, Martin Wolf, écrit ainsi que « les propositions fiscales déverseraient d'énormes avantages sur des Américains déjà riches comme M. Trump », tout en en laissant d'autres se dépêtrer, et notamment ceux qui l'ont élu. La réaction immédiate du monde des affaires révèle que Big Pharma, Wall Street, les industries militaires et énergétiques et d'autres institutions du même merveilleux acabit, ont de beaux jours devant eux.

Une évolution positive pourrait être le programme d'infrastructures que Trump a promis tout en dissimulant (secondé en cela par de nombreux articles et commentaires) le fait qu'il correspond essentiellement au programme d'Obama pour le renforcement de l'économie, un programme qui aurait largement bénéficié à l'économie et à la société en général mais a été rejeté par le Congrès républicain sous prétexte qu'il ferait exploser le déficit. Alors que cette accusation était infondée à l'époque étant donné les taux d'intérêts très bas, elle est très largement justifiée pour ce qui est du programme de Trump, qui s'accompagne désormais d'importantes réductions d'impôts pour les riches et le secteur des entreprises, ainsi que de dépenses accrues pour le Pentagone.

Il y a cependant une issue, fournie par Dick Cheney à l'époque où il expliquait à Paul O'Neill, Secrétaire du Trésor de Bush, que « Reagan a prouvé que le déficit n'avait aucune importance ». Il évoquait ainsi les déficits créés par les Républicains pour obtenir le soutien populaire, laissant à d'autres, et de préférence aux Démocrates, le soin de réparer les dégâts. Cette technique pourrait marcher, du moins pour un temps.

Il reste encore de nombreuses questions sur les conséquences de la politique étrangère, la plupart sans réponses à ce jour.

Il existe une admiration réciproque entre Trump et Poutine. Quelle chance avons-nous de voir une nouvelle ère dans les relations entre les États-Unis et la Russie ?



Une perspective d'espoir est qu'il pourrait y avoir une réduction des tensions très dangereuses et croissantes à la frontière russe : remarquez bien, « la frontière russe », et non la frontière mexicaine. Il y a là un conte dans lequel nous ne pouvons entrer ici. Il est également possible que l'Europe prenne ses distances par rapport à l'Amérique de Trump, comme l'ont déjà suggéré la Chancelière [allemande, Angela] Merkel et d'autres dirigeants européens – et aussi par rapport à l'expression britannique de la puissance américaine, après le Brexit. Cela pourrait peut-être conduire à des efforts européens en vue de désamorcer les tensions et peut-être même à des efforts en vue de quelque chose comme la vision de Mikhaïl Gorbatchev d'un système de sécurité euro-asiatique intégré sans alliances militaires, une vision rejetée par les États-Unis au profit d'une expansion de l'OTAN, et récemment réactivée par Poutine, sérieusement ou non, nous ne le savons pas, son geste ayant été balayé d'un revers de main.

La politique étrangère sous une administration Trump risque-t-elle d'être plus ou moins militariste que ce que nous avons vu sous l'administration Obama, ou même sous celle de George W. Bush ?

Je ne crois pas que l'on puisse répondre de manière fiable. Trump est trop imprévisible. Il y a trop de questions ouvertes. Ce que nous pouvons dire, c'est que la mobilisation et le militantisme populaires, bien organisés et dirigés, peuvent jouer un rôle très important.

Et nous devons garder à l'esprit les enjeux, qui sont considérables.

Traduit de l'anglais (américain) par Joëlle MARELLI
© 2016 Noam Chomsky, C.J. Polychroniou et Truthout

Cet entretien a été publié le 14 novembre 2016 sur le site Truthout, et fera partie du livre de Noam CHOMSKY et C.J. POLYCHRONIOU, Optimism Over Despair : On Capitalism, Empire and Social Change, à paraître chez Haymarket Books le 11 avril 2017 : www.haymarketbooks.org/books/997-optimism-over-despair

C.J. Polychroniou est expert en économie politique et en sciences politiques. Il a enseigné et travaillé dans plusieurs universités et centres de recherche en Europe et aux États-Unis. Ses principaux domaines de recherche sont l'intégration économique européenne, la mondialisation, l'économie politique des États-Unis et la déconstruction du projet politico-économique néolibéral. Il contribue régulièrement à Truthout et est membre du Projet intellectuel public de Truthout. Il a publié plusieurs ouvrages et ses articles ont paru dans de nombreuses revues, magazines, journaux et sites d'information. Nombreuses parmi ses publications ont été traduites dans plusieurs langues.

Pauline BOULET attend vos messages sur le répondeur de Là-bas si j'y suis au 01 85 08 37 37.



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Chomsky & Cie, le coffret 2 DVD à - 50% pour les Abonnés Modestes et Géniaux de Là-bas si j'y suis, grâce au code promo chomsky, à utiliser sur la boutique en ligne des Mutins de Pangée : www.laboutiquedesmutins.org/ ?fond=produit&id_produit=3&id_rubrique=6

- À LIRE :
« Trump in the White House : An Interview With Noam Chomsky », la version originale de ce texte publié le 14 novembre 2016 sur le site Truthout

Optimism Over Despair : On Capitalism, Empire and Social Change, un livre de Noam CHOMSKY et C.J. POLYCHRONIOU (à paraître le 11 avril 2017 aux éditions Haymarket Books)

L'entretien avec Noam CHOMSKY dans L'Humanité du mercredi 30 novembre 2016

- À VOIR :
« NOAM CHOMSKY : TRUMP EST UNE MENACE POUR LE MONDE », un entretien de Daniel MERMET avec Noam CHOMSKY du 29 novembre 2016


NOAM CHOMSKY : TRUMP EST UNE MENACE POUR LE MONDE

30 November[ —]

Pour Noam CHOMSKY, depuis plusieurs années, les États-Unis sont mûrs pour l'avènement d'une figure autoritaire. Celui que MICHAEL MOORE décrit comme « lamentable, ignorant, clown à mi-temps et sociopathe à plein-temps » est élu président des États-Unis. Voici Ubu Roi à la Maison Blanche.

Sauf que ce n'est pas une farce. Dans le pays le plus puissant du monde, l'imprévisible TRUMP est à la tête de « l'organisation la plus dangereuse de l'histoire mondiale ». Comment comprendre ce retournement de l'histoire ? De toutes nos rencontres depuis plus de dix ans avec Noam CHOMSKY, celle-ci est un appel urgent à la mobilisation et au « militantisme populaire ».

Un entretien de Daniel MERMET avec Noam CHOMSKY, professeur émérite de linguistique au Massachusetts Institute of Technology, sous-titré en français et en anglais :

Vous pouvez retrouver Noam CHOMSKY dans les films d'Olivier AZAM et Daniel MERMET : Chomsky & Cie et Chomsky et le pouvoir en DVD et VOD sur lesmutins.org.

Pauline BOULET attend vos messages sur le répondeur de Là-bas si j'y suis au 01 85 08 37 37.

journaliste : Daniel MERMET
traduction : Giv ANQUETIL & Grégory SALOMONOVITCH
image : Olivier AZAM
son : Brice GRAVELLE
montage : Cécile FREY et Jonathan DUONG
mixage : Sylvain RICHARD
production : Là-bas si j'y suis et Les Mutins de Pangée

Télécharger le .mp3 de la vidéo (en américain) :

NOAM CHOMSKY : TRUMP EST UNE MENACE POUR LE MONDE



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- À LIRE :
Optimism Over Despair : On Capitalism, Empire and Social Change, un livre de Noam CHOMSKY et C.J. POLYCHRONIOU (à paraître le 11 avril 2017 aux éditions Haymarket Books)

« UBU ROI D'AMÉRIQUE, un entretien avec NOAM CHOMSKY », un entretien de C.J. POLYCHRONIOU avec Noam CHOMSKY, le 14 novembre 2016, pour le site Truthout, traduit pour Là-bas si j'y suis par Joëlle MARELLI

L'entretien avec Noam CHOMSKY dans L'Humanité du mercredi 30 novembre 2016


Juppé, le coupable qui ne culpabilise pas !

24 November[ —]


Alain JUPPÉ, l'homme de la droite qui n'a cessé de se voir en haut de l'affiche, touille une drôle de sauce grammaticale pour noyer sa culpabilité, reconnue en 2004, dans l'affaire des emplois fictifs à la mairie de Paris. Car à bien l'écouter, celui qui crâne désormais face à Fillon en lançant qu' « il ne faut pas jouer les chochottes » a bien du mal, en réalité, à assumer la fessée que les juges, jadis, lui ont infligée.

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chronique : Jean-Michel DUMAY
réalisation : Jonathan DUONG
montage : Cécile FREY
son : Sylvain RICHARD

Télécharger la vidéo au format .mp3 :

USAGE DE FAUX : Juppé, le coupable qui ne culpabilise pas

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L'extrême droite à la Maison Blanche

23 November[ —]

Longtemps ils n'ont existé que dans les bas-fonds d'Internet en s'agitant sur des petits blogs invisibles, maintenant le plus influent d'entre eux, Stephen BANNON, vient d'être nommé par Donald TRUMP, comme son haut conseiller stratégique.

Ils ? Les partisans de la droite la plus extrême. Chauvins, revanchards, racistes, anti-démocratiques, autoritaires, délirants, ils plaident pour le retour de la suprématie de la race blanche. Ce véritable cauchemar idéologique siège désormais sur la plus haute marche de la Maison-Blanche.

La journaliste Laura RAIM analyse comment néo-réactionnaires ultra-nationalistes de l'« Alt-Right » (« nouvelle droite ») ont vu dans l'arrivée de Donald TRUMP une formidable opportunité de se faire entendre. Ils ont déployé leur force pendant la campagne — intellectuels actifs, armée de geeks racistes et sexistes patrouillant sur les réseaux sociaux, opposition affirmée des petites classes moyennes contre les élites mondiales et l'establishment républicain.

Mieux encore, ils se servent du prochain président des États-Unis comme d'un formidable cheval de Troie pour faire gagner la bataille de leurs idées articulées autour d'un logiciel idéologique simpliste : la défense des intérêts du peuple blanc d'Amérique.

Un entretien de Daniel MERMET avec Laura RAIM.

(illustration utilisée par le site « Alt-Right » radixjournal.com)

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journaliste : Daniel MERMET
réalisation : Jonathan DUONG
image : Jeanne LORRAIN
son : Sylvain RICHARD et Jérôme CHELIUS
montage : Cécile FREY
documentation : Pauline BOULET

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Télécharger la vidéo au format .mp3 :

VIDÉO : L'extrême droite à la Maison-Blanche

- « La « nouvelle droite » américaine : les défenseurs du peuple blanc contre la démocratie », un article de Laura RAIM paru dans le numéro 5 de La Revue du Crieur (octobre 2016, éditions La Découverte / Mediapart)


Dans l'intimité des candidats #2

22 November[ —]


Roi des mots tendres, reine du far breton, prince des (grosses) casseroles, seigneur du pamplemousse… Il était temps de rentrer dans le dur des programmes des candidats à la présidentielle. Confessions intimes recueillies par Tata Kaka (sic) et décryptées avec une finesse décoiffante par notre éditorialiste-psychologue Christophe RAMIER. Au secours !

Pauline BOULET attend vos messages sur le répondeur de Là-bas si j'y suis au 01 85 08 37 37.

chronique : Didier PORTE
réalisation : Jonathan DUONG
montage : Pascale ALIBERT
son : Sylvain RICHARD

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Télécharger le .mp3 de la vidéo :

L'édito de Christophe RAMIER : Dans l'intimité des candidats #2

L'Amérique lâche les chiens

18 November[ —]


Bienvenue dans l'âge ingrat, Happiness, Storytelling : voilà l'Amérique vue par le cinéaste Todd SOLONDZ.

L'élection de Donald TRUMP comme président des États-Unis d'Amérique fait craindre que les chiens soient lâchés, contre les femmes, contre les Noirs, contre les Hispaniques, contre les musulmans. Revoir les films de SOLONDZ nous éclaire sur une Amérique middle class où il y a toujours quelque chose qui ne cadre pas dans un tableau idyllique. Voyage aux États-Unis à travers le cinéma étonnant de Todd SOLONDZ, dont le dernier film, Le Teckel, est en salles.

(illustration : Guillaume PLANTEVIN pour le New Yorker)

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chronique : Gérard MORDILLAT
journaliste : Daniel MERMET
réalisation : Jonathan DUONG
image : Jeanne LORRAIN
son : Sylvain RICHARD
montage : Pascale ALIBERT

(Vous pouvez podcaster cette chronique en vous rendant dans la rubrique « Mon compte », en haut à droite de cette page.)

Télécharger le .mp3 de la vidéo :

Gérard MORDILLAT mord : L'Amérique lâche les chiens

Parmi les films de Todd SOLONDZ :

- Le Teckel (2016, distribué par ARP Sélection)

- Storytelling (2001, distribué par Diaphana Films)

- Happiness (1997)

- Bienvenue dans l'âge ingrat (1996, distribué par ARP Sélection)











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