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Les marques et organisations doivent-elles être neutres sur le Web et dans les médias?

7 February, by Michelle Blanc[ —]

Il y a de ça 6 ans, dans mon billet Politique éditoriale et tabous j’écrivais :

Lorsque j’étais au Collège Militaire Royal de St-Jean, lors de ma formation d’officier, nous avions des cours de bienséances visant à nous préparer aux « Mess Diner ». Ce sont en fait de grands diners de gala extrêmement protocolaires. L’une des choses qu’on nous apprenait et qu’il était proscrit de discuter de trois sujets lors de ces soupers, mais aussi lorsque nous étions dans le mess d’officier. Nous ne devions pas parler de RELIGION, POLITIQUE ou de SEXE. Étrangement, je suis restée avec ces tabous et je crois que dans une politique éditoriale médias sociaux d’entreprise, ce sont des tabous qu’il est certainement préférable d’observer.

À cette époque, je parlais tout de même de ma transition, mais je ne parlais pas vraiment de religion, politique et de sexe. Mais depuis, mon point de vue a passablement évolué. Les organisations tout comme les marques, sont des « personnes morales ». Or, les choix moraux qu’elles feront ou pas, seront un actif ou un boulet avec lequel elles devront composer. Nous avons tous en tête que Volkswagen et IBM ont collaboré avec les nazis. Par contre, la plupart des gens ont oublié que Coca-Cola, Hugo Boss, Ford ou plusieurs autres l’ont fait aussi. D’Ailleurs, les choix moraux des entreprises, comme ceux des individus, pourront avoir un impact à court, moyen ou long termes. Par ailleurs, la neutralité est sans doute plus sécurisante, mais elle n’aura jamais d’impact publicitaire ou sociétal et comme je le disais aussi en conclusion d’un récent billet:

Les places les plus chaudes en enfer sont réservées à ceux qui lors des grandes crises morales maintiennent leur neutralité.
de Dante

Ces derniers jours, trois articles traitent du sujet de la prise de position des marques et organisations face aux enjeux politiques, sociaux et moraux. Ils s’agit de What brands need to understand about controversial content, The radical future of branding et LA HAINE ET L’ARGENT. Nous avons aussi eu lors du dernier Superbowl, plusieurs entreprises qui ont pris position contre la directive de Donald Trump qui refuse l’accès des États-Unis aux ressortissants de sept pays. D’ailleurs, le procès contre cette directive est supporté publiquement par plusieurs des grandes entreprises technos.

Plus localement, nous avons eu de petits commerçants qui sont montés au front contre les travaux interminables sur les artères de Montréal, contre l’homophobie, contre l’islamophobie ou contre tout autre enjeu qui peut avoir un impact négatif sur leurs ventes, leurs ressources ou leurs valeurs. La neutralité a ses avantages, mais même la neutralité est une prise de position en temps de crise politique ou morale.

Comme il est mentionné dans l’article de LaPresse qui cite Chris Baillargeon

« Une question me turlupine depuis quelques jours », écrit la directrice de création chez Cossette, qui précise toutefois que le billet a été écrit à titre personnel. « Sommes-nous les bailleurs de fonds de la haine ? »

« Vous me direz, poursuit-elle : “Avons-nous vraiment le droit d’influencer les médias ? N’avons-nous pas, comme obligation, d’être impartiaux ?”

« Oui et non. Certes, nous ne sommes pas des éditorialistes et nous ne sommes pas garants de la qualité des médias dans lesquels nous réalisons nos placements. La presse doit être libre. Nous sommes, par contre, responsables de leur santé financière. »

Mais avant de prendre quelque décision éditoriale que ce soit, il est bon de garder en tête les trois recommandations de ThenextWeb

So how can you make controversy work for your brand? To get big results, your content needs to get people talking. Keep in mind, though, that adding a contentious angle also opens the door for people to question – and even criticize – your content, so here are some ways to minimize any risks.

Understand there are different forms of controversy and stick to what’s appropriate for your brand

(…)Realizing that are different forms of controversy is crucial when outlining an idea that will get your campaign noticed and not dragged through the mud. Different types of controversy include presenting something shocking and unexpected, igniting a debate, or taking a strong opinion – the latter being the most difficult to execute. Regardless of which option you choose, though, understand that your content should be tasteful and grounded in respect.

(…) Ensure credibility with a quality data source

Another thing any controversial campaign should be rooted in? Reliability. In order to limit any kind of backlash from publishers and their audiences, your content should rely on a credible and trustworthy data source.

(...)Connect your content back to your brand’s mission or services

(...)Shocking an audience simply to shock won’t deliver the results you’re looking for if the content doesn’t tie back to your brand and its core messages.

Quant à elle, Fastcodesign prédit que les marques se radicaliseront.

Conventional wisdom has it that brands shouldn't talk politics. Why risk alienating potential customers? That was before Donald Trump.

Now that a sneering, orange man-child is sinking his tiny fingers into every aspect of American life, experts believe activism will become nearly as ubiquitous in the brand world as it is on college campuses. "As a reflection of the changing political tides, many brands will evolve from ‘mission-driven’ to ‘activist,’ encouraging consumers to go beyond simply subscribing to a set of core values and driving them to participate in actions to defend them," says Geoff Cook, partner at the branding agency Base Design. "In choosing sides, brands will alienate certain consumers, yes, but will galvanize an impassioned constituency in the process."

To Melanie McShane, head of strategy at Wolff Olins in New York, activism isn’t just about tapping into the zeitgeist; it’s a business imperative. "With the rise of political authoritarianism, brands will face fundamental choices," she says. "About whether to take a stand on issues that offend them and their users, risking the wrath of politicians and their acolytes. Or stay quiet and seem complicit."

Pour ma part, j’ai déjà pris parti. Ma ligne éditoriale fait une part importante au militantisme LGBT et plus spécifiquement trans. Je milite depuis des années pour un Plan numérique pour le Québec et le Canada et pour une infrastructure numérique décente à des prix raisonnables, j’ai milité avec les Janettes pour la laïcité et j’ai été résolument anti-Harper. J’ai donc déjà choisi mes camps et je l’ai fait (humblement) dans un esprit altruiste d’améliorer ma société et pour le bien être de mes concitoyens.

Et vous, resterez-vous sur les banquettes des spectateurs?

 

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Le mythe de la « neutralité journalistique » et pourquoi ça a toujours été une création de l’esprit

http://www.michelleblanc.com/2017/02/03/la-neutralite-journalistique-ca-a-toujours-ete-une-creation-de-lesprit-et-de-la-bullshit/play episode download
3 February, by Michelle Blanc[ —]

Je viens tout juste de me « pogner » sur LinkedIn avec un journaliste à propos de mon statut :

Aux chroniqueurs et journalistes, vous devez chercher à comprendre, valoriser les points de vue différents, mais juger, prendre des positions, dévaloriser et stigmatiser a des conséquences sociales dont vous êtes responsables...

Avant de reproduire ici le débat, j’aimerais expliquer pourquoi la « neutralité journalistique » ça a toujours été une création de l’esprit et de la bullshit. Prenons les deux exemples de titre :

Israël avance sur le Liban et Le Liban envahit par Israël. À première vue, les deux titres sont équivalents. Mais en y regardant de plus près, le premier titre peut laisser supposé qu’Israël répond à une agression tandis que le deuxième, qu’Israël est l’agresseur.

Prenons aussi cet autre exemple d’un verre qui contient 50% d’eau. Un journaliste pourra dire que le verre est à moitié plein ou qu’il est à moitié vide. L’un sera optimiste et l’autre pessimiste. Pourtant, les deux journalistes qui feraient ces tournures de phrases se réclameraient de la neutralité journalistique. Vous comprenez donc qu’on ne peut réellement jamais prétendre à cette neutralité et qu’à chaque ligne d’un texte, consciemment ou inconsciemment, l’information qui nous est présentée est souvent biaisée strictement dans la formule qui sera utilisée même, si objectivement, le verre contient 50% d’eau.

Voici donc le débat avec le journaliste :

Luc Archambault

Je crois, madame, que vous faites erreur, en mélangeant les rôles de journaliste et de chroniqueur. Un journaliste doit rapporter les faits, aussi objectivement que possible, soit. Mais un chroniqueur se doit de prendre position, de donner son opinion personnelle. C'est sur la force de son argumentation qu'il est jugé. Si sa pertinence est vague ou irresponsable, c'est au public à s'en plaindre et à l'équipe éditoriale de le rappeler à l'ordre, voire de le congédier. Il est trop facile de blâmer les "médias" pour les excès de violence. Il est beaucoup plus facile de pointer du doigt les Cassandres de ce monde plutôt que ceux à qui profitent la montée de cette violence, ie les politiciens, les magnats de l'information, les fabricants d'arme, les histrions de la sécurité mur-à-mur, et tous ceux qui veulent brimer la liberté d'expression. Si les fous furieux passent au travers des mailles du système limitant l'acquisition d'armes, peut-être faudrait-il revoir ce système... et non dénoncer en coup d'épée dans l'eau ceux qui s'attaquent à la médiocrité ambiante. Je suis parfaitement conscient que le milieu médiatique comporte son lot d'imbéciles, mais de là à proposer un bâillon sur la libre expression, c'est de la folie pure...

Michelle Blanc

Luc Archambault un verre a 50% d'eau. Ceci est un fait. Maintenant si le journaliste dit qu'il est à moitié plein, déjà c'est une prise de position éditoriale basée sur un fait. La soi-disant "neutralité journalistique" est commode pour faire oublier les biais éditoriaux qui pullulent dans les médias et les préjugés qu'ils alimentent. À titre d'exemple, l'article http://www.journaldemontreal.com/2017/01/25/la-saaq-interdit-a-des-employes-de-dire-monsieur-ou-madame présente en sous-titre, une plainte sur 22 millions. Dans les faits, il y a eu une plainte à St-Hyacinthe donc le nombre de plaintes de St-Hyacinthe devrait être mis en relation. Or on prend plutôt le nombre de plaintes provinciales et on la met en sous-titre. Par ailleurs, on associe l'idée "qu'un individu" se fait dire "monsieur" et que la SAAQ va désormais interdire de dire monsieur et madame pour toute la population du Québec. Or, on ne mentionne pas que l'individu s'est fait dire monsieur 3 fois et que la troisième fois, elle a exigé des excuses. "L'individu" n'a jamais exigé qu'on cesse de dire "monsieur madame" à la grandeur du Québec et elle c'était fait mépriser par le préposé de la SAAQ. Prenant pour du "cash" les affirmations du JdeM (qui ont été démentis par la SAAQ) tous les chroniqueurs du même journal et de plusieurs autres ont monté en mousse que les trans exagéraient en faisant des demandes sans cesse qui sont plus loufoques les unes que les autres. Il me semble que c'est là même l'exemple d'un média qui "rapporte les faits" en jouant avec en tabarnak...

Luc Archambault

La première victime de tout fasciste est justement cette 'liberté d'expression' celle sur laquelle vous crachez si allègrement... et bien cette même liberté vous permet (ainsi qu'à moi) de postillonner un lot de bêtises qui ne devraient sûrement pas exister dans l'arène publique, mais réseaux sociaux obligent... la démocratie en marche vers le nivellement par le bas, au lieu de s'élever vers un monde meilleur. C'est sûrement pour cette raison que David Goldberger, un avocat de l'ACLU (American Civil Liberties Union), a défendu un groupe de néonazis dans la cause "National Socialist Party v. Skokie (1977)"... pas pour les idéaux de ces fascistes, mais bien pour la seule liberté d'expression.

Michelle Blanc

Luc Archambaultà quel endroit déjà ai-je demandé "un bâillon sur la libre expression" ???

Luc Archambault

Michelle Blanc Pour vous, le Journal de Montréal est un exemple à suivre en terme de journalisme? Une feuille de chou qui se vautre dans les nouvelles de chiens écrasés et de porte-voix de l'empire Péladeau, c'est du sérieux à vos yeux? Ben bravo. La discussion est close. Aussi bien prendre les nouvelles de V au même titre que celles de PBS. Ou considérer que les articles du Der Stürmer ou du Völkischer Beobachter étaient à prendre pour du cash.

Michelle Blanc

Luc Archambault j'aurais pu citer d'autres médias, mais bon, vous avez vos propres perceptions dont celle que je demande "un bâillon sur la libre expression"...

P.S. Un des livres que je garde précieusement et qui décortique admirablement bien cette « bullshit » est :
MacLean, Eleanor, Between the lines, How to detect bias and propaganda in the news and everyday life. Publ. Deveric Development Education. (1981) ISBN 0-9690919-0-7

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Lettre personnelle aux intolérants et aux gens de bonne volonté

http://www.michelleblanc.com/2017/01/30/lettre-personnelle-aux-intolerants/play episode download
31 January, by Michelle Blanc[ —]

En plus de la gestion de mon entreprise, j’ai passé les deux dernières semaines à gérer le mépris envers les trans. De plus, j’ai été bouleversée d’apprendre la semaine dernière que très prochainement, je serai assignée comme témoin lors d’un procès criminel dont je suis victime. Une copine trans écrivait aujourd'hui sur son Facebook:

 

11 chroniques et billets de blogue anti-trans dans le JdeM depuis deux semaines.

 

Je lis aussi ces chroniques et billets et il arrive que ma photo et mon nom les accompagnent. La semaine dernière, le monde entier a été témoin de la première semaine de l’intolérant en chef Donald Trump, qui décret après décret et twit après twit, nous enfonce collectivement vers la banalisation de la méchanceté et de l’outrage. Hier soir, à heure de grande écoute, ma face apparaissait encore en lien avec l’affaire Via Capitale et on demandait à la transgenre qui était invité ce qu’elle personnellement pensait du retrait de la publicité. En sous-entendu on voulait valider si elle aussi avait trouvé la publicité transphobe. Puis les questions subséquentes laissaient entendre qu' « au contraire cette pub faisait ENFIN une place aux trans ». Heureusement des invités ont fait valoir que d’évoquer les trans comme étant responsable du bris des familles dans une parodie de ce qui s’adresse aux enfants n’est peut-être pas l’idée du siècle.

Au même moment, on apprenait qu’un ou des tireurs avait fait irruption dans une mosquée de la ville de Québec, tuant 5 personnes et en blessant plusieurs autres. Aujourd’hui, on apprend que le suspect principal est entre autres une personne qui a une haine des musulmans et des féministes et qu'il utilise l’expression « féminazie » rendue populaire par certains animateurs de radio-poubelle et reprise par des vlogueurs et maintenant abondant sur les médias sociaux.

Aujourd’hui, notre premier ministre Philippe Couillard a eu ces sages paroles qui ont été reprises sur le mur Facebook de notre ministre de la justice Stéphanie Vallée

 

Sages propos de notre Premier ministre: "Les mots écrits ne sont pas anodins, ils peuvent guérir ou blesser, à nous de choisir."
Philippe Couillard, 30 janvier 2017

 

J’ai moi-même aussi partagé sur mes médias sociaux

 

Oui il y a des discours dangereux qui mènent à la violence. Ces discours sont parfois religieux, mais ils sont aussi parfois populistes et démagogues...

 

 

Aux chroniqueurs et journalistes, vous devez chercher à comprendre, valoriser les points de vue différents, mais juger, prendre des positions, dévaloriser et stigmatiser a des conséquences sociales dont vous êtes responsables...

 

 

Je pleure pour les victimes, pour leurs familles, pour ma ville natale (Québec) et pour cette époque qui fait tant de place aux extrémismes

 

Ces deux dernières semaines j’ai aussi reçu énormément de messages de soutien, de compréhension, de remerciement et d’amour. Mais, aujourd’hui je suis sonnée. Aujourd’hui je suis triste pour l’avenir de ma société et de notre planète. Aujourd’hui je remercie la providence de me donner la force de rester bonne, de garder mes valeurs et de ne pas me décourager face aux intolérants et à ceux qui les alimentent sans cesse en se drapant de la sacro-sainte liberté d’expression. Aujourd’hui je vais pleurer la profonde tristesse qui m’habite puis je reprendrai le bâton de pélerin qui m’accompagne parce que je sait que j’ai le don de la communication et qu’avec ce don vient la responsabilité de m’en servir au bien de ma société.

 

Mon esprit est combatif, ma verve est sans mot, ma foi en l'humain est blessée et mon âme est en berne...

 

J’ai la triste impression que le combat contre l’intolérance s’intensifiera dans les prochains mois et les prochaines années. Comme je le citais aussi sur les médias sociaux

Les places les plus chaudes en enfer sont réservées à ceux qui lors des grandes crises morales maintiennent leur neutralité.
de Dante

Condoléances aux familles de
M. Mamadou Tanou Barry, âgé de 42 ans;
M. Abdelkrim Hassane, âgé de 41 ans;
M. Khaled Belkacemi, âgé de 60 ans;
M. Aboubaker Thabti, âgé de 44 ans;
M. Azzeddine Soufiane, âgé de 57 ans;
M. Ibrahima Barry, âgé de 39 ans.

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MERCI au PDG de Via Capitale

20 January, by Michelle Blanc[ —]

Cette semaine j’ai géré une crise média sociétale que j’ai moi-même créé (comme je gère des crises médias sociaux pour de très gros clients, je suis aussi capable d’en concevoir de toutes pièces pour faire valoir un point de vue que je juge important). En fait, il s’agit de la crise de la publicité disgracieuse de Via Capitale (qui est exposé dans mon précédent billet).

Le lendemain matin de la parution de la publicité et de ma sortie sur les médias sociaux, David Martin, le PDG de l’entreprise, me téléphone de New York où il était en congrès. Notre discussion a duré une trentaine de minutes et dès le début, il m’offre ses excuses et celle de son entreprise et m’informe qu’il a déjà donné les directives pour que cette publicité disparaisse. Sur un ton qui m’apparaissait très sincère et humain, il m’explique qu’après avoir lu mon billet et avoir reçu de nombreux commentaires de gens troublés par ces annonces, qu’il réalisait à quel point « l’esprit bon enfant » avec lequel il avait autorisé cette publicité, pouvait blesser et être perçu totalement différemment de ce qu’il avait lui-même escompté. Il comprenait tout à fait la problématique et réalisait la délicatesse du message sous-jacente que la publicité pouvait projeter.
J’ai accepté ses excuses sur le champs et l’ai félicité pour la célérité et la délicatesse de son action.

C’est aussi avec grand plaisir que plus tard dans la journée, j’ai appris le don de $3000 que faisait Via Capitale à l’organisme Aide aux transsexuel(les) du Québec.

Comme monsieur Martin me le dit lui-même lors de notre conversation, l’enfer est pavé de bonnes intentions et il arrive que l’on se trompe.

Merci de votre compréhension, monsieur Martin.

Aussi, parce que je sais que certaines personnes ne comprennent toujours pas pourquoi la défense des droits des trans peut encore être un enjeu en 2017, je reproduis ici l'excellent commentaire de Lou Morin, qu'elle fit sur la page Facebook de Judith Lussier

Un sondage Angus-Reid (2016) nous révèle que près de 80% de a population canadienne croyait que l'on a assez ou trop parlé des personnes trans dans les deux dernières années. Ah oui? Vraiment? Et si je vous demande que savez-vous de la réalité transgenre après ces deux années d'exposition, vous allez me répondre quoi? Probablement des clichés, car cette normalisation de cette population se fait au travers la lunette de producteurs blancs et cisgenres. Même l'émission "Je suis trans" que de nombreuses personnes transgenres voient comme positive reste controversée parce que les réalisateurs et producteurs, tous des blancs cisgenres, ont choisi de présenter une série de stéréotypes qui confortent leur vision de ce monde. La bonne nouvelle est que ça change. La créatrice de OITNB se soucie de demander à ses actrices qui jouent des minorités leur opinion sur la façon dont elle les représente. Les sœurs Wachowski (the Matrix) avec leur Sense 8, les créateurs de Transparent, Jen Richard qui a gagné un Emmy pour sa série web "Her Story", ce sont des exemples de personnes transgenres qui reprennent un peu le contrôle sur la diffusion de leur image, mais c'est encore marginal.
Le cliché de la personne trans comme responsable des drames familiaux vient renforcer des préjugés qui sont à la source de nombreuses souffrances. J'ai fait ma transition célibataire sans enfant, mais j'ai en tête de nombreux drames de femmes trans qui doivent se battre pour voir leurs enfants malgré un paquet de données qui démontre que la transition d'un parent n'influence pas négativement le développement de ses enfants et malgré le support de juges qui leur donnent raison. Les personnes se font dire qu'elles sont responsables de briser des vies, qu'elles auraient pu attendre avant de faire leur "trip" (comme si c'en était un). On encourage l'idée que les parents trans brisent des familles comme si c'était un caprice et vous ne pouvez savoir la transphobie et la culpabilisation que ces personnes intériorisent. La présidente d'un des premiers groupe d'aide et de soutien au Québec qui compte plus de 70 ans de vie ne compte plus le nombre de personnes trans surtout des parents qu'elle a enterré pour cause de suicide à cause de ces clichés. C'est dans ces circonstances que la "joke" de Via Capitale est mal digérée.
Vous en voulez d'autres clichés? La femme trans comme un film d'horreur. Voir ici Ace Ventura ou Hangover II ou la tonne de mèmes que l'on voit circuler sur le web de "oh mon Dieu, la fille a un pénis" comme si on découvrait que c'était un alien venu d'une autre planète. Cela combiné au fait que les producteurs choisissent tout le temps des hommes pour jouer des femmes transgenres (ou des hommes trans même si j'ai adoré Hillary Swank dans Boys dont cry). Des actrices trans aux États-Unis, il y en a, sinon choisissez des femmes comme Felicity Huffman dans TransAmerica. Parce que ça renforce le cliché que les femmes trans sont des hommes qui se déguisent en femme pour piéger les hommes. Résultat: près de 60% des personnes trans ont vécu de la violence et le scénario typique c'est le dude qui te trouve cute et là réalise que t'es trans. L'homme se sent alors attaqué dans sa masculinité parce qu'il pense dans sa tête que t'es un homme et il compense en devenant violent. C'est comme ça que les femmes trans surtout racisées se font assassiner. J'ai un témoignage d'une fille qui s'est fait embrasser de force pour ensuite se faire agresser quand le gars s'est fait dire par une autre personne qu'elle était trans. Chaque fois que je me fais aborder par un gars dans la rue un vendredi soir sur Crescent avec des "hey baby come here" j'accélère la cadence pour disparaître de son champs de vision avant qu'il ne découvre le son "erreur". Parce que j'ai peur des conséquences bien réelles et trop communes
Mais je devrais avoir de l'autodérision face à ces "jokes"?
Et ce à chaque fois que l'on fait la joke du "hey la personne t'as ben eu, elle a un pénis"? Je devrais juste être contente que l'on parle des personnes trans à la télé quand ces représentations renforcent la violence que nous vivons? Sourire quand devant les "blackfaces" version trans? En passant, ça fait presque l'unanimité que Jared Leto était mauvais dans Dallas Buyer club, son interprétation était une série de clichés. Mais il a gagné un Oscar! Ça vous démontre bien le décalage entre les producteurs, les juges de l'Académie et la réalité que nous vivons. Ce sont ces clichés et ces caricatures que vous connaissez de la réalité, alors il est naturel que l'on réclame d'arrêter des propager si ce n'est pas accompagné d'une exposition plus "normale"!
Même chose pour l'image de la personne transgenre comme prostituée toxicomane (hey, pourquoi tu ris pas Lou en regardant cet acteur homme jouer un autre cliché de prostituée trans dans Sons of Anarchy, c'est drôle pourtant? Ben non, c'est pas drôle, parce que les femmes trans sont vues comme des objets de fantasmes sexuels continuellement toxicomane. Est-ce que ça existe cette réalité (des femmes ou même hommes trans qui se prostitue et se drogue? Oui, mais encore si on le représente il faut donner du contexte, expliquer pourquoi cette réalité existe).
Sinon vous avez des personnes trans qui travaillent dans tous les domaines: du DEP en plomberie au MBA en passant par la médecine et l'infirmerie. Elles sont où ces représentations nuancées et non caricaturales? Nulle part. Il est où l'homme trans infirmier dans une télé-réalité de Télé-Québec sur les employés de l'urgence? Elle est où la femme trans qui est une bonne avocate dans une fiction télé de droit? Alors oui on l'a de travers quand chaque fois que l'on montre notre réalité c'est via des clichés ou du blackface version trans.
Désolée cher égocentrique de mr Morissette, mais les "moustiques" n'ont pas fini d'exercer leur liberté d'expression, cette liberté n'appartient pas qu'aux humoristes blancs privilégiés.
Ps: vous voulez une série produite, réalisée et jouée par une personne transgenre, en voici un exemple:
https://www.youtube.com/watch?v=UkHicPm7C6Q


HER STORY S1, Episode 1
Her Story is a 6-episode new-media series that looks inside the dating lives of trans &….

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Via Capitale, charognards de l’immobilier

17 January, by Michelle Blanc[ —]

Hier était la journée nommée « lundi blues», la journée la plus déprimante de l’année. Selon Atlantico, cette journée serait même associée à une hausse des suicides. Il est aussi peut-être judicieux de rappeler que dans le cas des trans, 65% de la population a fait une tentative de suicide, que 57% des personnes transgenres ont perdu les liens avec leur famille et que 55% des transgenre ont perdu leur emplois.

 

Pourquoi je vous parle de ça ? Parce que hier, lors de la diffusion de l’une des émissions les plus écoutées, le retour de la série Les Pays d’en haut, on pouvait voir cette pub de Via Capitale.

 

https://www.instagram.com/p/BPWXjQtjB3R/?taken-by=blancmichelle

 

Étant donné la délicatesse qui entoure les services funéraires, le soutien psychologique ou les services juridiques qui peuvent justement être associés aux drames humains que sont le divorce, le suicide et autres épreuves troublantes et difficiles de la vie, leur publicité sont fortement encadrée. Et c’est bien ainsi. Il doit y avoir une certaine décence à vivre et faire du fric sur le dos des gens affligés de tragédies.

 

Cette décence élémentaire vole complètement en éclat avec cette pub à soi-disant saveur humoristique.

 

C’est l’agence de publicité Alfred qui est derrière ce chef-d’œuvre de mauvais goût et comme me le disait Frédéric Henri sur ma page Facebook

 

Il y a 2 erreurs grossières :

 

  1. impliquer que le changement = drame = bris de famille automatique. Ce sont des stéréotypes indéfendables.

 

  1. tenter de blâmer la personne qui change de sexe auprès des enfants pour le drame (...depuis que papa est devenu maman) : le déménagement est la faute du papa devenu maman.

 

 

Je passe ma vie à relativiser le mépris de ma transsexualité. Pas besoin en plus de voir ça à la tv dans une estie de pub poche... de Via Capitale

 

Chiffes transphobie

P.S.

Notez que dans mon texte il n'y a pas d'hyperliens vers Via Capitale. Déjà que je rediffuse leur pub merdique, je ne leur donnerai pas du google juice en plus...

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