HOME > RSS > BLOGS France > Observatoire des inégalités

R S S : Observatoire des inégalités


PageRank : 6 %

VoteRank :
(0 - 0 vote)





tagsTags: , , , , , , ,


Français - French

RSS FEED READER



Assistés : les nouveaux boucs émissaires du débat public

8 December, by Observatoire des inégalités[ —]


Les bénéficiaires de minima sociaux sont-ils des assistés ? La dernière vidéo de DataGueule, une « web série » diffusée sur France 4 et Youtube remet les choses à leur place. L'Observatoire des inégalités y a contribué.

Les bénéficiaires de l'aide sociale seraient des profiteurs, voire des tricheurs ? Qui coûte cher à notre système social ? Le montant de la fraude aux prestations sociales représente 350 millions d'euros en 2013 selon la Sécurité sociale. Ce montant est à comparer avec les 20 à 25 milliards, soit près de 60 fois plus, de la fraude aux cotisations sociales des entreprises. Il y a bien deux poids deux mesures dans le débat. RSA, prime d'activité, CMU complémentaire, bien loin de la fraude généralisée, c'est plutôt le non-recours qui est fréquent. Une grande partie des allocataires potentiels ne réclament pas leur dû, par ignorance de leur droit ou par peur d'être stigmatisé. Qui se dore la pilule aux frais de la protection sociale ? L'immense majorité des chômeurs acceptent le premier boulot qui vient, qu'il soit précaire ou mal payé. Comment, sinon, le taux de précarité atteindrait 50 % chez les jeunes qui travaillent ?

Un grand nombre d'élus, de droite ou de gauche, ont trouvé avec les « assistés » une cible facile sur laquelle tirer, pour tenter de s'attirer les faveurs des couches populaires en désignant un bouc émissaire à leurs difficultés [1]. Pour Laurent Wauquiez, député LR de Haute Loire, l'assistanat est le « cancer » de notre société. Image qui plaira aux six millions de personnes qui vivent de minima sociaux. Dans le collimateur d'Emmanuel Macron, ancien ministre de l'Economie, les sans-emploi qui se la coulent douce : « Si j'étais chômeur, je n'attendrais pas tout de l'autre, j'essaierais de me battre d'abord », expliquait-il en 2015.

Notre modèle social est désigné coupable. Coupable de ne pas inciter à la reprise du travail. Et ceux qui en bénéficient responsables de leur situation. Responsables de ne pas avoir des qualifications suffisantes, de devoir travailler dans des secteurs et dans des conditions pénibles, que la société ne reconnaît pas comme dignes d'un revenu correct ? Cela interroge les valeurs de notre société. Qui mérite quoi, et qui décide de qui mérite quoi ? Cela questionne notre solidarité. Notre modèle social ne repose-t-il pas sur le fait que tous, un jour ou l'autre, nous pouvons être en difficulté, sans solidarité familiale, et qu'alors nous ne devrions pas être abandonné sur le bord de la route, avec notre seul sentiment d'échec ? Pour cela, quelques centaines d'euros par mois peuvent aider. Aider, non suffire. Non, on ne vit pas aisément avec 500 euros par mois, le montant du RSA et ce que touche 50 % des chômeurs… C'est moins de la moitié du seuil de pauvreté. Non, on ne vit pas confortablement à enchaîner petits boulots pénibles en intérim et périodes de chômage. Notamment parce qu'on n'a pas de diplômes.

Au fait : qui bénéficie réellement de notre modèle social ? De ses retraites ? D'un enseignement supérieur élitiste, où les ultra-favorisés sont même parfois payés pour étudier ? Qui fréquente l'opéra, les musées et le théâtre, largement subventionnés par notre modèle social ? Les assistés de la France d'en haut sont, eux, intouchables.

Nous sommes tous des assistés et c'est une bonne chose. Nous sommes protégés par un modèle social qui a bien des défauts, mais qui reste parmi les meilleurs au monde. De l'éducation à la santé, en passant par la culture, les routes, les transports, chacun peut compter sur les services publics. À égalité.

Il faut stopper cette spirale, qu'elle soit anti-pauvres ou anti-immigrés, qui entraîne notre pays dans une voie qui ne peut que mener aux tensions et au chaos. Il est temps de réagir avec force contre ces discours qui délitent le lien social. À droite comme à gauche, l'immense majorité des élus ne partagent pas ces valeurs. Il faut traquer les abus qui existent dans tous les milieux, mais il faudrait surtout d'urgence s'attaquer aux besoins concrets de tous ceux qui sont à la peine dans une France en crise, des jeunes en galère, des femmes seules, des sans-diplôme.

Louis Maurin et Nina Schmidt


[1] Le même mécanisme existe avec les immigrés.


L'évolution du niveau de vie au fil des générations


5 December, by Observatoire des inégalités[ —]


A 26 ans, un jeune né entre 1984 et 1988 touchait en moyenne 20 980 euros par an en 2013, contre 18 020 euros pour celui de la génération née entre 1969 et 1973, selon l'Insee [1]. C'est l'un des graphiques [2] les moins connus sur les revenus et pourtant l'un des plus intéressants : il représente l'évolution du niveau de vie annuel selon l'âge et les générations. Il montre par des courbes de couleur le niveau de vie des personnes nées à une période donnée, à différents âges. Il s'agit de données en euros constants (après inflation) pour l'équivalent d'une personne seule, après impôts et prestations sociales.

Si l'on prend le premier point de chaque courbe en suivant le fil des générations, on note qu'il se situe toujours au-dessus de la génération précédente, ce qui veut dire qu'à ce niveau du parcours, chaque génération a un niveau de vie supérieur à la précédente. A 26 ans, le niveau de vie de la génération 1984-1988 dépasse de 16 % celui de la génération 1974-1978. A 41 ans, celui de la génération 1969-1973 est supérieur de 18 % à celui des personnes nées entre 1954 et 1958. Cette première observation tend à relativiser les discours sur l'impact du ralentissement de la croissance sur les générations récentes : elles vivent mieux que les précédentes, d'un point de vue financier. De même, toutes les courbes stagnent en fin de période, ce qui veut dire que chaque génération est marquée par la crise récente, aucune n'y échappe sauf peut-être celle des personnes nées entre 1939 et 1943 (aujourd'hui à la retraite).

Cette lecture mérite d'être nuancée. Tout d'abord, chaque génération n'est observée que durant une quinzaine d'années, au mieux. Les plus anciennes données de l'Insee datent de 1996. Le graphique ne nous dit rien de ce qui s'est passé avant. On ne connaît par exemple le niveau de vie de la génération 1964-1968 qu'entre 31 et 46 ans. On ne sait pas non plus ce que sera l'avenir des générations récentes. A 26 ans, la génération 1984-1988 ne fait pas mieux que la précédente 1979-1983 (les courbes se touchent) : demain, il est possible qu'elle ait un revenu inférieur. On ne connaît pas les trajectoires passées des générations anciennes : les données pour la génération 1919-1923 ne commencent qu'à 76 ans. Enfin, les inégalités sont grandes à l'intérieur des générations, et ce graphique n'en révèle rien.

On remarque pourtant un phénomène étonnant : le dernier point de chaque courbe touche la précédente dans presque tous les cas. Cela veut dire que le niveau de vie de la génération d'après est équivalent à celui de la génération d'avant. Par exemple, la génération 1964-1968 gagnait 23 530 euros à 46 ans (dernier point connu), quasiment la même chose que la génération 1959-1963 au même âge. Pourtant, à 36 ans, les premiers touchaient 9 % de plus que les seconds. Les générations nouvelles démarrent mieux dans la vie mais finissent par stagner au niveau de la précédente, faute d'augmentation des niveaux de vie .

Il y a de quoi s'inquiéter : si leur situation ne s'améliore pas, les générations les plus récentes pourraient se retrouver avec des niveaux de vie nettement inférieurs à ceux de leurs aînés. Le début de parcours de la génération 1984-1988 est édifiant : la courbe augmente à peine. Pourtant, les générations récentes sont bien davantage diplômées que les précédentes et, même si la croissance est plus lente, l'enrichissement du pays continue. La question du partage du revenu entre les générations est loin d'être tranchée et la suite des événements sera intéressante à suivre.



Cet article est repris du Centre d'observation de la société.

Photo / Fotolia.com


[1] Données en euros de 2013, la hausse des prix est déduite

[2] Tiré de l'ouvrage annuel « Les revenus et le patrimoine des ménages », Insee Références, Insee, juin 2016.


L'insertion professionnelle des jeunes : de fortes inégalités selon le diplôme


5 December, by Observatoire des inégalités[ —]


Les jeunes générations subissent, dans leur ensemble, les conséquences d'un marché du travail morose. Mais à l'intérieur de la jeunesse, les écarts sont énormes entre les diplômés et ceux qui ne le sont pas en matière d'emploi. Une synthèse des principales données sur l'insertion des jeunes.

Quel statut pour le premier emploi ?

Les deux tiers des jeunes sortis du système éducatif en 2010 ont signé un contrat à durée déterminée pour leur premier emploi, selon les données du Céreq. Mais c'est le cas de 78 % des non-diplômés contre 65 % des titulaires d'une licence ou d'une première année de Master et 49 % des détenteurs d'un bac+5. Alors qu'un jeune sur cinq (des sans diplômes aux bac+2) est généralement embauché en intérim, c'est le cas de seulement 6 % des bac+5.

Pour mieux comprendre la situation, il faudrait pouvoir entrer dans les détails. Il y a précarité et précarité. Certains contrats temporaires fonctionnent comme des périodes d'essai qui servent de tremplin vers un emploi durable. D'autres, en revanche, souvent occupés par les moins diplômés, installent durablement les jeunes dans l'insécurité de l'emploi, notamment par le biais de CDD renouvelés de façon contraire au droit du travail. Dans l'industrie et le bâtiment, une partie des jeunes non qualifiés, souvent des hommes, va de mission d'intérim en mission d'intérim. De même, il faudrait pouvoir distinguer la situation des jeunes en fonction du type de filière suivie, à niveau de diplôme équivalent. Tous les BEP ne débouchent pas sur les mêmes conditions d'insertion sur le marché du travail, comme tous les bac+5.

Le statut du premier emploi
Unité : %
Contrat à durée indéterminée
Contrat à durée déterminée
Dont intérim
Dont contrats aidés
Non salariés
Non-diplômés157819197
CAP-BEP247217144
Baccalauréat247117145
Bac+2*276920124
Bac+3/4* 31651184
Bac+5 4649635
Ecoles de commerce et d'ingénieurs6136533
Doctorat28571115
Ensemble286715115
* hors santé social.
Source : Cereq - enquête 2013 auprès de la génération 2010 - Données 2010 - © Observatoire des inégalités

Trois ans après la fin des études : les écarts se creusent

Trois ans après la fin des études, les écarts se creusent en fonction des titres scolaires. Les jeunes ayant obtenu un diplôme niveau bac+5 sont 18 % en CDD, contre 61 % des non-diplômés et 44 % des titulaires d'un CAP-BEP. Un marché du travail à double vitesse se constitue entre ceux qui demeurent dans l'emploi précaire et les autres (CDI et fonction publique). Le niveau de qualification joue un rôle essentiel.

Conditions d'emploi des jeunes trois ans après la fin de leurs études
Unité : %
Contrat à durée indéterminée
Contrat à durée déterminée
Non salariés
Non-diplômés33616
CAP-BEP51445
Baccalauréat52426
Bac+2*66286
Bac+3/4*67276
Bac+576186
Ecoles de commerce et d'ingénieurs8974
Doctorat493220
Ensemble59347
* hors santé social.
Source : Cereq - enquête 2013 auprès de la génération 2010 - Données 2013 - © Observatoire des inégalités

Le milieu social trois ans après la fin des études

Un tiers des jeunes ayant achevé leurs études en 2010 appartiennent à la catégorie des professions intermédiaires en 2013, 28 % sont employés, 20 % sont cadres supérieurs et 19 % sont ouvriers. 96 % des titulaires d'un doctorat sont cadres contre 3 % de ceux qui n'ont « que » le bac en poche. 44 % des non diplômés sont ouvriers, c'est le cas de 12 % des bac + 2. Dans un pays où la formation continue est relativement peu développée, les positions sociales acquises à l'entrée dans le marché du travail sont décisives pour la suite de la carrière professionnelle.

Catégorie socioprofessionnelle des jeunes trois ans après leur sortie du système scolaire selon le diplôme
Unité : %
Agriculteurs et indépendants
Cadres supérieurs
Professions intermédiaires
Employés
Ouvriers
Non-diplômés21134044
CAP-BEP31104145
Baccalauréat43264324
Bac+2*311472712
Bac+3/4* (Licence/Master 1)22152214
Bac+5 - Master 21692361
Doctorat<19631<1
Ensemble220312819
* hors santé social
Source : Céreq - enquête 2013 auprès de la génération 2010 - Données 2013 - © Observatoire des inégalités

Le diplôme : un atout contre le chômage

Face au chômage, les inégalités sont encore plus fortes. En 2013, un jeune sans diplôme sur deux sorti de l'école en 2010 était sans emploi, contre 10 % des bac+5 et 6 % des titulaires d'un doctorat. Même si une partie des diplômés connaissent le chômage, c'est beaucoup plus rare que pour ceux qui ne le sont pas. De plus, ces jeunes au chômage perçoivent le plus souvent des niveaux d'indemnités très réduites, quand ils sont indemnisés.

Taux de chômage des jeunes en 2013
Trois ans après la sortie de formation initiale
Unité : %
Taux de chômage
Non-diplômés50
CAP-BEP32
Baccalauréat21
Bac+2*15
Bac+3/4* (Licence/Master 1)13
Bac+5 - Master 210
Ecole de commerce9
Ecoles d'ingénieurs3
Doctorat6
Ensemble23
* hors santé social
Source : Céreq - enquête 2013 auprès de la génération 2010 - © Observatoire des inégalités

Les niveaux de salaire des jeunes

Les non-diplômés, les titulaires d'un CAP ou BEP ou d'un baccalauréat touchent un salaire net mensuel médian d'environ 1 100 euros lors de leur première embauche contre 1 700 euros pour les diplômés d'un bac+5.Trois ans après la sortie du système scolaire, l'échelle des salaires s'est déjà étirée : les jeunes qui n'ont pas ou peu de diplôme ont un salaire équivalent à 1 150 euros, les titulaires d'un doctorat à 2 430 euros. 1 300 euros mensuels séparent ces jeunes, avec des conséquences très concrètes en termes de conditions de vie : surface et localisation des logements, consommation, vacances, loisirs, etc. Au fil du temps, les écarts vont continuer à se creuser.

Salaire mensuel net médian des jeunes
Unité : euros
A l'embauche d'un premier emploi
Trois ans après la sortie du système scolaire
Non-diplômés1 0701 065
CAP-BEP1 1101 225
Baccalauréat1 0901 275
Bac+2*1 2201 435
Bac+3/4* 1 3001 540
Bac+5 1 7002 025
Doctorat2 0302 430
Ensemble1 2001 425
* hors santé social.
Source : Céreq - enquête 2013 auprès de la génération 2010 - © Observatoire des inégalités
Le diplôme, une arme essentielle
Les jeunes connaissent bien des difficultés communes. Mais celles-ci sont très inégales selon les parcours scolaires. Face à la précarité, au chômage et aux bas salaires, le diplôme demeure toutefois un atout essentiel. Pour une partie des plus diplômés - notamment des filières généralistes de l'enseignement supérieur -, la situation n'est pas toujours facile et l'insertion souvent lente. Dans un pays où le titre scolaire est sacralisé, ceux qui ne sont pas dotés d'un diplôme connaissent une insertion beaucoup plus difficile. Une fois dans l'emploi, le faible développement de la formation professionnelle continue et des promotions internes font que, malheureusement, le « ticket d'entrée » décide encore dans de trop nombreux cas de la suite du parcours professionnel. La réussite reste possible, mais au prix d'efforts beaucoup plus importants que pour les salariés diplômés.

Pour en savoir plus :

Photo / © manipulateur - Fotolia.com


Les ouvriers plus fréquemment victimes d'accidents du travail

29 November, by Observatoire des inégalités[ —]


62,6 % des victimes d'accidents du travail [1] sont des ouvriers, alors qu'ils ne représentent que 23 % des salariés, selon les données 2012 du ministère du Travail [2]. Les employés représentent un quart des victimes, les professions intermédiaires, un dixième et les cadres supérieurs 2,2 %. Les ouvriers sont aussi les plus touchés si l'on considère le taux de fréquence d'accidents rapporté au million d'heures travaillées : celui-ci est 17 fois plus élevé chez les ouvriers que chez les cadres (respectivement 42,9 accidents du travail pour un million d'heures travaillées contre 2,5). Les deux tiers (66 %) des accidents mortels concernent des ouvriers, alors que 10 % impliquent des cadres.

Les catégories socioprofessionnelles travaillent dans des conditions qui n'ont rien à voir entre elles, et elles s'exposent à une pénibilité physique et des risques très inégaux [3], dont l'accident est le stade ultime. Les ouvriers, exécutants manuels (souvent des hommes jeunes) ont des séquelles de ces conditions de travail bien plus graves que les autres catégories socioprofessionnelles. L'usure du corps s'en ressent : via la fatigue physique, mais aussi par des limitations fonctionnelles allant jusqu'au handicap permanent. Pour ces métiers pénibles, le travail a un impact bien plus grand que pour les autres sur les conditions de vie.

Accidents du travail par catégorie socioprofessionnelle
Répartition des accidents (en %)
Répartition des accidents mortels (en %)
Taux de fréquence par million d'heures travaillées
Répartition dans la population active (en %)
Cadres2,29,72,518,0
Professions intermédiaires10,011,311,827,0
Employés25,212,917,931,0
Ouvriers62,666,042,923,0
Ensemble100,0100,021,8100,0
Lecture : en 2012, 62,6 % victimes d'accident du travail sont des ouvriers.
Source : Caisse nationale de l'assurance maladie des travailleurs salariés, Insee, calculs ministère du Travail - Données 2012 - © Observatoire des inégalités

Baisse ou hausse des accidents ?

Selon le ministère du Travail, le nombre d'accidents du travail, reconnus par l'administration, a baissé de près de 81 000 entre 2005 et 2013 (de 699 000 à 618 000). Ce phénomène résulte à la fois du développement des politiques de prévention, de meilleurs équipements de protection, de réglementations plus strictes et du déclin de l'industrie, secteur où les accidents sont plus répandus. Entre le milieu des années 1980 et le début des années 2010, la part des accidents ayant entraîné un arrêt maladie est passée de 5,4 à 3,6 pour 100 salariés, selon l'Institut de recherche et documentation en économie de la santé (Irdes). Ceci dit, les enquêtes Conditions de travail du ministère du Travail réalisées à partir des déclarations des salariés indiquent, à l'inverse, une hausse des accidents au cours de la même période : 6,7 % des salariés déclaraient avoir été victimes d'un accident de travail dans les douze derniers mois, en 2013, contre 5,7 % en 2005. Comment expliquer ce décalage ? L'augmentation du nombre d'accidents déclarés dans les enquêtes par les salariés (différent par rapport aux déclarations administratives) peut être lié à une sensibilité croissante : on déclare des accidents qu'on ne déclarait pas avant. Il est aussi possible que la souffrance au travail s'accroisse sans pour autant que cela se traduise par des déclarations administratives, par peur des conséquences que cela peut avoir pour sa carrière. Certains arrêts maladie sont provoqués par le travail sans être comptabilisés comme tels. Dans les enquêtes du ministère menées auprès des salariés, sans conséquences professionnelles pour eux, on retrouve les résultats d'une souffrance bel et bien liée au travail.

Photo / © Alexey Klementiev - Fotolia.com


[1] L'étude du ministère du Travail prend en compte les accidents reconnus par le fait du travail ou à l'occasion du travail provoquant une lésion corporelle ou psychique et ayant entraîné un arrêt de travail d'au moins un jour.

[2] « Les accidents du travail et les accidents de trajet », ministère du Travail, Dares résultats n° 039, juillet 2016.


Le bel avenir de l'État social

29 November, by Observatoire des inégalités[ —]


L'État social ne se réduit pas à la seule protection sociale. Il comprend trois autres piliers : les services publics, le droit du travail et les politiques économiques (budgétaire, monétaire, industrielle, commerciale, etc.) de soutien à l'activité et à l'emploi. L'argument qui a justifié son développement dès la fin du XIXe siècle est simple : si l'initiative privée a du bon, elle ne peut assurer ni le plein emploi, ni la stabilité financière, ni la satisfaction d'une série de besoins sociaux (retraite, santé, éducation…). L'intérêt général n'étant pas réductible au jeu des intérêts particuliers, il y a besoin d'intervention publique. L'État social (dénommé aussi État-providence) existe dans tous les pays du monde (la retraite publique existe aux États-Unis, le Royaume-Uni a un système de santé très socialisé, etc.), même si la forme et la voilure de chacun de ses quatre piliers varient.

L'État social n'est pas mort

La portée de l'État social est souvent sous-estimée. Il s'agit pourtant d'une véritable révolution : à bien y réfléchir, nous ne vivons pas, à proprement parler, dans des économies de marché, mais dans des économies mixtes, avec du marché et de l'intervention publique. Autrement dit, nous vivons dans des économies capitalistes, mais pas « monocapitalistes » : des sphères entières d'activité échappent au capital comme la protection sociale et les services publics.

Le néolibéralisme qui s'est imposé au début des années 1980 a cherché à remettre en cause l'État social. Sur certains domaines essentiels, il est parvenu à changer la donne : avec la finance libéralisée, le libre-échange et l'austérité salariale, un nouveau modèle s'est imposé, très inégalitaire, ce qui a conduit à la grande crise de 2008.

Mais si l'État social a été déstabilisé et rogné par le néolibéralisme, il n'a pas disparu. La dépense publique, qui intègre deux de ses piliers, la protection sociale et les services publics, est plus élevée aujourd'hui qu'elle ne l'était au début des années 1970. En moyenne, elle a augmenté de l'ordre d'un tiers dans les pays de l'OCDE (en France, elle est passée de 40 % du PIB en 1970 à 57 % en 2015).

Une redistribution efficace

De même, il est erroné de soutenir que l'État social ne redistribue plus grand-chose. La redistribution reste massive. Et, fait notable, c'est plus par la dépense publique qu'elle opère que par la fiscalité.

En termes de revenus primaires (salaires, revenus du capital, etc.) [1], avant toute redistribution donc, les 20 % les plus riches perçoivent, en moyenne, 8,1 fois plus que les 20 % les plus pauvres, soit un revenu annuel de respectivement 60 620 euros et 7 510 euros [2]. Les impôts directs (avec l'impôt sur le revenu notamment) et les cotisations sociales contribuent peu à la réduction des inégalités : avec eux, l'écart passe de 8,1 à 7,6 [3].

C'est davantage par la dépense publique que la redistribution se déploie. Les prestations sociales en espèces (retraites, allocations familiales ou chômage…), permettent de réduire l'écart à cinq. Ainsi, si l'on tient compte des revenus primaires, des impôts et cotisations payés par les ménages et des prestations en espèces perçues (on aboutit ainsi au revenu disponible brut des ménages), les 20 % les plus pauvres reçoivent annuellement 10 080 euros et les 20 % les plus riches 50 030 euros.

L'étape suivante prend en compte les effets des transferts sociaux en nature dont bénéficient les ménages, qui correspondent aux services et biens marchands remboursés (médicaments et consultations, allocations logement…) et aux services publics non marchands consommés (écoles, hôpitaux…). Grâce à ces transferts, l'écart passe à 3,2. Au final, d'un écart initial de 8,1, on passe à 3,2 et même à 2,2 si l'on tient compte de la seule consommation finale effective des ménages, les pauvres dépensant davantage qu'ils ne peuvent épargner à l'inverse des riches. Grâce à la redistribution, le revenu des 20 % les plus pauvres fait plus que doubler : il passe de 7 500 euros à 17 480 euros par an – dont 7 400 euros de transferts en nature – soit une hausse de 130 %. La conclusion est limpide : l'État social contribue bel et bien à soutenir le niveau de vie des plus pauvres et, à l'inverse de ce qui est souvent dit, il réduit fortement les inégalités. Mais celles-ci persistent : alors que les 20 % les plus riches accaparent 42 % des revenus primaires contre 5 % pour les 20 % les plus pauvres, la correction opérée par la redistribution donne respectivement 36 % pour les plus riches et 11 % pour les plus pauvres. Il y a donc de la marge pour la justice sociale.

Dépense publique et consommation des ménages

Partant de là, il est possible d'évoquer quelques pistes d'avenir. La plus importante, car l'essentiel se joue dans les têtes, porte sur la nécessité de réhabiliter la dépense publique. Un argument clef ici : si cette dépense (1 250 milliards d'euros en 2015) équivaut à 57 % du PIB (2 200 milliards), cela ne signifie aucunement qu'il ne reste que 43 % pour le privé. La dépense publique n'est en effet pas une « part » du PIB (on la réfère à lui par commodité). Si un tiers de cette dépense sert à payer le travail productif des fonctionnaires, plus de la moitié de cette dépense est constituée de prestations (retraites, médicaments et soins remboursés, etc.) qui alimentent les revenus des ménages et leur permettent des dépenses auprès du privé. La dépense publique n'est pas seulement utile socialement, elle l'est aussi économiquement. Loin d'être un fardeau, elle constitue un élément essentiel du soutien à la consommation et à l'investissement (prestations et allocations diverses, commandes publiques, dépenses des fonctionnaires, etc.).

L'universalisme de l'État social

La seconde piste porte sur les défaillances de l'État social. Il faut se méfier d'un certain discours libéral misérabiliste, qui, au nom de la justice sociale, propose de concentrer les prestations sur les plus pauvres. Cela pour mieux inciter les classes moyennes et les riches à se tourner vers les fonds de pension et les assurances privés. Avec le libéralisme, la redistribution est maximale (les riches paient pour des prestations qu'ils ne touchent pas), mais elle porte sur des queues de cerises. L'État social vise au contraire à apporter un mieux-être social à tous et pas seulement aux pauvres. Il y a toutefois de la marge. Les pauvres, contrairement aux idées reçues, coûtent peu cher : 10 milliards d'euros par an pour le RSA contre 300 milliards pour les retraites. Il y a bien lieu d'étendre et d'augmenter les minima sociaux.

En même temps, il y a lieu de réorienter radicalement les politiques économiques afin de refaire société. Pour réduire le chômage car ce dernier est le principal vecteur à la fois de précarité et de creusement des inégalités, mais aussi pour restaurer la mixité et l'égalité face aux logiques communautaristes de développement séparé qui sapent le vivre-ensemble.

Cela passe notamment par un vaste programme de réallocation géographique des activités et de l'habitat afin d'en finir avec les espaces (certaines « cités » mais aussi certaines zones périurbaines ou rurales) qui sont à la fois des déserts productifs et des zones d'habitat appauvries.

Cela passe aussi par un nouveau pacte social en faveur de l'éducation, de l'accès aux soins, à la culture, au logement, à la sécurité et à la justice. L'emploi y gagnera. De même qu'il gagnera aussi à répondre sérieusement aux défis écologiques (rénovation thermique des bâtiments, transports collectifs, énergies renouvelables, etc.).

L'État social, à l'instar de l'État en général, peut être synonyme de bureaucratie, d'inefficacité. Il convient en permanence de veiller à la qualité du service rendu aux usagers en les associant plus étroitement à la gestion des services. Mais une chose est de reconnaître ces dysfonctionnements pour y remédier, une autre est de les prendre pour prétexte pour privatiser, alors même que le privé est à la fois plus coûteux et plus injuste dès lors que des missions d'intérêt général sont en jeu. Aux États-Unis, pour ne citer que cet exemple, la santé privée coûte très cher, mais l'espérance de vie est inférieure de trois ans à celle des Français. L'État social a décidément un bel avenir.

Christophe Ramaux
Auteur notamment de L'État social. Pour sortir du chaos néolibéral (Mille et une nuits – Fayard, 2012).



Ce texte est un extrait de l'ouvrage « Que faire contre les inégalités ? 30 experts s'engagent », sous la direction de Louis Maurin et Nina Schmidt, édition de l'Observatoire des inégalités, juin 2016, 120 p., 7,50 €.

Commander l'ouvrage


[1] Distribution primaire des revenus : répartition des revenus entre les revenus du travail et les revenus du patrimoine (mobilier ou immobilier), entre les acteurs de l'économie, avant la « redistribution » (impôts et prestations).

[2] Voir « Les transferts en nature atténuent les inégalités de revenus », Insee Première n°1264, 2009. Les données sont de 2003, mais elles portent sur des tendances lourdes qui ont peu varié depuis. Le calcul est fait par unités de consommation, soit une unité pour un adulte ; 0,5 pour les autres personnes du ménage de 14 ans ou plus ; 0,3 pour les moins de 14 ans.

[3] Les impôts indirects (comme la TVA) ne sont pas pris en compte ici.


« Etiquetés par la société »

28 November, by Observatoire des inégalités[ —]



L'affiche « étiquetés par la société » a été réalisée par Lise Bozon, Apolline Girault, Juliette Guillot et Florie Petit à l'occasion du prix « Jeunesse pour l'égalité » 2015 de l'Observatoire des inégalités.


Découvrez toutes les vidéos finalistes

Découvrez toutes les affiches finalistes

Contact :
Nina Schmidt
n.schmidt@inegalites.fr
06 38 67 01 09


Les enfants d'ouvriers sont largement sous-représentés dans l'enseignement supérieur


25 November, by Observatoire des inégalités[ —]


Les jeunes issus du milieu ouvrier sont largement sous-représentés dans l'enseignement supérieur : ils représentent 10,7 % des étudiants selon le ministère de l'Éducation nationale [1] alors qu'ils constituent 29,2 % des jeunes de 18 à 23 ans. Inversement, les enfants de cadres supérieurs représentent 30 % des étudiants et 17,5 % des 18-23 ans.

Ces données pour l'ensemble de l'enseignement supérieur masquent des écarts selon les filières. Pour le comprendre, nous avons calculé le rapport entre la part d'enfants de cadres et celle d'enfants d'ouvriers dans l'enseignement supérieur selon le type d'études. Parmi l'ensemble des jeunes de 18 à 23 ans, on compte 0,6 enfant de cadres pour un d'ouvrier. Dit autrement, les enfants de cadres sont 40 % moins nombreux dans cette classe d'âge.

Dans les sections de techniciens supérieurs (BTS), le rapport enfants de cadres/enfants d'ouvriers est quasiment le même que dans la population des jeunes : on compte 0,7 enfant de cadres pour un ouvrier. Les BTS, et dans une moindre mesure les IUT, bien mieux dotés financièrement que l'université généraliste, sont clairement une voie de promotion sociale pour une partie des enfants des milieux populaires, qui disposent alors de diplômes nettement supérieurs à ceux de leurs parents. Même si cela ne leur permet pas dans tous les cas d'accéder à des emplois du même niveau que ceux occupés par des étudiants sortant des autres filières de l'enseignement supérieur.

C'est ailleurs que l'écart se creuse. A l'université, pour l'ensemble des filières, les enfants de cadres sont trois fois plus présents que les enfants d'ouvriers et plus on s'élève dans les années, moins les jeunes de milieux populaires sont présents (voir le 2e tableau ci-dessous). Dans les classes préparatoires et les écoles d'ingénieurs, c'est huit fois plus. A eux seuls, les enfants de cadres occupent la moitié des places dans ces filières. Dans les écoles normales supérieures, les enfants de cadres sont vingt fois plus représentés que ceux d'ouvriers. De fait, on n'y trouve quasiment pas d'enfants de milieux populaires (2,7 % d'enfants d'ouvriers et 6,7 % d'employés).

L'origine sociale des étudiants selon les filières
Unité : %
Agriculteurs, artisans, commerçants et chefs d'entreprise
Cadres et professions intellectuelles supérieures
Professions intermédiaires
Employés
Ouvriers
Retraités et inactifs
Non renseignés

Part d'enfants de cadres/part d'enfants d'ouvriers
Écoles normales supérieures12,153,212,36,72,74,88,119,7
Ecoles de commerce13,937,16,44,52,55,130,414,8
Ecoles d'ingénieurs (1)11,546,511,77,56,07,49,37,8
Classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE)10,649,512,010,16,46,45,17,7
Université9,130,012,712,710,813,111,52,8
- Dont Institut universitaire de technologie (IUT)11,528,816,915,814,68,73,72,0
Section de technicien supérieur (BTS)10,113,812,015,620,413,115,00,7
Ensemble des étudiants français9,830,311,911,910,711,813,52,8
Ensemble des Français de 18 à 23 ans13,117,517,78,929,26,86,80,6
France métropolitaine et DOM. (1) Y compris les formations d'ingénieurs en partenariat et les formations d'ingénieurs universitaires.
Source : ministère de l'Education nationale - Données 2014-2015 - © Observatoire des inégalités

A la fac, les enfants d'ouvriers disparaissent au fil des études

A l'université, la part des enfants des catégories modestes diminue au fur et à mesure de l'élévation du cursus. Sur 823 633 étudiants en licence en 2014-2015, 14,6 % sont enfants d'employés, 12,7 % d'ouvriers. En master, ces données tombent respectivement à 9,7 % et 7,8 % pour un effectif de 453 721 étudiants et en doctorat à 7 % et 5,2 % (pour 35 482 étudiants). A l'inverse, la proportion de jeunes dont les parents sont cadres, déjà la plus élevée en licence (27,9 %), augmente tout au long du cursus, de 33,5 % en master à 34,3 % en doctorat. Au final, pour les plus diplômés, l'enseignement supérieur universitaire est tout autant sélectif socialement que les grandes écoles même si le tri s'effectue plus tardivement dans le cursus.

L'origine sociale des étudiants à l'université par cursus
Unité : %
Licence
Master
Doctorat
Agriculteurs1,71,71,4
Artisans, Commerçants et Chefs d'entreprises86,75
Employés14,69,77
Ouvriers12,77,85,2
Professions intermédiaires13,611,39,7
Professions libérales, cadres supérieurs27,933,534,3
Retraités, inactifs12,613,620
Indéterminé915,717,4
Effectif823 633453 72135 482
France métropolitaine et DOM.
Source : ministère de l'Education nationale - Données 2014-2015 - © Observatoire des inégalités

L'accès à l'enseignement supérieur a progressé pour toutes les catégories sociales au cours des années 1990. La proportion des enfants d'ouvriers et d'employés ayant accès à l'enseignement supérieur est ainsi passée de 20 à 39 % entre 1990 et 2000. Celle des enfants de cadres supérieurs ou de professions intermédiaires de 50 à près de 80 %. La stagnation, voire la baisse, du taux d'accès à partir de la fin des années 1990 est frappante. L'écart entre milieux sociaux se maintient.

L'enseignement supérieur français présente trois visages : un enseignement court, technique, et doté de moyens (les BTS et les IUT), qui est pour partie accessible aux milieux populaires et peut constituer des voies de promotion sociale ; un enseignement universitaire généraliste, faiblement doté, où les enfants de milieux modestes sont présents, mais au premier cycle et dans certaines filières souvent dévalorisées (ils disparaissent dans les filières sélectives, comme la médecine ou au fil des cycles universitaires) ; enfin, un système de classes préparatoires et de grandes écoles très richement dotées en moyens mais qui n'intègrent les jeunes de milieu modeste qu'au compte-gouttes.

Le système d'enseignement supérieur « n'augmente » pas les inégalités, comme on le lit parfois. Il peut être aussi vecteur de promotion sociale grâce à de bonnes filières techniques. Mais il est vrai que les filières élitistes très bien équipées demeurent particulièrement fermées socialement.



Photo / © WavebreakmediaMicro - Fotolia.com


Les étudiants selon leur origine sociale
Unité : %
Université
Institut universitaire de technologie (IUT)
Section de technicien supérieur (BTS)
Classe préparatoire aux grandes écoles (CPGE)
Ecoles d'ingénieurs universitaires
Ecoles normales supérieures
Ecoles de commerce
Ensemble des étudiants français
Agriculteurs, Artisans, commerçants et Chefs d'entreprise9,111,510,110,611,512,113,99,8
Cadres et professions intellectuelles supérieures3028,813,849,546,553,237,130,3
Professions intermédiaires12,716,9121211,712,36,411,9
Employés12,715,815,610,17,56,74,511,9
Ouvriers10,814,620,46,462,72,510,7
Retraités et inactifs13,18,713,16,49,34,85,111,8
Non renseignés11,53,7155,17,88,130,413,5
Source : ministère de l'Education nationale - Données 2014-2015 - © Observatoire des inégalités , France métropolitaine et DOM
Origine sociale des étudiants en écoles d'ingénieurs
Unité : %
Ecoles d'ingénieurs universitaires
Ecoles d'ingénieurs non universitaires
Agric., artis., commerç., chefs d'entr.10,312,1
Cadres, prof. intel. sup.48,247,8
Prof. interm.13,111,1
Employés7,46,4
Ouvriers6,85,1
Source : Ministère de l'Education nationale - Données 2012-2013 - © Observatoire des inégalités



_


Dans les pays riches, les 10 % les plus fortunés détiennent la moitié du patrimoine

25 November, by Observatoire des inégalités[ —]


Dans les 18 pays de l'OCDE pour lesquels des données comparables sont disponibles, les 10 % au patrimoine le plus élevé détenaient en 2012 la moitié de la fortune totale des ménages [1]. Le dixième dont les revenus sont les plus élevés recevait quant à lui environ un quart de la totalité de la masse annuelle des revenus des ménages de ces 18 pays.

La fortune est hyper concentrée aux États-Unis, où les 10 % de la tranche supérieure détiennent les trois quarts du patrimoine et 29 % des revenus. En Espagne et en Italie, les 10 % les plus fortunés reçoivent la part la plus faible du patrimoine, même si elle représente tout de même 44 et 45 % du total. Encore faut-il être prudent : compte tenu de la place de l'économie informelle dans ces pays, il est aussi possible que la part qui échappe aux statistiques soit plus importante qu'ailleurs. En France, selon les données de l'OCDE [2], le dixième le plus favorisé détient 50 % du patrimoine et un quart des revenus.

À l'autre extrémité de l'échelle, dans ces 18 pays de l'OCDE, le patrimoine des 40 % les moins fortunés représente en moyenne seulement 3 % du patrimoine des ménages et leur part dans le revenu total des ménages s'élève à 20 %. Ces 40 % les moins fortunés ne disposent d'aucun patrimoine aux Etats-Unis, en France, ils n'en détiennent que 2 %. Dans l'ensemble des pays, toute une partie de la population est soit trop jeune, soit trop pauvre pour détenir quoi que ce soit.

Part du patrimoine net des ménages par niveau de patrimoine
Unité : %
Les 10 % les plus riches détiennent...
Les 50 % intermédiaires
Les 40 % les moins riches
Etats-Unis76 %24 %0 %
Allemagne59 %40 %1 %
Canada50 %46 %3 %
France50 %48 %2 %
OCDE-1850 %47 %3 %
Royaume-Uni47 %49 %5 %
Italie45 %50 %5 %
Espagne44 %49 %7 %
Le patrimoine fait référence à la somme des actifs financiers et non-financiers des ménages, nets de dettes ; le revenu correspond au revenu disponible des ménages, corrigé en fonction de la taille des ménages.
Source : OCDE - Données 2012 - © Observatoire des inégalités
Part du revenu annuel total par tranche de revenu
Les 10 % les plus riches détiennent...
Les 50 % intermédiaires
Les 40 % les moins riches
Etats-Unis29 %55 %16 %
Royaume-Uni27 %53 %20 %
Canada25 %55 %20 %
France25 %53 %22 %
OCDE-1825 %55 %20 %
Espagne24 %58 %19 %
Italie24 %56 %20 %
Allemagne23 %54 %22 %
Source : OCDE - Données 2012 - © Observatoire des inégalités

Pour en savoir plus : « Tous concernés : Pourquoi moins d'inégalité profite à tous », OCDE, novembre 2015.

Photo / © Jerome Dancette - Fotolia.com


[1] Le patrimoine mesure la valeur des actifs financiers (actions, obligations) ou non (immobilier, œuvres d'art, etc.). L'évaluation du patrimoine (notamment pour la fortune professionnelle ou les œuvres d'art) repose sur des règles très discutables, il s'agit d'ordres de grandeur.

[2] Attention, ces données ne sont pas comparables avec les chiffres 2015 publiés par l'Insee.


Access city, le premier opus d'un jeu de sensibilisation aux handicaps destiné aux enfants.

22 November, by Observatoire des inégalités[ —]


Du 14 au 20 novembre dernier s'est tenue la 20ème édition de la « Semaine emploi handicap » au cours de laquelle ont été décernés les prix FairEvoluer 2016 à trois projets innovants au rang desquels figure en première place le jeu Access city. Ce projet de jeu, imaginé par Michael Fozeu et Bernard Talopp [1], est destiné à sensibiliser les 9-12 ans aux problèmes d'accessibilité que rencontrent les personnes en situation de handicap.

Comment ça marche ?

Ce jeu – pas encore édité – se présenterait sous la forme d'un plateau autour duquel chaque joueur incarnerait un personnage qui évolue en ville ou à la campagne et s'adonne à ses activités comme aller au travail ou au cinéma. Au cours de leurs déplacements respectifs, les joueurs feraient face à des obstacles (tels que des difficultés d'accès dans les transports en commun) qu'ils surmonteraient en interagissant les uns avec les autres. Le petit plus de ce jeu est qu'il fonctionne avec des cartes possédant un QR [2] qui permettrait aux joueurs d'avoir accès à de nombreuses informations sur les handicaps.

Si le jeu remporte du succès, ses auteurs envisagent de le développer pour différents publics comme des adolescents, des jeunes adultes ou encore des salariés et des dirigeants dans des lieux aussi divers que sont l'école ou le monde du travail.

Pour plus d'informations, cliquez ici ou bien sur l'image ci-dessous :



[1] Respectivement prestataire et ancien salarié de LADAPT (l'association pour l'insertion sociale et professionnelle des personnes handicapées.)

[2] QR (Quick Response) signifie que le contenu du code peut être décodé rapidement après avoir été lu par un lecteur de code-barres, un téléphone mobile, un smartphone, ou encore une webcam.


« Que faire contre les inégalités ? 30 experts s'engagent » : un ouvrage pour agir


22 November, by Observatoire des inégalités[ —]


Et si l'on agissait au lieu de s'agiter ? En matière d'inégalités, l'écart entre les discours et les actes est trop grand. L'ouvrage de l'Observatoire des inégalités donne la parole à des chercheuses et chercheurs qui travaillent au quotidien sur ces questions depuis des années. Certains viennent de publier leurs premiers travaux, d'autres y ont consacré toute leur carrière professionnelle. De l'école aux revenus, en passant par les services publics, la santé ou les inégalités entre les femmes et les hommes, ils dessinent leur champ des possibles.



« Que faire contre les inégalités ? 30 experts s'engagent ». Sous la direction de Louis Maurin et Nina Schmidt, édition de l'Observatoire des inégalités, juin 2016, 120 p., 7,50 € (hors frais d'envoi).

Commander l'ouvrage « Que faire contre les inégalités ? 30 experts s'engagent. »

Économistes, sociologues, juristes, philosophes, démographes : l'ouvrage « Que faire contre les inégalités ? 30 experts s'engagent » rend justice à des travaux trop souvent ignorés par les responsables politiques. Des chercheurs qui « trouvent », on en trouve, pour peu que l'on cherche. La question des inégalités est largement traitée dans la communauté scientifique. Les propositions faites pourraient nourrir des politiques publiques plus conformes aux attentes de la population et redonner du sens à la politique.

A quelques mois de l'élection présidentielle, ce « Que faire ? » n'est pas un bréviaire du militant de l'égalité, un discours-programme de parti. Ses contributeurs ne se sont pas concertés, ne sont pas toujours d'accord entre eux et l'Observatoire des inégalités ne partage pas nécessairement chacune des idées avancées. Mais ces scientifiques ont en commun le sentiment qu'il est urgent de faire un pas en avant et de débattre sur les moyens d'avancer. Nous avons voulu ouvrir une boîte à idées, qui demande à être complétée au gré de l'avancée des travaux des spécialistes, de l'actualité des inégalités. Ce nouvel ouvrage s'adresse à toutes celles et ceux qui souhaitent plus d'égalité dans les faits. Et, bien sûr, à celles et ceux qui nous gouvernent et qui ont les moyens d'agir.

Feuilleter quelques pages du livre

Sommaire

Introductions

Débats

  • Valeurs : L'égalité n'a pas à être performante, Réjane Sénac
  • Sociologie : Comprendre les inégalités n'est pas les excuser, Bernard Lahire
  • Économie : Que peuvent nous dire les économistes ? Pierre-Noël Giraud

Thématiques :

  • Services publics : Le bel avenir de L'État social, Christophe Ramaux
  • Impôts : Quelles priorités pour une fiscalité juste ? Jean Gadrey
  • Pauvreté : Quelles prestations sociales unifier ? Julien Damon
  • Super-riches : Il faut bousculer l'ordre établi, Michel et Monique Pinçon-Charlot
  • École : Faire réussir tous les enfants, Jean-Paul Delahaye
  • Éducation : Refonder enfin l'école, Marie Duru-Bellat
  • Jeunesse : Pour un capital formation, Guillaume Allègre
  • Reproduction sociale : Favoriser l'autonomie des jeunes, Camille Peugny
  • Emploi : Sanctionner les abus du recours aux contrats précaires, Denis Clerc
  • Entreprises : Agir où se crée la richesse, Guillaume Duval
  • Femmes-hommes : Vers l'égalité réelle entre les sexes, Françoise Milewski
  • Couples : Le prix des séparations, Sybille Gollac et Julie Minoc
  • Étrangers : Luttons contre la précarité du droit au séjour, Danièle Lochak
  • Droit de la non-discrimination : Un chantier à ouvrir, Gwénaële Calvès
  • Discriminations ethnoraciales : Les identifier pour mieux les combattre, Patrick Simon
  • Justice : Armer la justice face aux puissants, Laurent Mucchielli
  • Citoyenneté : La politique possible pour tous, Nicolas Framont
  • Logement : Pour une révolution fiscale de l'immobilier, Manuel Domergue
  • Santé : Prendre en compte les dimensions sociales et culturelles, Pierre Volovitch
  • Culture : Démocratiser par l'éducation, Olivier Donnat
  • Inégalités urbaines : Faire émerger la mixité, Marco Oberti
  • Europe : Agir en respectant les spécificités nationales, Cédric Rio
Réalisation
Cet ouvrage a été dirigé par Louis Maurin et Nina Schmidt, membres de l'Observatoire des inégalités. Claire Pavageau en a assuré le secrétariat de rédaction. La conception graphique et la mise en page ont été réalisées par Marc Degois. Anne Brunner, Constance Monnier, Bernard Schlemmer et Valérie Schneider ont aussi contribué à la réalisation, avec l'appui des bénévoles de l'Observatoire des inégalités. Ce livre est publié grâce au soutien de près de 400 citoyens qui se sont mobilisés pour en financer l'édition, par le biais de la plateforme de financement participatif Ulule. Qu'ils en soient tous ici chaleureusement remerciés. De la même façon, il a été édité avec les soutiens complémentaires du magazine Alternatives économiques, de la Fondation Abbé Pierre et de la Macif.
Merci aux donateurs sans qui cet ouvrage n'aurait pu voir le jour :

Daniel Adam, Julien Agogué, Jean-Pierre Ah-Kane, Pierre Aimard, Jean Pierre Alibert, Adellf All, Fabian Alvarez, Roberte Amiel, Christiane Andre, Pierre Apoteker, Anne-Marie Arborio, Camille Arnodin, Barbe Aurelien, Didier Aviat, Frederique Bajart, Antoine Banse, Antoine Banse, Luc Banville-Acard, Vianney Barbin, Rémi Barrère, Didier Barret, Martine Barthelemy, Christophe Baticle, Jérôme Beaufrère, Anya Bellali, Maeva Benamer, Chantal Berby, Hélène Bertheleu, Laurent Beuzit, Eric Beyner, Pascale Bigarré, Cédric Bertolus, Julia Billet, Marie-Laurence Binet, Dominique Birker, Catherine Bizet, Daniel Blanvillain, Marianne Bochard, Sébastien Boche, Sandrine Bohan-Jacquot, Juliette Bonas, Marie-Claude Boninsegna, Noémie Boudet, Nathalie Boulanger, Philippe Boulenger, Michel Boulenger, Dominique-Marie Boullier, Pierre Bourduge, Sami Bouri, Philippe Bourrette, Denis Boutry, Delphine Brajon, Jean-Yves Brana, Catherine Bretenoux, Didier Brisebourg, Claire Bruas, Xavière Brun, Nina Busuttil, Mathias Cadot, Philippe Caillol, Barbara Camus, Nathalie & Jean Candito, Olivier Carbonnière, Philippe Caro, Jean Cartellier, Dominique Cartellier, Emmanuelle Cartellier Gasté, Brigitte Caulier Baba, Gérard Cavalli, Bruno Cavallo, Paul-Marie Cavelier, Eric Ceprani, Jeanne Chaboche, Michèle Chambard, Fabien Chauveau, Annie Chemineau-Crouzet, Lorraine Chenot, Marius Chevallier, Gilles Cholet, Eric Chometon, Jean-Noël Christine, Emmanuelle Clastres, Laurent Claud, Laurent Claud, Jacques Clavier, Véronique Cochard, Grégoire Cochetel, Sylvie Cognard, Amélie Cohen Langlais, Odile Colcombet, Line Colson, Frédéric Combelle, Françoise Comby, Catherine Côme, Jeremy Conan, Sandrine Cormier, Mélanie Cossec, Mélanie Cossec, Michel Coudroy, Arthur Coussy, Sylvie Dalbin, Paule Dandoi, Jean Dangoumau, Valerie Darleon, Marianne Darmon, Simon David, Anne-Claire Davy, Jacques Dejean, Karine Dejoie, Colette Deleplace, Chantal Deletang, Pascale Delhaye, Sandrine Delhomme, Philippe Delvalee, Marc-Philippe Denis, Grégoire Desbrosses, Katia Desgardins, Bruno Devaux, Laurence Diop, Anne-Sophie Doche, Priscille Dolez, Thierry Domenget, Camille Dorival, Didier Doublet, Thomas Doussau, Aurelie Druet, Christian Dubois, Aurélia Dubois, Hélène Duffau, Aude Dulat-Gravier, Cathy Dumont, Martine Dupuis, Eliane Dutarte, François Ehly, Elisabeth Elisabeth Le Guennec, Fabienne Fabienne Rigal, Yves Faucoup, Denise Faulks, Denise Ferrisse, Guy Feuillard, Françoise Fievet, Jean-Pierre Filiâtre, Pascale Filloux, Jeanne Fine, Fabrice Flipo, Astrid Forier, Charles Fornier, Michael Förster, Francoise Fortunato, Jean-Pierre Fournier, Mathieu Frachon, Josette François, Christian Fray, Frederic Frederic Pinaud, Claire Frereux, Nathalie Frigul, Louise Fromard, Alain Gaudou, Marjorie Galy, Geneviève Gandy, Geneviève Gandy, Jean-Paul Garnaud, Roland Gaudin, Marie-Claude Geidel, Eric Gignet, Jean-Patrick Gille, Olivier Gimenez, Laura Girabet, Philippe Girard, Robert Goepp, Jérémy Goldstein, Aurélie Gonnet, Catherine Gorjux Dallery, Philippe Goujon, Bernard Graciannettg, Alain Grandsire, Jacques Gregoire, Mirjana Gregorcic, Joël Grosjean, Isabelle Gueguen, Michel Guglielmi, Bruno Guibert, Godefroy Guibert, Colette Guillopé, Francoise Guionnet, Janique Guiramand, Guy Guy Vaganay, Jacques Guyard, Jean-Pierre Habers, Bernard Haumont, Hélène Henderson, Valérie Himpe, Dan Israel, Fabien Jacob, Jean-Michel Jaouen, Thierry Jeantet, Serge Joanny, Johan Johan Meunier, Emmanuel Jouvin, Annie Jubert, Jean-Luc Kerenflec'h, Marc Kieny, Yorick Kimpe, Maxime Ladaique, Guilleron Laetitia, Rémi Lafon Puyo, Jean Lagoutte, Hervé Lambert, Nathalie Larmanjat, Bruno Ou Lucien Le Bonniec, Mathieu Le Corre, Hervé Le Fur, Frederic Le Glaunec, Fanny Le Gonidec, Olivier Le Moign, Joël Le Page, Noam Leandri, Paul Lebrun, Damien Lecomte, Jean Michel Lefebvre, Gwendoline Lefebvre, Valérie Lefebvre Haussmann, Mariepaul Legras Froment, Sylvain Leignier, Jacky Lelou, Brigitte Lemoine, Emmanuelle Lenglet-Manços, Fanny Lepoivre, Pierre-Marc Leroy, Anne-Isabelle Lesage, Geneviève Letourneux, Arnaud Levy, David L'hénoret, Alain Liénard, Bruno Liscia, Isabelle Madesclaire, Daniel Maffiolo, Graff Maïté, Damien Mansion, Nicolas Marichez, Patrice Martin, Elisabeth Martin, Simon Martinez, Aurélien Mascolo, Jean-Baptiste Mathieu, Nathalie Mathieu, Guy Maurau, Emmanuel Maurin, Brigitte Maurin, Jean Mazenc, Yaël Méchaly, Antoine Meissonnier, Joanna Melodista, Marie Paule Mémy, Jean-Paul Mercier, Camille Mercier, Patrick Merlot, Denis Métivier, Christophe Migliorini, Claire Marie Mille, Serge Millien, Boudjema Mohandi, Constance Monnier, Pierre Monnin, Veronique Moreau, Damien Morel Darleux, Bernard Moriau, François Moriceau, Véronique Mougin, Thierry Mougin, Xavier Mouret, Serge Muller, Frédéric Naulet, Patrick Nivolle, Pa Nivolle, Philippe Nou, Juan Obregon, Olivier Olivier Berard, Véronique Orlandi, Anne-Marie Ozzola, Nicole Pallone, Anne Parisot, Guillaume Pastant, Jean-Jacques Paul, Claire Pavageau, Eric Peigné, Didier Pencreach, Geneviève Picot, Jean-Marc Pierrat, Patrick Pietrzak, Marie-Noelle Pinson, Liliane Piot, Jean-Raoul Plaussu, Guillaume Poignon, Marion Portat, Jean Claude Posson, Frederic Poulain, Victor Pouliquen, Morgan Poulizac, Prabodh Pourouchottamin, Emmanuel Prelle, Marie-Françoise Proust Baudry, Danièle Prouteau, Sarah Psimaras, Gurval Quartier, Jocelyne Rajnchapel-Messaï, Philippe Ralincourt, Annie Rambion, Anne-Loup Rampillon, Frédéric Ransan, Antoine Rault, Catherine Raynaud, Evelyne Reeves, Sylvie Renaut, Cédric Rio, Michelle Rivet, Didier Rodet, Louis Roginski, Christine Roman Dziandzialowski, Nicole Rossi, Claudine Roueff, Manuel Rouger, Jean-Marie Roux, Karine Rouyer, Greg Ruggeri, Isabelle Sabatier, Ricardo Saez, Jean-Yves Sage, Catherine Sahut D'izarn, Bernard Saint-Requier, Marie-Claude Saliceti, Catherine Santi, Marion Santi, Christel Sauvage, Franck Savage, Annaelle Schaller, Jean Scheffer, Bernard Schlemmer, Jean Marie Schmitt, Valérie Schneider, Laurent Schwartz, Matthieu Seignez, Dominique Seydoux, Pascal Sientzoff, Jacques et France Solovieff, Gérard Souchon, Christine Soyez, Christine Soyez Christine, Emmanuelle Stroesser, Pauline Tabard, Jean-Claude Tallot, Alexis Tchernoivanoff, Alain Thalineau, Anne Theau, Bruno Théret, Kader Titi, Sophie Toulouse, Jean-Baptiste Triquet, Frédéric Trouillot, Mireille Tuffraud, Alain Ullern, Eric Van Praag, Eric Van Praag, Claude Valenta, Christian Varnier, Francoise Vauquois, Sylvain Vidal, Benjamin Villain, Joëlle Vincent, Marc Vodovar, Claude Voisin-Roux, Raphael Volovitch, Sandrine Wantz, Benoit Wolf, Samuel Zilber, Michaël Zimmermann, Association des maires Ville et Banlieue de France, CRD-DSU Lyon, Résovilles, Trajectoires Ressources, Villes au carré.










mirPod.com is the best way to tune in to the Web.

Search, discover, enjoy, news, english podcast, radios, webtv, videos. You can find content from the World & USA & UK. Make your own content and share it with your friends.


HOME add podcastADD PODCAST FORUM By Jordi Mir & mirPod since April 2005....
ABOUT US SUPPORT MIRPOD TERMS OF USE BLOG OnlyFamousPeople MIRTWITTER