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(Agenda et revue de presse) du lundi 26 juin 2017

26 June, by Florence Trocmé[ —]


Agenda et revue de presse. Les infos sont publiées en temps réel ici. Voir aussi les tweets dans la colonne de gauche sur le site.
Plus de détails sur chacune de ces informations en cliquant sur leur titre.


Jo Guglielmi ph. famille(Evènement) vendredi 30 juin, Paris, hommage à Joseph Julien Guglielmi
Photo de Joseph Julien Guglielmi ©François Figlarz


 

(Prix) Mérédith le Dez, lauréate du prix Venus Khoury Ghata de poésie française

(Agenda) 25 juin - 22 octobre, Caen, Exposition Intérieur, la nouvelle exposition de l'IMEC

(Radio) Rock et Satori: les chemins de traverses de Zéno Bianu

(Parution) Revue « Secousse », n° 22

 

 


(Notes sur la création) Raphaële George

26 June, by Florence Trocmé[ —]

 

George1Étrange ouverture qui se fait en lisant ou en écrivant. On croit approcher cet homme intérieur, celui qui se réveille avec nous dans certains livres, cet intérieur qui, du profond, ne se fait connaître qu'extérieurement, du dehors. Quelquefois par appels aussi. Soudain on a ce sentiment qu'il vient vers soi au moment où, soi-même lisant, on croit descendre dans l'intérieur. C'est ce qui a lieu avec les livres denses, miracle de l'écriture, où écriture et lecture soudain se confondent. Et nous voici soudain avec cette impression, une sorte de sentiment presque semblable à une très vieille nostalgie, une nostalgie du secret, impression d'être plus savant, sinon plus savant au moins plus calme, plus sage, et en même temps un peu plus étranger à ce vrai qui ne veut pas parler. Et dire que c'est dans cet échange des gouffres que j'éprouve la plus intense émotion, l'impression que le monde m'a été donné pour cette respiration, pour cette entrevision de ce qu'est l'espace hors de nous.
On a de la pudeur à exprimer cette intensité éprouvée, on n'ose pas dire retrouvée. Intensité que l'homme est seul à imaginer et seul à rêver atteindre.
Lorsqu'on quitte un livre où cette intensité semblait régner, nous pousser au-dedans, lorsqu'on s'en défait à la dernière page, c'est l'intensité qui se referme sur elle-même, me laissant dehors dans un rien, dans une chute avec un tout petit bout, un tout petit morceau de mémoire qui me serre à la gorge. Après, je garde cette impression qu'il y a des mots plus pauvres que d'autres.

Raphaële George, Je suis le monde qui me blesse, journal intégral (1976-1985), Éditions Unes, 2017, 192 p., 23€, p.92

 

 


(Archive sonore) Camille Loivier

26 June, by Florence Trocmé[ —]

 

En lien avec des extraits de ses deux derniers livres, Camille Loivier à la "Nuit Remue n° 10" en 2016.



Lien de la vidéo, durée 7’54

 


(Note de lecture), Jean-Paul Klée, "Décembre difficile", par Jacques Morin

26 June, by Florence Trocmé[ —]

 

Klée1JiPéKa dans sa graphie si originale et si singulière continue son travail de dysorthographie. Il y a en effet torsion du conventionnel puisque sa poésie est puissante à tel point qu’elle déborde sur la morphologie des mots eux-mêmes. Et l’on s’en tiendra pour l’heure aux nouveautés syntaxiques de son dernier recueil : graphie revisitée : chewox, mots écourtés : berlüé, limenté, mélioré, apport de l’accolade pour séparer les syllabes et insister sur la diérèse ou forcer le –e muet : grâci[eux, ri[en, la suit[e, … La grammaire bien entendu n’est pas oubliée : J’attendre, j’arpentas, où ss’k’on… Il lui arrive de terminer ses poèmes par deux points (:), ce qui fait soudain déboucher la lecture dans le blanc qui suit, vaste zone improbable et floue. Et je ne parle pas de l’art très personnel de l’enjambement grâce auquel on reconnaît le poète au premier coup d’œil.

Chaque page ainsi traitée garde néanmoins son apprêt lyrique. Jean-Paul Klée pourra parler aussi bien du lointain Orient que du moucheron sous ses yeux, il le fera avec autant de cœur, de délicatesse et d’imagination. N’importe lequel de ses poèmes se rapproche au plus près des enluminures, les dorures résidant cette fois dans les mots et les vers. Deux thèmes reviennent davantage : l’âge et la mort d’abord, et s’il note les dégradations physiques, ce n’est pas pour s’en plaindre, il loue même le bonheur d’être en vie qui lui reste, mais la mort est bien présente et il en parle familièrement comme pour mieux la domestiquer ; ensuite, son œuvre débordante et le désordre qu’il n’arrive pas à résorber et que dire de la joie de retrouver une liasse de textes (800 feuillets !) écrits à 17 ans et de se relire et de redécouvrir. En outre, il y a toujours autant de verdeur chez l’auteur, né en 1943, et une facilité surprenante pour exprimer le charnel Ce troussement de l’intime… dans un poème extraordinaire : « L’ardente roseraie ». Enfin, pour exemple, cette accumulation d’adjectifs caractéristiques du grand auteur alsacien :

absorbés palourdés tricotés balüz
ardés ratiminis caliminés chahütés ou
canardés troués rapiécés kalfeu
très carottés mansardés gamahü
chés bombardés amenuisés vagu
ement floués nourris astik
otés….


Le lire tout au long d’un recueil dans sa diversité demeure un délice unique.

Jacques Morin


Jean-Paul Klée, Décembre difficile, Belladone, 2017, 111p. 12 € ; sur le site de l’éditeur où l’on peut lire un extrait du livre.

voir aussi ces extraits du livre dans anthologie permanente de Poezibao. On pourra aussi relire les cinq entretiens avec Jean-Pascal Dubost : entretien avec Jean-Paul Klée par Jean-Pascal Dubost (1, 2, 3, 4 et 5 avec PDF)

 

 


(Anthologie permanente) Camille Loivier, "j'ai perdu le désir / du non-désir"

26 June, by Florence Trocmé[ —]

 

Camille Loivier vient de publier deux livres : La Terre tourne plus vite aux éditions Tarabuste et Éparpillements aux éditions Isabelle Sauvage. Extraits.


Loivier1AUTOPORTRAIT AU FIGUIER

Je suis partie en Chine
en suivant la route du bouddhisme
de l'Inde au Japon
en passant par Angkor en rêve

À Nankin
j'appris que la femme
est une vessie vide
dans un rire plein de postillons
j'ai persisté
jusqu'à Paris où j'ai eu
mon U.V
sans avoir répondu à
une seule question
longtemps j'ai continué
sur cette voie
sans plus l'idée du maître
qui m'indiqua
quelques repères
précieusement gardés
sur deux bouts de papier
transpercés d'une aiguille

puis j'ai perdu le désir
du non-désir
renoncé au détachement
pour m'attendrir et j'ai enfin
connu la souffrance
l'amour et la naissance
la mort la maladie
l'attente désespérée de ce qui ne vient pas
la joie qui ne dure pas
inquiète et frémissante

j'ai la sagesse de ne plus croire
ce monde éphémère
et de m'y accrocher avec les
ventouses du lierre

je peux à nouveau jouer
du Chopin sans plus broyer du noir
et marcher dans la forêt au printemps
sans étouffer

je ne connais plus ni l'angoisse
ni le spleen, ni dépressive
ni mélancolique

le chapelet que je porte
gravé d'amidôfu
ne sera jamais lisse
et ne m'attache
qu'à toi.

Camille Loivier, La Terre tourne plus vite, Tarabuste, 2016, 104 p., 12€, pp. 16 et 17

/

Loivier2nous sommes les livres de ta mère
et nous avons enfin trouvé un logement
nous sommes cette mère dont tu as été privé
nous sommes les lèvres de ta mère
les livres perdus mêlés et non rendus
les livres qui étaient les mots confiés

nous sommes les livres de la mère
et nous avons enfin trouvé notre place
mais tu cherches encore ceux qui manquent

je suis le fauteuil je suis la mère
de ta mère dont elle ne s'est jamais
souvenue je suis auprès d'elle
chaque nuit je suis avec elle pour
qu'elle me voie au réveil
je suis la mère de ta mère et
je te souris

(…) /

je suis le fauteuil         douce        pas fière et fort instruite
je suis les femmes
jeunes et mélancoliques
attendant ce qui adviendra

je suis la jeune fille et la vie
la reine des aulnes

je n'ai pas peur du silence     en lui
je ne crains rien  réserve et obscurité sont mes amies
bientôt la famille sera rassemblée
il ne reste que ma fille sur terre
mais rien n'effacera l'année où j'ai dû
abandonner mes enfants seuls dans le monde


(tais-toi tais-toi ta vieille rengaine ne touche personne)


je suis le fauteuil je viens pour apaiser
lénifier toute douleur   allonge-toi
quelques instants regarde par la fenêtre
qu'il fait bon fait bon fait bon


pas de rires d'enfants dans le jardin
pas de jardin       que des petits arbres
qui font tomber leurs fruits
(reviens vite)

je suis la durée    je suis l'aiôn      je suis le déroulé
que l'on n'entend pas passer
je cours je vire dans le silence du matin
quand tout le monde dort encore


je suis la rose des sables
sable rouge qui tombe
directement dans la mer
sable et sel unis pour se
dessécher et fondre dans le vent


— les ondulations des dunes forment des drapés de peaux de tigres couchés au sol abattus —

(je suis à la croisée des chemins      la joie
qui naît de la peine      le jonc qui pousse au bord
de l'étang je suis la vie féconde      déchaînée
le puits noir dans lequel tombe toute pensée
l'esprit fin  est ce que je veux explorer)


je suis le milieu dans lequel je vis
je ne suis pas seule      ce qui m’entoure
je me fonds dans le rouge du fauteuil
le fauteuil pense quelque chose en moi
et la pluie de son bruit me traverse
les pensées se frôlent s’attirent
se repoussent et n’ont plus rien à dire

Camille Loivier, éparpillements, Éditions Isabelle Sauvage, 2017, 142 p., 18€, pp. 109 et 123 à 125.

Camille Loivier dans Poezibao :
Il est nuit (par A. Emaz), Enclose (A. Emaz), "Ronds d’eau", par Ludovic Degroote, (note de lecture) Camille Loivier, Joubarbe, par Antoine Emaz

 

 


(Hommage à) Joseph-Julien Guglielmi, par Alain Lance

24 June, by Florence Trocmé[ —]

 

Joseph-GuglielmiEn apprenant la mort de Joseph Julien Guglielmi, je me suis souvenu de notre première rencontre, à Marseille en juin 1960, lorsque j’étais « descendu » pour la première fois de Paris à Marseille, pour le rencontrer, ainsi qu’Henri Deluy car c’était leur revue action poétique qui avait publié mes premiers poèmes. À l’époque il n’avait pas encore ajouté Julien à son prénom. C’était Joseph, l’ami Jo.
Quand un poète nous quitte, c’est la triste occasion de relire son œuvre. Elle est chez lui d’une étonnante vigueur et d’une grande diversité (également sur le plan éditorial puisque Guglielmi a publié chez Comp’Act, Flammarion, P.OL, Farrago, Orange Export et bien d’autres).
Aujourd’hui je me bornerai à donner à lire cet article que je viens de traduire. Dirigeant alors l’Institut Français de Francfort sur le Main, j’ai pu y inviter de nombreux poètes français. Jo était venu à la fin de l’hiver 1990. J’ai retrouvé dans un de ses livres de notre bibliothèque ce compte-rendu de sa lecture.

Un talentueux barbare
Joseph Guglielmi lit ses poèmes à l’Institut Français/ La langue n’est pas sacrée

Celui qui ne le connaissait pas a dû être surpris lorsqu’après la petite réception à l’Institut Français ce fut justement ce monsieur en pull rouge vif, en jeans et en baskets qui s’avança devant le public et prit un des livres disposés sur la table. « C’est lui, Joseph Guglielmi ? » chuchota une dame pour qui un poète doit se présenter autrement. Et effectivement : si on croisait dans la rue cet écrivain réputé, et non seulement en France, on serait tenté de lui donner quelques francs pour qu’il s’achète une bière au lieu de, comme après cette lecture, lui faire dédicacer ses livres.
Avec sa bague à l’auriculaire de la main droite, sa chaîne dorée autour du cou et sa moustache grise de phoque, Guglielmi a la rude allure d’un artiste impitoyable, d’un talentueux barbare. Le rôle du « prolo », parmi les poètes français, lui convient. Non que sa poésie soit brute de coffrage ou non raffinée, au contraire ! Mais à la différence de nombre de ses confrères poètes, la langue française n’est pas pour lui sacrée ou intouchable. Guglielmi ose même trouver le français « plat » et la langue allemande « musicale ». Quand il parsème ses poèmes de constructions verbales italiennes, provençales, anglaises ou allemandes, confie le poète, c’est pour tenter de conférer à la langue française un « relief nouveau ».
« Amour », « mort », « merde », « sexe », dans la communauté des vocables il n’y a pour lui aucune hiérarchie, prévint d’emblée Guglielmi. Cet avertissement était bienvenu. Car ce qui s’est déversé ensuite sur l’auditoire lui en demandait beaucoup, une avalanche de vers, une effusion de langage. Les poèmes tirés des recueils Fins de vers et Le mouvement de la mort cassent la prosodie habituelle, détruisent les relations de sens, jouent avec des échos et l’atonalité.
Le livre dans la main gauche, la droite marquant le rythme, Guglielmi a lu ses vers à perdre haleine, reprenant souffle, buvant une gorgée d’eau et replongeant dans le cours enivrant de ses paroles. À moitié chef d’orchestre, à moitié bonimenteur de foire, il prêtait à ses poèmes une violence et une intensité dionysiaque. Lorsqu’après la lecture Guglielmi avoua qu’il était parfois ému aux larmes en lisant à haute voix ses poèmes, cela n’a sûrement surpris personne.

Ulrike Jamin
Article paru dans le
Rhein-Main-Zeitung, 10 mars 1990.

photo Marché de la poésie

 

 

 


(Poezibao hebdo) du samedi 24 juin 2017

24 June, by Florence Trocmé[ —]

 

300px-Guglielmi-fayeLes dix-sept articles parus dans Poezibao cette semaine (et aussi, pour information, les nouvelles parutions de Muzibao et du Flotoir).
Toutes les mentions en bleu sont des liens, cliquables, qui conduisent aux articles.


Poezibao informe ses lecteurs de la disparition de Joseph-Julien Guglielmi

Entretien :
(Entretien) avec Pierre Drogi, par Emmanuèle Jawad

Notes de lecture :
(Note de lecture), Pierre Dhainaut, "Un art des passages", par Philippe Fumery
(Note de lecture), Claude Ber, "Il y a des choses que non", par Claudine Bohi
(Note de lecture), Cédric Le Penven, "Joachim", par Antoine Bertot

Anthologie permanente :
(Anthologie permanente) Nuno Júdice, "ainsi, / je mets Platon de côté"
(Anthologie permanente) Lionel Ray, "les mots sont d'obscurs miroirs"
(Anthologie permanente) Patrick Wateau, "chose arcane la chose"

Notes sur la création :
(Notes sur la création) Georges Didi Huberman
(Notes sur la création) Susan Howe

Archives sonores :
(Archive sonore) Robert Pinget
(Archive sonore) Pierre Drogi
(Archive sonore) "Les femmes sont-elles devenues poètes"

Agenda et évènements :
(évènement) Le prix Georg Büchner à Jan Wagner, par Alain Lance
(Agenda et revue de presse) du lundi 19 juin 2017
(Agenda et revue de presse) du mercredi 21 juin 2017
(Agenda et revue de presse) du vendredi 23 juin 2017

Les dix-sept livres reçus cette semaine :
(Poezibao a reçu) du samedi 24 juin 2017

Dans Muzibao, une chronique d’André Hirt que Poezibao se permet de recommander tout particulièrement. Intitulée « Le Retrait » elle pose les questions fondamentales de la musique & la politique et la musique & l’Histoire.

On peut aussi découvrir une nouvelle parution du Flotoir, avec notamment Caroline Sagot-Duvauroux, Pascal Quignard, Raphaële George, Maurice Olender, Julien Teyssandier, Susan Howe et Emily Dickinson, les musiciens contemporains Aurélien Dumont et Arvo Pärt, Antoine Volodine, François Jullien, Pascal Quignard, le pianiste Arcadi Volodos, etc.

 

 


(Poezibao a reçu) du samedi 24 juin 2017

24 June, by Florence Trocmé[ —]

 

ManonLes dix-sept livres et revues reçus par Poezibao cette semaine :

○ Christian Prigent, ça tourne, notes de régie, L'Ollave, 2017, 14€
○ Julien Blaine, Débuts de roman *&, Éditions des Vanneaux, 2017, 19€
○ Christophe Manon, Jours redoutables, photographies Frédéric d. Oberland, Les Inaperçus, 2017, 14€
○ Derek Beaulieu, a, A Novel, Jean Boîte éditions, 2017, 29€
○ Camille Loivier, éparpillements, Éditions Isabelle Sauvage, 2017, 18€
○ Paul de Brancion, L'Ogre du Vaterland, Editions Bruno Doucey, 2017, 14,50€
○ Gilles Mentré, Le bruit de la langue, L'Herbe qui tremble, 2017, 14€
○ Gérard Bayo, Jours d'Excideuil, L'Herbe qui tremble, 2017, 14€
○ Estelle Fenzy, Mère, La Boucherie littéraire, 2017, 14,50€
○ Isabelle Alentour, Je t'écris fenêtres ouvertes, La Boucherie littéraire, 2017, 16,50€
○ Roland Chrétien, Rêve un petit livre, Éditions Unicité, 2017, 13€
○ Anne-Cécile Causse, Autrement que la rive, dessins Anaïs Charras, Éditions Unicité, 2017, 18€

Revues :
Gare Maritime, 2017, Maison de la poésie de Nantes, 2017, 17€
Revue alsacienne de Littérature, n°127, le temps, 2017, 22€
Décharge, n°174, 2017, 8€

Un récit
○ Lionel Bourg, Watching the river flow, sur les pas de Bob Dylan, La Passe du Vent, 2017, 13€

Un essai
○ Jérôme Cabot (dir.), Performances poétiques, Éditions Cécile Defaut, 2017, 23€

 

 


(Notes sur la création) Susan Howe

23 June, by Florence Trocmé[ —]

 

HoweLes éditions  Ypsilon ont publié tout récemment Mon Emily Dickinson de Susan Howe, dans une traduction d’Antoine Cazé.


SA CONSCIENCE INTELLECTUELLE

Ne doit jamais être sous-estimée. Une larme est une chose intellectuelle. Dickinson n'écouta pas les pires conseils d'amis qui ne comprenaient pas avec quelle intensité elle recherchait la simplicité, et elle tint compte des meilleurs, recueillis à l'occasion de ses lectures personnelles. Elle possédait un talent synthétique; elle se servit d'autres écrivains, s'empara de lambeaux arrachés à l'effarant effilochement de l'Être chaque fois qu'elle pouvait s'en servir. Sa capacité à muer ces lambeaux en fils d'or joua un rôle crucial. Son don inné pour l'assimilation s'enrichit dans la solitude. Cette cueilleuse éclectique était également capable d'éconduire. D'atteindre l'affirmation dans la renonciation et d'être (elle-même) en dehors. Hors de toute autorité, excentrique, unique.

Susan Howe, Mon Emily Dickinson, traduction d’Antoine Cazé, coll. fragile, Ypsilon, 2017, 263 p., 22€

 

 


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