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(Archive) Pierre Reverdy et Georges Braque

23 January, by Florence Trocmé[ —]

 

Installés dans un salon, Aimé Maeght fait écouter à Pierre Dumayet un enregistrement audio dans lequel le poète Pierre Reverdy s'adresse à Georges Braque qui lui répond au sujet de sa propre utilisation de la couleur. Le poète lit son poème "Cercle doré".


document video INA, durée 7’

 

 


(Note de lecture) Pierre Reverdy / Pablo Picasso, "Le Chant des morts", par Antoine Emaz

23 January, by Florence Trocmé[ —]

 

ReverdyLa collection Poésie / Gallimard a la très bonne idée de proposer pour son 519ème volume une reproduction à l’identique (sauf le format) d’un livre presque mythique, Le Chant des morts, une centaine de pages de poèmes de Reverdy, accompagnés par autant de lithographies de Picasso. Publié en 1948 par Tériade à 250 exemplaires, le livre s’est mal vendu pendant quelques années mais il est devenu ensuite un des sommets de ces « livres à deux mains » ou livres illustrés ou livres d’artistes, que le XX° a élevé au rang de « genre » autonome, tant les collaborations entre peintres et poètes ont été nombreuses, riches, diverses. Si Le Chant des morts est particulier, c’est autant par le génie du poète et du peintre que par le choix de l’éditeur d’abandonner la typographie et de reproduire pour tout le livre l’écriture manuscrite de Reverdy. Ainsi, le poète comme le peintre travaillent en quelque sorte à main levée, et le lecteur saisit visuellement deux gestes vivants, sans l’écart technique produit par la typo. Pour Picasso, le geste est magistral, il « enlumine » (p.VIII) le poème ; pour Reverdy, on remarque quelques ratures, retouches, ajouts, et l’adaptation de la taille des lettres et des interlignes en fonction du nombre de vers par page. Son écriture est vivante et investit l’espace, mais on sent qu’il recopie, sans chercher à profiter de l’occasion pour aller vers une mise en page plus inventive ou originale.

La force du livre tient aussi à la rencontre de deux grammaires ayant chacun une forte cohérence, poétique pour Reverdy, picturale pour Picasso. Ce dernier utilise seulement trois signes (la droite, la courbe, le cercle ou le point) et une seule couleur, un rouge sang. Cela constitue une sorte d’écriture plastique, minimale, abstraite, d’une forte puissance visuelle, un système dont les multiples variations et combinaisons ressemblent à un alphabet dont nous n’aurions pas le code.
Comme le titre le laisse attendre, les poèmes de Reverdy sont très sombres, saturés d’images négatives, en écho à la période historique (la catastrophe de 39-45 est encore très proche), mais peut-être aussi à la menace nucléaire (Reverdy est sensible à cette nouvelle donnée, les notes d’En vrac en témoignent). Et sans doute encore à une détresse plus intime (sentimentale ?). Les poèmes passent d’ailleurs d’un point de vue général, collectif (impersonnel, « nous », « homme » …) au particulier (« je/tu »). Pourtant, et François Chapon le relève très justement dans sa préface, il y a aussi l’expression d’une « irréductible vitalité » et d’un élan vers la beauté : « Et puis nous n’avons / plus de raison / d’avoir peur / Il n’y a plus de place / que pour l’espoir ».

Double page ReverdySi l’on considère l’ensemble de l’oeuvre de Reverdy, d’un strict point de vue poétique ou créatif, on peut préférer la première période (disons jusqu’à Cravates de chanvre en 1922) à la seconde, dont Le Chant des morts fait partie. Cette seconde période me semble marquée par une sorte de libération lyrique, une baisse de la garde ou du contrôle du flux de l’inspiration. E. A. Hubert, dans sa postface, cite Reverdy qui explique ainsi son évolution : « Je m’étais aperçu à temps que presque toute la substance restait en moi, par excès de pudeur, et que j’aboutissais au dessèchement. » Le Chant des morts ne me paraît pas moins pudique que Les Ardoises du toit ; par contre, il est certain que l’on passe à un régime lyrique autre, plus ample et fiévreux, dont les images, surtout lorsqu’elles s’enchaînent en cascade, peuvent faire penser à un post-surréalisme, assez loin sans doute du « contrôle par l’esprit » prôné par Reverdy dans les années « cubistes ». Pour donner un exemple : « Pans de mer qui s’écroulent / Sous l’épaisseur des chambres cuirassées / S’amoncelle le niveau d’or de la fortune / Un coup de plus trop tard sur le plateau / Un coup d’aile de main d’épaule / Coup de soleil au fil de l’eau / Un cou de femme nue dans un collier d’épines ».
Ce point de vue tout personnel posé, il n’en reste pas moins que Le Chant des morts est un livre unique, magnifique, avec des poèmes d’une limpidité magique malgré le sombre, à cause du sombre : « Avec la boue / Avec la pluie / Effacer étouffer l’image / le souvenir le bruit / Ne plus rien entendre / Ni voir ». Avec ce volume Poésie / Gallimard, tout un chacun pourra découvrir ou retrouver, à son gré, cette œuvre d’exception.

Antoine Emaz

Pierre Reverdy / Pablo Picasso, Le Chant des morts, Poésie / Gallimard, 140 pages, poche cat. 4.

 

 


(anthologie permanente) Gérard Cartier, "priser tout ce qui hante"

23 January, by Florence Trocmé[ —]

 

Gérard Cartier publie Les Métamorphoses aux éditions Le Castor Astral.

.la création.

Épouser le monde Priser tout ce qui hante
Ce séjour coloré Le funèbre freux autant
Que la fameuse grouse Abeilles et mouche
Qui bourdonnent jour et nuit à nos tempes
Les tilleuls que le soir brasse arbres à palmes
A épis à gousses l’œillet la fougère
Autant pierres et galets que le Grand Serre
Qu’Aiguebelette un étang dans la tourbe Autant
Que le ciel      et plus     un trou dans le toit où passe
Un fragment du grand Tout    L’air également
Que la terre profonde    L’abécédaire
Y peut-il suffire    si informe contexture
Si diverse     Les hommes      un peu
Et les femmes comme ces rois de l’Inde
Qu’on n’approche jamais sans danger
Des pages en hâte    des carnets
Assez ne peut la main voler Assez
L’œil s’enivrer et la plume véloce
Courir sur la feuille y suscitant le lourd
Et le léger Autant qu’on le peut les créatures
Et les choses inertes    et l’homme également
Un peu…

/

.La dévoration du monde

Sauvages nous sommes Hurons Iroquois
Dans nos sombres cabinets où bruisse à l’aube
La forêt des livres Non moins qu’au-delà
Des mers les Bois-brûlés des pays primitifs
Qui sans répit arpentent l’inconnu
Oreilles lacérées membres frottés de sang
La tête haute ornée de somptueux panaches
Et ceux qui les joues gonflées d’envoûtements
Leur révèlent l’Éternel et dans une tranche
De pain Le transfigurent Ils se les approprient
Et s’en nourrissent avidement Robes Noires
Archevêques suspendus dans la fumée
Comme venaisons Farcis d’aromates
Le cœur et le foie grésillant Et le gras
Des cuisses à rôtir sur des braises odorantes
Non moins qu’eux dans leurs bois de baumiers
Nous courons à l’aventure dans la pénombre
De nos cabinets     dépeçant les poètes
Et nous en rassasiant….

/

.Élégie à la revenante.

Celle du passé du silence des nombres
La belle amnésique    évanouie
Dans la folie des herbes tandis qu’ici
Fuyant d’un pied lent les légendes dorées
Elle s’accomplissait sous des formes changeantes

Celle qui consentait à n’être plus
Livrée au désert    un jardin sauvage
Revenant un matin à l’improviste
Elle nous fait signe et vers la grille
Effondrée sous les ronces nous conduit en secret

Et la voix ravalée s’élève à nouveau
À celle de toujours    son pas dans l’herbe noire
Éprouvant un temps qui peut-être fut mien
Retrouvant sous les buis la source où apaiser
La soif des ardents qui depuis si longtemps

Ne me déchirait plus…


Gérard Cartier, Les Métamorphoses, Le Castor Astral, 2016, pp. 16, 63 et 93.

NB : dans la table dite « Hôtes », Gérard Cartier donne les noms d’Anna de Noailles, Paul Louis Rossi et Yves Bonnefoy pour ces trois poèmes.

Gérard Cartier dans Poezibao :
bio-bibliographie, Le Petit séminaire (parution), extrait 1, (note de lecture) Gérard Cartier, "Le Voyage de Bougainville", par Geneviève Huttin, (note de lecture) Gérard Cartier, "Le voyage de Bougainville", par Claude Ber

 

 


(Poezibao hebdo) du samedi 21 janvier 2017

21 January, by Florence Trocmé[ —]

 

Les quatorze articles parus dans Poezibao (et aussi, pour information, les trois articles parus dans Muzibao, le nouveau site créé par Poezibao) et une nouvelle parution dans Le Flotoir


En premier, Michel Butor :
Le dossier en hommage à Michel Butor, les deux dernières contributions (Raphaël Monticelli et Florence Trocmé) et la récapitulation des douze contributions.
(Dossier) en hommage à Michel Butor : 11. Raphaël Monticelli, « Continuons la route ensemble mon ami », avec un dossier photos
(Dossier) en hommage à Michel Butor : 12. Florence Trocmé, "Les Univers Butor"
(Dossier) en hommage à Michel Butor : les douze contributions

Les notes de lecture, Ariane Dreyfus et François Cornilliat :
(Note de lecture) Ariane Dreyfus, Le dernier livre des enfants, par Jean-Pascal Dubost
(Note de lecture) François Cornilliat, "Envers toi", par Michaël Bishop

Dans l’anthologie permanente, Giovanni Pascoli, Robert Duncan et Hubert Lucot, disparu ce 18 janvier 2017 :
(anthologie permanente) Giovanni Pascoli (1865-1912), traduction inédite de Jean-Charles Vegliante
(anthologie permanente) Hubert Lucot, disparu ce 18 janvier 2017
(anthologie permanente) Robert Duncan, "débris charmants la profusion le gâchis" (par Jean-René Lassalle)

Les archives sonores et visuelles, Claude Vigée, Hubert Lucot et Robert Duncan :
(Archive) Claude Vigée, deux documents
(Archive) Hubert Lucot parle de son livre "Je vais, je vis"
(Archive) Robert Duncan compose un poème (vidéo en anglais)

et aussi
(Poezibao a reçu) du samedi 21 janvier 2017

(agenda et revue de presse) journal du lundi 16 janvier 2017
(agenda et revue de presse) journal du mercredi 18 janvier 2017


Le Flotoir
Une nouvelle parution avec Hubert Lucot, Michel Butor, Marielle Macé, Reinhard Jirgl, Henri Michaux, Leporello, etc.


Muzibao
(petites notes) L’orchestre au travail, Florian Noack, David Oistrakh
(notes d'écoute) Des pas sur la neige
(notes d'écoute) Les webradios de France Musique

 

 

 

 


(Poezibao a reçu) du samedi 21 janvier 2017

21 January, by Florence Trocmé[ —]

 

Les 14 livres et revues reçus par Poezibao cette semaine :

○ Jean-Michel Maulpoix, L'Hirondelle rouge, Mercure de France, 2017, 12€
○ Jean-Patrice Courtois, Descriptions, walden n press, 2017
○ Serge Airoldi, Rose Hanoï, rencontres avec la couleur, Arléa, 2017, 20€
○ Tristan Felix, Observatoire des extrémités du vivant - sortie le 20 février 2017, Tinbad Poésie, 2017, 20€
○ Marius Loris, Matraque Chantilly, Atelier de l'Agneau, 2017, 15€
○ Chantal Dupuy-Dunier, C'est où Poezi ?, Les écrits du Nord, éditions Henry, 2017, 10€
○ CAEDJGFKMCDSCJV, Sept sonnets, walden n press, 2017
○ Gérard Georges, Hier demain jamais, L'échappée belle, 2016, 10€
○ Maryse Leroux, Ancrés, Rhubarbe,2016, 10€
○ Laurence Lépine, Je porte la merveille, Les écrits du Nord, éditions Henry, 2017, 10€
○ Alexandre Pouchkine, Le Comte Nouline suivi de le Coq d'or, traduit du russe par Christian Mouze, Alidades, 2016, 5,70€
○ Nazih Abou Afach, La vie attend tes rêves, traduit de l'arabe (Syrie) par Claude Krul, Alidades, 2016, 5,70€
○ Natyot, Hotdog, Le pédalo ivre, 2016, 10€
○ Revue Arpa, n°118, 12,50€

 

 


(Dossier) en hommage à Michel Butor : les douze contributions

20 January, by Florence Trocmé[ —]

 

Dossier Michel Butor (1926 - 2016)

Poezibao a entrepris en novembre 2016 la publication d’un dossier en hommage à Michel Butor, disparu le 24 Août 2016.
Pour ce dossier (après celui consacré à Yves Bonnefoy), Poezibao a choisi de publier les contributions (douze en tout) une par une, pour donner à chacune toute la visibilité qu’elle mérite. Les contributions ont toutes été publiées sous forme de fichiers PDF, faciles à imprimer ou à enregistrer. Elles sont toute précédées d’une présentation de l’auteur et des liens qu’elle ou il avait avec Michel Butor.
Aujourd’hui, Poezibao remet ce dossier à la Une, et résume ici toutes les contributions.

Première contribution : Mireille Calle-Gruber : Michel Butor ou les énergies du retrait. Faire livre à plusieurs mains.
Lien vers l’article

Deuxième contribution : Henri Desoubeaux et le dictionnaire Butor
Lien vers l’article

Troisième contribution : Christian Skimao, « Un X rassembleur »
Lien vers l’article

Quatrième contribution : Isabelle Roussel-Gillet, « Une dette de liberté envers Michel Butor »
Lien vers l’article

Cinquième contribution : Frédéric-Yves Jeannet, « L’enjeu épistolaire »
Lien vers l’article

Sixième contribution : Adèle Godefroy, « Michel Butor : enseigner à vis(ionn)er juste »
Lien vers l’article

Septième contribution : Miguel Martin, « Une certaine montagne »
Lien vers l’article

Huitième contribution : Marion Coste : « "Votre Faust" de Michel Butor et Henri Pousseur »
Lien vers l’article

Neuvième contribution : Lucien Giraudo, « Mobile, un mode d’emploi »
Lien vers l’article

Dixième contribution : Roger-Michel Allemand, « D’un timbre l’autre »
Lien vers l’article

Onzième contribution : Raphaël Monticelli, « Continuons la route ensemble mon ami », avec un dossier photos
Lien vers l’article

Douzième contribution : Florence Trocmé, "Les Univers Butor"
Lien vers l’article



 

 


(Archive) Hubert Lucot parle de son livre "Je vais, je vis"

http://poezibao.typepad.com/poezibao/2013/11/note-de-lecture-hubert-lucot-je-vais-je-vis-par-anne-malaprade.htmlplay episode download
20 January, by Florence Trocmé[ —]

 

Hubert Lucot - Je vais, je vis - éditions P.O.L : où Hubert Lucot décrit les 3 parties de son livre "Je vais, je vis", la première s'appelant "La Relation", et la troisième "AM BL" et où il est question de la maladie et de la mort d'Anne-Marie, sa femme, de journal et de fiction, de Marcel Proust et d'un paon, d'escalopes de veau et d'une botte de persil, à l'occasion de la parution, aux éditions P.O.L de "Je vais, je vis", à Paris le 4 octobre 2013.
"Pendant plus d'un demi-siècle, un homme et une femme ont vécu un roman d'amour, parfois tumultueux.
Il a 75 ans. Elle a 76 ans. Une équipe médicale détecte chez elle un cancer redoutable.
Il l'accompagne, de sa personne et de toute son écriture. Souvent celle-ci s'attarde sur les beautés et les malheurs de notre planète, sur les mystères de l'être et du temps, captant la sensation brève et le sentiment long." (Préface de Martin Winckler)


Document vidéo, lien de la vidéo, durée 11’07 (enregistré en 2013)

Lire cette note d'Anne Malaprade, dans Poezibao, sur ce livre

 

 

 

 

 


(anthologie permanente) Hubert Lucot, disparu ce 18 janvier 2017

20 January, by Florence Trocmé[ —]

 

L’écrivain Hubert Lucot vient de mourir, ce 18 janvier 2017.

La page d’Hubert Lucot sur le site de son éditeur, P.O.L.
Les deux derniers livres publiés chez cet éditeur : Sonatines de deuil (2015) et La Conscience (2016).


Il a écrit le très beau et émouvant Sonatines de deuil après la disparition de sa femme, Anne-Marie (A.M.) en Août 2012.

8 septembre [2012] 18 h
L’absence d’A.M. n’est pas plus étrange que ne le fut sa présence pendant 54 ans.

18h06  Parfois, son absence est concrète : dans l’embrasure d’une fenêtre où elle soignait ses plantes.

1 heure du matin  Craque une lame de plancher sur 10 cm. Je ressens l’extérieur du pied de mon petit-fils Cédric marchant vite et doux vers la cuisine. Proche mon endormissement ; sur 10 cm, pendant une seconde, le bruit du bois me signifie que je ne suis pas un homme seul.


15 septembre, 13h30
Dans le restaurant-cantine chinois de la porte de Choisy, l’animation conteste l’absence d’A.M. : elle est moi pourrions séjourner à Rome ou à Valparaiso.


16 septembre, 9h06
Ce n’est pas l’absence d’A.M. que je ressens mais son silence, comme si elle parlait ailleurs. Elle m’a quitté pour un autre : le néant.

        9h08  SOUVENT J’ENTENDS LE SILENCE D’A.M.

Hubert Lucot parle de ce livre. (Une vidéo sur le site de P.O.L.)

/

Extrait de La Conscience, paru en 2016 :

Insomnie pendant trois heures, voire quatre, je me lève difficilement à 9h30, toutefois je prendrai plaisir à durcir la matière du chapitre IV (Soulac, Sète).
Durcir par allègement. Mettre au jour la densité du tissu en faisant sauter les verbes être, en préférant l’actif au passif, nous  voyagerons vite sans surpoids, durs et souples H.L. et ses lecteurs, le travail s’effectue dans les profondeurs de la voix.
A 12h15, je me suis dirigé vers le studio de Stanislas, sous le Père-Lachaise. Affolé, il venait de me téléphoner : cette nuit, les urgences de l’hôpital Tenon ont détecté une rhinopharyngite et il a obtenu un arrêt de maladie.
Nous allons déjeuner chez les Landais. Sa santé fait plaisir à voir.
Me dirigeant vers les Buttes-Chaumont, je longe le square Édouard-Vaillant où l’eau règne (feuilles gouttelantes, troncs humides), puis les intestins cimenteux de la grande cité hospitalière Tenon sans habitants visibles, j’éprouve les sentiments attendus mais faibles devant le long séjour d'Aliette se mourant, devant mon enfermement discontinu dans ces murs pierreux ou laqués. J’y rencontrais de jeunes soignants commentant symptômes et organes, parfois je plongeais dans la vie entière de ma jeune sœur que je soulevais à Dainville devant la cage grillagée des lapins, ou bien nous rendions visite à la férocité des oies, aujourd’hui je ressens l’éternité des gouttes et du ciment.

Hubert Lucot parle de ce livre : « je pense du concret et là il y a un affront violent entre la conscience et l’objet. ». Enregistrement du 4 décembre 2016.(Une vidéo sur le site de P.O.L.)

Hubert Lucot dans Poezibao :
Lucot HL, rencontre avec Didier Garcia (parution),
[note de lecture] Hubert Lucot, "Je vais, je vis", par Anne Malaprade,
"Travail du temps", par Anne Malaprade,
[note de lecture] Hubert Lucot, "Sonatines de deuil", par Anne Malaprade

 

 


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