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R S S : Slovar les nouvelles


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Macron, Président de la "Startup nation" de ceux qui deviendront riches ou ... le sont déja

18 April, by Slovar[ —]
Gloire aux "winners" et honte aux "looser". C'est de plus en plus clairement la façon dont notre Président et sa majorité qualifient la réussite des français. Les "loosers" récalcitrants qu'ils soient salariés du public, du privé, précaires ou chômeurs n'ont pas leur place dans la "Startup nation"

Il y a peu, très en verve, Emmanuel Macron, Président de tous les français déclarait : "Une gare c'est un lieu où on croise les gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien". Propos tout aussi insultant que les précédentes déclarations sur les  ouvriers "illettrées" de l'entreprise GAD ou sur  les salariés de GM&S qui "devraient chercher du travail au lieu de "foutre le bordel"  direz-vous. 


En clair, il y a ceux qui font partie de la "Startup nation" ou veulent la fabriquer et les autres ! Et les autres, ça représente beaucoup de français. Qui sont-ils ces récalcitrants ?

Les salariés de la fonction publique. Vieux ennemis des économistes libéraux, d'un certain patronat et d'une partie de la classe politique, ils sont systématiquement accusés d'être des privilégiés qui refusent la prise de risque pouvant mener ... à la sacrosainte réussite !

Quel est donc le salaire moyen "mirobolant" de ces privilégiés ?

"Dans l’ensemble de la fonction publique , en 2014, le salaire mensuel brut moyen en équivalent-temps plein ... d’un agent s’élève à 2 661 euros. Déduction faite des prélèvements sociaux, le salaire net mensuel moyen ... s’établit à 2 205 euros ..." INSEE

 Pour les territoriaux : "... Les trois quarts des fonctionnaires de la fonction publique  appartiennent à un cadre d'emplois de catégorie C (ouvriers et employés, emplois d'exécution), 15% relèvent de la catégorie B (cadres intermédiaires), et 10% de la catégorie A (cadres supérieurs et emplois de direction)... Le salaire net moyen des fonctionnaires de catégorie C s’élève à 1.744 euros par mois en 2015..." Emploi Public

Viennent ensuite, chômage de masse oblige, les salariés du privé qu'on classe à présent entre "insiders" et "outsiders". En clair, les "privilégiés" qui ont un emploi même très mal payé et ceux qui n'en n'ont pas. Ainsi, il est de bon ton d'expliquer qu'au nom de la flexibilité et de la fluidité du marché du travail, chaque "insider" devrait céder sa place à un "outsider". L'ex insider étant pris immédiatement en charge et formé à une nouvelle spécialité et retrouvant le chemin de l'emploi. En résumé, un voyage permanent au pays de Candy !

Car, comme l'écrit Diana Filippova la réalité est toute autre : "...Les insiders ne sont pas ceux qu’on croit : la sécurité et le revenu reposent aujourd’hui sur le capital, les compétences pointues et le réseau. Tous les autres, qui ne possèdent que la force de leur travail, sont des outsiders potentiels... "

Mais, l'objectif de notre Président est ailleurs. En effet, il faut que les salariés de la fonction publique profitent du plan de départ présenté par le gouvernement pour aller s'épanouir dans le privé et que ceux du privé comprennent que chercher un nouvel emploi c'est "old school" !

Hé oui, que ne font-ils tous parte de la "Startup nation". Vous savez, ce "nouveau" monde où avec quelques lignes de code informatique on devient à court ou moyen (si on est moins doué) terme milliardaire. Message qui est également adressé aux couches populaires qui désespèrent de trouver une issue à leur précarité. 

Oui, mais comme l'écrit Slate : " ... Finalement, l’erreur est de s’adresser aux couches populaires en leur proposant la vision du monde et les solutions inspirées de la culture des cadres supérieurs, sans comprendre la violence qu’un tel discours génère. Telles sont les limites de la pédagogie macroniste. Le «rêve californien» se construit sur des inégalités abyssales que personne ne peut esquiver et que tout gouvernement va devoir traiter ..." 

Quant aux chômeurs, selon le Président et sa majorité, ils mettent une mauvaise volonté manifeste à retrouver un emploi. C'est pour cela qu'au lieu de recruter des conseillers pour les épauler, le gouvernement a décidé de recruter 400 nouveaux contrôleurs et de porter ce chiffre à 1000 d'ici 2020. Sans doute une incitation pour ces "privilégiés" qui touchent des indemnités à rejoindre les rangs de ceux qui fabriquent la "Startup nation"

Le social ? "Has been" ! La solidarité ? "dépassé" ! Rien que des valeurs d'une autre époque. Le "nouveau monde" de notre Président lui, trouve ses références dans les discours des libéraux du XIXeme siècle comme François Guizot auteur du célèbre : "enrichissez-vous par l'épargne et le travail" ou Benjamin Franklin : " Quiconque vous dira que la fortune peut s'acquérir par un autre moyen que le travail et l'économie est un empoisonneur public! "
 
Allez, pas de "loosers" dans la France d'Emmanuel Macron ! Car si ceux-ci veulent bien se conformer aux injonctions, l'état sait se montrer aimable à l'égard de ceux qui deviendraient riches grâce à leurs efforts ou ... qui le sont déjà.

En effet, nous rappelle Libération : "... L’OFCE a continué son étude jusqu’à fin 2019, en prenant en compte la montée en charge des différentes mesures. Par rapport à 2017, les 5 % les plus pauvres ne devraient voir leur niveau de vie progresser que de 0,2 %, alors que les 5 % les plus aisés enregistreraient une hausse de 2,2 %. Au total, ils devraient capter 42 % des gains à venir ..." 

Alors, convaincus ? J'en vois déjà qui murmurent : "Mais, c'est le président des riches d'aujourd'hui" Et pourtant, notre Président s'est défendu de cette accusation en déclarant des riches français  : « Ils se débrouillent très bien tout seuls. » Or, comme l'écrit Michel Richard dans Le Point : "... comment ? Ils n'ont pas besoin d'un président ? Ils se débrouillent très bien tout seuls ? Mais pourquoi, alors, lui président, a-t-il supprimé l'impôt sur la fortune pour le remplacer par un simple impôt sur le patrimoine immobilier ? Le président répondra qu'il avait plus en tête l'intérêt général, espérant de cet impôt revisité un investissement accru dans l'économie productive. N'empêche : les riches, pour le coup, ont eu besoin de lui et lui ne les a pas laissés se débrouiller tout seuls ..."

Allez, sceptiques de tous poils, idéalistes qui prétendent à un monde plus égalitaire ou pensent réussir leur vie sans devenir riche, jetez vos préjugés aux orties et rejoignez la "Startup nation" de ceux qui deviendront riches ou ... le sont déjà puisque, c'est la France qu'on vous propose ou plutôt ... qu'on veut vous imposer.


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Medef et retraite : jouer la lassitude des salariés pour mieux vendre la capitalisation

10 April, by Slovar[ —]
Obliger les salariés à partir de plus en plus tard à la retraite en pénalisant fortement ceux qui se contenteraient de l'âge légal. Voila la proposition du Medef qui en fin de compte ne souhaite qu'une chose, lasser les salariés pour les transformer en clients des fonds de pension.

Noam Chomsky le grand linguiste américain expliquait : comment détruire un service public ? : "Commencez par baisser son financement. Il ne fonctionnera plus. Les gens s’énerveront. Ils voudront autre chose ..." C'est en s'appuyant sur cette logique que le Medef et quelques uns de ses économistes affidés veulent susciter la lassitude des salariés pour les pousser dans les bras des bancassureurs


Nous avons pour preuve, récente, l'interview que Claude Tendil a donné au journal Les Echos le 29 mars dernier

Qui est Claude Tendil ? C'est le vice-président du Medef en charge du social et c'est surtout, selon le site de l'assureur Generali France le : "... Président du Conseil d’Administration de Generali Iard" Mais aussi : " ... administrateur de Generali France, Generali Vie, Generali IARD, Europ Assistance Holding, Scor et Eramet" donc un spécialiste de l'épargne individuelle à mille lieues des systèmes redistributifs.

Claude Tendil donne dans l'interview accordée au Echos sa vision qui est donc celle du Medef, de l'âge de départ à la retraite. Extraits : "... Partout chez nos voisins, l'âge de départ se situe autour de 65 ans, voire 67 ans. Nous devons donc inciter les assurés à partir plus tard que l'âge légal, comme nous l'avons fait avec notre accord à l'Agirc-Arrco. Il faudra mettre en place une nouvelle décote suffisamment forte pour que les gens soient incités à partir vers un âge garantissant l'équilibre du système. Et cet « âge d'équilibre » peut être déterminé en fonction de l'évolution de l'espérance de vie, des paramètres économiques, etc."

En fait, rendre l'accès à la retraite de plus en plus difficile avec des perspectives de variation à la baisse des revenus des futurs retraités. Cauchemardesque non ?

Il est bien évident que le Medef sait que vieillir dans l'emploi est de plus en plus difficile puisque les seniors sont ceux qui ont le plus de difficultés à retrouver un emploi.  Surtout en ce qui concerne les chômeurs de 50 à 64 ans particulièrement touchés par le chômage de longue durée.

Si toutes les entreprises ne licencient pas forcément les seniors, bon nombre ont eu recours aux ruptures conventionnelles qui n'était en fait que des préretraites déguisées et payées par l'UNEDIC. Ce à quoi il faut ajouter la toute nouvelle rupture conventionnelle collective utilisée par PSA : "... 900 congés seniors, qui permettent à des salariés proches de la retraite de partir plus tôt tout en conservant 70% de leur salaire ..."  et qui est promise à un "bel" avenir. C'est donc dans ce contexte que Claude Tendil propose d'allonger à perte de vue le départ à la retraite. 

La proposition de monsieur Tendil est un leurre astucieux. Il s'en explique dans la suite de l'interview : "... Les salariés du privé doivent avoir accès à des systèmes de capitalisation avec sortie en rente équivalents à ceux dont bénéficient les indépendants, les agriculteurs et les fonctionnaires. Nous voulons de l'équité. Introduire de la capitalisation serait favorable à la fois pour les salariés, les retraités et pour l'économie française, car la constitution d'une épargne de long terme permet de faire des choix d'investissement structurants. Cependant, qu'elle soit individuelle ou collective, il faut que la capitalisation soit facultative ..."

La dernière phrase de monsieur Tendil est habile car, proposer, comme l'avait fait Laurence Parisot une capitalisation obligatoire donne lieu à un rejet immédiat. En proposant l'option facultative, on passe la "patate chaude" au gouvernement et à sa majorité. Car, plusieurs députés de La République En Marche travaillent actuellement sur la réorientation de l'épargne des français et un projet de loi sur les retraites doit voir le jour en 2019. PJL qui pourrait prendre en compte : "l’âge de départ et de l’espérance de vie moyenne de la génération de l’assuré". Donc, pour l'instant, tout semble raccord entre le Medef et le gouvernement. Reste à savoir si le facultatif ne pourrait pas devenir obligatoire ...

Et qui serait sur les rangs pour collecter cette épargne facultative ou obligatoire de très longue durée qui pourrait dans certains cas durer 30 ou 40 ans ? Un simple regard sur la liste des membres du conseil exécutif du Medef suffira à vous édifier. 

Fédération Bancaire Française
groupe BNP Paribas
Fédération Française de l’Assurance
et bien entendu : Generali France

Quelle épargne, les français dont le salaire moyen est de 2250 € pourraient-ils  consacrer à ce type de "retraite" ? Que se passera t-il lorsque le chômage ne permettra pas d'alimenter son épargne retraite ? Et pour finir, qui peut avoir l'impudence de prédire le rendement de tels plans d'épargne retraite sur des durées aussi longues alors que nous traversons régulièrement des crises ou krachs boursiers ? 

Résumons-nous. Dans une telle approche de la retraite, il est clair que cotiser environ 50 ans pour une retraite qui pourra diminuer au fil du temps pousserait les salariés à se tourner vers la capitalisation. Or, seuls ceux qui disposent de revenus confortables pourront se constituer (comme c'est déjà le cas aujourd'hui) un complément de revenus conséquent.

Les gagnants d'une telle approche ? vous les connaissez, bien entendu. Ce sont les banques et les compagnies d'assurances qui imaginent la formidable rente que représenteraient les frais de gestion et les revenus des placements de ce gigantesque pactole. Une raison s'il en fallait d'être particulièrement vigilants lors des propositions du gouvernement en 2019.


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Faujour

Europe : il est où le projet d'avenir commun ?

28 March, by Slovar[ —]
Si pendant longtemps, la construction européenne nous a été présentée comme la définition d'un projet d'avenir commun, il n'existe plus aujourd'hui que quelques Euro-béats pour y croire. L’obsession de l'orthodoxie financière et économique et la compétition entre pays membres qui en découle ont donné un goût amer à de nombreux habitants de l'UE. 

En marge des beaux discours des dirigeants de la Commission européenne et de certains dirigeants de pays membres, la construction et le fonctionnement de l'Europe sont de plus en plus incompris par ses habitants. Car des envolées lyriques sur l'Europe qui protège à la réalité de terrain vécue par les européens il y a une vraie marge.

Economie

Parlons des délocalisations ou en novlangue européenne des "relocalisations dans l'Union européenne". Que représentent-elles ? : "au sein de l'Union européenne, une délocalisation sur deux a pour destination un autre État membre... Et la proportion est même plus importante encore lorsqu elle est exprimée en pertes d'emplois" Source Public Sénat

D'ailleurs, certaines entreprises revendiquent ces "relocalisations" puisqu'on peut lire sur le site de l'entreprise Colt : "... le « Nearshoring » incarne la délocalisation de proximité. Les avantages pour les entreprises dans les pays de l’Europe de l’Est de l’Union européenne sont notables. Les entreprises bénéficient d’avantages financiers significatifs avec la réduction des coûts de production en comparaison à l’Europe de l’Ouest, mais aussi de facilités d’implantation avec l’usage de langues communes et d’un niveau de compétences élevé. Tout cela participe à la réussite de ce modèle d’un nouveau genre de délocalisation ..."

Du côté des "relocalisations dans l'Union européenne", en Pologne, en Hongrie et République Tchèque, le patronat pleure sur la pénurie de main d’œuvre causée par le départ
des jeunes qualifiés, attirés par les salaires plus élevés à l’ouest. "Il faut dire que en moyenne, les salaires restent malgré tout trois fois plus faibles qu’en Europe de l’Ouest" nous dit L'Usine Nouvelle

Social

Les plus ardents défenseurs de l'Union européenne actuelle argueront que celle-ci a mis en place un "socle des droits sociaux" qui : "énonce une vingtaine de grands principes, organisés autour de trois thèmes : mêmes opportunités d’accès pour tous au marché du travail, des conditions de travail équitables, et une protection sociale plus « inclusive »... pour un salaire minimum dans chaque Etat membre, qui devrait tenir compte des évolutions du niveau de vie et des besoins élémentaires des travailleurs. Et elle invite à combattre le phénomène des travailleurs pauvres ..." Source Le Monde Oubliant au passage de préciser que ces principes sont ... non contraignants

Education

Mettre en avant le sympathique programme Erasmus est bien commode pour nos politiques. Une étude de 2013 vient pourtant nous rappeler la réalité : réalisée en 2011-2012, celle-ci visait à évaluer les compétences de 5 000 individus âgés de 16 à 65 ans. Le résultat ? : "Un adulte européen sur cinq a de faibles compétences en lecture, en écriture et en calcul ..." Certes, les états sont responsables de l'éducation dans chacun de leurs pays mais Erasmus, c'est un peu court comme réponse et comme projet face au problème.

Emploi

Quid des chômeurs et précaires en Europe ? Car ce pourrait être la base d'un avenir commun que de permettre à chacun d'avoir un travail décent.

Pour les chômeurs, lisons une partie de la réponse de la Commission européenne : "...Environ 2 à 3 millions d’emplois sont non pourvus dans l’UE ... L'Europe offre des possibilités énormes à quiconque souhaite se déplacer afin d'aller de l'avant ..." En résumé, prend ta femme et tes gamins sous le bras et abonne toute la famille à Babbel.com pour parler immédiatement la langue de ton nouvel employeur !

En ce qui concerne les précaires, le site BastaMag qui a mené l'enquête  écrit : "... Mais pourquoi l’emploi précaire atteint-il de tels niveaux ? ... Dans leur entreprise de dérégulation des marchés du travail, les gouvernements européens et la Commission se sont basés depuis des années sur des hypothèses et des théories qui se sont révélées fausses et irréalistes. Les commissaires et les ministres nationaux en charge de l’économie ont systématiquement cherché à démanteler ou affaiblir les accords sociaux collectifs, combattu les syndicats et, ce faisant, favorisé les inégalités et l’insécurité au travail. Les pays de l’Union européenne sont aujourd’hui pris dans une course au moins-disant en ce qui concerne les salaires et les droits des salariés, rendant toute réponse au seul niveau national encore plus difficile... "

Alors, il est où le projet ? Il est où l'avenir ?

C'est probablement Pauline Elie qui  écrivait dans un billet publié sur Le Taurillon qui résume le mieux le malaise des citoyens à l'égard du projet européen : "...Il n’y a pas actuellement d’identité culturelle européenne. Tous les idéaux dont ce projet européen est initialement porteur, la paix, la démocratie, la défense des Droits de l’Homme, ne sont plus associés à l’idée d’Europe que la plupart de ses citoyens s’en font aujourd’hui. L’Europe a perdu de sa substance. Le fossé entre ses décideurs et son peuple se creuse. Ce dernier n’appréhende pas l’Europe comme vecteur de ses idéaux. Ces grandes valeurs humanistes, dont plus que jamais nous avons besoin, se sont effacées dans la construction européenne au profit d’impératifs économiques ..."

Alors, il est où le projet ? Il est où l'avenir ?

Christine Lagarde, directrice du FMI, qui soutient l'idée d'Emmanuel Macron de mettre en place un fonds commun "pour les mauvais jours" a voulu apporter sa pierre à l'édifice au travers d'un message des plus inquiétants : "  Citant la montée du populisme et les "appels au protectionnisme", l'ancienne ministre française de l'Économie et des Finances (2007-2011) a souligné que l'embellie de la zone euro était un moment propice pour envisager les scénarios de crise et se préparer à affronter des périodes de récession ..."

Projet, avenir ? A l'Europe, ses dirigeants et aux dirigeants de tous les pays membres de répondre avant de voir tout projet européen disparaître dans l'indifférence et le chaos. 

Lobbying Academy : les formations professionnelles made in Medef

23 March, by Slovar[ —]
Au Medef, on vient de créer une "Academy" pour former ses dirigeants territoriaux et régionaux aux techniques de lobbying auprès des élus, des médias et des réseaux sociaux. De la politique ? non, de la formation de militants lobbyistes.
 
 
Pierre Gattaz l'a répété lors de la dernière campagne présidentielle : "je ne fais pas de politique". Si cette déclaration a pu, à juste titre faire sourire puisqu'il ajoutait dans la même interview : "Mais je constate que François Fillon a mis l'entreprise au cœur de son programme ..." Donc, le Medef ne fait pas de politique ...

Toutefois, la visite du site du Medef propose un programme de formations qui n'est pas innocent en la matière. On découvre en se connectant sur le site une rubrique "formation professionnelle" sous titrée "Lancement de l’Academy by MEDEF : La formation des militants de l’entreprise"

Que propose cette formation ?

Extrait : "Academy by MEDEF est le nouveau programme de formations lancé en mars 2018 par le MEDEF, pour permettre à tous ceux, entrepreneurs engagés, mandataires, collaborateurs des organisations professionnelles, qui défendent l’entreprise et portent ses valeurs, d’être plus efficaces et de faire gagner les idées du monde entrepreneurial" En bas de page, on découvre un lien vers un document beaucoup plus édifiant que la courte présentation de la page d'accueil.

A qui s'adressent ces "formations professionnelles" ?

"Présidents des MEDEF territoriaux et régionaux et de fédérations professionnelles, mandataires, présidents et membres de commissions, référents économiques ainsi que les délégué généraux et leurs équipes des Medef territoriaux et régionaux et des fédérations professionnelles"

Et qu'y apprend t-on ? La formation est proposée par modules et on y trouve, entre autre : 

Politique

"Visites immersives au Sénat et à l'Assemblée nationale.
Deux   visites   distinctes   pour   un   programme-découverte   exceptionnel   au   cœur   des   deux  chambres   du   parlement   français.   Participation   aux  temps  forts  des  commissions  économiques  et rencontre avec les acteurs parlementaires
"

Médias

"L'atelier média : travailler sa relation avec les médias.
Une  plongée  au  cœur  de  la  rédaction  du  média  l’Opinion, le  quotidien  national  dirigé  par  Nicolas  Beytout,  pour  mieux  comprendre  les  enjeux  des  médias et identifier les points clés  d’une  relation  efficace avec les journalistes
"

Les réseaux sociaux

"L'atelier réseaux sociaux : maîtriser ces outils d'influence.
Les   médias   sociaux   ont   révolutionné   l’accès   à   l’information   et   les   façons  
de   communiquer.   Cet   atelier,   réalisé   chez   Linkedin,   premier   réseau   social   professionnel   mondial,   propose   de   s’approprier   ces   nouveaux   modes   de   communication, d’en comprendre les usages pour partager et diffuser efficacement nos messages
"

A quel endroit se passent ces formations professionnelles ?

Aix-en-Provence à thecamp. Description: "Au cœur de 7 hectares de nature, à la lisière d’Aix-en-Provence et Marseille, les 10 000m2 de bâtiments futuristes dessinés par l’architecte Corinne Vezzoni renvoient aux campements nomades pour leur versatilité et leur symbiose avec l’environnement" nous apprend thecamp. voir description complète de thecamp

Un regret, toutefois, nulle indication de prix sur le document. Mais parler de prix pour une formation professionnelle où l'on apprend à domestiquer les médias, à influencer les parlementaires et distiller la bonne parole du Medef sur les réseaux sociaux, ce serait une faute de goût ...



Contrôle des chômeurs : les seniors premières victimes ?

21 March, by Slovar[ —]
Le gouvernement a décidé de mettre en place son opération de contrôle/sanction vis à vis des chômeurs. Les seniors qui sont les plus en difficulté pour retrouver un emploi seront-ils les premiers impactés ?

Tous ceux qui sont passé par Pôle Emploi après un licenciement savent qu'une fois le rituel des documents à enregistrer, la question du conseiller tombe : "Quel est votre projet ?" Si la tentation est forte de répondre : "trouver un travail rigolo", on se contente de balbutier "je ne sais pas encore ...". Si cette question peut éventuellement avoir un sens lorsqu'on a de 30 à 40 ans, elle est terrifiante lorsqu'on à 51, 54 ou 56 ans.


Terrifiante car on sait que c'est surtout dans cette tranche d'âge que les entreprises taillent dans les effectifs. On sait que les ruptures conventionnelles ont permis aux entreprises de se séparer à moindre coût de leurs salariés âgés. En résumé, des pré retraites déguisées et indemnisées par l'UNEDIC.

La nouvelle rupture conventionnelle collective va dans le même sens comme l'expliquait La Tribune. Extraits : " ... le constructeur automobile PSA a annoncé officiellement la suppression de 2.200 emplois, dont 1.300 en rupture conventionnelle collective (et 900 dispenses d'activité pour les seniors) ... Remplacer les seniors par des jeunes, c'est l'une des critiques adressées à la RCC, malgré le contrôle de l'administration prévu sur les discriminations liées à l'âge, le dispositif peut être un dispositif « avantageux » pour les entreprises qui veulent collectivement renouveler le « savoir-faire de leurs salariés ..."

Ajoutons à cela une "douceur" mise en place par la convention d'assurance chômage 2017-2020 qui modifie le nombre de mois d'indemnisation en fonction de l'âge du chômeur. Si les conditions avant le 1er novembre 2017 était les suivantes : 3 ans maximum d’indemnisation pour celles et ceux âgés de 50 à 62 ans qui ont une durée d’emploi de plus de 3 ans. Depuis le 1er novembre c'est : 24 mois d'indemnisation ou 730 jours pour les demandeurs d’emploi âgés de 50 à 52 ans inclus (soit avant 53 ans) à la date de fin de leur contrat de travail. Source L'Humanité.

C'est dans ce contexte où le retour à l'emploi de seniors est de plus en plus difficile que le gouvernement va activer son contrôle des chômeurs. Or, ne nous voilons pas la face, très peu d'entreprises acceptent de recruter un chômeur ayant dépassé la cinquantaine. Et même si la ministre du travail claironne qu'une bonne formation ... et ça repart, il faut être bien naïf pour croire à cette légende. En fait, les seniors sont recalés pour des raisons qui relèvent de la discrimination. Paroles d'employeurs entendues par votre serviteur : "Ils ne tiennent pas le rythme ... pas assez malléables ... inadaptables ... râleurs ... trop chers ..." et pour couronner le tout, ce "chef d’œuvre" : "à cette âge là, il faut s'attendre à des maladies qui vont plomber le fonctionnement de la boîte"

Que va t-il se passer pour ces seniors lorsque les contrôleurs de la ministre vont s'occuper de leur cas alors que les conseillers de Pôle Emploi submergé de dossiers n'ont rien à leur proposer ? Leur faudra t-il aller mendier des coups de tampons dans n'importe quelle entreprise pour ne pas risquer une radiation temporaire ? Seront-ils comme l'expliquait La Dépêche orientés vers des stages pré emploi seniors dont l'issue est plus qu'hypothétique ?

Quant aux organisations patronales, on peu constater avec quel cynisme elles traitent le sujet. Exemple : Le forum emploi Seniors du 7 mars pour lequel elle déclare la main sur le coeur : "...Favoriser le recrutement des seniors. Informer les entreprises et les salariés seniors. Faire évoluer les mentalités ..." Evolution des mentalités ? Capital nous donnait le 1er mars, la vision du Medef sur l'accompagnement de ces chômeurs : "... le Medef propose de revoir leur durée d’indemnisation, notamment en fonction des besoins en formation. Ainsi, au lieu d’une durée actuelle d’indemnisation pouvant aller jusqu’à 36 mois à partir de 50 ans, l’organisation patronale propose une indemnisation évolutive suivant l’âge ..."

Pas de chance pour eux, car s'ils avaient été des "premiers de cordée" ou de "géniaux" créateurs de startup, le Président, ses ministres et les organisations patronales auraient eu des paroles réconfortantes et encourageantes. Dans l'immédiat, ils devront se contenter d'un peu plus d'angoisse au quotidien...

Crédit et Copyright illustration 

Chômage : demain tous précaires ou radiés ?

19 March, by Slovar[ —]
Le constat du gouvernement et de sa majorité est le suivant : les chômeurs sont des indélicats qui préfèrent, par leur insouciance plomber la timide reprise économique. Pour les transformer en "premiers de cordée", Pôle Emploi dont les conseillers croulent sous le nombre de dossiers à traiter va intégrer encore plus de contrôleurs. 


Notre Président et son gouvernement ont décidé de régler le problème du chômage de masse par la pire des façons : Expliquer que les chômeurs ne s'investissent pas dans leurs recherches alors que nombre d'emplois ne trouvent pas de candidats. Bien que prônant une nouvelle gouvernance, nos dirigeants ne font, une fois de plus, que recycler les idées de Nicolas Sarkozy et de Xavier Bertrand sur les "fameux" emplois non pourvus et les offres raisonnables d'emploi.

Que sait on des futures mesures concernant les chômeurs ? 

Selon Le Monde:  "La ministre veut aussi remodeler la notion d’« offre raisonnable » d’emploi, qu’un demandeur d’emploi ne peut refuser plus d’une fois sous peine d’être radié pour deux mois. L’« offre raisonnable » est déjà définie très précisément dans le code du travail. Dans les faits, cette loi, adoptée en 2008, n’est quasi pas appliquée, puisqu’en 2013 77 chômeurs ont été radiés pour ce motif, soit 0,01 % des 544 000 radiations totales. Muriel Pénicaud veut la rendre « pleinement applicable », dans un contexte de reprise où certaines entreprises ont des difficultés à recruter

Nous y voila ! Outre que les radiations temporaires ou définitives permettront d'améliorer les statistiques, il est question de fournir de la main d’œuvre à des entreprises ayant des "difficultés à recruter". 

De quels secteurs parle t-on ? de quels types de contrat ? de contrats de quelle durée ? 

S'ils s'agit de secteurs de pointe, il est évident que le temps nécessaire pour former les chômeurs ne permettra pas une embauche rapide. Pour tous les autres, ne paye t-on pas le fait que depuis des années les entreprises ont négligé voir abandonné toute politique de formation interne ? Aujourd'hui, on veut recruter exclusivement des gens bien formés et immédiatement opérationnels ! Ce que confirmait Le Figaro commentant une étude INSEE : "L'absence de main-d'œuvre compétente est le premier frein à l'embauche" En résumé, la formation que les entreprises n'assument plus assez ou plus du tout, c'est à l'Etat de s'en occuper puisque pour l'instant, les entreprises se pillent entre elles le personnel compétent. 

On est en droit de s'interroger aussi sur le niveau des salaires et les conditions de travail de certains secteurs d'activité qui peinent à recruter. Premier à se plaindre périodiquement, l'hôtellerie et la restauration. 

La lecture du billet d'un professionnel sur le site BlogResto apporte un certain nombre de réponses Extraits : "Pour la majorité des salariés (63 %), si les entreprises du secteur ont du mal à recruter, c'est parce que les salaires sont trop faibles .... les heures supplémentaires non payées (51 %) ... Pour preuve, je corrigeais les BTS à Toulouse, il y a 4 ans maintenant. Un des professeurs me confiait que dans certaines sections il y avait jusqu’à 50% d’abandon 3 ans après l’obtention du diplôme ...

Que dire des services à la personne qui seraient un "gisement" d'emplois non pourvus, pourquoi ne trouvent-elles pas de candidats ? 

 La République du Centre nous en donne quelques raisons dans un article de février 2018 : "seuls 10 % des salariés à domicile travaillent à temps complet. Du coup, sur un an, leur rémunération médiane est de 6.130 €/an ..." 

Quant aux CDD d'une durée de moins d'un mois, ils pullulent sur les sites d'emploi et ne peuvent en aucun cas sortir quelqu'un du chômage.  J'invite d'ailleurs les économistes et politiques qui prétendent le contraire à les occuper avant de les promouvoir.

C'est donc pour pallier aux demandes d'un certain nombre de ces "métiers en tension" précaires ou mal rémunérés que le gouvernement a décidé de recruter des "équipes chargées de vérifier que les demandeurs d’emploi cherchent activement du travail" celle-ci : "seront portées de 200 à 600 agents d’ici à la fin de l’année". Source Reuters  Equipes qui pourront, en cas de refus, radier temporairement les chômeurs.

Provocation, cynisme ou totale méconnaissance du monde du travail ? En ce qui concerne la logique actuelle du gouvernement, on serait tenté de dire les trois mon capitaine. Car, le nombre de vrais tricheurs est marginal. Selon Pôle emploi, cela représente seulement 0,4% des cas"  

Suivant votre logique, doit-on, Monsieur le Président, mesdames et messieurs du gouvernement et élus de la nation tous vous brocarder pour les malversations de certains des vôtres ? 

Le chômage est un traumatisme que j'ai connu et dont on met, en fonction de sa durée, plus ou moins longtemps à se remettre. Ajouter l'humiliation de contrôles à celle de la difficulté de trouver un nouvel emploi est purement scandaleux lorsqu'on connaît le manque de conseillers dédiés à la recherche d'emploi chez Pôle Emploi. 

Néanmoins, ce durcissement vis à vis des chômeurs n'est semble t-il qu'une étape avant le "big bang" de l'emploi. Rappelez-vous ce qu' écrivait Jacques Attali qui fut un des mentors de notre Président : "Le statut de demain, c’est celui d’intermittent du spectacle". Il n'est donc pas surprenant que vendredi dernier Le Monde évoquait l'une des pistes du gouvernement sur l'avenir de L'UNEDIC : "l'une des pistes à l'étude consistait à instaurer un système assez proche de celui qui prévaut pour le régime des intermittents du spectacle." De quoi permettre au gouvernement de revendiquer à terme le plein emploi grâce à une précarité totale ...

Illustration : Charb










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