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R S S : Terres de femmes


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Alain Borne | Regardez mes mains vides

5 de juliol, per  Angèle Paoli[ —]
« Poésie d’un jour



Coubine
Dessin d’Othon Coubine (1883-1969)
in Alain Borne, Regardez mes mains vides, 1945.







REGARDEZ MES MAINS VIDES



Regardez mes mains vides
avec le vide j’ai fait des mains
et des crimes sous ces mains
et de la peine sous ces crimes
et de la joie dans cette peine.

Regardez mes yeux vides
avec le vide j’ai fait des yeux
que j’ai fermés dans des visages
sourires et larmes tous les jeux
dans la piste de ce cirque.

Avec le vide j’ai parlé
plusieurs dans ma voix
et le silence parmi tous.

Peine à peine je meurs
je descends sous mes jours visiter les racines
que le monde s’enroule alliance à mon doigt
ne coupez pas ma main châtieurs d’innocence
dans le noir elle parle au murmure du sang.



Alain Borne, Regardez mes mains vides, Les Bibliophiles alésiens, Presses des Ateliers Henri Peladan, Uzès (Gard), 10 octobre 1945, in Seuils, suivi de Regardez mes mains vides, Op. 10, Treize, Voix d’Encre, 2016, s.f.





Alain Borne Seuils





ALAIN BORNE


Alain Borne portrait
Source




■ Alain Borne
sur Terres de femmes


L’eau seule est nue (poème extrait de Terre de l’été)




■ Voir aussi ▼


le site Alain Borne
→ (sur le site de la revue Les Hommes sans Épaules) une notice sur Alain Borne, par Christophe Dauphin







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Frédérique de Carvalho | [à part elle]

4 de juliol, per  Angèle Paoli[ —]
« Poésie d’un jour


[À PART ELLE]





à part elle           ce matin le lac est une flaque de
mercure le ciel ricoche en
surface
le regard fixe l’impact et ne
traverse pas


elle dit que son travail de vivre est de bouger les immobiles
elle dit de déplacer la pierre
elle ne sait pas comment
dans l’apparence tout semble simple on dirait que le mouvement
lui appartient presque qu’il est naturel qu’aucun effort à être ne
paraît que la parole coule comme respire qu’il n’y a rien qui pétrifie
ni aura pétrifié ce qui n’empêche pas la mémoire



elle se souvient   la buée sur la vitre le lent voyage à ne pas oser
effacer la petite couche grise et froide devant
les yeux qui bloque le paysage à ne pas
faire le geste et se laisser conduire dans l’effroi de
n’y rien voir et de n’y
rien pouvoir

la voix nouée en fond de gorge de ne pas
répondre à la question de ne pas oser la parole et
tout ça qui s’enfonce dans
un silence rouge où le cœur

elle se souvient de la paralysie

et de la double vie au miroir de soi

et de l’invention d’un geste de parole



Frédérique de Carvalho, barque pierre, éditions Isabelle Sauvage, Collection pas de côté, 29410 Plounéour-Ménez, 2020, pp. 43-44.





Frederique de Carvalho  Barque pierre




FRÉDÉRIQUE DE CARVALHO


Frederique de Carvalho 2





■ Voir aussi ▼


→ (sur le site des éditions Isabelle Sauvage) la page de l'éditeur sur Barque pierre
→ (sur Terre à ciel) un entretien de Frédérique de Carvalho avec Roselyne Sibille





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Hommage à Françoise Hàn | Lever du jour, Lettre

3 de juliol, per  Angèle Paoli[ —]
« Poésie d’un jour



Frontispice 2
Frontispice de Greta Knutson
in Françoise Hàn, « Lever du jour »,
Dépasser le solstice ?, 1984.







LEVER DU JOUR | LETTRE




Tu es dans mon écriture
tu n’y serais pas
si tu n’existais pas en dehors d’elle
elle est
intensément
l’un de tes modes
d’être

Je t’écris
ne veut pas dire
j’écris à toi
mais j’écris
toi

J’écris ta vérité
dans ma propre vérité
ta présence
dans ma présence à la vie

Je ne t’enferme pas
quand j’écris
tu ne m’enfermes pas
quand j’écris



Françoise Hàn, « Lever du jour », Dépasser le solstice ?, éditions Saint-Germain-des-Prés, Collection Poètes contemporains, 1984, page 20. Avec un frontispice de Greta Knutson.





Han  Lever le solstice




FRANÇOISE HÀN (1928-2020)


Françoise Han  portraits





■ Voir aussi ▼


→ (sur Levure littéraire) une page Françoise Hàn
→ (sur Levure littéraire) entretien de Rodica Draghincescu avec Françoise Hàn
→ (sur Recours au Poème) Brisures de mots : la poésie de Françoise Hàn (article de Véronique Elfakir)





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Mikaël Hautchamp | [Étreinte par un signe]

2 de juliol, per  Angèle Paoli[ —]
« Poésie d’un jour


[ÉTREINTE PAR UN SIGNE]

Étreinte par un signe,

avec la tour devenue livre, et la vallée devenue liane, avec la rumeur des tourments, le signe du secret gravé en pointillé dans le sable d’attente, elle passait par le rêve, le jeu de leur évolution, avec le sang des cathédrales, avec la plaine en colline, et le moteur devenu fronde, fougère du sérail, cahotant de reprise, avec un ciel de migraine, et ce recul des attentes, elle dansait le possible, la mue fréquente de leur monde, elle rêvait par sa danse le timbre du moment,

avec le lieu devenu vide, et la vallée encore vallée, elle dansait les orbites, la crèche sans retour d’un rythme de spirale,

elle était lionne, moteur à vif, prière de rails, voile d’un tissu décomposé, elle était bond, saut de la ligne, cheval d’attribut affublé de valises, quai d’ombre, poutre de seuil devenue rat, sirène d’avenir, regard baissé par la peur de déplaire, désir passé au crible des banquettes, des rebonds de combat, elle voyait par sa danse le jeu d’évolution que les rêves des autres portaient comme une offrande.




Mikaël Hautchamp, Le Vol des oiseaux filles, 31, Cheyne éditeur, Collection Verte, 2019, pp. 48-49. Prix Max Jacob 2020.





Mikaël Hautchamp  Le Vol des oiseaux filles 3



MIKAEL HAUTCHAMP


Mikaël Hautchamp portrait 2





■ Voir aussi ▼


→ (sur le site de Cheyne éditeur) la page de l’éditeur sur Mikaël Hautchamp





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Philippe Leuckx | [Tu marches dans ta ville]

1 de juliol, per  Angèle Paoli[ —]

« Poésie d’un jour


[TU MARCHES DANS TA VILLE]

Tu marches dans ta ville le soir un peu comme un intrus qui se trompe de porte et d’air.

Tu rentres les épaules pour ne pas subir la beauté qui t’afflige.

Parfois, il te semble que vivre est au-dessus de tes forces.

Mais la grande tendresse balaie et tu ne peux échapper
Aux secousses du cœur qui s’épanche
Pour te donner étai.



On ne sait presque rien de l’été qui s’enfuit ni de l’âge que prennent les choses.

Qu’est l’oiseau pour la rose qu’il frôle ?

Qu’avons-nous caché qui ne soit prescrit ou oublié ?

Dans l’avancée du temps, nous ne laisserons aucune demeure ni même des courses folles un papier.

L’espace d’une buée ou d’une poussière de tulle, nous aurons pu rêver à l’envers d’un rêve.



Philippe Leuckx, Poèmes du chagrin, éditions Le Coudrier, 2020, pp. 18-19. Avant-lire de Jean-Michel Aubevert.





Poemes du chagrin




PHILIPPE LEUCKX


Philippe Leuckx
Ph. Christelle Dossche




■ Philippe Leuckx
sur Terres de femmes

[Le soir](poème extrait de Ce long sillage du cœur)
Ce long sillage du cœur (lecture d’AP)
D’obscures rumeurs (lecture d’AP)
[Il reste au-dessus du jour quelque vœu d’enfance](poème extrait de D’obscures rumeurs)
[Laisse la nuit s’éclairer sous tes yeux](poème extrait de Doigts tachés d’ombre)
[On ose à peine la lumière](poème extrait de L’Effeuillement des choses vers les confins)
[On a vécu sous le verre] (poème extrait de L’imparfait nous mène)
[J’assume mes greniers d’enfance](poème extrait de Maisons habitées)
Le Mendiant sans tain (extraits)
Piéton de Rome, 13 (poème extrait de Rome rumeurs nomades)
[Parfois il est bon de s’égarer](poème extrait des Ruelles montent vers la nuit)




■ Voir aussi ▼

→ (sur le site des éditions Le Coudrier) la page de l’éditeur sur Poèmes du chagrin





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Julien Bosc, Le coucou chante contre mon cœur

par Angèle Paoli
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Julien Bosc, Le coucou chante contre mon cœur

par Angèle Paoli

30 de juny, per  Angèle Paoli[ —]

Julien Bosc, Le coucou chante contre mon cœur,
éditions le Réalgar,
collection l’Orpiment dirigée par Lionel Bourg, 2020.
Postface de Jean-Claude Leroy.



Lecture d’Angèle Paoli


FAIRE MÉMOIRE DE « L’HUMBLE FRATERNITÉ »




Écrire pour énoncer ce qui persiste de non-dit et de douleur, écrire pour dénoncer. Même si. Même si « la langue manque ». Écrire pour dénoncer l’ampleur de la catastrophe qui ne cesse de se répandre et de nous engloutir. Écrire pour tenter de vivre dans un monde devenu de longue date irrespirable. Vivre malgré l’horreur qui tisse ses ramifications d’amont en aval du temps. Et, pour vivre malgré tout, que faire d’autre sinon s’en remettre au chant des oiseaux, à leur voix bienveillante, à leur présence réconfortante ? Quoi d’autre sinon écrire ces menus bonheurs qui survivent dans la tourmente ?

Julien Bosc, poète d’intense sensibilité et poète tourmenté, laisse derrière lui un dernier chant, publié à titre posthume. Le coucou chante contre mon cœur. Ce chant, d’aucuns ont pu en découvrir, à travers des extraits, le souffle prenant. C’était en 2017, lors d’une ultime rencontre du poète avec son public. Vaste et poignant, le chant draine dans les poèmes passé et présent, histoire personnelle et histoire des hommes, l’une à l’autre indéfectiblement liées. Le chant est épopée, qui tient à la fois de l’intime et du conte africain, mêlant rêves et vécu, l’expérience du manque et celle des plus profonds désirs. L’abandon et le désarroi. Le poète se fait aède des temps obscurs qui sont les nôtres. Vivre et se taire sont désormais inconciliables. Comment supporter le silence et l’indifférence qui encagent les tragédies d’aujourd’hui dont nous sommes les témoins passifs ? Et dont chacun porte en soi une part de responsabilité !

« Qui pour entendre leurs cris ?
Personne ou si peu
Qui pour les secourir ?
Une poignée
La seule qui pourra dire après
Nous savions tous
Vous avez laissé faire
Les coupables c’est vous

Et vous c’est moi
À qui la langue manque :
Pour dénoncer. »

Ainsi se clôt le chant du poète par ces mots vibrants qui secouent et mettent chacun de nous au pied du mur.

La geste du poète est grandement liée au lieu de vie qu’il s’est choisi. Un lieu de vie et d’écriture qui apparie mer et campagne, jardin et écume, oiseaux des charmilles et fous de Bassan. L’espace trouve ici sa symbiose « au milieu de l’océan-la-maison ». C’est « un îlot de même pas cinq cents mètres carrés/À mille et mille lieues des côtes ».

Ce lieu est le « phare » où abriter la détresse, loin du lieu des origines, loin de la tragédie qui a engendré la détresse. Lieu d’exil et de solitude où « tout oublier du dedans ».

« Du phare mon lieu ma peine mon exil j’ai vue sur les quatre océans
Les mers intérieures
Vue sur l’humanité aveugle et sourde… ».

Pourtant, face à « l’innommable » et à la folie, les chemins s’entrecroisent où s’entremêlent formes et êtres, vagues et forêts, oiseaux et fleurs, images et souvenirs. Situer dès lors importe peu, comme l’énonce le poème anaphorique d’ouverture, où s’énumèrent tous les possibles :

« Nous pourrions dire une forêt
Ou le bord de la mer
Ou la mer
Ou la nuit de la mer la nuit de la forêt
Ou les mois sans pluie les feuilles sèches sous les pieds
Ou les brisures de coquillages
Ou rien
Ou cette porte repeinte couleur ciel quand il est à l’orage
Ou n’être plus là
Ou plus rien plus un mot plus rien que le blanc dans la nuit. »

Dizain après dizain, les chants de la geste se suivent, qui alternent les tableaux où se disent, sous forme d’inventaire, des vérités générales au présent toujours actuel ou des infinitifs à valeur impérative. Autant d’actes à accomplir pour tenter de juguler la souffrance et continuer à vivre.

« Parler malgré l’ablation de la langue » pour dire et pour nommer les composantes d’une réalité qui échappe et qui s’épuise. Qui saigne et qui se meurt. Pour dire l’étourdissement que suscite l’incompréhension.

« Mais comment ?
Comment suis-je arrivé là ? »

Au cœur du questionnement survient le retour sur le passé, l’aveu de ce qu’il fut. Marqué des signes qu’un enfer indélébile a semés en lui et que le poète tente de s’approprier. Nommer pour comprendre. Juste nommer, pour ne pas oublier. Émerge au cœur du chant l’aveu de la judaïté originelle, source de bien des maux.

« Je porte en moi les souffrances d’un nom […]
Si sont miens les chants ou souffrances de ce nom
C’est que respire en moi le grand amour du Livre.

Non pas celui qui fut offert
Allégé de voyelles
Celui qu’il faut écrire
Partant de rien… ».

Des maux auxquels viennent s’adjoindre les maux d’aujourd’hui, le sacrifice de milliers de naufragés, suppliciés de nos mémoires brèves et de nos indifférences.

Autant de désastres qu’accompagne une cohorte de sentiments douloureux et de déchirures. Folie, exil, extrême solitude. Avec pour découverte la solitude de la nature, désormais unique compagne consolatrice et bienfaisante. C’est sans doute dans cette présence fidèle que le poète puise la force de réapprendre à vivre. Au plus près des gestes premiers, gestes vitaux. Lesquels sont nécessaires pour

« Inventer l’ombre
Recréer une langue
L’apprendre l’écrire s’y perdre et en revenir ».

Il arrive que le chant s’ouvre sur des horizons plus vastes et plus tragiques. La mer ne charrie-t-elle pas avec elle son poids récurrent de chairs sacrificiées ? Comment vivre avec cette violence ? Comment ne pas entendre les voix qui sourdent au creux des vagues ? Comment supporter cette réalité nouvelle « d’un monde abandonné des nécessaires humanités » ? Au milieu de sa nuit, dévoré par les voix des fantômes qui hantent sa mémoire, le poète se met à l’écoute de ce qu’elles ont à lui dire.

« Chaque nuit des fantômes se redressent chuchotent
Je les écoute
Écoute et entends effaré ma propre voix. »

Chanter alors, écrire pour témoigner, dans la suite des pages, de leur présence. Ou au contraire :

« Tout silencer ».

Homme déchiré et à vif, anéanti, à l’extrême démuni face à l’hourban qui menace, le poète s’étonne de ne plus rien sentir. À l’écoute cependant de ce que la nature lui offre, il reste sensible à la fascinante richesse des oiseaux, son ultime consolation.

« Si la mélancolie survient le coucou chante contre mon cœur. »

De cette présence unique et généreuse, seule susceptible de ne rien demander en retour, il faut se souvenir :

« N’oublions pas ce qu’eux seuls savent offrir :
Une multitude de couleurs afin de réjouir l’âme et déchirer la nuit. »

De ce magnifique chant douloureux, faire mémoire de « l’humble fraternité ».



Angèle Paoli
D.R. Texte angèlepaoli





Bosc coucou montage




JULIEN BOSC


Julien Bosc
Ph. © J-D Moreau
Source





■ Julien Bosc
sur Terres de femmes


[Nous pourrions dire une forêt] (extrait du Coucou chante contre mon cœur)
La Demeure et le Lieu (lecture d’AP)
[marcher chaque jour] (extrait de La Demeure et le Lieu)
[Hormis les lèvres où mourir] (extrait de De la poussière sur vos cils)
Goutte d’os (lecture d’AP)
(Et toi, qui es-tu ?) [extrait de Je n’ai pas le droit d’en parler] (+ une notice bio-bibliographique)
[Nue-pâle sous sa toilette de satin noir] [extrait d’Elle avait sur le sein des fleurs de mimosa]
Elle avait sur le sein des fleurs de mimosa (lecture d’AP)




■ Voir aussi ▼


→ (sur le site des éditions le Réalgar) la fiche de l’éditeur sur Le coucou chante contre mon cœur
→ (sur remue.net) Le coucou chante contre mon cœur, par Jacques Josse
→ (sur le site de la mél, Maison des écrivains et de la littérature) une fiche bio-bibliographique sur Julien Bosc
→ (sur Terre à ciel) Hommage à Julien Bosc, par Isabelle Lévesque





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29 juin 1878 | Lucien Suel, La Justification de l’abbé Lemire, IV

29 de juny, per  Angèle Paoli[ —]
Éphéméride culturelle à rebours
« Poésie d’un jour



Lemire PDF







IV




bachelier des sciences    Lemire à Vieux-Berquin
et aussi bachelier des    serait parti pour Rome
lettres le jeune Jules    études théologiques la

bourse du diocèse pour    fils de paysan n’était
un séminariste mais la    pas compatible avec le
situation modeste d’un    coût de ce long séjour

italien fils du peuple    Émile Lobbedey il sera
demeure dans le peuple    évêque d’Arras mourant
l’autre ira à ta place    là pendant la première

grande guerre mondiale    Cambrai et pas de Rome
voici Jules-Auguste au    pour lui la volonté de
grand séminaire donc à    fer du supérieur Sudre

ultramontain férule et    la formation interne à
méfiance vis à vis des    une théologie pratique
sciences le zèle est à    d’affligeante pauvreté

retour à Hazebrouck en    l’abbé Dehaene demande
surveillant remplaçant    à son jeune pion Jules
pour la philosophie et    d’abandonner l’idée de

préparer la licence de    ordonné prêtre éternel
lettres puis à Cambrai    consacré doigts lèvres
le 29 juin 1878 il est    ciseaux de l’évêque et

tonsure blanche à plat    rentrée des classes en
ventre en aube blanche    professeur philosophie
sur les dalles glacées    et rhétorique latin et

grec encore là d’où il    collège de sa jeunesse
vient à Hazebrouck sur    l’adolescent de retour
la terre de Flandre au    janvier 1879 Stéphanie

meurt novembre 1879 au    le petit devenu prêtre
tour de Védastine deux    leur petit Jules tu es
tantes mortes et juste    sacerdos in aeternam ô

Ma Tante et ô Ma Tante    cheveux et les ciseaux
dans le ciel et encore    médaillon de Védastine
une fois une mèche des    médaillon de Stéphanie

des corbeaux déchirent    d’eau froide au-dessus
le ciel d’aube dans la    du cimetière là-bas au
rafale les bourrasques    coeur de Vieux-Berquin



Lucien Suel, La Justification de l’abbé Lemire [éditions Mihàly, 1998], IV, éditions Faï fioc, 2020.



__________________
NB : Ce poème en quarante-deux épisodes conte la vie, l'oeuvre et la mort de l'abbé Lemire. Un texte visuel et expérimental où l'auteur emploie un vers de son invention, le vers justifié, dont le nombre de signes, caractères et espaces, est défini à l'avance.





Lucien Suel La Justification de l'abbé Lemire  3




LUCIEN SUEL


Lucien Suel
Source




■ Lucien Suel
sur Terres de femmes


Sombre Ducasse
[Le terril]




■ Voir aussi ▼


→ (sur remue.net) Ivar Ch’Vavar & camarades | Le Jardin ouvrier
Silo-ACADEMIE 23, le blog de Lucien Suel
→ (sur la revue x) une notice bio-bibliographique sur Lucien Suel





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Sophie Eustache, Corinne Le Lepvrier | El blâd el medina le pays la ville

28 de juny, per  Angèle Paoli[ —]
« Poésie d’un jour


EL BLÂD EL MEDINA LE PAYS LA VILLE




El blâd el medina le pays la ville   elle   là-bas temma ech chemsss elle le soleil es smaâ elle le ciel   er   rîh elle le vent el mââ elle l’eau elle la pluie ech chta   elle a soif hia atchana   elle la nuit et le jour el lil o n nahar   elle petite ss’ghira elle peu chwiya elle trop bezzaf moins qel   elle part mchat   elle est la route raha et triq   elle la langue el lugha elle la parole el kelma elle la réponse peut-être proche ej jawab yemken grib   est-elle la clé de la maison raha es sarut dial d dar est-elle la chambre raha el bitt   il y a-t-il une femme dans la chambre kayen shi m’ra fi el bitt   elle ne sait pas ma’ aarfa’ch elle ne comprend pas ma fahma’ch rien walou du tout koulchi quelque chose ou quelqu’un d’autre chihaja oula chiwahad akhor elle dit qalat où vas-tu maintenant fin gadi daba quand quel jour imtha yemtha ce n’est pas maintenant machi daba viens demain aji ghedda pourquoi pas âlach la regarde [cherche] tu écris chûf ktebiti sois la bienvenue marhbabik yallah on y va inch’allah

[rudiments maintenant qu’elle parle dans une langue approximativement [darija] c’est être allée là-bas à n’en pas douter il n’est plus nécessaire d’y retourner] [pourvu que ce soit ensemble qu’elle soit parie pourvu qu’elle ait oublié que cela lui revienne] [il y a plus ambigu que les mots] [amour au sens large se dit houb peau jeld cannelle qarfa hajal signifie la perdrix la chapelle le lit nuptial]




nos corps
tables rases
ce qu’il en restera une fois
évidés
essorées
nos bouches nos haleines
nos ombres
dépouillé[es] de leurs
frusques
une fois
désossés
énervés
ce qu’il en restera
nos sexes
d’éternels ébréchés
nos yeux
en crue
[…]



Sophie Eustache, Corinne Le Lepvrier [textes], Corinne Le Lepvrier [photographies] , Les Allantes, éditions La Renverse, Collection Deux choses lune, Caen, 2019, 70-72.





Les Allantes montage




CORINNE LE LEPVRIER


Corinne Le Lepvrier 2
Source




■ Corinne Le Lepvrier
sur Terres de femmes


Compte de femmes (lecture d’AP)
[Je me suis arrêtée, je tourne à vide](extrait de Pourquoi la vie est si belle ?)




■ Voir aussi ▼


le site de Corinne Le Lepvrier
→ (sur le site de la Mél, Maison des écrivains et de la littérature) une fiche bio-bibliographique sur Corinne Le Lepvrier






SOPHIE EUSTACHE


Sophie Eustache
Source




■ Voir encore ▼


→ (sur le site des éditions Amsterdam) une notice bio-bibliographique sur Sophie Eustache





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Léon Bralda, À l’aube de la voix

par Michel Diaz
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Léon Bralda, À l’aube de la voix

par Michel Diaz

26 de juny, per  Angèle Paoli[ —]

Léon Bralda, À l’aube de la voix,
éditions Donner à Voir,
Collection / Série Petits Carrés, 2020.
Gravures de Lionel Balard.



Lecture de Michel Diaz



À l’aube de la voix, nous dit la quatrième de couverture, est un texte qui répond à « l’impérieuse nécessité pour ce poète […] de toujours revenir par le travail d’écriture à la maison natale, en ces abords de la jeunesse qui ont irrémédiablement façonné sa perception du monde ».

Ce livre, dédié à un vieil ami de l’auteur, et aux parents du premier, évocation de leur maison et de jours d’insouciance, est bien une tentative de retour amont sur les terres d’enfance, comme le souligne aussi, au dos de la page de faux-titre, l’annonce en exergue :

« Au plus loin de ma vie, dans le vacarme incessant où se déchirent les matins jeunes, il fut un lieu clos, un jardin où le ciel reposait dans la douceur de vivre et le bonheur d’une famille ».

La notice de présentation de l’auteur, en fin d’ouvrage, qu’accompagnent neuf gravures, nous rappelle que le poète Léon Bralda et le plasticien Lionel Balard ne sont qu’une seule et même personne.

Si le plasticien illustre les textes du poète et s’en fait l’écho dans de sobres et belles images que le seul recours au noir et blanc contribue efficacement à « dramatiser », le poète laisse deviner le plasticien qu’il est en même temps. En ce sens, la publication de ce livre par les éditions Donner à Voir nous semble on ne peut plus pertinente ! En effet, et davantage, nous semble-t-il, que dans ses autres textes, le côté « visuel » de cette écriture semble s’y inviter avec plus de prégnance encore. C’est aussi bien, en éclairs de réminiscence, la silhouette de « la mère aimante et sombre derrière les volets », que « le long trottoir d’asphalte et de poussière », « le chat maigre endeuillé par la nuit pourpre », « l’éclat fulgurant du jour sur le corps des fenêtres », ou encore « la porte endeuillée où rouillent quelques clous ». Mais c’est aussi le ciel « lourd d’un orage  », « un jour de pluie posé sur les carreaux de la fenêtre », « ces fronts de vigne dans leur parfaite géométrie »… Images de la langue poétique dont la référence explicite à l’environnement ou à ce qu’en fait la mémoire, suscite aussitôt les images d’un monde dont s’empare l’esprit du lecteur et qui parlent à l’œil de son imaginaire, lui laissant tout loisir de les faire siennes.

Cette « perception du monde » évoquée plus haut est ici d’ordre « expérimental », celle que façonnent les sens d’un enfant qui découvre et s’imprègne du monde, s’y avance pour s’y inscrire ou, plus exactement, s’y aventure, déjà lourd des questions qu’il ne cessera plus de se poser face à cette ouverture d’inconnu qu’est l’énigme de l’existence.

L’expérience sensorielle du monde, c’est ce qui emplit le champ du vacant, y plante ses repères, y sème ses possibles, en nourrira sa nostalgie. C’est, en premier lieu, bien sûr, le regard et ce qui s’y est déposé, « la déraison d’un ciel de mai, quand saignent les lilas », « le blé révélé par un soleil latent » et « court au terme des moissons », « l’herbe qui jaillit comme le sein de lait offert à la terre natale », « les thuyas de l’allée, au pied d’un mur d’enceinte », la pluie « sur les rosiers, les iris et les statues de ciment qui peuplaient le jardin », c’est « la beauté d’une lueur pendue loin derrière les bâtisses ». Ce qui s’invite à cette faim de monde, ce sont aussi les bruits, partition en fond de mémoire, le murmure des fontaines qui « prendront dans l’herbe et jusque sur les vitres », les mêmes thuyas qui « se font encore entendre », qui « chuchotent parfois sous le débord du vent », les volets et les portes qu’on ouvre, le ciel « avec ses grondements et ses râles de bête ». Partition où s’accrochent encore des éclats de voix humaines, ce si lointain « à tout à l’heure, mon garçon », « ces mots, depuis toujours, pour prendre l’heure dans le matin, sur le chemin des écoliers », ceux des leçons jadis apprises et qui ânonnent, dans le souvenir, « les siècles de l’Histoire que gouvernent les cartes, les lois aux temps écrits qui accordaient le verbe », ces voix qui, plus tard, « viendront broder aux pas de la marmaille le moindre souffle d’air », les cris accompagnant « les jeux qui auront germé dans l’heure vagabonde de la récréation », le cri d’appel au « chien échappé de l’enclos depuis la veille ». Images visuelles et sonores, olfactives encore, puisque ces « terres avaient l’odeur des romarins, des menthes et des tilleuls », qu’au creux de la cave régnait « l’odeur du jour mourant de trop de solitude », que flottait parfois cette odeur sur les « terrains vagues dans lesquels ont brûlé, à chaque canicule, les ronces et les chardons ». Mais aussi odeurs de la mort dont on fait, à cet âge, la première expérience, celle de la bête « crevée depuis longtemps déjà », des eaux qu’elle a souillées, qu’on enfouit au fond d’une fosse tandis que « des enfants s’étaient assis sur le bord du talus et jetaient leur visage dans l’ordinaire des immeubles ». Expérience parmi les plus décisives puisque « le jardinier venait de retourner un peu de terre et [que] nous savions quelle énigme se formait à l’endroit du labeur ».

Expérience que forgent les jeux de l’enfance : jeux de l’apprentissage de la vie, en même temps que jeux de guerres et de mort, les uns étroitement mêlés aux autres puisque, comme l’écrit l’auteur, « [n]ous mimions l’agonie et l’horreur des batailles, et nos mots étaient ceux des gorges incendiées ». Puisque, ajoute-t-il, « [n]ous mourions aux confins de nos joies […] Nos guerres avaient le poids du jour et l’heure de nos cris », et que « dans les jeux de l’enfance, nous jetions les désastres d’autrefois ».

Mais Léon Bralda est l’un de ces poètes auxquels la lumière n’est pas spontanément et naturellement accordée. Il serait plutôt de ceux-là qui travaillent à la gagner, s’efforçant d’habiter poétiquement le monde comme nous le conseillait Hölderlin, et qui peuvent revendiquer ce qu’ils en ont conquis sur le sombre et la terre des jours. Il est de ceux sur qui le ciel de l’existence fait peser son poids de pénombre, ceux pour qui leur ciel de poète est quelquefois lourd à porter (je cite inexactement de mémoire ces mots de lui écrits ailleurs). Parce que « le ciel est lourd de n’être au fond qu’un jeu pour l’enfance profonde ».

Pour Léon Bralda, les territoires de l’enfance ne sont pas exclusivement ceux des « verts paradis » baudelairiens. Pour ce qui le concerne et qui remonte en ses écrits, de façon récurrente, « il y avait l’enfant et toutes les ténèbres qui mordaient l’œil sous le trop-plein de la jeunesse ». Et si, pour cet enfant qui inventait l’enfance, le monde s’ouvrait sur son secret, il y avait aussi pourtant « les sauts allant à la lumière et le soleil éteint derrière chaque allée ». Car lumière et ombre vont de pair dans l’apprentissage du monde, comme elles vont de pair, et s’épaulant, sur les chemins rugueux des hommes. Parce que, écrit le poète, « on n’a pas dix ans quand les cris mordent aux portes closes, que jaillissent les branches hideuses du regard ». Car aussi l’enfance « laisse l’enfant venir dans le silence pour des rires épars et des bruits sourds de chairs que mange la colère ». Premiers bonheurs glanés dans l’innocence des rires et des jeux, alors que déjà la nuit rôde, que se font mordantes les peurs, que s’ouvre au fond de l’insouciance cette « chambre effrayée par le bruit de la nuit. Une mort qui tissait du sang au ventre noir, qui se faisait pressante et avide de tout ». Puisque encore l’enfant a peur, « dans le mystère de l’enfance » et que, du monde qui le cerne, comme de celui qui l’attend, il observe déjà et pressent ce que ce monde contient de violence irréductible et d’irrémédiable incompréhensible. Saison d’enfance, « impudique saison soumise à la question, vieille âme enchevêtrée dans l’hystérie du monde », saison d’une innocence provisoire où l’on entend déjà « battre le pouls de tous les morts ». Saison où l’être en devenir, prêtant l’oreille, serait capable d’entendre aussi, et sans chercher à les comprendre, dans le bruissement du vent dans les arbres et les murmures des statues, tous les secrets de la terre, sans encore savoir que « c’est de là que les rêves surviennent… » Et avec eux, une fois pris par les soucis des jours et dans les tenailles du temps, « des lendemains d’étoiles et des restes d’orties […] De là qu’advient le doute, ou la parole pour le dire ».

Car à l’enfant succède le poète, qui n’a que sa parole pour tisonner parmi les mots, en ressusciter quelque braise, essayer de sauver ce qu’ils ont oublié et ne savent plus dire. Se souvenir, c’est prendre aussi le risque d’écorcher ses pas sur les pierres vives du temps, de blesser sa mémoire aux ronces de la nostalgie, en tout cas de se confronter à la perte de tout et de tous, d’endosser la tristesse. Tourner son regard en arrière, mais avancer pourtant (que faire d’autre ?), ce poids d’ombre sur les épaules, dans l’ornière des heures.

« Mon pas est lent », écrit Léon Bralda, dans l’incipit de son livre, « [e]t je suis de ceux-là qui passent comme tant d’autres, par habitude ! Qui sarclent le rêve au fond de la ravine […]. Ils sont passés comme je passe : le corps lourd et douloureusement fermé sur ce peu de bonheur qui l’habite ».

Lumière et ombre, avons-nous dit, se partagent ces pages, sans que la seconde pourtant prenne décisivement le pas sur l’autre. « Je buvais l’instant doux de la vie douce », lit-on. « J’allais le cœur halant jusqu’à la paix des âmes. » Mais l’ombre aussi, parfois, est accueillante et douce. Pour preuve, ces lignes qui évoquent, dans une lumière de clair-obscur qui pourrait nous faire penser à quelque peinture de Georges de La Tour, un intérieur paisible et amical :

« Il y avait l’enfant et le soir survenu, l’ombre d’un cerisier cassant la nuit derrière la baie vitrée et le téléviseur qui racontait le monde ».

Scène complétée par cette autre :

« Sur le couvre-lit rouge : un chat dormant de son sommeil de chat et d’autres nuits à faire au-delà de la nuit. Un miroir ciselé d’ombres imparfaites, quelques éclats chauds des phares de voitures jetés depuis la route à travers la fenêtre ».

Scène qu’évoque ce poète qui est aussi bien plasticien, sans effets dramatiques ni théâtraux, scène de la vie quotidienne qu’en peinture on appelle scène de genre. Qui n’est, en l’occurrence, ici, qu’une scène de bonheur simple, mais de celles dont les racines s’enfoncent au tréfonds de l’âme, de celles que l’oubli ne saurait prendre à la mémoire et que le corps « tient d’un amour infaillible, à l’étroit de l’humain ».

Que faire d’autre qu’avancer, espérer qu’une aube se lève à l’horizon du jour ? Et espérer, comme l’enfant, se rassurant contre la peur du noir, que le jour revienne. « Et le jour reviendrait. » Parole de poète aussi, qui quête sa lumière :

« Le soir, c’est sûr ! Il se fera d’argile à l’aube de la voix… Et le jour reviendra, c’est sûr ! Et le jour reviendra ».

Comment d’ailleurs ne pas revendiquer cette espérance dans (et contre) le désespoir du monde ? Que peut promettre d’autre un homme debout, et en marche, qui n’avance qu’en faisant corps avec la poésie ? Parole de poète encore : c’est ainsi que Léon Bralda donne à ses mots la force douce et vigoureuse des images afin qu’ouverts à ce qu’il attend d’eux, ils libèrent cela qui en eux-mêmes cherche à aller plus loin que leur toujours trop étroite détermination, et qu’allégés du poids des vaines nostalgies, ils remontent vers un de ces clairs de terre dont la poésie nous éclaire.



Michel Diaz
D.R. Texte Michel Diaz
pour Terres de femmes
[13 mai 2020]






Leon Bralda  A l'aube de la voix





LÉON BRALDA


Léon Bralda
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→ (sur Semaine de la poésie) une notice bio-bibliographique sur Léon Bralda





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Lydie Dattas | L’obstacle du chagrin

25 de juny, per  Angèle Paoli[ —]
« Poésie d’un jour


L’OBSTACLE DU CHAGRIN




Rien ne m’enlèvera la joie d’être vivante :
je chérirai la vie jusqu’à mon dernier souffle.
Le bonheur me rendait la vie intolérable
à l’âge où je voulais mourir pour être heureuse.
Le malheur me prenait le meilleur de mon temps,
le bonheur se plaignait de ne jamais me voir
quand le soleil soudain s’est mis de mon côté.
J’ai franchi d’un seul coup l’obstacle du chagrin :
j’ai revu le sourire incroyable des roses
et ce bleu plus profond que toutes nos pensées.
La joie ne pourra plus assombrir mon esprit,
je vis sous un soleil que j’ai trouvé en moi.



Lydie Dattas, Le Livre des anges [Gallimard, 2003], suivi de La Nuit spirituelle et de Carnet d’une allumeuse, Collection Poésie/Gallimard n° 553, 2020, page 149. Préface de Christian Bobin.





G04123 (2)
feuilleter le livre




LYDIE DATTAS


Lydie Dattas portrait 3
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→ (sur le site des éditions Gallimard) la fiche de l’éditeur sur Le Livre des anges (Poésie/Gallimard)
→ (sur le site du Printemps des poètes) une notice bio-bibliographique sur Lydie Dattas





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