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La choré confinée de ce chorégraphe français va vous redonner le sourire !

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29 March, by Romain Burrel[ —]

La compagnie EMKA, dirigée par le chorégraphe Mehdi Kerkouche, a mis ce weekend le feu aux réseaux sociaux avec une vidéo confinée totalement géniale. Sourire garanti !

Qui a dit que le coronavirus allait tuer la créativité ? Tandis qu’on entame tranquillement notre énième paquet de chips de la journée en matant en boucle les chaines info, d’autres emploient ce temps mort pour créer de petits moments magiques !

Barry White, conf call et jeux de raccord

Dans une vidéo partagée hier, samedi 28 mars, sur les réseaux sociaux, la troupe de danse EMKA a mis le feu à internet. Sur le tube mythique de Barry White You’re the First, the Last, My Everything (que les fans d’Ally McBeal connaissent par coeur), le chorégraphe Mehdi Kerkouche a réuni pour quelques pas de danses en vidéoconférence ses danseurs et danseuses Sacha Néel, Alexandra Trovato, Shirwann Shifu Jeammes et Jordan Boury, chacun.e, confiné.e.s dans leur appartement.

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Humour, choré inventive, synchronicité démente, jeux de raccord ingénieux… la vidéo redonne instantanément le sourire dans une période où les occasions de se réjouir sont rares. En moins de 24 heures, a déjà dépassé le million de vues sur Twitter.

« Le confinement pour un artiste, ça veut dire zéro travail »

Cette vidéo feel good est l’oeuvre d’un petit génie de la danse. Aussi à l’aise sur les plateaux télé (il est le chorégraphe des candidats français à l’Eurovision, du Téléthon ou de Miss France) que dans des oeuvres plus contemporaines, Mehdi Kerkouche a également accompagné sur scène Christine and The Queens. On l’a aussi vu dans la peau de Karim, un jeune danseur gay, dans le film Let’s Dance au coté de Rayane Bensetti.

« Le confinement pour un artiste, ça veut dire zéro travail, explique le chorégraphe à TÊTU. Donc à force d’avoir les potes en FaceTime, je me suis dit ‘Pourquoi pas en faire une choré ?’ On s’est appelé 1h par jour entre lundi et vendredi. Et vendredi c’était prêt ! »

Et comme si nous rendre le sourire n’était pas suffisant, le chorégraphe a annoncé sur Twitter que sa compagnie ferait un live sur instagram pour récolter des dons afin de venir en aide au personnel hospitalier. C’est ce qui s’appelle avoir un coeur gros comme ça. Même dans un petit appart !

Crédit image : Instagram

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Découvrez le trailer de « We’re here », la téléréalité drag de HBO

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28 March, by Romain Burrel[ —]

Les drag queens Shangela, Bob the Drag Queen et Eureka sont les héroïnes d’un nouveau show diffusé sur HBO. Leur mission: rendre l’Amérique profonde plus queer.

C’est un peu la réponse de HBO à l’émission Queer Eye de Netflix. We’re Here (littéralement « Nous sommes là », en référence au slogan « We’re here. We’re queer. Get used to it ») est la nouvelle téléréalité de la chaine américaine HBO s’annonce. 

Le pitch du docusérie est simple : trois drag queens, bien connues des fans du RuPaul’sDrag Race – à savoir Shangela, Bob the Drag Queen et Eureka – voyagent dans l’Amérique profonde pour rendre la plus queer ! Le but ? Venir en aide à des personnes LGBT dans des petites villes des Etats-Unis réputées conservatrices.

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Machines queers

Les trois reines se déplacent dans un convoi des véhicules extravagants, customisés sur mesures façon  main, éléphant ou noeud à cheveux. C’est la designer Marla Weinhoff, qui a déjà travaillé avec Taylor Swift et Lady Gaga, qui s’est chargée de transformer des camping-cars en machines queers.

Quand elles arrivent en ville, les drag prennent sous leurs ailes des habitants qui doivent faire face à l’homophobie, la transphobie ou le racisme au sein même de leur commune. Elles leur procurent écoute et conseils. « Je n’ai pas la larme facile, mais là, j’ai pleuré », admettait récemment Shangela dans une interview au site américain Entertainment Weekly. Mais quelque chose nous dit qu’avec ces trois personnalités les rires seront également de la partie.

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« En grandissant dans une petite ville, où manifestement tu sors du lot, tu as deux choix » poursuit Shangela,« Un: tu te retiens et tu essaies de passer sous les radars; ou, deux: tu vas de l’avant et tu dégages. Et tu sais quoi ? S’ils veulent me dévisager, je vais leur donner quelque chose à regarder ! »

Road-trip en camping-car

Si We’re Here démarrera le 23 avril prochain aux Etats-Unis, aucune date de diffusion francaise n’est encore annoncée. Il faudra patienter jusqu’en 2021, pour que HBO Max, le service streaming de HBO, soit déployé en France. Mais les plus malins sauront dégoter le show télé sur le net.

Les premières images de l’émission nous rappellent furieusement deux films cultes : Priscilla, folle du désert (le road-trip en camping-car entre drag queens) et surtout Extravagances (pour la découverte de l’Amérique profonde en talons aiguilles). Deux monuments qu’on ne saurait trop vous conseiller de (re)voir en ces temps de confinement !

Michelle Visage aimerait qu’une version plus inclusive de RuPaul’s Drag Race existe

Crédit image: HBO

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Coronavirus : une menace homophobe découverte par un couple gay à Marseille

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27 March, by Timothée de Rauglaudre[ —]

À Marseille, David, aide-soignant, et son compagnon ont retrouvé sur le pare-brise de leur voiture un mot les intimant à quitter leur résidence. Parce que gays, ils sont accusés d’être « les premiers à être contaminés par le Covid-19 ».

On connaissait les diverses théories du complot, les leaders religieux du monde entier expliquant la pandémie de coronavirus par le fait que « Dieu détruit les sociétés LGBT », le conseiller spirituel du cabinet de Donald Trump attribuant la maladie à « l’inclinaison de la société au lesbianisme et à l’homosexualité ». Cette fois, c’est en France que ça se passe.

David, un aide-soignant de 33 ans, vit avec son compagnon dans le dixième arrondissement de Marseille, un « quartier tranquille ». Jeudi 26 mars, vers midi, son conjoint, livreur pour Uber Eats, s’apprête à partir travailler mais David le voit vite remonter, l’air choqué. « Regarde ce que j’ai trouvé sur le pare-brise ! » lui dit-il. Dans une écriture appliquée, un mot a été laissé sur la voiture du couple.

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« Pourriez-vous s’il vous plaît quitter la résidence car nous savons que vous les homosexuels sont (sic) les premiers à être contaminés par le Covid-19, peut-on lire. Ceci est le premier avertissement. Merci. » Les deux hommes sont abasourdis. En colère, ils se rendent immédiatement au commissariat le plus proche. Là-bas, on leur indique qu’il ne s’agit « pas d’une menace mais d’un avertissement » et on les incite à déposer une simple main courante, que TÊTU a pu consulter.

Résidence sécurisée

La voiture sur laquelle le papier a été retrouvé est garée à l’intérieur d’une « résidence sécurisée ». La menace serait-elle le fait d’un voisin ? David croit reconnaître l’écriture d’une personne résidant dans leur immeuble « avec qui on a eu des petits soucis de voisinage ». Cette personne aurait déjà déposé plainte contre des voisins musulmans qui venaient de se marier et passaient de la « musique orientale ». Mais, sans preuve, impossible de la mettre directement en cause.

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« Je pense que c’est une personne dénuée d’intelligence et d’éducation, juge en tout cas, sobrement, l’aide-soignant. Je pense que cette personne est certainement religieuse et qu’elle croit vraiment à ce qu’elle dit. Pour marquer une connerie comme ça, il faut y croire. » Le trentenaire se sent d’autant plus visé qu’il a vu se multiplier, ces derniers jours, les menaces et outrances contre ses collègues de l’hôpital.

« Ça me touche doublement »

Comme cette aide-soignante toulousaine qui a retrouvé sur sa porte un mot l’invitant à aller « loger ailleurs », en raison de sa profession, par mesure de « sécurité ». Des propos qui ont scandalisé de nombreux Français. « Ça me touche doublement, je suis aide-soignant et je suis gay, estime David. Je peux comprendre que, psychologiquement, ce soit dur d’être enfermé à la maison, je pense qu’il y en a qui « fissurent » un peu, la connerie ressort. Personnellement, je ne m’attendais pas à recevoir un mot comme ça sur ma sexualité. Je n’avais jamais été confronté à l’homophobie de ma vie, je n’avais jamais eu la moindre réflexion. »

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Après avoir partagé le mot de menace sur sa page Facebook, David a reçu une vague de soutien. Jusqu’à être contacté par le référent LGBT du commissariat de Bordeaux, qui a conseillé au couple de déposer une pré-plainte en ligne avant de retourner au commissariat – à une période de confinement où l’on demande aux Français de limiter leurs déplacements. « Il nous a dit qu’ils allaient faire en sorte que ce soit traité, qu’ils pouvaient peut-être récupérer l’ADN, analyser l’écriture. »

En attendant, David se dit « pas rassuré » : « Je regarde un peu plus derrière moi. Mon conjoint a un fort caractère, il est plutôt sanguin. Moi je suis plutôt calme. Je me demande ce que ce sera la prochaine fois. Ils vont casser ma voiture ? Ils vont m’attendre en bas ?« 

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« Feel Good » est la comédie queer que les lesbiennes attendaient

27 March, by Florian Ques[ —]

Comme son nom le laisse entendre, la dernière pépite de Netflix met du baume au cœur et fait rire à gorge déployée, en plus d’être de bonne augure pour la représentation des femmes lesbiennes dans la pop culture. On adore.

En cette période incertaine, tout remontant est bon à prendre. Dans le genre, Feel Good, avec son nom ô combien évocateur, s’impose comme une évidence. Créée outre-Manche, cette série est cosignée par Mae Martin, une humoriste canadienne qui, en plus de s’être fait une petite réputation dans le monde du stand-up, jouit d’une carrière florissante depuis son déménagement au Royaume-Uni. Preuve à l’appui avec cette fiction semi-autobiographique qui dépeint des personnages LGBT+ comme on en croise rarement à la télévision.

Disponible sur Netflix par chez nous depuis le 18 mars dernier, Feel Good retrace les aléas du quotidien d’une jeune femme, Mae, stand-uppeuse encore dans les starting-blocks. Dès le premier épisode, celle-ci fait la rencontre de George, une institutrice hétéro, et c’est là que tout se complique. Alors qu’une histoire d’amour éclot entre les deux principales intéressées, leurs démons respectifs vont venir semer le trouble. Là où George a du mal à accepter cette évolution inopinée de son orientation amoureuse, Mae, elle, est une ex-junkie qui essaie tant bien que mal de canaliser son addiction aux narcotiques.

Une histoire intime

Feel Good est composée de six épisodes. Un format propice à une session de binge-watching intensive. Le hic, c’est que la série de Mae Martin est empreinte d’une telle unicité, d’un telle personnalité, qu’on a plus envie de la savourer qu’autre chose.

Les amateurs d’humour typiquement british en auront également pour leur argent. Drôle grâce à un sens de l’absurde et un timing comique que seuls nos camarades anglo-saxons ont su maîtriser, Feel Good est garantie d’égayer votre journée.

Mais derrière les situations désopilantes justement distillées, la série n’oublie pas de se parer d’une profondeur nécessaire. Feel Good raconte une idylle lesbienne moderne et parvient avec malice à retourner les clichés.

Manifeste touchant sur la fluidité

Comme l’idée reçue, devenue ici running gag, que les femmes homosexuelles se précipitent dans une relation quitte à brûler des étapes. C’est exactement le postulat initial de la série. D’ailleurs le scénario est construit sur un lieu commun  – une femme homo qui s’amourache d’une hétéro ayant du mal à s’assumer – mais réussit à en faire un manifeste touchant sur la fluidité. Même Mae ne se qualifie jamais explicitement en tant de lesbienne, laissant les étiquettes hors du narratif qu’elle a créé.

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Si Feel Good part de poncifs, c’est pour ensuite mieux s’en distancer. Au cinéma comme sur la petite lucarne, le public est rôdé aux histoires queer larmoyantes. Pas de ça ici. Mae Martin et son coscénariste Joe Hampson veillent à ne jamais faire de l’addiction un thème trop pesant. Cela ne veut pas dire que le sujet est traité avec une légèreté mal placée.

Au contraire, l’écriture fine de la série aborde avec sérieux mais sans dolorisme ni austérité ce sujet ô combien délicat – un peu comme Phoebe Waller-Bridge avait pu le faire dans sa série Fleabag avec la notion de deuil.

Une nouvelle ère pour les personnages lesbiens ?

Les personnages comme celui de Mae sont loin d’être monnaie courante. Une femme queer, au look presque androgyne, il n’y en a pas des masses à la télévision. A part peut-être dans Work in Progress, bijou intimiste de l’humoriste Abby McEnany, diffusé à l’automne sur HBO. Tout en étant distincte dans l’esthétique et le propos, les deux œuvres montrent cette image de la femme lesbienne que Hollywood semble se donner tant de mal à cacher. L’une se débattant avec la drogue, l’autre avec la dépression.

À travers elles, les séries nourrissent des réflexions intéressantes sur la sexualité, sur le genre et sur les limites que ces deux notions-là ont encore dans notre société hétéronormée. Elles s’emparent aussi, chacune à leur manière, d’un sujet fort habituellement laissé pour compte : le mal-être et les névroses qui traversent parfois la communauté LGBT+.

La force de Feel Good comme de Work in Progress réside dans leur tonalité. Grâce à un humour qu’on pourrait qualifier d’auto-dépréciatif et un sens de la mesure, elles partagent leur vécu – ou, tout du moins, une version fictionnelle de leur vécu – sans tomber dans la surdramatisation comme c’est le cas de beaucoup d’œuvres (souvent pensées par des hétéros, d’ailleurs). L’existence de ces deux productions sérielles et leur réussite soulignent l’importance d’une chose : lorsque les récits queers sont racontés par des personnes queers, le ton est toujours plus juste.

Phoebe de Friends !

Raison supplémentaire pour vous convaincre de donner sa chance à Feel Good : Lisa Kudrow ! L’iconique Phoebe de Friends campe ici la mère un brin particulière de Mae. Même ramassée sur elle-même, la série propose une myriade de personnages secondaires, parfois délicieusement parodiques, conférant une authenticité appréciable au récit. Savoureux !

Crédit photos : Netflix/Channel 4

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Michelle Visage aimerait qu’une version plus inclusive de RuPaul’s Drag Race existe

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27 March, by Florian Ques[ —]

L’acolyte de RuPaul s’est exprimée sur le manque de diversité parmi les candidates du Drag Race. Elle milite pour inclure toutes les femmes dans la compétition.

À l’antenne depuis onze années consécutives, RuPaul’s Drag Race est un succès incontestable. Mais selon Michelle Visage, sa formule miracle devrait à l’avenir bénéficier de profonds changements. Dans une récente interview pour The Guardian, l’acolyte iconique de RuPaul a avoué qu’elle aimerait beaucoup prendre le relais de ce dernier en animant sa propre version de l’émission. Une version qui, elle, se montrerait beaucoup plus inclusive que l’originale.

« J’adorerais ça, j’aimerais vraiment avoir ma propre version avec des ‘bio queens’ [des femmes cis qui font du drag, ndlr] et des femmes trans », explique-t-elle au gré de son entretien. En effet, il est vrai que le casting de l’émission est quasi exclusivement composé d’hommes cis – bien que, précisons-le, certaines drag aient par la suite fait leur coming out trans. Ou, comme Peppermint, lors de l’émission.

Une polémique qui traîne

Les positions de RuPaul envers les femmes et les femmes trans drag queens sont très critiquées. Dans une interview déplorable, toujours au Guardian, RuPaul affirmait qu’il n’autoriserait « probablement pas » l’inclusion de femmes trans dans Drag Race, il s’est finalement rétracté.

Des propos qui avaient provoqué tollé parmi les fans de Mama Ru. La drag mother avait finalement accepté d’intégrer Gia Gunn, qui avait annoncé sa transition quelques mois auparavant, dans la quatrième saison de Drag Race: All Stars. Plus tard, la principale intéressée a déclaré qu’elle avait dû repoussé sa chirurgie de réassignation sexuelle pour participer l’émission.

À LIRE AUSSI – RuPaul sous le feu des critiques après l’annonce du casting de la saison 12 de RuPaul’s Drag Race

En tout cas, on ne peut qu’encourager l’initiative de Michelle Visage, qui a d’ailleurs profité de cette interview pour clarifier une chose. Oui, elle s’identifie elle-même comme une ‘bio queen’. « Parce que c’est qui je suis et ce à quoi je m’identifie, explique-t-elle. Ru l’a dit de la meilleure des façons : tu es né nu et le reste, c’est du drag. C’est la vérité. On devient quelqu’un d’autre quand on s’apprête. C’est mon bouclier, mon costume de super-héroïne. Quand je mets mon maquillage, mon drag, je sens que je peux conquérir le monde ». Il n’y a plus qu’à convaincre Mama Ru d’être plus inclusive à l’avenir. Mais ce n’est pas gagné…

Crédit photo : VH1

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Coronavirus : le président tchétchène veut tuer les porteurs qui ne se confinent pas

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27 March, by Timothée de Rauglaudre[ —]

Ramzan Kadyrov, président de la Tchétchénie accusé d’avoir interné des homosexuels dans des camps, a affirmé que les porteurs du Covid-19 « doivent être tués » s’il ne se confinent pas.

Il s’est fait connaître à l’international pour avoir organisé le premier internement de masse d’homosexuels du XXIe siècle. Le président depuis 2007 de la République de Tchétchénie Ramzan Kadyrov, fervent soutien de Vladimir Poutine, s’est fait remarquer par une nouvelle sortie polémique en pleine pandémie mondiale de Covid-19, dit maladie à coronavirus. En effet, au moins deux résidents tchétchènes ont contracté le virus pendant leur hajj – pèlerinage à La Mecque. D’après le président, l’un deux aurait organisé à son retour des réunions de prières.

À LIRE AUSSI : Tchétchénie : selon les activistes, la purge anti-LGBT s’intensifie

« La personne qui se fait infecter et crée ce problème, si vous me demandez, doit être tuée, aurait déclaré Kadyrov, d’après le site d’information russe Kavkazkii Uzel. Non seulement il tombe malade, mais il infecte également sa famille, ses sœurs, ses frères, ses voisins. » D’après Business Insider, cette menace orale a été rapportée par un journaliste de la télévision tchétchène après une réunion privée avec le président de cette République semi-autonome membre de la Fédération de Russie.

« Ce sont des démons »

Pourtant, les autorités tchétchènes ont pris davantage au sérieux la panique autour du coronavirus que le danger du virus en lui-même. « Les gens perdent le sommeil à cause de cette maladie apparue en Chine : le virus, avait-il dit lors d’une réunion gouvernementale le 14 mars. Ils ont peur que cela leur arrive et qu’ils en meurent. Ne soyez pas pressés, vous mourrez de toute façon. N’essayez pas de mourir avant l’heure. » Et d’inviter ses concitoyens à se tourner vers la médecine traditionnelle, avec des prescriptions pour le moins douteuses : « Mélangez du citron avec du miel et de l’eau et buvez, ainsi le virus ne vous attrapera pas. Mangez de l’ail. »

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Connu pour son autoritarisme, Kadyrov a aussi, d’après des enquêtes journalistiques et témoignages de rescapés diffusés depuis 2017, orchestré dans son propre pays l’internement et la torture systématique d’homosexuels dans des camps dédiés. En juillet 2017, dans une interview pour la chaîne de télévision américaines HBO, il avait déclaré, en guise de démenti : « Nous n’avons pas ce genre personnes ici. Nous n’avons pas de gays. S’il y en a, emmenez-les au Canada. […] Pour purifier notre sang, s’il y en a, emmenez-les. […] Ce sont des démons. Ils sont à vendre. Ce ne sont pas des personnes. »

 

Crédit photo : Пресс-служба Президента Российской Федерации/Wikimedia Commons

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Coronavirus : une pub télé du camp Biden dépeignant Ronald Reagan en héros de crise passe mal

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27 March, by Romain Burrel[ —]

Dans une pub télé fustigeant l’action de Donald Trump dans la lutte contre le coronavirus, le camp Biden dépeint positivement l’action de Ronald Reagan dans la gestion de la crise du sida. Une relecture de l’histoire qui passe très mal.

Les équipes de Joe Biden connaissent-elles l’histoire ? C’est la question que l’on peut se poser en découvrant l’une des dernières pubs télé du candidat à l’investiture démocrate.

Cette vidéo produite par Unite The Country, un « PAC » (pour Political Action Committee, un acronyme désignant des organisations qui peuvent récolter et dépenser des fonds pour soutenir un candidat) qui soutient Biden, met fermement en cause la gestion de la crise due au coronavirus par le président Donald Trump.

« Des crises se produisent sous chaque présidence »

« Des crises se produisent sous chaque présidence », clâme d’un ton dramatique la voix off, tandis que les visages en noir et blanc d’anciens présidents américains apparaissent à l’écran. « Nous ne les blâmons pas pour cela. Ce qui compte c’est comment gère cela ». Les images de Barack Obama supervisant la mort d’Oussama Ben Laden, de George Bush mégaphone à la main sur les gravats du World Trade Centre…Et soudain, le visage Ronald Reagan apparait à lui aussi à l’écran.

« Donald Trump n’a pas créé le coronavirus. Mais il est celui qui a dit que c’était une un hoax (un canular informatique), qui a viré l’équipe responsable de la réponse aux pandémies et laissé le virus se propager sans contrôle à travers l’Amérique », poursuit le narrateur. « Des crises surviennent à chaque président. Celui-ci a failli. »

La critique adressée par les équipes de Biden à l’administration Trump pour sa gestion de l’épidémie de coronavirus semble légitime. Mais inclure dans le tableau Ronald Reagan, c’est oublier sa gestion d’une crise sanitaire majeure, comme le note le site Pinknews.

« Quand le SIDA était drôle »

Car Ronald Reagan n’a pas été à la hauteur de la gestion de la crise du SidaDans son livre de référence « And the Band Played On », Randy Shilts a démontré la gestion calamiteuse de Ronald Reagan de la crise du Sida. Le président des Etats-Unis de l’époque s’est très peu impliqué dans la gestion sanitaire de l’épidémie. Laissant le virus se propager sans agir et conduisant à la mort de centaines de milliers de personnes, notamment issue de la communauté homosexuelle. C’est cette situation qui poussa des militants et des malades à la création de l’association Act Up.

Sorti en 2015, le court documentaire « When AIDS Was Funny » montre une scène révoltante et emblématique de la gestion de la crise du sida par l’administration Reagan. En 1982, lorsqu’un journaliste demande au Porte-parole de la Maison-Blanche Larry Speakes si le président Reagan suit l’évolution de l’épidémie de SIDA, surnommée « la peste gay », celui-ci lui répondit: « Je ne l’ai pas, et vous ? » devant une salle de journalistes hilares.

Et quand le journaliste rebondit « Est-ce que le président  – et en d’autres mots, la Maison Blanche  – regarde cela comme une grosse blague ? » Le Porte-parole de Reagan répond : « Non, je ne sais rien sur cette histoire, Lester. »

Les premiers cas de sida sont identifiés aux Etats-Unis en 1981. Mais il faudra attendre près de six ans avant que Reagan ne prononce publiquement le mot « Sida ». Son silence, son absence d’action condamneront à mort des milliers d’Américains. A la fin des années 80, le nombre de malades aux Etats-Unis atteindra les 100 000 cas. Et des milliers d’autres mourront par la suite.

Espérons que les équipes de Biden et ses soutiens se penchent un peu mieux sur l’histoire avant de faire d’anciens présidents apathiques des héros…

crédit image: Unite The Country

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Woody Allen accuse Timothée Chalamet de l’avoir dénoncé pour gagner un Oscar

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27 March, by Florian Ques[ —]

Dans ses mémoires à peine parues, le réalisateur controversé assure que la star de Call Me by Your Name se serait retournée contre lui uniquement pour booster ses chances d’être oscarisée.

À Hollywood, on tire à balles réelles. Pour preuve, les récents propos de Woody Allen à l’égard de Timothée Chalamet. Dans ses mémoires fraîchement publiées, le réalisateur américain pointe du doigt l’acteur de 24 ans. Il l’accuse de s’être retourné contre lui pour augmenter ses chances d’avoir un Oscar, pour son rôle dans Call Me by Your Name, la romance gay qui l’a révélé au grand public.

« De meilleures chances de gagner un Oscar »

« Les trois acteurs principaux dans ‘A Rainy Day in New York’ ont été excellents et c’était un plaisir de travailler avec eux, détaille le réalisateur dans son ouvrage intitulé Apropos of Nothing. Timothée a ensuite annoncé publiquement qu’il regrettait d’avoir travaillé avec moi et qu’il donnait son cachet à des œuvres de bienfaisance, mais il a juré à ma sœur qu’il se devait de faire ça puisqu’il était en lice pour un Oscar pour ‘Call Me by Your Name’ et lui et son agent sentaient qu’il aurait de meilleures chances de gagner s’il me dénonçait, donc c’est ce qu’il a fait ».

À LIRE AUSSI – L’étrange (et parfait) don de Timothée Chalamet à une association LGBT

En janvier 2018, Chalamet avait annoncé, via son compte instagram, qu’il ferait don de la somme perçue pour A Rainy Day in New York à des organismes LGBT+. « J’ai appris qu’un bon rôle n’est pas le seul critère lorsqu’il s’agit d’accepter un travail et ça m’est apparu beaucoup plus clairement ces derniers mois en assistant à la naissance d’un puissant mouvement désirant mettre fin à l’injustice, l’inégalité et par-dessus tout le silence ».

Aigreur

Woody Allen tente-t-il par aigreur de traîner l’acteur dans la boue ? Depuis plus d’une vingtaine d’années, Dylan Farrow, la fille adoptive de Allen, accuse son père de l’avoir attouchée sexuellement alors qu’elle avait à peine 7 ans.

Se joignant à la déferlante salvatrice #MeToo, la principale intéressée avait réitéré ses accusations, poussant plusieurs célébrités à prendre leurs distances avec réalisateur. Ce fut le cas de Timothée Chalamet.

Pour l’heure, le jeune comédien, prochainement à l’affiche de The French Dispatch par Wes Anderson, n’a pas répondu à ces allégations.

Crédit photo : Sony Pictures Classics

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5 bonnes raisons de regarder « Toy Boy », la série espagnole caliente sur Netflix

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26 March, by Florian Ques[ —]

Afin de tromper l’ennui du confinement, les tribulations d’un groupe de strip-teaseurs sur les plages de Marbella s’imposent comme la solution idéale. Quelque part entre « Magic Mike » et un clip des 2Be3…

1 – Un plaisir coupable en puissance

Elite, La Casa de Papel… S’il y a bien quelque chose qu’on peut accorder à nos voisins ibériques, c’est leur aptitude à produire des séries plutôt moyennes… mais terriblement addictives. C’est le cas avec Toy Boy, diffusée à l’automne dernier sur Antena 3 dans son pays d’origine et enfin disponible chez nous sur Netflix.

Le pitch ? Après une longue période derrière les barreaux, Hugo Beltrán est placé en liberté conditionnelle. Sept ans plus tôt, il avait été accusé d’avoir tué le mari de sa maitresse, un businessman influent. Déterminé à s’innocenter coûte que coûte, il pourra compter sur une jeune avocate avide de faire ses preuves… et, par-dessus tout, sur ses amis strip-teaseurs. Bref, une intrigue qui se résume en trois mots : sexo, fiesta, dinero ! 

2 – Une sensation de dépaysement qui tombe à pic

Quarantaine forcée oblige, on est tous planqués à domicile en attendant que la crise sanitaire actuelle s’essouffle. Et non, tout le monde n’a pas la chance d’avoir un jardin ou encore accès à une vue paradisiaque pour faire du bien au moral. C’est là qu’intervient Toy Boy : avec ses étendues de sable chaud ornées de palmiers et autres prises de vue idylliques sur la Méditerranée. Quitte à être confinés, autant que ce soit devant un tel paysage.

3 – Une romance gay touchante

En plus d’avoir un héros supposément bisexuel (on l’aperçoit galocher un garçon lors d’une scène orgiaque dans le pilote), Toy Boy incorpore une histoire d’amour attendrissante entre deux hommes. Parmi les collègues strip-teaseurs de Hugo, on fait la rencontre de Jairo, un grand gaillard tatoué qui s’improvise escort pour arrondir les fins de mois.

Très vite, ce dernier se rapproche d’Andrea, un minet à la tignasse bleue façon La Vie d’Adèle. Les deux s’épaulent tout au long de la saison, chacun ayant des traumatismes à gérer. On précisera que Jairo est muet, offrant une représentation qu’on croise rarement sur la petite lucarne.

4 – Un petit côté Magic Mike appréciable

Un épisode sur deux, la joyeuse bande au cœur de Toy Boy nous gâte avec des scènes de strip-tease survoltées. Hugo, Jairo et les autres envoient valser leurs costumes de pompier ou encore leurs costards-cravates cintrés pour exhiber leurs corps devant les yeux ébahis de femmes en délire… et, aussi, des nôtres. Ces passages chorégraphiées font irrémédiablement écho à Magic Mike et il faut avouer que Channing Tatum et ses camarades ont de la concurrence.

5 – Hugo et ses potes

S’il y avait qu’une seule bonne raison à garder, aussi superficielle soit elle, ce serait bien celle-ci. En ces temps de confinement où il est impossible d’organiser des dates (et encore moins des plans cul, rappelons-le), toute occasion est bonne pour se rincer l’œil.

En ça, les strip-teasers musculeux de la série, pour peu qu’on apprécie ce genre de physique, font plus que l’affaire. Et si Toy Boy ne suffit pas à calmer la soif, il est toujours possible de se rabattre sur l’Instagram d’un certain Jesús Mosquera (qui incarne le fameux Hugo).

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Alors non, vous l’aurez compris, Toy Boy ne risque pas d’être érigée « série de l’année ». Mais, malgré ses grosses ficelles narratives, cette fiction hispanophone très caliente a tout d’un divertissement louable et captivant. Par les temps qui courent, on ne demande pas mieux.

Crédit photos : Antena 3

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« On va avoir des mortes et tout le monde s’en moque » la crise du coronavirus fragilise davantage les travailleur·se·s du sexe

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26 March, by Elodie Hervé[ —]

Dans la rue, comme sur les applis les TDS ne peuvent plus travailler. Entre débrouilles et entraides, elles essaient de trouver des alternatives.

Les clients sont rares. Les risques non. Par crainte du Covid-19, mais aussi par peur des policiers, la grande majorité des travailleurs et travailleuses du sexe (TDS) a arrêté toute activité de rue ou d’escort.

Résultat, une partie se retrouve sans emploi, sans logement et parfois même sans argent pour manger. “Certain.e.s crèvent littéralement la dalle”, explique Anaïs de Lenclos, porte-parole du Strass (Syndicat des travailleurs du sexe). “Je ne pensais pas vivre cela en France. On va avoir des mortes et tout le monde s’en moque”. Elle raconte les appels à l’aide, les pleurs au bout du fil, les angoisses de celles et ceux qui ont attrapé le coronavirus. “Du jour au lendemain, certaines ont disparu des réseaux d’entraide, on ne sait pas ce qu’elles sont devenues”, continue Anaïs de Lenclos.

« C’est trop dangereux »

Avec l’arrêt brutal, des ressources financières s’est ajouté, pour certain.es la perte d’un logement. Nina, militante à Act-Up Paris et salariée chez Aides a, elle, réussi, à trouver une place dans une colocation. “C’était un peu la panique générale juste avant la quarantaine, et j’ai cherché très vite de l’aide pour éviter de me retrouver à la rue”.

Depuis, elle continue de recevoir des appels de clients “mais sincèrement, je préfère vendre ma culotte pour 50 euros que continuer dans la rue. C’est trop dangereux”.  Elle décrit un milieu qui s’est précarisée depuis la loi de pénalisation des clients de 2016. “Avant une passe, c’était 150 euros, aujourd’hui ça tourne plus autour de 20 ou 30 euros”. À cela, s’ajoutent les problèmes de santé, les dépendances aux produits, le VIH ou encore les problèmes mentaux. “Moi, je suis séropositive et en transition, mes traitements, je vais pouvoir continuer à les avoir, mais ça ne va pas être le cas de toutes”.

Comment gérer le sevrage brutal ? La perte de tout revenu ? L’absence de solution par les pouvoirs publics ? Pour tenter d’apporter une réponse à ces situations extrêmes, l’entraide communautaire prend le relai. Nina explique que des groupes de TDS se sont organisés en amont du confinement pour faire des stocks de traitements antirétroviraux, d’antidépresseurs et d’hormones. “Cette crise va nous obliger à penser différemment et surtout à faire attention aux personnes les plus à risques, les personnes migrantes qui n’ont pas toujours les bons papiers”.

Cagnottes

Autre difficulté : la plupart des associations ont suspendu leurs maraudes, le temps de trouver une façon de s’organiser et de sécuriser les bénévoles et salariés. “Nous sommes une association reconnue d’intérêt public et aujourd’hui, nous n’avons pas les moyens de travailler”, lâche Giovanna Rincon, directrice d’Acceptess-T.

Manque de gants, de masques, de solutions hydroalcooliques ou de paniers repas, elle dit avoir fait appel aux pouvoirs publics (ARS, mairie de Paris, etc.), pour obtenir des réponses rapides et reprendre les tournées le plus vite possible. Mais pour l’instant, ses démarches sont restées sans réponse.

Alors, pour répondre à l’urgence, des cagnottes ont été lancées. Celle partagée sur la page Instagram “Ta pote pute” réunit aujourd’hui plus de 11.000 euros via un site de crowdfunding. Celle du Strass arrive à 8.000 euros. Et Acceptess-T a lancé un fond nommé “Fast”. Depuis le début de la semaine, Giovanna Rincon explique avoir reçu plus de 200 demandes d’aides pour des paniers repas. “Aujourd’hui, on peut en payer sept, et je ne parle même pas des appels à l’aide pour des chambres d’hôtels”.

Entraide communautaire

Car si Emmanuel Macron a promis une aide financière de 1.500 euros pour les indépendant.es, celle-ci ne pourra être versée qu’à celles et ceux qui possèdent un statut. Et chez les TDS, le statut d’autoentrepreneur n’est pas majoritaire. “On ne va pas se mentir, il n’existe aucune aide pour nous aujourd’hui, explique Eva Vocz, coordinatrice des Parapluies rouges. Sauf la communauté et ses allié.es.”

Contacté par TÊTU, le secrétariat de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations, rétorque “qu’un dispositif a été lancé pour mettre à l’abri les personnes sans abri quelle que soit leur activité”. Sans plus de précision.

Julia, 46 ans, elle travaille depuis son appartement de la région parisienne. Cela fait plus de dix jours qu’elle a tout arrêté. “J’ai des problèmes de santé, je ne peux prendre aucun risque.” Impossible pour elle de continuer à recevoir des clients.“Trop de risques”, lance-t-elle. “En ce moment, ce sont mes amies qui paient mes dépenses du quotidien et à la fin du mois, je vais devoir piocher dans l’argent que j’avais mis de côté pour ma transition.” 

Verbalisation policière

A cette précarité accrue s’ajoute la verbalisation policière. “Depuis le début de la quarantaine, les policiers se servent des autorisations de sortie pour pénaliser les TDS”, lâche Eva Vocz. A Paris, Lyon ou Marseille, des TDS ont été verbalisées pour non-respect du confinement, racontent plusieurs sources à TÊTU.

“C’est toujours pareil, souligne Antoine Baudry, animateur de prévention et charge des actions santé et VIH au sein de l’association Cabiria. La police fait respecter le confinement même auprès des TDS et celles et ceux qui n’ont pas de papier redoutent d’être expulsé.es ou placé.es en centre de rétention administratif (CRA).” Résultat, “il est de plus en plus difficile de les mettre à l’abri”.

Tou.te.s racontent que les personnes les plus précaires, les migrant.es, celles et ceux qui parlent peu ou pas français, celles et ceux qui ont des maladies chroniques et/ou pas de ressources financières pour payer une boite de paracétamol ou des préservatifs se retrouvent dans des situations extrêmes. Contacté à de nombreuses reprises, le ministère de l’Intérieur n’a pas donné suite à nos demandes.

Baisse des tarifs

“On le sait, que beaucoup de TDS ne vont pas avoir le choix, qu’elles vont devoir continuer à travailler”, souligne Eva Vocz. C’est le cas de Paolo*, un habitant de la région lyonnaise qui souhaite garder l’anonymat. “J’ai un rendez-vous la semaine prochaine. Et je vais y aller parce que je n’ai pas vraiment le choix si je veux payer mes factures à la fin du mois”, raconte-t-il.

Il décrit un client insistant qui a demandé à baisser les tarifs parce qu’il “prenait beaucoup de risques”. “C’est juste une excuse. Ils le savent très bien que si tu acceptes dans une situation comme ça, c’est parce que tu n’as pas le choix. Et donc que tu ne vas pas refuser, même pour moins cher.” Il se promet, que ce sera son dernier client avant plusieurs semaines. “Je vais chercher une autre solution. Et comme je en vis pas seul, la cam ce n’est pas possible”.

Charlie, elle n’entend pas continuer son travail d’escort pendant cette période. “Sincèrement, c’est trop dangereux et les clients qui viennent aujourd’hui vers moi, je le sais qu’ils ne sont pas safes ni respectueux. Donc non”. Pour payer ses factures, elle envisage donc de se tourner vers des sites de cam, en pleine boom depuis le début du confinement.

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Puiser dans ses économies

“C’est sûr je ne vais pas gagner le même salaire”, réfléchit-elle. “Mais c’est un peu ma seule alternative en ce moment, donc bon”. En attendant de se décider, elle dit étudier son nouveau business model et réfléchir à son exposition. “Jusqu’à quel point je peux accepter de perdre mon anonymat ? De risquer de me retrouver sur des sites de revenge porn ou autres… Pour l’instant je ne le sais pas”. Alors en attendant de se lancer ou pas, elle va puiser elle aussi dans ses économies.

 

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