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Existe-t-il un traitement pour faire revenir les règles ?

20 March, by Martin Winckler - Médecin et écrivain (Montréal).[ —]

Les règles (pourquoi on en a, pourquoi elles sont - ou non - régulières, leur abondance, leur inconfort, leur durée, etc.) sont, tout naturellement, la préoccupation de bon nombre de femmes.

Pour faire le tour du sujet, j'ai publié un livre entier et consacré plusieurs articles de ce site, en particulier « Les règles : en avoir ou pas ? » Il est malheureusement épuisé, mais si vous m'écrivez, je peux vous en trouver un exemplaire.

Aujourd'hui je vais essayer de répondre à une question qui m'est souvent posée (et qu'on voit souvent posée sur les forums féminins) : « Comment faire revenir les règles ? » (sous entendu : quand on n'en a pas depuis longtemps, ou régulièrement).

Parmi toutes les questions que je reçois c'est l'une des plus fréquentes. Malheureusement, beaucoup de médecins lui donnent une réponse fausse et susceptible d'entraîner beaucoup de déconvenues. Car l'absence ou l'irrégularité des règles recouvre TOUJOURS une autre question : Je n'ai pas des règles normales. Est-ce que je peux (quand même) être enceinte ?

Les choses que vous avez besoin de retenir sont celles-ci :

- le cycle menstruel n'est PAS toujours régulier chez toutes les femmes ; le rythme normal de 28 jours est une légende : un tiers seulement des femmes en bonne santé ont un cycle d'à peu près 28 jours. La majorité ont un cycle plus court, plus long ou... irrégulier ;

- il n'est pas nécessaire d'avoir des règles à intervalle régulier pour être fertile ; il n'est même pas nécessaire d'ovuler tous les mois ; aujourd'hui, la majorité des femmes désirant avoir un petit nombre d'enfants (entre 1 et 3...), beaucoup de femmes considérées comme « peu fertiles » (par rapport à d'autres) le sont suffisamment pour avoir les enfants qu'elles désirent SANS EXPLORATIONS NI TRAITEMENTS !

- les règles apparaissent le plus souvent quinze jours après une ovulation non fécondée, mais PAS TOUJOURS ! Il y a des femmes qui ont des règles sans ovuler, et des femmes qui ovulent sans avoir de règles au moment où elles les attendent, le tout sans être enceintes ;

- TOUT peut perturber un cycle apparemment « régulier » : une perte ou une prise de quelques kilos, un souci au travail, un décès dans la famille, la maladie d'un enfant ou d'un parent, un conflit conjugal, une saison très enneigée, etc. L'ovulation est déclenchée par une zone du cerveau très sensible aux émotions diverses et variées. Elle peut donc être bloquée et s'accompagner d'un arrêt ou d'un retard de règles plus ou moins long, sans que ça signifie une grossesse, ni que ça veuille dire qu'on est infertile !!!
Il faut cependant savoir que quand l'IMC (Indice de masse corporelle, que vous pouvez calculer ici) est inférieur à 18-20, l'ovulation peut être suspendue. C'est probablement un système de protection des femmes en sous-poids relatif, pour qu'une grossesse ne vienne pas les affaiblir encore (ce qui serait défavorable également au foetus).
Donc, si vous êtes en sous-poids, il peut être difficile d'être enceinte ou même davoir un cycle, tout simplement parce que votre corps n'est pas dans l'état propice.

- à la liste qui précède, il faut évidemment ajouter la grossesse ! Après une grossesse et un accouchement (et une période variable d'allaitement, pour certaines femmes), le cycle peut être long à reprendre ou irrégulier pendant plusieurs mois. C'est fréquent. Ce n'est pas grave. C'est un phénomène physiologique destiné à protéger la femme (et l'enfant nouveau-né) contre une grossesse trop précoce, qui affaiblirait une femme dont les réserves ne sont pas reconstituées, et le nouveau-né. Ce n'est pas un phénomène absolu (certaines femmes peuvent être enceinte dans les mois qui suivent un accouchement), mais c'est fréquent.

- comme la grossesse, les contraceptifs hormonaux (presque tous) mettent le cycle en sommeil. Après l'arrêt d'un contraceptif pris pendant plusieurs années, le cycle peut être aussi capricieux qu'après une grossesse, car le corps a été en état de grossesse artificielle.

- les saignements qui apparaissent entre deux plaquettes de pilule ne sont pas des règles ; ce sont des saignements provoqués artificiellement par l'arrêt de la pilule ; elles n'ont aucune signification quant à la fertilité (ou l'infertilité) de l'utilisatrice ;

- l'absence de règles juste après plusieurs mois ou années de prise de pilule ne veut rien dire ; la prise de pilule imite l'état hormonal de la grossesse ; or, pendant une grossesse et plusieurs mois après, pour certaines femmes le cycle est irrégulier, les règles plus ou moins absentes, etc. Donc, une « infertilité » apparente pendant quelques mois après arrêt de pilule n'a aucune signification en soi.

- si vous arrêtez votre pilule pour être enceinte, ne vous attendez pas à ce qu'une grossesse « prenne » dans les quinze jours ; si ça arrive, c'est un heureux hasard ; si ça n'arrive pas, c'est parce que pour 95 % des couples, une grossesse « prend » (et « tient ») dans les DEUX ANS qui suivent ; pour vous, ça peut être au bout de 3 semaines, 3 mois ou 20 mois. Alors, PATIENCE !!!!

De tout ce qui précède découlent des notions simples : après avoir arrêté une contraception pour être enceinte il n'y a que trois choses à faire 1° continuer à vivre sa vie comme avant ; 2° laisser le temps à une grossesse de débuter et de tenir (encore une fois : si ça ne fait pas deux ans que vous essayez sans aucun résultat, ça ne veut rien dire) ; 3° garder à l'esprit qu'une grossesse ne débute que si toutes les conditions favorables sont réunies (et il en faut beaucoup) ; une grossesse ne « tient » que si l'embryon est viable ; s'il ne l'est pas, la grossesse s'interrompt avant le 3e mois ; les fausses couches spontanées avant 3 mois sont dans leur immense majorité un phénomène d'élimination naturelle d'un embryon malformé.

Revenons à la question : « Y a-t-il des médicaments pour faire revenir les règles ? »
La réponse est NON. Pourquoi ? Parce que FAIRE REVENIR LES REGLES c'est prendre le problèmes par l'extrêmité de l'iceberg.
Si les règles sont absentes (et si le cycle est perturbé), c'est parce qu'il y a une raison. C'est sur cette raison qu'il faut se pencher et non sur le fait de déclencher des règles.

1er cas de figure : vous avez un retard de règles et vous ne voulez pas être enceinte.

Que faire : un test de grossesse. Oui. Même si vous n'avez pas envie d'être enceinte, il faut mieux aller directement au fait.
Rien ne prouve, jusqu'à ce que vous ayez fait un test, que vous êtes enceinte. Aucun symptôme d'accompagnement n'est probant : on peut avoir des nausées, les seins sensibles et la fringale sans être enceinte. Mais de toute manière, pour prendre une décision, il faut faire un test. Et ensuite dater la grossesse, afin d'envisager, le cas échéant, une interruption de grossesse.

Il ne faut pas prendre de médicament pour faire revenir les règles. (Ni en demander à un médecin.)

Pendant longtemps, avant que l'IVG soit légalisée en France (et ailleurs) il était courant que certains médecins prescrivent un « médicament pour faire revenir les règles » - en fait pour provoquer une fausse couche ou un avortement « en douce », sans que personne ne le sache. Ces médicaments n'avaient aucun effet abortif. Ils pouvaient en revanche être toxiques pour la mère ou provoquer des malformations chez l'enfant...

En dehors des médicaments agréés, utilisés pour interrompre une grossesse (mifépristone et prostaglandine) dans les centres agréés, aucun médicament ne peut « faire revenir les règles ».

C'est dur à accepter, mais c'est précisément parce qu'il n'existait aucun médicament sans danger (« naturel ») que les femmes se sont fait avorter dans des conditions innommables pendant des centaines d'années. Aujourd'hui, les techniques d'IVG existent, elles sont sans danger pour les femmes et sans conséquence pour leur fertilité ultérieure ; mais pour rester en sécurité, il faut absolument consulter dans un centre agréé.

Les médicaments de l'IVG ne sont pas en vente libre. Pourquoi ? Parce qu'ils ne sont efficaces que sur des grossesses très jeunes (moins de 7 semaines depuis les dernières règles, moins de 5 semaines de grossesse). Au-delà, n'interrompent pas la grossesse, mais sont toxiques. A noter que dans certains centres ou cliniques français, on donne mifépristone et prostaglandines au-delà de cette date. Sachez que c'est tout à fait illégal - et scientifiquement inadapté.

Ne croyez pas les médecins qui vous disent : Je vais faire revenir vos règles. Si vous êtes enceinte, ça ne marchera pas. Car si le médicament qu'il vous donne est abortif, il risque d'être toxique POUR VOUS (et il n'a pas le droit de vous le prescrire). Si le médicament n'est pas abortif, il risque de vous faire perdre du temps. N'oubliez pas qu'en France, l'IVG n'est autorisée que dans un délai limité. Alors allez faire un test de grossesse, et s'il est positif, adressez vous à votre généraliste, à une sage-femme, à un.e gynécologue ou directement dans un centre de planification/centre d'IVG. Si le test est négatif, UTILISEZ DES PRESERVATIFS JUSQU'A CE QUE VOS REGLES REVIENNENT !!! (Car sinon, vous risquez de vous retrouver enceinte quand même...)

2e cas de figure : vous n'avez pas de règles depuis plusieurs semaines, et vous voulez être enceinte mais vous ne l'êtes pas (ou : vous avez un cycle irrégulier ou suspendu, et comme vous voulez être enceinte, ça vous inquiète...)

(Lisez aussi : J'ai arrêté ma contraception et je ne suis toujours pas enceinte)

Il n'est ni judicieux, ni nécessaire, ni utile de prendre un traitement pour « faire revenir les règles ».

Pourquoi ? Parce que ce n'est pas de règles que vous avez besoin, mais d'une ovulation. Or, les seuls médicaments qui peuvent déclencher une ovulation ne sont donnés qu'aux femmes qui ont des problèmes d'ovulation. Autrement dit : une infertilité démontrée - c'est à dire qui ont essayé de débuter une grossesse depuis au moins deux ans avec un homme qui est lui même fertile (30% des infertilités sont liées à la qualité du sperme, et une proportion variable à l'incompatibilité génétique entre les deux partenaires).

D'autre part, comme je l'ai dit plus haut, le fait de ne pas avoir de règles (et donc, de ne pas ovuler) n'est pas du tout un signe d'infertilité. Il peut être le signe de tout plein de choses qui perturbent le cycle parce que l'évolution a doté le cerveau d'un « bloquage de l'ovulation » quand le corps « sent » ne pas être physiquement apte à mener une grossesse à bien. C'est pour cette raison que les femmes qui perdent beaucoup de poids en peu de temps, ou qui en prennent peuvent pendant quelques semaines ou quelques mois, si elles n'ont pas un poids adéquat, être sans ovulation et sans règles. Le traitement, alors c'est... de revenir au poids adéquat. Ça n'est pas de « faire revenir les règles »

POURQUOI ALORS TANT DE MEDECINS DONNENT-ILS DES MEDICAMENTS POUR FAIRE REVENIR LES REGLES ?

En gros, pour trois raisons :

- parce qu'ils ne savent pas que ça ne sert à rien. Eh, oui, malheureusement, les médecins français ne sont pas formés pour connaître les aléas de la physiologie ovarienne... On leur apprend les maladies, et non les variantes de la normale chez les gens en bonne santé.

- parce que les femmes sont inquiètes et demandent une solution - et, comme les médecins ont envie de les aider et ne savent pas expliquer ce qui précède, et sont surtout formés pour prescrire des médicaments, ils prescrivent un médicament...

- parce que des marchands de médicaments commercialisent, depuis longtemps, des produits destinés à répondre à ce type de « problème » et en font depuis toujours la promotion auprès des médecins

Le prototype du produit utilisé pour « faire revenir les règles » est le Duphaston° (dydrogestérone). C'est un produit proche de la progestérone mais qui a des effets modestes, pas très différents de ceux d'un placebo. Il a été commercialisé il y a très longtemps, en 1961, à une époque où les exigences en matière d'efficacité des médicaments n'étaient pas du tout ceux d'aujourd'hui (on commercialisait alors à peu près n'importe quoi...)

Théoriquement la dydrogestérone peut être utilisée en cas de « manque de progestérone » c'est à dire dans deux situations :
- en cas de syndrome prémenstruel intense (lié à la « chute » de la progestérone dans le sang en l'absence de grossesse) ou à une « hyperestrogénie » temporaire (seins gonflés, en particulier) ;
- en cas d'irrégularités du cycle à l'approche de la ménopause ; et, dans ce second cas, c'est également pour lutter contre des symptômes désagréables similaire au syndrome prémenstruel.

Mais c'est seulement de la théorie : encore une fois, les effets de ce médicament n'ont jamais vraiment été mesurés. Un labo a essayé de le recycler dans le traitement de la ménopause, mais la Revue Prescrire, qui fait autorité en la matière, conclut à ce sujet il n'est pas justifié d'utiliser (ce médicament) dont l'efficacité symptomatique est à peine différente de celle d'un placebo. (La Revue Prescrire, n°388, février 2016, p. 103).

Le Duphaston n'est donc EN AUCUN CAS un médicament qui « régularise le cycle ». (D'ailleurs, sur la fiche d'indications sur le site grand public du Vidal (dictionnaire subventionné par l'industrie), la mention régularisation du cycle n'apparaît pas.)

Pourquoi les médecins le prescrivent-ils, alors ?

Parce que ça rassure les femmes ; parce que ça rassure les médecins ; parce que ça leur fait gagner du temps grâce à un tour de passe-passe pratique : quand on donne de la dydrogestone à une femme qui n'a pas ses règles pendant dix à quinze jours, à l'arrêt du médicament elle va faire ce qu'on appelle une « hémorragie de privation » et va saigner comme si elle avait ses règles. Ça ne veut pas du tout dire qu'après ces fausses règles elle va recommencer un cycle normal, comme si on l'avait « remise en marche » ou fait « repartir à zéro » et ovuler. Car ce ne sont pas les règles qui déclenchent l'ovulation, c'est le cerveau... Et si le cerveau ne veut pas, on peut prendre toute le Duphaston qu'on veut, l'ovulation n'aura pas lieu.

Pourquoi les médecins donnent-ils du Duphaston et pas un autre progestatif ?

Parce que la plupart des autres progestatifs sont contraceptifs ! Alors s'ils en donnaient un autre, évidemment, ça n'aiderait pas beaucoup l'ovulation. En donnant du Duphaston, ils espèrent que ça n'empêchera pas une ovulation de se faire, et ils tranquillisent la femme en lui donnant un traitement qui va l'occuper pendant un mois, et des saignements qui vont la rassurer pendant un mois de plus. Jusqu'à ce qu'elle ait de nouveau un retard de règles sans grossesse et s'inquiète à nouveau. Ce « tour de passe-passe » semble parfois marcher parce que la plupart des femmes n'ont des retards de règles sans grossesse que de manière passagère. Et leur cycle reprend de toute manière. Le Duphaston° n'y est pour rien, mais le médecin peut passer pour un grand homme (ou une grande femme).

Bref, c'est ce qu'on appelle du paternalisme médical : une attitude qui consiste à traiter les femmes comme des demeurées, au lieu de leur expliquer ce qui se passe.

Prescrire du Duphaston° à une femme qui n'a pas de règles ou qui a un cycle irrégulier et qui désire être enceinte depuis moins de deux ans est une escroquerie morale et scientifique.

Personnellement, j'ai toujours préféré expliquer la situation et encourager la patience chez les femmes qui venaient me consulter pour ce type de problème. Dans l'immense majorité des cas, elles ont fini par être enceintes sans avoir besoin du moindre traitement, et m'en ont été reconnaissantes, puisque je les avais rassurées sur leur fertilité. Celles qui, en revanche, avaient un vrai problème de fertillité n'ont pas été faussement rassurées par les fausses règles d'un traitement comme le Duphaston° et, lorsque le temps est venu d'explorer leur infertilité (qui, une fois sur trois, était due à leur compagnon...) étaient reconnaissantes de ne pas avoir été induites en erreur et de ne pas avoir avalé des traitements inutiles.

A noter que le Duphaston a été retiré du marché britannique en 2008.
Pourquoi ? Parce que les médecins britanniques ne le prescrivaient plus. Il faut savoir que les médecins britanniques sont probablement les mieux formés de la planète... Ce qui explique qu'ils ne prescrivent plus les médicaments inutiles...

Pourquoi les médecins français ne sont-ils pas francs avec les patientes et prescrivent-ils des médicaments qui ne servent à rien ?

Parce que pour être franc, il faut connaître les bonnes réponses et être sûr de soi. Parce que la formation continue des médecins français n'est pas assurée par des praticiens qui leur apprennent à parler aux patientes (et à les rassurer), mais par des entreprises pharmaceutiques qui les incitent plutôt à prescrire des médicaments. La France est l'un des pays développés où l'on consomme le plus de psychotropes, le plus d'antibiotiques, le plus de médicaments anticholestérol - et aussi le plus de médicaments inefficaces. Parmi ces médicaments inefficaces, il y a... les traitements pour faire « revenir les règles ».

Dr Marc Zaffran (Martin Winckler)


Les règles, en avoir ou pas ? (2) - En attendant les règles

20 March, by Vincent[ —]

Que se passe-t-il juste avant les règles ? Le syndrome prémenstruel et comment l'éviter. L'histoire d'une interprétation fallacieuse des règles par Hippocrate. Un retard de règles est-il synonyme de grossesse ?


Les règles : en avoir ou pas ? (1) - A quoi ça sert, les règles ?

20 March, by Vincent[ —]

Une description générale de ce que sont les règles, à quoi elles servent (ou plutôt : pourquoi elles ne servent à rien) et d'autres informations utiles, j'espère.


Marie Depussé - Là où le soleil se tait

6 March, by Martin Winckler - Médecin et écrivain (Montréal).[ —]

Des histoires. Ou peut-être des contes. Ou peut-être des poèmes en prose. Avec une intonation qui est à peine un accent.

Des figures et des sentiments. Des paroles lancées, et des histoires non dites. Le soleil. La chaleur. Le silence.

Des hommes et des femmes.

Surtout une femmes. Qui tente de comprendre le monde des hommes. Qui est aussi le sien.

Pour écouter un extrait du livre, cliquez sur la couverture.




Pour un annuaire national des chirurgien.ne.s français.e.s pratiquant des stérilisations conformément à la loi

27 February, by Docteur Marc Zaffran[ —]

L'annuaire des chirurgien.ne.s pratiquant ligatures de trompe ou vasectomie a été mis à jour par la page FB Stérilisation Volontaire. Le voici !

(Pour télécharger la liste, cliquez sur l'icône PDF)

L'accès à la stérilisation volontaire est encore difficile. A titre d'indication de l'intérêt des internautes pour cette question, sachez que cette seule page du site a reçu, à ce jour, plus de 100 000 (cent mille ! ) visites...

Il est important que toutes les personnes qui rencontrent, aujourd'hui encore, des difficultés à obtenir un geste médical AUTORISE PAR LA LOI, aient accès aux praticiens qui leur permettent de prendre des décisions autonomes. Il est scandaleux qu'on les empêche d'accéder à cette liberté.

Si vous avez bénéficié d'une intervention de ce type au cours des dix années écoulées en France, et s'il ou elle ne figure pas sur cette liste, envoyez moi le nom du médecin qui a pratiqué cette intervention, et l'adresse du centre où ça s'est fait (en m'écrivant à Martinwinckler/@/gmail.com).

Si vous êtes professionnel(le) de santé, cet appel s'adresse aussi à vous, bien sûr. Si vous-mêmes ou vos correspondant.e.s pratiquent des vasectomies et/ou des stérilisations féminines, partagez-les !

ATTENTION ! Certain.e.s praticien.ne.s ne veulent pas figurer sur un annuaire de ce type. Tou.te.s n'ont pas le courage de dire tout haut ce qu'ils/elles font dans leur service. Demandez-leur s'ils/elles sont d'accord pour figurer sur cette liste.

Envoyez moi leurs adresses, elles seront intégrées à la liste ci-dessus. Et faites passer le message !

Marc Zaffran/Martin WInckler

* Nota Bene : A son apparition, la méthode ESSURE , était réputée non invasive, non traumatisante et très sûre ; récemment sa sécurité a été malheureusement remise en cause aux Etats-Unis du fait de nombreuses plaintes de patientes.
Un article récent du New York Times révèle que les patientes ayant reçu des implants Essure avaient subi un très grand nombre de réinterventions comparées aux patientes ayant bénéficié d'une ligature par coelioscopie.
Les implants Essure sont désormais retirés du marché en France par le fabriquant. Mais les femmes qui en portent et qui souffrent d'effets secondaires doivent le signaler, car il est important qu'elles soient prises en charge correctement.


En France, a-t-on le droit, conformément à la loi, de choisir de n'avoir pas d'enfant ? Un trop grand nombre de médecins pensent (et disent) que non. Ils ont tort et ils pourrissent la vie de milliers de citoyen.ne.s.

Dix-sept ans après le vote de la loi qui les autorisent, une fois majeurs, à se faire opérer pour ne pas (ou ne plus) avoir d'enfants, en France, beaucoup (trop) de patients voient les médecins leur à imposer leurs préjugés au lieu de les accompagner dans leurs décisions. Or, les droits des patients ne sont pas des gadgets. Ce sont des droits aussi inaliénables que ceux du citoyen.

Le simple bon sens devrait rappeler à tous que si une personne est réputée apte à exercer son métier, à choisir son compagnon, sa compagne ou son lieu de résidence et à participer activement à la vie du pays en payant des impôts et en choisissant ses bulletins de vote, cette personne n'est pas moins apte à choisir quand et si elle aura un jour ou non des enfants !!!

Mais pour beaucoup de médecins, les patients cessent d'être des adultes quand ils entrent dans leur cabinet. Même lorsqu'il n'est pas malade, le désir de choisir d'un patient est, aux yeux de trop de professionnels de la médecine, absolument immature à partir du moment où ce désir n'est pas conforme à l'opinion personnelle du praticien...

Adhérer (de près ou de loin) à cette vision des choses, c'est oublier d'abord que les médecins ne sont pas, a priori, des personnalités plus matures que les autres ; ensuite qu'historiquement l'idéologie du corps médical français à l'égard de la sexualité (entre autres) a toujours été profondément réactionnaireque et enfin que la fonction d'un médecin ne consiste pas à juger des aptitudes des patients, mais à les accompagner dans leurs décisions face à une maladie ou à un choix de vie. Ce n'est pas moi qui le dit, mais le Code de la Santé Publique - qui, destiné à protéger les patients, s'applique d'abord et avant tout aux professionnels de santé.
Il en va de même pour la stérilisation volontaire, autorisée par la loi depuis 2001 pour toute personne majeure.

Jusqu'en 2008, je consultais deux fois par semaine dans un centre hospitalier de province. A chaque matinée de consultation je recevais des femmes ou des couples qui avaient, récemment ou par le passé, demandé à bénéficier d'une stérilisation car ils ne voulaient plus d'enfant. Tous s'étaient vu opposer par des praticiens sans éthique une fin de non-recevoir, même depuis 2001. Et beaucoup n'avaient même pas eu la possibilité de recourir à une contraception satisfaisante, par ces mêmes praticiens dénués d'éthique et - ce n'est pas moins grave - d'attitude scientifique.

Nul n'est censé ignorer la loi. Manifestement, les praticiens qui l'ignorent sont nombreux.


Lire le rapport de la Haute Autorité de santé sur les techniques de stérilisation (avec rappel de la loi)


Ce site est, pour une grande partie, consacré à la contraception et les innombrables contributions et questions/réponses que j'y ai publiées depuis 2003 montrent amplement à quel point il est difficile, pour de nombreuses femmes, de trouver une information fiable, une écoute attentive et un soutien approprié auprès de certains médecins quand elles désirent choisir une contraception.

L'attente d'information, d'écoute et de soutien est encore plus souvent trahie par les médecins quand une femme (ou un couple) fait la demande d'une méthode radicale comme la stérilisation.

Rappelons d'abord que les méthodes de stérilisation volontaire sont légales dans la plupart des pays industrialisés comparables à la France : Angleterre, Pays-Bas, Allemagne, Pays Scandinaves, Italie, Autriche, Espagne, Etats-Unis, Canada...

Dans les pays en question, la stérilisation est considérée comme une démarche individuelle, dans laquelle le rôle du médecin consiste à indiquer les avantages et les inconvénients, les risques et les contre-indications, c'est-à-dire aider le patient à faire un choix éclairé sans projeter sur lui ni lui imposer ses valeurs personnelles.

En France, pendant très longtemps, la stérilisation volontaire était interdite par la loi, au nom d'un principe de « non-mutilation » du corps qui remonte à Napoléon, selon lequel les soldats étaient punis s'ils s'étaient auto-mutilés pour ne pas partir au combat. Depuis vingt ou vingt-cinq ans, les médecins qui procédaient à une ligature de trompes (stérilisation féminine) ou à une vasectomie (stérilisation masculine) le faisaient au compte-goutte, de peur d'être poursuivis par les tribunaux, en imposant nombre de restrictions.

Depuis de nombreuses années, des stérilisations étaient non seulement tolérées mais pratiquées, parfois par compassion, parfois de manière arbitraire : des patient(e)s handicapés avant leur admission dans certains centres de soin [1] ; des ligatures de trompes à la troisième césarienne sans consultation de la première intéressée, mais en obtenant l'autorisation du mari pendant que la patiente était anesthésiée, etc.

La loi de 2001 sur la contraception a légalisé la délivrance gratuite de la contraception d'urgence aux adolescentes (dans les lycées et les pharmacies) et elle a prolongé les délais d'IVG à 12 semaines de grossesse (ou 14 semaines d'aménorrhée - c'est à dire depuis les dernières règles observées). Ce qu'on sait moins, c'est qu'elle a rendu légale la stérilisation volontaire de manière très simple et très précise :

Seules les personnes majeures peuvent demander une stérilisation. Un(e) mineur(e) ne peut pas demander une stérilisation. Une personne handicapée ne peut être stérilisée, sauf si un juge autorise la procédure après avoir, si possible, entendu la personne elle-même.

La seule condition préalable est un délai de réflexion de 4 mois entre la demande et sa confirmation auprès du médecin qui pratiquera l'intervention. Il n'y a pas de condition d'âge ou de nombre d'enfants. En théorie, un homme ou une femme qui a décidé de ne jamais avoir d'enfants a parfaitement le droit de demander et d'obtenir une intervention définitive une fois qu'il ou elle a atteint l'âge de 18 ans.

Aucun médecin n'est tenu de pratiquer une intervention de stérilisation, mais il doit avertir d'emblée le/la patient(e) de son refus d'y procéder et le/la diriger vers un praticien qui acceptera de s'en charger, comme le Code de la Santé Publique l'y oblige.

Cela, c'est la théorie. En pratique, bien entendu, ça ne se passe pas du tout comme ça.


Lire le rapport de la Haute Autorité de santé sur les techniques de stérilisation (avec rappel de la loi)


Une pression sociale d'une grande violence

L'immense majorité des femmes qui, après un certain nombre de grossesses et d'échecs ou d'aléas de la contraception, demandent une ligature de trompes s'entendent dire : « Vous êtes trop jeune. Vous pourriez le regretter. Si vous perdez un enfant, vous voudrez peut-être en avoir un autre. Et si vous divorcez pour vous remarier ? » Etc.

Toutes ces remarques sont bien sûr à rapprocher des commentaires (« Ne serait-il pas temps pour vous d'avoir des enfants ? ») que subissent les femmes sans enfant qui, à 35 ans, désirent changer de contraception pour passer de la pilule au DIU (dispositif intra-utérin ou « stérilet », terme particulièrement malheureux).

La pression sociale qui s'exerce sur les femmes pour les inciter à avoir des enfants est d'une grande violence. Et certains médecins en sont les premiers agents. Lorsqu'ils refusent une contraception sous des prétextes non scientifiques, comme lorsqu'ils dirigent hâtivement des femmes inquiètes de ne pas être enceintes vers des explorations lourdes et douloureuses ou des méthodes de procréation assistée... très lucratives pour ceux qui les pratiquent.

La résistance (ou les intimidations) des médecins à l'égard de ces choix est cependant identique. Les « conditions » imposées aux femmes - avoir un certain âge ou un certain nombre d'enfants - sont non seulement arbitraires mais illégales. Elles ne font que traduire l'idéologie et les valeurs personnelles du médecin.

Il n'est bien entendu pas question d'imposer une intervention à un médecin (ne serait-ce que parce qu'un professionnel qu'on contraint travaille mal...) mais d'exiger plusieurs choses légitimes :

le respect de la demande par le médecin ; aucun jugement n'a à être portée sur la personne, homme ou femme, ou le couple qui demande à être stérilisé. Pas plus qu'on ne devrait porter de jugement devant une femme enceinte qui décide de conserver une grossesse ou au contraire de l'interrompre.

une information loyale sur les méthodes de contraception disponibles . L'expérience des professionnels qui oeuvrent à fournir une contraception de qualité à toutes les femmes qui la leur demandent est en effet très claire : lorsque la contraception est librement choisie par la femme et adaptée à son mode de vie, elle est non seulement bien tolérée mais efficace, et les demandes de stérilisation sont beaucoup moins fréquentes

une information fiable et dénuée de menaces sur la loi, les méthodes de stérilisation, la manière de les pratiquer, les risques qu'elles présentent, les chances de réversibilité, etc.

L'article R 4127-35 du Code de la santé publique (ancien article 35 du code de déontologie médicale) est sans ambiguïté : « Le médecin doit à la personne qu'il examine, qu'il soigne ou qu'il conseille, une information loyale, claire et appropriée sur son état, les investigations et les soins qu'il lui propose. »

dans le cas où le médecin consulté refuse de procéder lui-même à l'intervention, il doit le dire d'emblée et indiquer au/à la patient(e) un confrère prêt à la faire. Autrement dit : il doit faciliter au patient l'accès à une procédure légitime et s'interdire d'y faire obstacle.

L'article R4127-47 du code de la santé publique précise en effet : « Quelles que soient les circonstances, la continuité des soins aux malades doit être assurée. Hors le cas d'urgence et celui où il manquerait à ses devoirs d'humanité, un médecin a le droit de refuser ses soins pour des raisons professionnelles ou personnelles. S'il se dégage de sa mission, il doit alors en avertir le patient et transmettre au médecin désigné par celui-ci les informations utiles à la poursuite des soins. »

Quand la décision de se faire stériliser est-elle valide ?

Les médecins qui refusent de pratiquer une intervention chirurgicale définitive sur une personne consentante sont souvent influencés (consciemment ou pas) par des images très violentes, en particulier celles des stérilisations forcées imposées par tous les gouvernements (pas seulement celui de l'Allemagne nazie, mais aussi les populations « socialement indésirables » aux Etats-Unis dans les années 20 : handicapés, mais aussi pauvres, alcooliques ) sur de multiples populations au fil des siècles. Ils oublient que les personnes qui viennent demander une stérilisation chirurgicale ne sont forcées par personne. Ils oublient aussi que de nombreux médecins ont procédé à des stérilisations forcées en France jusqu'à une période toute récente (voir plus loin).

« Vous êtes trop jeune pour vous faire ligaturer les trompes », « Vous n'avez que deux enfants, vous en voudrez peut-être un troisième »
Telles sont les déclarations qui sont opposées aux demandes. Mais un couple qui, à 25 ans, a déjà quatre enfants et n'en veut pas d'autre, aurait-il moins de raisons de choisir une stérilisation qu'un couple qui, à 38 ans, n'en a qu'un et n'en veut pas d'autre ou qu'une personne célibataire qui décide de ne jamais avoir d'enfant (d'autant qu'un célibataire peut adopter...) Quand on pose la question ainsi, en introduisant des critères comme l'âge et le nombre d'enfant, on ignore et on nie que la vie, l'expérience et les décisions des individus n'ont rien à voir avec l'âge où le nombre d'enfants. On peut être parfaitement autonome à 16 ans et toujours immature à 45. On peut se sentir capable d'avoir un enfant mais pas plus. La seule personne apte à le dire, c'est l'intéressé(e) même.

En quoi un médecin serait-il plus apte que l'individu lui-même à déterminer ce qui est bon pour lui ou elle ? Son rôle n'est pas de servir de directeur de conscience, mais d'aider l'homme ou la femme à identifier les motifs de sa demande et à déterminer si la stérilisation est la meilleure solution (ou la moins mauvaise).

Le choix de ne jamais ou de ne plus avoir d'enfants est respectable et doit être respecté par tous les professionnels de santé

Evidemment, le choix d'une stérilisation n'est pas le même selon qu'on a eu ou non des enfants. Quand on en a, c'est pour ne plus en avoir. Quand on en a pas, c'est pour ne jamais en avoir. Mais, dans un cas comme dans l'autre, il s'agit d'un choix aussi respectable que celui de rester célibataire, de se marier, de divorcer, ou d'avoir des enfants.

En conscience, personne (ni le patient, ni le médecin) ne peut savoir si la décision de ne pas/plus avoir d'enfant est une décision qu'on regrettera ou non. Certes, c'est une décision grave et irréparable, mais, n'impliquant que la première personne intéressée, elle n'est, somme toute, pas plus grave que celle d'AVOIR des enfants - laquelle met tout de même en jeu la vie d'un grand nombre de personnes (l'autre géniteur, les enfants qu'on décide d'avoir, leurs propres enfants à venir, etc.) ! ! !

Même si cette décision est grave, personne n'est en droit, face à un adulte, d'imposer une décision (ou une interdiction) contraire.

Il est paradoxal de demander à une personne de réfléchir à sa décision de ne pas avoir d'enfant (ou de prendre une contraception, ou de poursuivre une grossesse), alors qu'on ne demande jamais ou presque à une femme majeure de réfléchir à sa décision d'avoir un enfant ou d'être enceinte. [2]

Quant à la capacité de chacun à se projeter dans le futur, si souvent invoquée par les médecins, est-elle meilleure quand on se marie, quand on achète une maison ou quand on fait un choix professionnel que lorsqu'on décide de se faire stériliser ? Non, évidemment.

Des obstacles subjectifs et idéologiques, mais non médicaux

En France, il semble que la « réflexion » exigée par les médecins au sujet de la fécondité, soit réservée aux situations où les femmes, surtout les femmes, décident de ne pas avoir d'enfant (contraception, IVG, stérilisation).

Les arguments invoqués sont essentiellement idéologiques et tiennent à une conception très fortement teintée de catholicisme selon laquelle une femme ne s'accomplirait pleinement qu'à travers la maternité.

Il est rare que les médecins aient recours ouvertement à ce type d'arguments, parfaitement indéfendables car contraires à l'éthique. Le plus souvent, ils invoquent plutôt des motifs subjectifs - le regret ultérieur si l'on perd un enfant ou si l'on divorce et se remarie - ou médicaux : les risques liés à l'intervention, les conséquences psychologiques.

Passons sur les deux premiers motifs, qui sont purement et simplement inacceptables en ce qu'ils font planer sur la tête des personnes des menaces qu'aucun médecin n'est en droit d'invoquer, car elles sont contraires à l'éthique. Un médecin n'a pas à se mêler de la vie de ses patients ni à énoncer des « prédictions » à ce sujet.

Les arguments médicaux

Les « risques médicaux » invoqués ne sont pas plus valides. Statistiquement, en effet, contraception, IVG et stérilisation ne sont pas médicalement plus risquées pour la vie de la femme qu'une grossesse, c'est même le contraire. Ainsi, le risque de mourir d'un accident de pilule est SIX FOIS INFÉRIEUR au risque de mourir d'une grossesse...

Le seul argument médical valide pour inciter une personne à réfléchir à sa décision n'est donc ni son âge (quel serait le « bon » âge ?) ni le nombre d'enfants qu'elle a (quel serait le « bon » nombre d'enfants ?), mais sa position, à elle, face au caractère définitif de la procédure. Se faire stériliser est un choix qui doit être considéré comme irréversible. Même si les trompes (« clippées » ou sectionnées pendant la ligature des trompes, obturées par la méthode Essure - voir plus bas) ou les déférents (sectionnés lors de la vasectomie) sont réparés, la probabilité pour l'individu d'avoir des enfants est très inférieure à 50 %.

Un argument mérite réflexion : plus la femme est jeune, plus les échecs de stérilisation (par les méthodes de ligature de trompe) sont nombreux.

Avec la méthode la plus efficace utilisée pendant l'étude (l'ablation partielle des trompes juste après un accouchement) le taux d'échec pour les femmes stérilisées avant 27 ans est de 11,4/1000 ; entre 27 et 33 ans, de 5,7/1000 ; après 34 ans, de 3,8 /1000. De plus, d'après l'étude CREST, 33 % des grossesses survenues après une stérilisation sont des grossesses extra-utérines, ce qui évidemment est préoccupant. [Voir le détail de l'étude CREST en cliquant sur Ce lien

Autrement dit, avant 27 ans, il n'est pas sûr que la stérilisation soit la meilleure méthode contraceptive : statistiquement, les DIU (3 à 8/1000 échecs) et l'implant (moins de 5/1000) font mieux, y compris contre les grossesses extra-utérines ! Alors, pourquoi subir une intervention lourde avant cet âge alors qu'une méthode non contraignante sera plus sûre ?

Après 30 ans, en revanche, étant donné les faibles risques liés à la chirurgie, la sécurité et le confort (absence des effets secondaires liés aux méthodes contraceptives) sont des arguments MEDICAUX de poids justifiant une stérilisation contraceptive par une femme, un homme ou un couple qui en ont pris la décision.

Les risques psychologiques existent, certainement, mais sont-ils plus grands que ceux d'une grossesse ? Dissuade-t-on les femmes d'être enceintes pour prévenir les dépressions du post-partum ? Non, bien sûr. De plus, les études effectuées dans les pays où la stérilisation volontaire existe depuis plusieurs décennies montrent que les troubles psychologiques après l'intervention sont liés à la personnalité de l'individu, non à l'intervention elle-même - comme pour toute situation exceptionnelle.

Il en va de même des « remords ». L'étude CREST, citée plus haut, indique que 0,2 % des femmes ayant été stérilisée ont demandé une chirurgie réparatrice. Bien sûr, il s'agit de femmes américaines, culturellement différentes des Françaises. Mais tant qu'aucune étude statistique n'aura été menée en France, on ne voit pas comment les médecins français pourraient avancer que leur proportion est beaucoup plus élevée dans ce pays.

Mais les femmes âgées de moins de 30 ans sont deux fois plus nombreuses à regretter l'intervention que les plus de 30 ans : 4,2% lorsqu'elles l'ont subie entre 20 et 24 ans ; 2,4 % lorsqu'elles l'ont subie entre 30 et 34 ans. Globalement, les regrets sont donc peu nombreux. Il peut être légitime, pour un médecin, d'inciter une femme de moins de 30 ans dont il pense la décision hâtive, d'aller en parler à un professionnel de l'écoute (psychiatre, psychologue). Mais il n'est pas justifié d'opposer le « regret » à l'ensemble des femmes qui font la démarche alors qu'un très petit nombre d'entre elles le regretteront ensuite et un plus faible nombre encore demanderont une réparation.

Principal obstacle à la stérilisation volontaire : les médecins !

En tout état de cause, aujourd'hui, la loi énonce clairement que si une personne a décidé de ne pas/plus avoir d'enfant, nul n'est en droit de lui contester ce droit.

Dans les faits, la stérilisation volontaire étant laissée aux mains des médecins et des chirurgiens, leur refus de procéder à ce type d'intervention est un obstacle sérieux à la liberté individuelle.

Encore une fois, il n'est pas pensable d'obliger des chirurgiens à procéder à des opérations auxquelles ils sont idéologiquement opposés. Mais on peut en revanche exiger d'eux qu'ils n'empêchent pas les patients d'y accéder. Dans le cadre de leur exercice, en donnant une information loyale et non terrorisante ; à l'hôpital, en permettant aux médecins qui désirent acquérir une formation à ces techniques de le faire.

En effet, les facultés de médecine française n'incluent pas les techniques de stérilisation à la formation des médecins, alors que celles-ci devraient faire partie de l'enseignement, au même risque que la contraception et l'IVG. C'est regrettable. Il ne s'agit pas d'obliger les médecins à pratiquer des gestes contre leur gré, mais de leur donner au moins l'information objective nécessaire pour qu'ils guident les patients qui le désirent vers des techniques autorisées par la loi et auxquelles ils sont en droit d'accéder ! ! !

Quelle méthode choisir ?

Il y a deux méthodes de stérilisation féminine

1° par coelioscopie (anesthésie générale)
- pose de « clips » sur les trompes
- électrocoagulation.
- section et ligature des trompes

2° par fibroscopie (anesthésie locale)
- méthode Essure (n'est plus possible en France désormais)

D'un point de vue médical, il n'y a pas d'obstacle à pratiquer une stérilisation. Lisez le compte rendu du COngrès 2007 de Gynécologie et de reproduction de la côte d'Azur sur le sujet.


Note : aucune méthode n'étant dénué d'inconvénient ou d'effets secondaires, il est bon de les connaître à l'avance. (Lire à la fin de cette page le compte rendu d'une allergie au Nickel après insertion d'un dispositif Essure.)


Et les hommes, alors ?

Bonne question. En Angleterre, la vasectomie est si facile et si fréquemment pratiquée qu'en 2000, un institut britannique incitait les Français à venir se faire vasectomiser au Royaume-Uni.

En France, pendant de nombreuses années, la vasectomie n'était pratiquée que par les urologues (spécialistes de l'appareil urinaire) qui le voulaient bien, et par une poignée de généralistes qui s'étaient formés à l'étranger. Il s'agit en effet d'une procédure simple, qui se fait sous anesthésie locale, et qui nécessite peu de matériel. Une méthode toute récente inventée en Chine (la méthode « sans scalpel »), encore moins invasive, ne nécessite qu'une minuscule incision de la peau du scrotum (qui entoure les testicules) et se fait en moins de 30 minutes.

La vasectomie est une méthode efficace, simple et sans danger. Elle ne modifie nullement les capacités sexuelles de l'homme. Mais elles le déchargent d'un énorme souci... ainsi que sa (ou ses) partenaires.

Pour l'entourage, de même qu'une ligature de trompes n'est pas dénuée de signification symbolique pour une femme, une vasectomie ne l'est pas non plus pour l'homme qui y recourt. Alors qu'elle est très bien acceptée par les hommes des pays anglo-saxons, dans les pays latins, la vasectomie est souvent associée à une perte de la virilité, ce qui explique que, souvent, elle ne soit pas envisagée lorsqu'un couple demande une contraception définitive.

En conclusion

La stérilisation volontaire est une méthode de contraception légale en France depuis 2001. Pratiquée dans de nombreux autres pays, elle médicalement bien maîtrisée, sa sécurité et son efficacité valent celles des meilleures méthodes de contraception (DIU, implant), surtout après 30 ans. Passé cet âge, ce type de contraception devrait faire systématiquement partie de la palette des choix offerts aux femmes, aux hommes et aux couples qui ne désirent plus avoir d'enfants.
Il en découle que tout commentaire négatif, méprisant, jugeant, désagréable ou insultant venu d'un praticien à qui vous demandez une stérilisation est contraire non seulement à l'éthique, mais à la loi. Et il est indispensable de le signaler en écrivant aussi bien au conseil de l'ordre du département, qu'à la direction de l'établissement où il exerce et à la caisse primaire d'assurance-maladie dont vous dépendez.


Lire le rapport de la Haute Autorité de santé sur les techniques de stérilisation (avec rappel de la loi)


Participez à l'élaboration d'un annuaire des praticiens (urologues et gynécologues) qui pratiquent les stérilisations .
Si vous connaissez le nom et le lieu d'activité de professionnels qui pratiquent ces interventions sans opposer d'obstacles ou d'objections inutiles et inappropriées, écrivez-moi à martinwinckler/@/gmail.com pour me donner leur coordonnées. Elles seront intégrées à la liste ci-dessous, compilée par les animatrices de la page FB Stérilisation Volontaire.


ANNEXES

Article 26 de la loi du 4 juillet 2001

Le titre II du livre Ier de la deuxième partie du [code de la santé publique] est complété par un chapitre ainsi rédigé :

« Stérilisation à visée contraceptive

« Art.L. 2123-1. - La ligature des trompes ou des canaux déférents à visée contraceptive ne peut être pratiquée sur une personne mineure. Elle ne peut être pratiquée que si la personne majeure intéressée a exprimé une volonté libre, motivée et délibérée en considération d'une information claire et complète sur ses conséquences.
« Cet acte chirurgical ne peut être pratiqué que dans un établissement de santé et après une consultation auprès d'un médecin.
« Ce médecin doit au cours de la première consultation :
« - informer la personne des risques médicaux qu'elle encourt et des conséquences de l'intervention ;
« - lui remettre un dossier d'information écrit.
« Il ne peut être procédé à l'intervention qu'à l'issue d'un délai de réflexion de quatre mois après la première consultation médicale et après une confirmation écrite par la personne concernée de la volonté de subir une intervention.

« Un médecin n'est jamais tenu de pratiquer cet acte à visée contraceptive mais il doit informer l'intéressée de son refus dès la première consultation. »

Article 27 de la loi du 4 juillet 2001

Après l'article L. 2123-1 du [Code de la santé publique], il est inséré un article L. 2123-2 ainsi rédigé :

« Art. L. 2123-2. - La ligature des trompes ou des canaux déférents à visée contraceptive ne peut être pratiquée sur une personne mineure. Elle ne peut être pratiquée sur une personne majeure dont l'altération des facultés mentales constitue un handicap et a justifié son placement sous tutelle ou sous curatelle que lorsqu'il existe une contre-indication médicale absolue aux méthodes de contraception ou une impossibilité avérée de les mettre en œuvre efficacement.
« L'intervention est subordonnée à une décision du juge des tutelles saisi par la personne concernée, les père et mère ou le représentant légal de la personne concernée.
Le juge se prononce après avoir entendu la personne concernée. Si elle est apte à exprimer sa volonté, son consentement doit être systématiquement recherché et pris en compte après que lui a été donnée une information adaptée à son degré de compréhension. Il ne peut être passé outre à son refus ou à la révocation de son consentement.
« Le juge entend les père et mère de la personne concernée ou son représentant légal ainsi que toute personne dont l'audition paraît utile.
« Il recueille l'avis d'un comité d'experts composé de personnes qualifiées sur le plan médical et de représentants d'associations de personnes handicapées. Ce comité apprécie la justification médicale de l'intervention, ses risques ainsi que ses conséquences normalement prévisibles sur les plans physique et psychologique.
« Un décret en Conseil d'Etat fixe les conditions d'application du présent article. »

Et, pour mesurer l'idéologie médicale à l'œuvre dans ce type de problème, voici un extrait d'un article paru dans le bulletin de l'Ordre des Médecins de novembre 1997 :

« Le Conseil National de l'Ordre des Médecins fait remarquer que l'évolution des techniques, dans leur majorité, rend réversibles les stérilisations masculine et féminine et qu'à ce titre, elles constituent un procédé contraceptif admis sous réserve que les conditions suivantes soient strictement respectées :

- un motif très sérieux : nécessité d'ordre médical ou contraceptive avec obligation de définir le motif,
- un consentement dûment éclairé de l'intéressé(e) et éventuellement de son conjoint,
- un délai de deux mois de réflexion, la méthode devant laisser la possibilité d'une intervention réparatrice,
- la liberté pour le médecin d'apprécier en conscience, s'il a la possibilité de pratiquer ou non cette stérilisation (clause de conscience). »

On notera qu'il y a moins de 10 ans le Conseil national fondait son opinion sur une contre-vérité (la stérilisation est, scientifiquement parlant, considérée comme irréversible, sauf dans un très petit nombre de cas) et des motifs médicaux très imprécis. De plus elle conseillait d'utiliser une méthode « laissant la possibilité d'une intervention réparatrice » - c'est à dire une méthode pouvant échouer ! ! ! Enfin, elle suggérait que le médecin est apte à juger de la demande - donc de prendre la décision.

Il n'est pas interdit de penser que cette opinion a encore cours parmi un grand nombre de médecins (gynécologues, en particulier).

Voici un annuaire compilé par les animatrices de la page FB Stérilisation Volontaire
(Pour télécharger la liste, cliquez sur l'icône PDF)

Il est important que les personnes qui ont encore, aujourd'hui, des difficultés à obtenir un geste médical AUTORISE PAR LA LOI et qui ne regarde qu'elles, aient accès aux praticiens qui leur permettent de prendre des décisions autonomes.

Si vous êtes professionnel(le) de santé, cet appel s'adresse aussi à vous, bien sûr. Si vous avez des contacts, des correspondants qui pratiquent des vasectomies et/ou des stérilisations féminines, partagez-les ! ATTENTION ! Certain.e.s praticien.ne.s ne veulent pas figurer sur un annuaire de ce type. Tou.te.s n'ont pas le courage de dire tout haut ce qu'ils/elles font dans leur service. Demandez-leur s'ils/elles sont d'accord pour figurer sur cette liste.

Envoyez moi leurs adresses à martinwinckler/@/gmail.com, elles seront intégrées à la liste ci-dessus. Et faites passer le message !

Marc Zaffran/Martin WInckler


Lire le rapport de la Haute Autorité de santé sur les techniques de stérilisation (avec rappel de la loi)


Cet article a suscité de la part d'une internaute le courrier qui suit. Son expérience est importante car en l'état actuel des choses, elle signifie qu'une femme allergique au Nickel [3] ne peut pas utiliser la méthodes Essure... Jusqu'à ce que les dispositifs insérés soient fabriqués sans nickel. Etant donné la fréquence de l'allergie au nickel (10% de la population), il est vivement recommandé aux femmes qui envisagent cette méthode d'aller préalablement faire tester leur tolérance au nickel.

Plus généralement, il est important que toute patiente ayant subi une intervention par la méthode Essure et ayant eu des effets secondaires par la suite les signale au praticien et au fabriquant. C'est la seule manière de repérer la nature et la fréquence de ces effets secondaires, d'éviter qu'ils s'accompagnent de complications, de prévenir les femmes susceptibles d'en souffrir AVANT qu'elles recourent à ce dispositif, et de restreindre l'utilisation de ce dispositif aux seules femmes qui sont susceptibles de bien le tolérer.


Bonjour ,

Je voulais témoigner : 3 mois après la pose d'Essure, il a fallu me faire une salpingectomie bilatérale en urgence car j'ai fait une salpingite d'origine allergique (au Nickel se trouvant dans Essure). Cela m'a fait une salpingite à bas bruit car j'avais des douleurs en fosse iliaque droite mais des prises de sang et scanner et IRM normaux. J'ai été écoutée lorsque je me suis mise à avoir de la fièvre.
Je ne me savais pas allergique au Nickel et je déplore qu'il n'y ait pas de test de dépistage de cette allergie avant la pose du système Essure.
J'aimerais savoir si vous avez déjà eu des témoignages de ce type
Merci

Madame A.

Non, je n'ai jamais eu connaissance d'un cas similaire et je suis désolé que ça vous arrive. Il est vrai que les allergies au nickel sont fréquentes, mais pas toujours repérées : on n'en prend conscience que lorsqu'on a fait un eczéma à une boucle d'oreille ou à un bijou fantaisie ou à un bracelet montre (le nickel est fréquemment utilisé dans les alliages). En tout état de cause, le médecin qui vous a posé le système Essure aurait dû vous interroger à ce sujet. Mais si vous n'aviez jamais fait de manifestation, il n'est pas sûr qu'un test aurait identifié l'allergie au Nickel, car celle-ci a pu parfaitement ne se manifester puor la première fois que pour une quantité plus importante de nickel que d'habitude, en l'occurrence avec le système Essure. Autrement dit : si vous n'aviez jamais eu d'eczéma de contact au nickel, votre réaction allergique n'était probablement pas prévisible. Merci de m'avoir informé, car je vais bien sûr intégrer cette information dans l'article du site qui parle de la méthode Essure.
D'autre part, je pense très important que vous écriviez au fabriquant pour lui signaler cet incident, car il devra informer les médecins de rechercher une allergie au nickel chez toutes les patientes avant la pose ET recommander d'être attentif aux patientes qui, comme vous, présenteront des signes d'allergie après la pose.
Il n'y a qu'en signalant ce genre d'incidents qu'on peut en prévenir d'autres.
Merci beaucoup de votre contribution
AMitiés
Martin W.


Bonjour et merci de votre message. J'ai mis un mot sur le site d'Essure. Je revois le chirurgien qui me l'avait installé bientot et je vais lui demander de faire une déclaration de matériovigilance aupres de l' AFSSAPS.
Madame A.



[1] En 1997, Charlie Hebdo publiait un article sur la stérilisation « occulte » des handicapés, dénoncée depuis 1991 par Nicole Diederich, sociologue de l'INSERM. D'après elle, 35% des 260 femmes handicapées admises en institution dans le département de la Gironde avaient été stérilisées - à une époque où la stérilisation de toute personne, rappelons-le, était totalement illégale ! ! !

[2] En France la société rechigne à donner aux femmes les moyens de contrôler leur fécondité, mais elle n'hésite pas à retirer leurs enfants aux femmes jugées inaptes à les élever. Ce qui suggère que la reproduction est plus importante que la maternité ou la liberté individuelle...

[3] qui se manifeste souvent sous la forme d'un eczéma de contact sur le poignet au contact de la boucle de bracelet-montre, ou aux oreilles au contact de boucles d'oreille, ou sur l'abdomen au contact des boutons de blue jeans


Hortense Cornin - La Bavarde

20 February, by Martin Winckler - Médecin et écrivain (Montréal).[ —]

Timothée et Rhuni sont amis d'enfance et si proches qu'on les surnomme les jumeaux. Timothée est nonchalant et électricien. Rhuni est scrupuleux et jeune président de la jeune république du Wardas, petit pays européen juste sorti d'une dictature. Tandis que Rhuni vaque aux affaires de sa petite république, TImothée vaque aux siennes - qui consistent à réparér l'électricité et à coucher avec le plus de femmes possibles. Car Timothée est séduisant mais, en plus, il est gentil, ce qui ne gâte rien - surtout pas le plaisir que les femmes ont à lui donner et à recevoir de lui, qui ne refuse jamais de rendre service.

Un jour, à Colmar, Timothée rencontre Juliette, charmante jeune femme de son âge ou pas loin qui - en dehors d'être belle et intelligente, a deux caractéristiques. La première est accidentelle et la met dans tous ses états : son neveu Justinien lui a demandé de jouer pour lui au Loto, ce qu'elle a oublié de faire pour découvrir que malheureusement, les numéros étaient bons et auraient dû gagner cinq mille deux cents trente quatre euros quarante, somme qu'elle aurait adoré donner à Justinien si elle disposait du billet qu'elle n'a pas validé. La seconde (caractéristique, vous me suivez ?), permanente, met Timothée dans un état tout à fait inhabituel pour lui - celui de tomber amoureux. Juliette est bavarde. Si bavarde que lorsqu'elle entend une conversation qui l'intéresse alors qu'elle est elle-même en train de parler, elle fait de son mieux pour continuer sa propre conversation tout en écoutant la seconde, car elle n'aime pas s'interrompre.

Comédie romantique mêlant intrigues de courant électrique, conversations d'alcôves et manipulations érotico-politiques, La Bavarde pourrait être un film de Michel Deville co-écrit par Marivaux. Un de ces films où l'on fait l'amour avec le sourire, et réciproquement.

Pour écouter un extrait du livre, cliquez sur la couverture.




Robert Bober - On ne peut plus dormir tranquille quand on a une fois ouvert les yeux

17 February, by Martin Winckler - Médecin et écrivain (Montréal).[ —]

Après avoir emmené sa mère voir Jules et Jim, un jeune homme, Bernard, l'entend lui raconter son histoire : elle aussi a aimé deux hommes, et elle les a épousés tous les deux, et ils ont disparu tous les deux en lui laissant chacun un fils - Bernard et son frère.

A partir de ce moment-là, la vie de Bernard s'enchaîne en une suite de moments qui semblent liés au hasard, mais ne le sont pas, des moments de vie et d'émotion, auxquels chaque geste, chaque photo, chaque rencontre, chaque film (de Max Ophüls aux Marx Brothers) chaque histoire (et il y en a beaucoup, tout au long du livre) donne un peu plus de sens, un peu plus d'épaisseur, un peu plus de direction, que ça se passe rue Oberkampf, à Przytyk, à New York, au Père-Lachaise, au Cirque Bouglione ou au camp de Gurs, ou dans un café de Belleville.

Pour écouter un extrait, cliquez sur la couverture du livre.




Frédéric Boyer - Mes amis mes amis

17 February, by Martin Winckler - Médecin et écrivain (Montréal).[ —]

Un homme tente de se donner la mort et
Se rate. Ses amis ne comprennent pas alors il
Leur parle, mélopée, tente de dire
Ce qu'il ressent, le chagrin, la surprise
L'immense déception de ne pas savoir
Dire pourquoi comment il a
Décidé ou pas
D'en finir
Et pourquoi il s'en veut de ne pas avoir
Su se tourner vers ses amis, ses amis

Pour entendre l'extrait lu par Martin Winckler, cliquer sur la couverture du livre.

Pour télécharger le fichier son, faites un clic droit Télécharger le fichier lié.




Nathalie Azoulai - Les Spectateurs

17 February, by Martin Winckler - Médecin et écrivain (Montréal).[ —]

C'est un mélodrame en noir et blanc et en couleurs, un tissage de flashbacks et de flash-forwards, une famille dont on ne connaîtra jamais les noms, une mère qui se met en scène (et se cache) dans des robes que portaient Lana Turner (la robe-Cora) et Rita Hayworth (le fourreau de Gilda), deux garçons de treize ans (le fils de celle qui porte les robes, le fils de celle qui les lui confectionne), un père transparent qui vitupère devant le ton méprisant sur lequel le Général de Gaulle parle du peuple d'élite, sûr de lui et dominateur, les postes de télévision, l'escalier qu'on monte et qu'on descend, le hêtre sur lequel le fils (qui porte le nom d'un homme jamais nommé) appuie les talons quand il marche sur le ciel, et la petite fille à la hanche tordue qui grandit grâce à lui.

Cliquez sur la couverture du livre pour entendre l'extrait lu par Martin Winckler

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