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Tout ce que les femmes doivent savoir pour se faire poser un DIU ( stérilet )

20 February, by Docteur Marc Zaffran[ —]


(Article mis à jour le 8 octobre 2015)


Régulièrement, je reçois des messages d'internautes ou, en consultation au centre de planification, des femmes qui me déclarent :

Je désire me faire poser un DIU (stérilet), mais mon médecin refuse car je n'ai jamais eu d'enfant.

De fait, nombre de médecins français refusent encore un DIU aux patientes (le plus souvent jeunes) qui les consultent, et leur proposent une contraception moins fiable, ce qui est inacceptable : d'après une enquête récente, il y a jusqu'à vingt fois moins de grossesses par échec de DIU que par échec de pilule !!!

Or, l'utilisation d'un DIU chez la femme sans enfant est reconnue explicitement par les autorités sanitaires françaises Lire les recommandations officielles de la HAS (anciennement ANAES), publiées en décembre 2004

Tout ce qui est dit ici n'est pas de mon invention, c'est ce qu'on peut trouver sur les sites internationaux qui parlent de contraception, en particulier pour les soignants des pays en développement. Lire la page consacrée à la contraception sur le site de l'OMS.

Voici tout ce qu'il faut savoir si vous êtes intéressée par ce type de contraception.
MW


Attention !!! Ajout important (Octobre 2015) sur cette page concernant le dispositif Jaydess.

Qu'est-ce qu'un DIU ?

Le DIU, abréviation de  dispositif intra-utérin  (mal-nommés  stérilets  - car ils ne rendent pas stériles) est un dispositif contraceptif inséré dans l'utérus d'une femme qui désire une contraception - temporaire ou durable - plus efficace et moins contraignante qu'une pilule.

NB : Désormais, en France, les sages-femmes peuvent prescrire toutes les contraceptions. Elles posent de plus en plus souvent des DIU. Pensez aux sages-femmes pour votre contraception !!!!! Les jeunes SF ont souvent beaucoup moins de préjugés que les gynécologues !!!


Un DIU, est-ce que ça provoque un mini avortement, comme on le dit parfois ?

Pas du tout. Je l'explique dans un autre article : cliquez ICI


Quels sont les deux types de DIU ?

Il existe deux catégories de DIU : au cuivre et hormonal

les DIU au cuivre , sont des dispositifs mesurant moins de 4 cm de long, le plus souvent en forme de  T , composés de plastique recouvert d'un fil et de manchons de cuivre. Plus la surface de cuivre est grande, plus le DIU est efficace, car c'est le cuivre qui est contraceptif : il est spermicide, ce qui signifie qu'il détruit les spermatozoïdes avant qu'ils aient traversé l'utérus et ne se dirigent vers la trompe (où les attend un ovocyte...)

Voir la liste des DIU actuellement commercialisés en France

Plusieurs DIU sont plus spécifiquement destinés aux femmes sans enfant, en particulier :

UT 380 : 380 mm², qui dispose de deux tailles :  standard  et  short , la seconde destinée aux femmes sans enfants.

et surtout

NT 380 short : 380 mm² de cuivre. C'est à l'heure actuelle le plus petit DIU au cuivre disponible, et le plus facile à poser aux femmes n'ayant pas d'enfant. Si vous êtes dans ce cas, c'est celui-là que je vous conseille de demander à votre médecin.

Les Mona Lisa sont identiques aux UT et NT 380 (ils ont la même forme)

Le DIU de référence actuellement

TT 380 : 380 mm² de cuivre

C'est actuellement, le DIU au cuivre de référence dans le monde entier, et en France il est agréé pour être laissé en place 10 ans aux USA, il est agréé pour 12 ans ! ! ! Il existe en deux tailles (dont une pour les femmes sans enfant).

Les recommandations actuelles en matière de contraception par DIU au cuivre sont les suivantes :
- un DIU au cuivre peut être une première contraception, et peut être proposé à une jeune femme (moins de 20 ans) si elle le désire ;
- un DIU peut être inséré juste après une IVG ou un accouchement par césarienne (avant suture de l'utérus) et 4 semaines après un accouchement par voies naturelles ;
- tous les DIU au cuivre ayant plus de 370 mm2 de cuivre peuvent être laissés en place au moins 7 ans ; certains peuvent être laissés 10 ans ; donc, inutile de vous précipiter pour vous faire retirer un DIU après 4 ou 5 ans d'utilisation !!!
Si vous voulez que les médecins vous fichent la paix demandez spécifiquement un TT 380 ou un Mona Lisa 380 dont la notice mentionne explicitement qu'on peut les garder 10 ans.
- choisissez un DIU pour 10 ans même si vous prévoyez d'avoir une grossesse avant ça. Qui peut le plus peut le moins, et c'est le même prix !
- tout DIU au cuivre posé à une femme de 40 ans ou plus peut être laissé en place jusqu'à la ménopause sans être changé ;


L'efficacité des DIU au cuivre

La proportion de grossesses avec un TCu 380A (TT 380) est de 0,5 % par an (1/2 grossesse pour cent femmes par années d'utilisation, autrement dit : 1 grossesse pour 100 femmes pour 2 ans d'utilisation).

Il y a trois fois moins d'échecs de DIU que d'échecs de pilule !!!

Consulter le document de la Fédération Internationale de Planification Familiale en cliquant ici


- Deux DIU qui n'ont pas d'avantage sur les autres, mais un gros inconvénient :

Le Multi-Load CU375 et son générique et copie Gynelle semblent plus susceptible que les autres d'augmenter la durée et le volume des règles, à cause de sa forme particulière. Personnellement, de même que les spécialistes britanniques, je n'en prescris plus.

A retenir !

Il n'est jamais urgent d'enlever un DIU au cuivre pour le remplacer par un autre !

Quand vous faites remplacer un DIU, refusez qu'on vous fasse le retrait et la pose du suivant à deux consultations différentes ! On peut retirer un DIU et poser le suivant le même jour, et ça ne rompt pas l'efficacité contraceptive !!!


2° le DIU hormonal (nom de marque : Mirena°) contient une hormone progestative qui est délivrée en petites quantités pendant cinq (5) ans.

Cette hormone a plusieurs effets intéressants :
- elle épaissit les sécrétions du col ( entrée  de l'utérus) et les rend infranchissables par les spermatozoïdes

- elle diminue l'épaisseur de l'endomètre ( tapisserie interne de l'utérus ) et diminue donc également la durée et le volume des règles ; certaines utilisatrices de Mirena° n'ont d'ailleurs pas de règles pendant 5 ans, ce qui n'a aucune incidence sur leur santé et ne compromet pas leur fertilité si elle désirent retirer le DIU et planifier une nouvelle grossesse.

- elle diminue les douleurs que certaines femmes ressentent au moment des règles

L'efficacité du DIU Mirena est très grande : la fréquence des grossesses est inférieure à 0,5 %.

Le récent (2014) dispositif Jaydess est, ni plus ni moins, qu'un Mirena de petite taille et apparemment moins intéressant que l'original !!! Il a les même effets secondaires, et il n'est pas démontré qu'il soit aussi efficace que le Mirena. Il délivre en effet moitié moins de progestatif par jour que Mirena, ce qui semble diminuer son efficacité : dans le seul essai qui a comparé Jaydess à Mirena, il y a eu 2 grossesses (dont 1 extra-utérine) dans le groupe Jaydess, aucune dans le groupe Mirena !

Sa taille est souvent invoquée pour le poser aux femmes qui n'ont pas eu de grossesse encore, mais il n'est même pas sûr qu'il soit plus facile à poser qu'un Mirena (qui était fréquemment posé en Angleterre aux femmes sans enfant).

Si vous optez pour un DIU hormonal, choisissez le Mirena, dont l'efficacité est connue, et la pose déjà bien maîtrisée par les praticien.ne.s qui le posent. CHoisir Jaydess, c'est seulement aller dans le sens du marketing, non de connaissances scientifiques éprouvées.

Source : La revue Prescrire Novembre 2014, p 807.


Discussion à propos de Jaydess°

Après avoir lu cette mise au point, une collègue généraliste chevronnée (@DocArnica) m'écrit : J'ai vu ta mise à jour pour le DIU. Je posais Mirena aux jeunes et j'ai essayé Jaydess. Il passe vraiment plus facilement. Mirena est quand même nettement plus volumineux.Je pense que Jaydess est quand même plus efficace qu'une COP (contraception oestro-progestative), tu crois pas ?

Réponse de MW : Je pense effectivement que Jaydess est une meilleure contraception qu'une pilule mal tolérée (ou qu'on oublie) ou que pas de contraception du tout. Mais est-il plus efficace qu'un Mirena ou un DIU au Cuivre ? On n'en sait rien, et c'est un problème. C'est ce que met en évidence l'article de Prescrire cité plus haut, et dont on peut lire le PDF en cliquant sur l'icône ci-dessous.

PDF - 203.2 ko

Il me semble préférable, pour Jaydess comme pour les autres méthodes, de procéder en demandant aux femmes de choisir en connaissance de cause : une pilule ou un DIU, un DIU au cuivre ou un DIU hormonal et un DIU hormonal éprouvé (et connu) ou un DIU hormonal dont l'efficacité est peut-être moindre (et les grossesses observées plus préoccupantes). Je ne crois pas qu'il soit souhaitable de faire ce choix pour elles, mais de leur demander, en les prévenant et en leur donnant tous les éléments (une pose plus facile justifie-t-elle une efficacité plus aléatoire ?) de choisir.

L'immense majorité des femmes, même jeunes, préfèreront choisir ce qui LEUR paraît le plus acceptable, et c'est au médecin de s'y plier, même si ça n'est pas son choix (rationnel ou non). Ce n'est pas du tout la même chose de poser Jaydess à une femme qui sait que le risque de GEU (ou d'échec) est plus important qu'avec un Mirena, que de lui dire Vous allez voir, c'est plus facile à poser. On peut poser des Mirena à des femmes très jeunes (je l'ai fait de nombreuses fois, et les Britanniques le faisaient bien des années avant). Ca peut être inconfortable, mais ça peut aussi être indolore.

Si la pose d'un MIrena se révèle impossible (ou trop pénible) il est légitime de proposer Jaydess si le choix s'est porté sur un DIU hormonal, mais avant de proposer systématiquement Jaydess aux jeunes femmes (chez qui, je le rappelle, les échappement ovulatoires et les grossesses sont déjà fréquents même sous pilule), je voudrais être assuré de son efficacité - et ce n'est pas le cas actuellement.

Il n'est pas souhaitable que le médecin penche pour une contraception même si c'est parce qu'elle est indolore ou plus facile à utiliser - car l'efficacité est au moins aussi importante que le confort et c'est à la femme de faire l'équilibre pour elle entre les deux ; il me semble plus juste de donner tous les éléments à la femme et de respecter son choix. Car, quels que soient les inconvénients prévisibles ou non, c'est elle qui en assumera les conséquences ; il est donc plus juste - à mon avis - que ce soit elle qui désigne les risques qui lui semblent acceptables, pour elle.




Ci-dessus : le DIU Mirena. Sa branche verticale est un réservoir contenant un progestatif, hormone contraceptive présente dans toutes les pilules et autres méthodes hormonales (implant, injectables). Il est efficace pendant au moins 5 ans (et probablement jusqu'à 7, d'après les spécialistes britanniques de la contraception).



JE N'AI PAS D'ENFANT, PUIS-JE ME FAIRE POSER UN DIU ?

Oui ! L'Organisation Mondiale de la Santé et la Fédération Internationale de Planification Familiale ont toutes deux déclaré que même chez les femmes de moins de 20 ans, qu'elles aient eu ou non des enfants, les avantages d'un DIU sont largement supérieures à ses inconvénients.

La très officielle Haute Autorité de Santé (HAS), agence française gouvernementale, affirme la même chose dans un document tout aussi officiel publié en décembre 2004. Lire les recommandations officielles de la HAS, publiées en décembre 2004
Faites-le lire à votre médecin !!!

NB : Désormais, en France, les sages-femmes peuvent prescrire toutes les contraceptions. Elles posent de plus en plus souvent des DIU. Pensez aux sages-femmes pour votre contraception !!!!!


Je porte un DIU. L'été approche et j'ai entamé un régime. J'ai déjà perdu 4 kg et je compte en perdre une dizaine ; le stérilet peut-il se déplacer ? (j'imagine qu'on maigrit de partout, même des organes internes non ?)

Encore une légende ; mais, contrairement à l'idée selon laquelle les anti-inflammatoires-annulent-les-effets-du-DIU (légende, elle aussi, comme on peut le constater en cliquant ICI, je n'en connais pas l'origine... Elle ne correspond à aucune réalité démontrée.

L'utérus est un organe constitué de muscle, et il n'y a pas de graisses dedans (seulement autour). Donc, une perte de poids n'a aucune raison de le faire maigrir, (pas plus que le coeur et les poumons ne maigrissent quand on perd du poids : il n'y a que la graisse située sous la peau qui s'en va) ni de déplacer votre DIU, d'autant plus que votre utérus a une cavité toute petite, car vous n'avez pas encore mené de grossesse à terme. Le DIU y est donc bien en place. La seule chose qui pourrait le déplacer serait des contractions importantes... et vous le sentiriez : un DIU qui se déplace, ça fait mal. Si vous l'oubliez (comme c'est probablement le cas), vous n'avez pas de souci à vous faire.


PEUT-ON ME REFUSER LA POSE D'UN DIU ?
Si vous n'avez pas de contre-indication formelle, en principe, non !
Mais en France, de fait, nombre de gynécologues ou de médecins généralistes refusent souvent de poser des DIU aux femmes sans enfant, ce qui n'est absolument pas scientifique.

Attention !!!! Désormais, en France, les sages-femmes peuvent prescrire toutes les contraceptions. Elles posent de plus en plus souvent des DIU. Pensez aux sages-femmes pour votre contraception !!!!! et en particulier pour les DIU

Certains médecins déclarent que les DIU peuvent provoquer des infections : c'est faux, ce sont les Maladies sexuellement transmissibles - MST - qui provoquent les infections, et elles sont transmises par le(s) partenaire(s) sexuel(s), pas par le DIU

Certains affirment qu'un DIU peut provoquer une stérilité : c'est faux, ce sont les infections non traitées qui peuvent provoquer une stérilité, or, elles sont dues aux MST - donc aux partenaires sexuels - et non au DIU...

Certains praticiens vous diront peut-être qu'il est  interdit  de poser un DIU aux femmes sans enfants : c'est faux : le Sertalia (DIU au cuivre qui a été retiré du marché) était officiellement agréé pour être posé aux femmes sans enfants ( nullipares ). Le UT 380 et le NT 380 ont deux tailles - dont l'une est destinée aux femmes sans enfant... Le MLCU 375 a lui aussi une grande et une petite taille...

Bonne nouvelle !!! Depuis le 7 décembre 2004, les recommandations officielles de la HAS (Haute Autorité de Santé) déclarent très explicitement que le DIU n'est pas réservé aux femmes ayant eu des enfants.

Lire les recommandations de la HAS

Vous pouvez transmettre ces recommandations officielles à votre médecin (généraliste ou gynécologue). Si ça ne suffit pas à le convaincre de vous poser un DIU, changez de médecin. !!! Ou consultez une sage-femme !!!


QUEL DIU CHOISIR ?
- vous avez déjà été enceinte et avez accouché au moins une fois : demandez à ce qu'on vous pose un TT 380 (que vous pourrez garder très longtemps - 10 ans ! ) ou un Mirena° (si vous êtes sujette à avoir des règles abondantes). Evidemment, vous pouvez parfaitement essayer l'un des deux et, si vous ne le tolérez pas bien, le faire changer pour l'autre modèle.

ATTENTION : Il est très fréquent qu'un médecin refuse de poser un type de DIU parce qu'il... n'a pas l'habitude de le faire. Ce n'est pas une bonne raison : tous les DIU sont très simples à poser. Et c'est leur boulot !!!!! (Qu'un type ou une femme qui a fait 10 ans d'études refuse de poser un bout de plastique, c'est ridicule, vous ne trouvez pas ?)

- vous n'avez jamais eu d'enfant : demandez à ce qu'on vous pose un NT 380  short , le plus petit DIU au cuivre actuellement existant.

QUE FAIRE SI MON MÉDECIN REFUSE DE ME POSER UN DIU ? QUE FAIRE S'IL ME PROPOSE UN AUTRE DIU QUE CEUX QUI SONT CONSIDÉRÉS COMME LES PLUS EFFICACES ?

1° Imprimez le document officiel de l'IPPF

Cliquez ICI pour le télécharger

et les recommandations officielles de la HAS, publiées en décembre 2004

et faites-les lui lire.

2° Demandez lui de vous expliquer pourquoi il refuse. Il a l'obligation de vous donner une raison scientifique qui figure parmi les contre-indications du document de l'IPPF. Ces contre-indications ( catégories 4 et 3 ) figurent à la page 2 du document de l'IPPF.

S'il continue à refuser sans explication valable, changez de médecin et dites-lui que vous ferez savoir autour de vous qu'il n'est pas à jour de ses connaissances.

Ecrivez au Conseil de l'Ordre du département pour lui signaler cet incident. (Ne portez pas plainte (ça ne sert à rien et ça coûte cher) mais écrivez-lui une lettre salée, l'Ordre sera obligé de la lui transmettre, et ça défrise toujours le médecins de recevoir des lettres de protestation du conseil de l'Ordre local, d'autant que, je le répète, les recommandations officielles de la HAS précisent désormais que ce n'est pas du tout interdit ni dangereux !!!!

Et allez consulter une sage-femme ! Les sages-femmes peuvent prescrire toutes les contraceptions. Elles posent de plus en plus souvent des DIU. Pensez aux sages-femmes pour votre contraception !!!!!


Est-ce qu'un DIU ça favorise les infections ?

Non. Un DIU (au cuivre ou hormonal) ne favorise en rien les infections du vagin, de l'utérus ou des trompes. Ce qui favorise les infections, ce sont... les partenaires sexuels qui transmettent des MST. Il n'y a pas plus d'infection chez les utilisatrices de DIU que chez les non-utilisatrices.


Est-ce qu'un DIU ça favorise les grossesses extra-utérines ?

Non. Les grossesses extra-utérines (qui se développent dans les trompes, et non dans l'utérus) sont moins fréquentes chez les utilisatrices de DIU que chez les femmes qui n'utilisent pas de contraception, car... les utilisatrices de DIU ne sont pas souvent enceintes...

Les causes principales de GEU (grossesse extra-utérine) à l'heure actuelle sont
1° les suites d'infection des trompes (salpingites) graves et/ou non traitées
2° les malformations des trompes (rares)
3° le tabac !!!

Lire cet article


Quel est le meilleur DIU ? Au cuivre ou hormonal ?

Le meilleur, c'est celui qui convient le mieux à l'utilisatrice !

Une femme qui a spontanément des règles abondantes et douloureuses sera soulagée par un DIU hormonal.

Une femme qui a des règles courtes et indolores peut parfaitement porter un DIU au cuivre, surtout si elle ne veut pas de contraception hormonale.

Donc, c'est à chacune de dire ce qu'elle veut et d'essayer l'un ou l'autre des DIU.


J'ai pris du poids avec la pilule/pendant mes grossesses. Dois-je utiliser un DIU hormonal ou au cuivre ?

Dans mon expérience, les femmes qui ont pris du poids dans ces circonstances risquent d'en prendre aussi avec un DIU hormonal (ou avec un implant). Je leur conseille plutôt un DIU au cuivre.


OÙ PUIS-JE TROUVER UN MÉDECIN (Gynécologue ou Généraliste) QUI ACCEPTERA DE ME POSER UN DIU (OU LE DIU QUE JE DEMANDE) ?

Voici quelques pistes (à essayer dans l'ordre) pour vous faire poser un DIU.
1° Demandez à votre médecin de famille (généraliste) s'il en pose ou si l'un de ses confrères généralistes en posent ; si ce n'est pas le cas, demandez-lui de vous indiquer un gynécologue qui accepte de poser les DIU aux femmes sans enfant. Il en connaît peut-être un.

2° Contactez le Centre de Planification et d'éducation familal hospitalier le plus proche de chez vous et demandez-leur l'adresse d'un médecin qui, dans leur locaux ou à son cabinet privé, pose des DIU (les CPEF emploient beaucoup de généralistes, plus que de spécialistes, en fait...)

Télécharger ici une liste des CPEF de France

3° Contactez l'antenne la plus proche de chez vous du Mouvement Français pour le Planning Familial et demandez-leur les coordonnées d'un médecin qui, dans leur locaux ou à son cabinet privé, pose des DIU aux femmes sans enfant.

Cliquez ici pour les adresses

Consultez aussi le site des sages-femmes orthogénistes (spécialisées dans la contraception) pour entrer en contact avec celles qui exercent dans votre région.

Et surtout, quand vous aurez un rendez-vous avec le médecin, apportez-lui le document de l'IPPF et demandez-lui de vous poser le DIU de votre choix.

Téléchargez le document de l'IPPF


A PROPOS de DIU et INFECTIONS (suite)

A la suite de la lecture de cette article, Magali m'envoie ce message très judicieux :

Bonjour,
Vous déclarez dans votre article Tout ce que les femmes doivent savoir pour
se faire poser un DIU que les médecins déclarent que le DIU peut provoquer
des infections : c ?est faux, ce sont les Maladies sexuellement
transmissibles - MST - qui provoquent les infections, et elles sont
transmises par le(s) partenaire(s) sexuel(s), pas par le DIU.

Or, le doc de l'IPPF dit p.5 : Les infections génitales basses (cervicite,
vaginite) sont environ deux fois plus fréquentes parmi les
utilisatrices de DIU que parmi les femmes qui ont recours à des
méthodes hormonales.
Alors quoi ?

Comptant sur un éclaircissement de votre part et vous en remerciant par
avance,
Magali

Chère Magali
Vous soulevez un problème très intéressant. Vous me donnez l'idée d'en faire un article, et je vous en remercie d'ores et déjà.

Pour simplifier : si je vous dis que les chauffeurs de Mercédès font plus d'infarctus que les chauffeurs de Twingo (ce qui est vrai), vous n'en tirerez pas comme conclusion que les Mercédès collent plus d'infarctus que les Twingo, mais que les utilisateurs des unes ne sont pas identiques à ceux des autres. Et c'est le cas : les chauffeurs de Mercédès sont plus âgés, plus souvent des hommes, plus souvent en surpoids, plus souvent fumeurs que les chauffeurs de Twingo. Ce qui explique qu'ils fassent plus d'infarctus. La voiture n'est pas la cause de leur maladie, elle est un signe extérieur du mode de vie qui explique la maladie..

Autrement dit : quand deux populations sont différentes, elles peuvent être différentes pour d'autres raisons que la raison qu'on met en avant.
Pour le DIU, c'est pareil.

Il faut d'abord préciser que le bulletin de l'IPPF s'adresse surtout aux soignants des pays en développement. Ce qui ne veut pas dire qu'il n'est pas applicable à la France, mais qu'il doit être interprété dans ce contexte.

La majorité des utilisatrices de pilules vivent dans les pays industrialisés, car la pilule est une contraception coûteuse. La majorité des utilisatrices de DIU vivent dans les pays en développement. La fréquence des MST est beaucoup plus grande en Afrique, en Asie, en Amérique du sud (où on utilise des DIU) qu'en Europe (ou on utilise surtout la pilule).

Par ailleurs, la pilule (et l'implant, qui est hormonal) protège un petit peu (pas complètement) contre certaines infections (gonocoque, chlamydiae) en empêchant les microbes d'entrer dans l'utérus, comme elle empêche (en épaississant les sécrétions du col de l'utérus) les spermatozoïdes de monter. Ce qui explique que dans les pays industrialisés (et chez les utilisatrices de contraception hormonale), les infections utérines ont diminué progressivement avec l'utilisation de la pilule. Les MST localisées au vagin et au col (l'entrée) de l'utérus sont en augmentation, mais les infections utérines, c'est à dire liées au passage d'un microbe à l'intérieur de l'utérus ou dans les trompes, sont plutôt moins nombreuses.

Evidemment, malgré ce petit effet protecteur, la pilule et les méthodes hormonales ne protègent pas contre le SIDA ou l'Hépatite. Et elles n'empêchent pas de se faire contaminer par un partenaire infecté si on a un comportement à risque (plusieurs partenaires). Cela, aucune méthode contraceptive n'en protège, en dehors du préservatif.

Ce que dit le bulletin de l'IPPF, c'est que dans les circonstances où on est habituellement amené à poser des DIU dans les pays en développement, on le fait chez des femmes qui vivent dans des populations très à risque de MST (pauvreté, polygamie ou multipartenariat, prostitution, promiscuité, etc.)

Ces maladies, il faut les dépister pour les soigner. Vous notez qu'ils ne disent pas que cela contre-indique définitivement de poser des DIU à ces femmes. Mais qu'il faut les surveiller, et soigner une éventuelle infection avant de poser le DIU, ce qui est vrai ici aussi. C'est d'ailleurs ce que je fais couramment : je ne pose jamais un DIU à une femme ayant une infection du col ; je le lui pose après traitement, ou si elle ne peut pas revenir (femme tzigane, par exemple), je lui prescris un traitement en même temps que la pose, en lui expliquant pourquoi il est indispensable de se traiter ; c'est aussi comme cela que procèdent les praticiens britanniques sur les populations ethniquement très mêlées d'Angleterre...

Et il ne faut jamais oublier une chose : la probabilité d'être enceinte en l'absence de contraception est infiniment plus grande que la probabilité d'être infectée en l'absence de préservatif.

En pratique, en France, ce qu'il faut retenir est ceci :
- si l'on a une activité sexuelle exposant aux MST (multipartenariat, ou partenaire ayant lui-même des partenaires multiples) il FAUT utiliser des préservatifs ET une méthode de contraception efficace (DIU, pilule, implant). Car les préservatifs ne sont pas suffisants pour assurer seuls la contraception .

- si l'on n'est pas à risque (relations sexuelles strictement monogames), la contraception suffit.
Voilà. J'espère avoir répondu à votre question, qui permet d'éclaircir un point sûrement épineux pour d'autres lectrices. Merci de nous avoir permis d'avancer.
Amicalement
Martin W.


Peut-on vraiment garder un DIU plus de 10 ans ?

A la suite de la lecture de ce texte, une internaute m'écrit :

Ma question est dans la prolongation de ce que j'ai lu sur le fait de pouvoir conserver un diu posé à 40 ans jusqu'à la menopause. En effet ma gyneco me dit qu'il y a un problème de détérioration - a priori de la partie plastique - du diu, que ceci porte des risques d'infections voire de cancers et donc que garder le diu plus de 10 ans est dangereux...

Je porte depuis mes 40 ans (2006) un diu NT380. Ayant eu une conisation en 2007 les fils ont été ratiboisés au passage, ce qui oblige de recourir à un chirurgien si le retrait doit se faire. Comme j'ai aussi un petit fibrome découvert avant la pose (1cm en 2006, 1,9cm auj asymptomatique), en gros on veut bien me le retirer mais pas m'en remettre un sauf si j'accepte de faire enlever le fibrome, ce dont je n'ai pas du tout envie puisque celui-ci n'ennuie personne. Je ne veux pas non plus recourir aux contraceptifs hormonaux quels qu'ils soient suite à de nombreux soucis de santé qui m'ont amenée à les arrêter.

Donc quand le diu est périmé officiellement, j'avais 45 ans et j'ai décidé de le garder tranquillement jusqu'à la ménopause. Évidemment contre l'avis virulent de ma gyneco, qui pensait que je prenais un risque énorme de grossesse. J'ai maintenant 49 ans, le NT380 est en place depuis 9 ans, tout s'est très bien passé, mais pour le moment pas de menopause (cycle globalement réguliers, fsh 7,3 et oestradiol 250). Je suis donc partie a priori pour le garder plus de 10 ans si je le conserve jusqu'à la menopause. Ma gyneco reattaque donc le sujet mais maintenant sur le risque de dégradation et de complications associées. Je ne sais que penser de cet argument sur lequel je ne trouve pas d'information mais que j'ai vu relayé sur au moins un site web de gyneco effectivement.

Pouvez-vous svp me dire si à votre connaissance il y a effectivement un risque de dégradation du ou des matériaux du diu et me donner votre avis éclairé sur ce sujet de la durée réelle possible de conservation du diu cuivre après 40 ans ? Par avance grand merci

PS : au passage je confirme que les sage femmes ont moins de préjugés ; ma fille de 16 ans a ainsi pu avoir un sterilet cuivre posé sans douleur, sans pince de pozzi et avec grande écoute et gentillesse.

Réponse de MW :

La recommandation que j'indique n'est pas la mienne, elle est fondée sur les observations scientifiques des anglo-saxons : il est inutile de retirer un DIU au cuivre posé après 40 ans avant la ménopause. Le plastique ne se dégrade pas (on retire parfois des DIU oubliés par la femme, au cours d'une consultation à l'âge de 60 ans...) et le cuivre met très longtemps à disparaître. Comme la fertilité baisse après 45 ans, ce qui reste de cuivre à 50 ou 55 ans est largement suffisant.

Cette recommandation est fondée à la fois sur un souci d'économie et sur un souci d'innocuité : ne pas imposer un geste inutile à une femme qui n'en a pas besoin. Même si la pose d'un DIU peut être indolore et sans danger, on ne fait pas un geste médical parce qu'on peut le faire, mais seulement lorsqu'il est indispensable.

Les risques d'infection et de cancer qu'invoque cette gynécologue sont faux et fantasmatiques. La présence d'un DIU au cuivre est même protectrice contre le cancer de l'endomètre (c'est démontré) en facilitant par sa présence l'élimination des cellules potentiellement cancéreuses... Quant aux infections, ce sont les rapports sexuels qui les transmettent (parfois). Pas le DIU à lui seul.

La présence du fibrome, qui empêcherait d'en mettre un autre, est un argument de plus pour ne pas l'enlever... D'autant que votre fibrome régressera à la ménopause (ils sont hormono-dépendants)...

Tout ceci, je vous le dirais de la même manière si je vous voyais en consultation aujourd'hui. Ce n'est pas seulement une position théorique, c'est l'attitude pratique qu'ont les praticiens dans le monde anglo-saxon, où on ne plaisante pas avec la sécurité des personnes, mais où on s'efforce de fonder ses actes sur les connaissances scientifiques, pas sur les fantasmes...


Cliquez ici pour accéder à un site canadien en français qui parle lui aussi de la pose du DIU chez la nullipare et répond à d'autres questions sur la contraception

La rubrique DIU de ce site contient de nombreux autres articles sur le DIU ou stérilet. Consultez-la

Pour télécharger tous les documents cités dans cet article (y compris une version abrégée de l'article lui-même), cliquez sur l'icône en forme de stérilet, ci-dessous


Existe-t-il un traitement pour faire revenir les règles ?

December 2016, by Martin Winckler - Médecin et écrivain (Montréal).[ —]

Les règles (pourquoi on en a, pourquoi elles sont - ou non - régulières, leur abondance, leur inconfort, leur durée, etc.) sont, tout naturellement, la préoccupation de bon nombre de femmes.

Pour faire le tour du sujet, j'ai publié un livre entier et consacré plusieurs articles de ce site, en particulier « Les règles : en avoir ou pas ? » Il est malheureusement épuisé, mais si vous m'écrivez, je peux vous en trouver un exemplaire.

Aujourd'hui je vais essayer de répondre à une question qui m'est souvent posée (et qu'on voit souvent posée sur les forums féminins) : « Comment faire revenir les règles ? » (sous entendu : quand on n'en a pas depuis longtemps, ou régulièrement).

Parmi toutes les questions que je reçois c'est l'une des plus fréquentes. Malheureusement, beaucoup de médecins lui donnent une réponse fausse et susceptible d'entraîner beaucoup de déconvenues. Car l'absence ou l'irrégularité des règles recouvre TOUJOURS une autre question : Je n'ai pas des règles normales. Est-ce que je peux (quand même) être enceinte ?

Les choses que vous avez besoin de retenir sont celles-ci :

- le cycle menstruel n'est PAS toujours régulier chez toutes les femmes ; le rythme normal de 28 jours est une légende : un tiers seulement des femmes en bonne santé ont un cycle d'à peu près 28 jours. La majorité ont un cycle plus court, plus long ou... irrégulier ;

- il n'est pas nécessaire d'avoir des règles à intervalle régulier pour être fertile ; il n'est même pas nécessaire d'ovuler tous les mois ; aujourd'hui, la majorité des femmes désirant avoir un petit nombre d'enfants (entre 1 et 3...), beaucoup de femmes considérées comme « peu fertiles » (par rapport à d'autres) le sont suffisamment pour avoir les enfants qu'elles désirent SANS EXPLORATIONS NI TRAITEMENTS !

- les règles apparaissent le plus souvent quinze jours après une ovulation non fécondée, mais PAS TOUJOURS ! Il y a des femmes qui ont des règles sans ovuler, et des femmes qui ovulent sans avoir de règles au moment où elles les attendent, le tout sans être enceintes ;

- TOUT peut perturber un cycle apparemment « régulier » : une perte ou une prise de quelques kilos, un souci au travail, un décès dans la famille, la maladie d'un enfant ou d'un parent, un conflit conjugal, une saison très enneigée, etc. L'ovulation est déclenchée par une zone du cerveau très sensible aux émotions diverses et variées. Elle peut donc être bloquée et s'accompagner d'un arrêt ou d'un retard de règles plus ou moins long, sans que ça signifie une grossesse, ni que ça veuille dire qu'on est infertile !!!
Il faut cependant savoir que quand l'IMC (Indice de masse corporelle, que vous pouvez calculer ici) est inférieur à 18-20, l'ovulation peut être suspendue. C'est probablement un système de protection des femmes en sous-poids relatif, pour qu'une grossesse ne vienne pas les affaiblir encore (ce qui serait défavorable également au foetus).
Donc, si vous êtes en sous-poids, il peut être difficile d'être enceinte ou même davoir un cycle, tout simplement parce que votre corps n'est pas dans l'état propice.

- à la liste qui précède, il faut évidemment ajouter la grossesse ! Après une grossesse et un accouchement (et une période variable d'allaitement, pour certaines femmes), le cycle peut être long à reprendre ou irrégulier pendant plusieurs mois. C'est fréquent. Ce n'est pas grave. C'est un phénomène physiologique destiné à protéger la femme (et l'enfant nouveau-né) contre une grossesse trop précoce, qui affaiblirait une femme dont les réserves ne sont pas reconstituées, et le nouveau-né. Ce n'est pas un phénomène absolu (certaines femmes peuvent être enceinte dans les mois qui suivent un accouchement), mais c'est fréquent.

- comme la grossesse, les contraceptifs hormonaux (presque tous) mettent le cycle en sommeil. Après l'arrêt d'un contraceptif pris pendant plusieurs années, le cycle peut être aussi capricieux qu'après une grossesse, car le corps a été en état de grossesse artificielle.

- les saignements qui apparaissent entre deux plaquettes de pilule ne sont pas des règles ; ce sont des saignements provoqués artificiellement par l'arrêt de la pilule ; elles n'ont aucune signification quant à la fertilité (ou l'infertilité) de l'utilisatrice ;

- l'absence de règles juste après plusieurs mois ou années de prise de pilule ne veut rien dire ; la prise de pilule imite l'état hormonal de la grossesse ; or, pendant une grossesse et plusieurs mois après, pour certaines femmes le cycle est irrégulier, les règles plus ou moins absentes, etc. Donc, une « infertilité » apparente pendant quelques mois après arrêt de pilule n'a aucune signification en soi.

- si vous arrêtez votre pilule pour être enceinte, ne vous attendez pas à ce qu'une grossesse « prenne » dans les quinze jours ; si ça arrive, c'est un heureux hasard ; si ça n'arrive pas, c'est parce que pour 95 % des couples, une grossesse « prend » (et « tient ») dans les DEUX ANS qui suivent ; pour vous, ça peut être au bout de 3 semaines, 3 mois ou 20 mois. Alors, PATIENCE !!!!

De tout ce qui précède découlent des notions simples : après avoir arrêté une contraception pour être enceinte il n'y a que trois choses à faire 1° continuer à vivre sa vie comme avant ; 2° laisser le temps à une grossesse de débuter et de tenir (encore une fois : si ça ne fait pas deux ans que vous essayez sans aucun résultat, ça ne veut rien dire) ; 3° garder à l'esprit qu'une grossesse ne débute que si toutes les conditions favorables sont réunies (et il en faut beaucoup) ; une grossesse ne « tient » que si l'embryon est viable ; s'il ne l'est pas, la grossesse s'interrompt avant le 3e mois ; les fausses couches spontanées avant 3 mois sont dans leur immense majorité un phénomène d'élimination naturelle d'un embryon malformé.

Revenons à la question : « Y a-t-il des médicaments pour faire revenir les règles ? »
La réponse est NON. Pourquoi ? Parce que FAIRE REVENIR LES REGLES c'est prendre le problèmes par l'extrêmité de l'iceberg.
Si les règles sont absentes (et si le cycle est perturbé), c'est parce qu'il y a une raison. C'est sur cette raison qu'il faut se pencher et non sur le fait de déclencher des règles.

1er cas de figure : vous avez un retard de règles et vous ne voulez pas être enceinte.

Que faire : un test de grossesse. Oui. Même si vous n'avez pas envie d'être enceinte, il faut mieux aller directement au fait.
Rien ne prouve, jusqu'à ce que vous ayez fait un test, que vous êtes enceinte. Aucun symptôme d'accompagnement n'est probant : on peut avoir des nausées, les seins sensibles et la fringale sans être enceinte. Mais de toute manière, pour prendre une décision, il faut faire un test. Et ensuite dater la grossesse, afin d'envisager, le cas échéant, une interruption de grossesse.

Il ne faut pas prendre de médicament pour faire revenir les règles. (Ni en demander à un médecin.)

Pendant longtemps, avant que l'IVG soit légalisée en France (et ailleurs) il était courant que certains médecins prescrivent un « médicament pour faire revenir les règles » - en fait pour provoquer une fausse couche ou un avortement « en douce », sans que personne ne le sache. Ces médicaments n'avaient aucun effet abortif. Ils pouvaient en revanche être toxiques pour la mère ou provoquer des malformations chez l'enfant...

En dehors des médicaments agréés, utilisés pour interrompre une grossesse (mifépristone et prostaglandine) dans les centres agréés, aucun médicament ne peut « faire revenir les règles ».

C'est dur à accepter, mais c'est précisément parce qu'il n'existait aucun médicament sans danger (« naturel ») que les femmes se sont fait avorter dans des conditions innommables pendant des centaines d'années. Aujourd'hui, les techniques d'IVG existent, elles sont sans danger pour les femmes et sans conséquence pour leur fertilité ultérieure ; mais pour rester en sécurité, il faut absolument consulter dans un centre agréé.

Les médicaments de l'IVG ne sont pas en vente libre. Pourquoi ? Parce qu'ils ne sont efficaces que sur des grossesses très jeunes (moins de 7 semaines depuis les dernières règles, moins de 5 semaines de grossesse). Au-delà, n'interrompent pas la grossesse, mais sont toxiques. A noter que dans certains centres ou cliniques français, on donne mifépristone et prostaglandines au-delà de cette date. Sachez que c'est tout à fait illégal - et scientifiquement inadapté.

Ne croyez pas les médecins qui vous disent : Je vais faire revenir vos règles. Si vous êtes enceinte, ça ne marchera pas. Car si le médicament qu'il vous donne est abortif, il risque d'être toxique POUR VOUS (et il n'a pas le droit de vous le prescrire). Si le médicament n'est pas abortif, il risque de vous faire perdre du temps. N'oubliez pas qu'en France, l'IVG n'est autorisée que dans un délai limité. Alors allez faire un test de grossesse, et s'il est positif, adressez vous à votre généraliste, à une sage-femme, à un.e gynécologue ou directement dans un centre de planification/centre d'IVG. Si le test est négatif, UTILISEZ DES PRESERVATIFS JUSQU'A CE QUE VOS REGLES REVIENNENT !!! (Car sinon, vous risquez de vous retrouver enceinte quand même...)

2e cas de figure : vous n'avez pas de règles depuis plusieurs semaines, et vous voulez être enceinte mais vous ne l'êtes pas (ou : vous avez un cycle irrégulier ou suspendu, et comme vous voulez être enceinte, ça vous inquiète...)

(Lisez aussi : J'ai arrêté ma contraception et je ne suis toujours pas enceinte)

Il n'est ni judicieux, ni nécessaire, ni utile de prendre un traitement pour « faire revenir les règles ».

Pourquoi ? Parce que ce n'est pas de règles que vous avez besoin, mais d'une ovulation. Or, les seuls médicaments qui peuvent déclencher une ovulation ne sont donnés qu'aux femmes qui ont des problèmes d'ovulation. Autrement dit : une infertilité démontrée - c'est à dire qui ont essayé de débuter une grossesse depuis au moins deux ans avec un homme qui est lui même fertile (30% des infertilités sont liées à la qualité du sperme, et une proportion variable à l'incompatibilité génétique entre les deux partenaires).

D'autre part, comme je l'ai dit plus haut, le fait de ne pas avoir de règles (et donc, de ne pas ovuler) n'est pas du tout un signe d'infertilité. Il peut être le signe de tout plein de choses qui perturbent le cycle parce que l'évolution a doté le cerveau d'un « bloquage de l'ovulation » quand le corps « sent » ne pas être physiquement apte à mener une grossesse à bien. C'est pour cette raison que les femmes qui perdent beaucoup de poids en peu de temps, ou qui en prennent peuvent pendant quelques semaines ou quelques mois, si elles n'ont pas un poids adéquat, être sans ovulation et sans règles. Le traitement, alors c'est... de revenir au poids adéquat. Ça n'est pas de « faire revenir les règles »

POURQUOI ALORS TANT DE MEDECINS DONNENT-ILS DES MEDICAMENTS POUR FAIRE REVENIR LES REGLES ?

En gros, pour trois raisons :

- parce qu'ils ne savent pas que ça ne sert à rien. Eh, oui, malheureusement, les médecins français ne sont pas formés pour connaître les aléas de la physiologie ovarienne... On leur apprend les maladies, et non les variantes de la normale chez les gens en bonne santé.

- parce que les femmes sont inquiètes et demandent une solution - et, comme les médecins ont envie de les aider et ne savent pas expliquer ce qui précède, et sont surtout formés pour prescrire des médicaments, ils prescrivent un médicament...

- parce que des marchands de médicaments commercialisent, depuis longtemps, des produits destinés à répondre à ce type de « problème » et en font depuis toujours la promotion auprès des médecins

Le prototype du produit utilisé pour « faire revenir les règles » est le Duphaston° (dydrogestérone). C'est un produit proche de la progestérone mais qui a des effets modestes, pas très différents de ceux d'un placebo. Il a été commercialisé il y a très longtemps, en 1961, à une époque où les exigences en matière d'efficacité des médicaments n'étaient pas du tout ceux d'aujourd'hui (on commercialisait alors à peu près n'importe quoi...)

Théoriquement la dydrogestérone peut être utilisée en cas de « manque de progestérone » c'est à dire dans deux situations :
- en cas de syndrome prémenstruel intense (lié à la « chute » de la progestérone dans le sang en l'absence de grossesse) ou à une « hyperestrogénie » temporaire (seins gonflés, en particulier) ;
- en cas d'irrégularités du cycle à l'approche de la ménopause ; et, dans ce second cas, c'est également pour lutter contre des symptômes désagréables similaire au syndrome prémenstruel.

Mais c'est seulement de la théorie : encore une fois, les effets de ce médicament n'ont jamais vraiment été mesurés. Un labo a essayé de le recycler dans le traitement de la ménopause, mais la Revue Prescrire, qui fait autorité en la matière, conclut à ce sujet il n'est pas justifié d'utiliser (ce médicament) dont l'efficacité symptomatique est à peine différente de celle d'un placebo. (La Revue Prescrire, n°388, février 2016, p. 103).

Le Duphaston n'est donc EN AUCUN CAS un médicament qui « régularise le cycle ». (D'ailleurs, sur la fiche d'indications sur le site grand public du Vidal (dictionnaire subventionné par l'industrie), la mention régularisation du cycle n'apparaît pas.)

Pourquoi les médecins le prescrivent-ils, alors ?

Parce que ça rassure les femmes ; parce que ça rassure les médecins ; parce que ça leur fait gagner du temps grâce à un tour de passe-passe pratique : quand on donne de la dydrogestone à une femme qui n'a pas ses règles pendant dix à quinze jours, à l'arrêt du médicament elle va faire ce qu'on appelle une « hémorragie de privation » et va saigner comme si elle avait ses règles. Ça ne veut pas du tout dire qu'après ces fausses règles elle va recommencer un cycle normal, comme si on l'avait « remise en marche » ou fait « repartir à zéro » et ovuler. Car ce ne sont pas les règles qui déclenchent l'ovulation, c'est le cerveau... Et si le cerveau ne veut pas, on peut prendre toute le Duphaston qu'on veut, l'ovulation n'aura pas lieu.

Pourquoi les médecins donnent-ils du Duphaston et pas un autre progestatif ?

Parce que la plupart des autres progestatifs sont contraceptifs ! Alors s'ils en donnaient un autre, évidemment, ça n'aiderait pas beaucoup l'ovulation. En donnant du Duphaston, ils espèrent que ça n'empêchera pas une ovulation de se faire, et ils tranquillisent la femme en lui donnant un traitement qui va l'occuper pendant un mois, et des saignements qui vont la rassurer pendant un mois de plus. Jusqu'à ce qu'elle ait de nouveau un retard de règles sans grossesse et s'inquiète à nouveau. Ce « tour de passe-passe » semble parfois marcher parce que la plupart des femmes n'ont des retards de règles sans grossesse que de manière passagère. Et leur cycle reprend de toute manière. Le Duphaston° n'y est pour rien, mais le médecin peut passer pour un grand homme (ou une grande femme).

Bref, c'est ce qu'on appelle du paternalisme médical : une attitude qui consiste à traiter les femmes comme des demeurées, au lieu de leur expliquer ce qui se passe.

Prescrire du Duphaston° à une femme qui n'a pas de règles ou qui a un cycle irrégulier et qui désire être enceinte depuis moins de deux ans est une escroquerie morale et scientifique.

Personnellement, j'ai toujours préféré expliquer la situation et encourager la patience chez les femmes qui venaient me consulter pour ce type de problème. Dans l'immense majorité des cas, elles ont fini par être enceintes sans avoir besoin du moindre traitement, et m'en ont été reconnaissantes, puisque je les avais rassurées sur leur fertilité. Celles qui, en revanche, avaient un vrai problème de fertillité n'ont pas été faussement rassurées par les fausses règles d'un traitement comme le Duphaston° et, lorsque le temps est venu d'explorer leur infertilité (qui, une fois sur trois, était due à leur compagnon...) étaient reconnaissantes de ne pas avoir été induites en erreur et de ne pas avoir avalé des traitements inutiles.

A noter que le Duphaston a été retiré du marché britannique en 2008.
Pourquoi ? Parce que les médecins britanniques ne le prescrivaient plus. Il faut savoir que les médecins britanniques sont probablement les mieux formés de la planète... Ce qui explique qu'ils ne prescrivent plus les médicaments inutiles...

Pourquoi les médecins français ne sont-ils pas francs avec les patientes et prescrivent-ils des médicaments qui ne servent à rien ?

Parce que pour être franc, il faut connaître les bonnes réponses et être sûr de soi. Parce que la formation continue des médecins français n'est pas assurée par des praticiens qui leur apprennent à parler aux patientes (et à les rassurer), mais par des entreprises pharmaceutiques qui les incitent plutôt à prescrire des médicaments. La France est l'un des pays développés où l'on consomme le plus de psychotropes, le plus d'antibiotiques, le plus de médicaments anticholestérol - et aussi le plus de médicaments inefficaces. Parmi ces médicaments inefficaces, il y a... les traitements pour faire « revenir les règles ».

Dr Marc Zaffran (Martin Winckler)


Dix idées reçues sur la contraception

September 2016, by Martin Winckler - Médecin et écrivain (Montréal).[ —]


Le 26 septembre est la journée mondiale de la contraception. A cette occasion, voici un texte qui m'a été commandé par le Ministère des familles, de l'enfance et des droits des femmes dans le cadre de la campagne Sexisme Pas Notre Genre.

Il expose et démystifie dix idées reçues sur la contraception. Faites-le lire autour de vous !


1° Beaucoup de femmes se retrouvent enceintes sans le vouloir par refus de la contraception. Vrai ou Faux ?

Faux !

Plusieurs enquêtes menées par l'Ined, l'INSERM et le CNRS (Bajos et coll., 2004, en particulier) ont montré que de nombreuses femmes enceintes sans le vouloir utilisaient auparavant une méthode de contraception. De nombreuses grossesses sont consécutives à une information insuffisante ayant entraîné un échec ou un abandon de la méthode en raison d'effets indésirables non prévus et non traités par les médecins.
Dans les pays scandinaves ou aux Pays-Bas, l'information contraceptive est délivrée aux enfants dès la fin du primaire et aux adolescents pendant toute leur scolarité.

Or, délivrer l'information sur la sexualité et la contraception très tôt permet de réduire de manière spectaculaire le risque de grossesse non désirée et d'infections sexuellement transmissibles. Par ailleurs, si beaucoup de méthodes sont disponibles sur le marché français, la pilule contraceptive reste la méthode la plus utilisée. Or, beaucoup de femmes ne reçoivent pas d'information correcte sur l'utilisation de la pilule, et d'autres méthodes plus efficaces (DIU ou « stérilet » ; implant) ne leur sont pas proposées par les professionnel.le.s de santé.
Ainsi, beaucoup de femmes se retrouvent enceintes, non pas parce qu'elles n'ont pas « pris de précaution » ou « fait attention », mais parce qu'on ne leur a donné ni l'information, ni les méthodes appropriées pour se protéger. }

2° Pour vous faire prescrire une contraception, vous devez consulter un gynécologue qui doit vous examiner entièrement et vous faire un frottis au moins une fois par an. Vrai ou faux ?

Faux !
Pour se faire prescrire une contraception, une femme n'est pas obligée de consulter un gynécologue : la grande majorité des médecins généralistes sont parfaitement aptes à le faire ; de plus, les sages-femmes sont aujourd'hui autorisées et formés à prescrire toutes les méthodes contraceptives. Information et prescription sont accessibles également dans tous les centres de Planification et d'éducation familiale français (voir lien en fin d'article).

Par ailleurs, toute femme peut se faire prescrire une pilule contraceptive ou un implant après avoir répondu à quelques questions sur ses antécédents familiaux (phlébites, accidents vasculaires) et après qu'on lui aura pris la pression artérielle. L'examen gynécologique et l'examen des seins ne sont pas nécessaires, et ils ne sont pas une « condition » à la prescription d'une pilule. Vous êtes en droit de les refuser. Par ailleurs, une prise de sang n'est utile que si les antécédents familiaux le suggèrent. Une femme qui désire faire renouveler sa pilule n'est pas obligée de se faire examiner tous les ans, et le médecin n'a pas à lui imposer un examen (gynécologique ou des seins) si elle ne le désire pas.

La pose d'un DIU (« stérilet ») nécessite bien sûr un examen gynécologique, mais seulement le jour de la pose. Le frottis de dépistage du cancer du col de l'utérus est inutile (et souvent inquiétant pour rien) chez l'adolescente.

Le premier frottis doit être fait à l'âge de 25 ans (ou 8 ans après le premier rapport sexuel s'il a eu lieu avant l'âge de 17 ans) et, s'il ne montre pas d'anomalie, refait tous les 3 (trois) ans.

3° L'usage d'une contraception avant l'âge de 16 ans est dangereux pour la santé. Vrai ou Faux ?

Faux !
En plus d'éviter les grossesses non désirées (qui sont plus risquées pour les femmes que toutes les méthodes contraceptives !), le recours à la contraception a un fort effet protecteur. Ainsi, par exemple, l'utilisation de préservatifs prévient les infections sexuellement transmissibles et l'usage d'une contraception hormonale (pilule, implant, DIU hormonal) a des effets bénéfiques immédiats et à long terme en particulier pour les femmes qui, dès la puberté, souffrent de douleurs intenses des règles, parfois liées à une endométriose. A partir de la puberté, toute femme susceptible d'avoir une activité sexuelle devrait pouvoir obtenir une information complète et impartiale sur les méthodes existantes et choisir la méthode qui lui convient. Et il appartient à chaque femme de choisir la méthode qui lui convient.

4° L'utilisation de la contraception par les mineures augmente leur risque de contracter des infections sexuellement transmissibles. Vrai ou Faux ?

Faux !
L'âge des premiers rapports sexuels et l'utilisation d'une contraception n'augmentent pas le risque d'infection. En revanche, plus les jeunes femmes sont informées sur la sexualité, les IST et les méthodes contraceptives, moins le risque d'infections graves et de leurs conséquences (stérilité, en particulier) est élevé. Par conséquent, toutes les femmes mineures devraient, si elles le désirent, pouvoir obtenir une information complète et impartiale sur les méthodes existantes et choisir la méthode qui leur convient.

5° La contraception hormonale accroît le risque de cancer. Vrai ou Faux ?

Faux !
Parmi toutes les méthodes hormonales, celles qui utilisent seulement un progestatif (pilules progestatives, implant, DIU progestatif) n'ont pas d'incidence sur l'apparition des cancers. Seules les pilules « combinées » (qui contiennent des estrogènes) ont un effet (très faible) sur l'incidence du cancer du sein. Mais aujourd'hui, on estime qu'une femme qui cesse d'utiliser une pilule contenant des estrogènes à l'âge de 35 ans n'a pas plus de risque de souffrir d'un cancer à l'âge de 45 ans qu'une femme qui n'en a jamais utilisé. Par ailleurs, l'utilisation des méthodes hormonales (toutes catégories confondues) protège contre les cancers de l'ovaire et de l'endomètre (paroi intérieure de l'utérus). Ce qui fait que, globalement, une femme qui utilise une méthode hormonale DIMINUE son risque total de souffrir d'un cancer.

6° Une femme qui n'a jamais eu d'enfant ne peut pas porter de DIU (« Dispositif intra-utérin », ou « Stérilet »). Vrai ou Faux ?

Faux !
Quel que soit son âge, une femme en bonne santé peut choisir un DIU (dispositif intra-utérin, ou « stérilet ») comme méthode contraceptive. Il n'est pas nécessaire d'avoir eu un enfant pour porter un DIU ; il existe en effet des DIU de petite taille pour les femmes n'ayant jamais été enceintes. Les DIU au cuivre peuvent être gardés sans être changés pendant 7 à 10 ans ; les DIU hormonaux, qui ont également pour effet de réduire l'intensité, l'abondance et la durée des règles chez les femmes qui le désirent, peuvent être gardés 3 à 7 ans.
L'utilisation d'un DIU n'expose pas aux infections gynécologiques ou aux IST, et les utilisatrices de DIU ne font pas d'infections plus souvent que les utilisatrices de pilule.
Enfin, contrairement à une idée reçue qui a la vie dure, les DIU n'ont pas d'effet « abortif » mais agissent avant toute conception, sur les spermatozoïdes : le cuivre les inactive ; l'hormone des DIU hormonaux empêche leur passage du vagin vers l'utérus.

7° L'usage répété de la « pilule du lendemain » est dangereux. Vrai ou Faux ?

Faux !
La « pilule du lendemain » (ou contraception d'urgence - CU) est une méthode très efficace si elle est utilisée dans les 2 à 5 jours qui suivent immédiatement un rapport sexuel non (ou insuffisamment) protégé. Son utilisation à plusieurs reprises à quelques semaines d'intervalle ne fait courir aucun danger à la femme qui l'emploie. Le seul inconvénient est la perturbation du cycle (parfois raccourci, parfois prolongé) et la survenue de saignements vaginaux (eux-mêmes sans danger). Cela étant, toute femme qui se retrouve contrainte à utiliser une CU à plusieurs reprises dans la même année aura probablement l'esprit plus tranquille si elle se fait prescrire une méthode contraceptive permanente (pilule, implant, DIU).

8° Une IVG compromet la fertilité. Vrai ou Faux ?

Faux !
L'IVG (interruption volontaire de grossesse) est une technique médicale qui repose sur deux méthodes : l'aspiration (dans un centre d'IVG) ou la méthode médicamenteuse (prescrite dans un centre d'IVG ou par des médecins ou sages-femmes en ville). L'une et l'autre méthode sont sans danger pour la vie et la fertilité des femmes ; elles évitent les complications très graves (septicémie, stérilité, décès) que provoquaient les avortements clandestins. Même si l'IVG n'est pas à proprement parler une méthode de contraception, elle n'en est pas moins un droit défini par la loi depuis 1975, et toute femme doit pouvoir y avoir recours si elle le désire. Et depuis 2014, l'IVG est un droit, et le fait d'empêcher une femme d'accéder à l'IVG ou de la dissuader d'y recourir est un délit.

9° La stérilisation volontaire est interdite en France. Vrai ou Faux ?

Faux !

La stérilisation volontaire, par ligature de trompes ou méthode non chirurgicale (pour les femmes) ou par vasectomie (pour les hommes) est légale depuis 2001. Les deux seules conditions sont : avoir 18 ans ; respecter un délai de réflexion de 4 mois. Tout.e citoyen.ne majeur.e peut donc en bénéficier. Contrairement aux idées reçues, le « risque de regret » est peu élevé. Dans les pays où la stérilisation volontaire est légale depuis plusieurs décennies (les Pays-Bas, le Royaume-Uni, les Etats-Unis, les pays scandinaves), la proportion des personnes ayant regretté leur décision vingt ans après est inférieure à 5%. Elle est un peu plus élevée quand la décision a été prise avant 30 ans ou en période de stress (accouchement difficile, par exemple). C'est donc une décision qui mérite d'être réfléchie, mais qui ne doit pas moins être respectée et accessible pour toutes les femmes (et les hommes) qui en font la demande.
Aucun médecin n'a le droit de vous dissuader d'avoir recours à une stérilisation si vous le décidez.

10° Il y a des méthodes contraceptives meilleures que d'autres et le médecin peut choisir pour vous. Vrai ou Faux ?

Faux !
La meilleure contraception c'est celle que la femme choisit en connaissance de cause, en fonction de son mode de vie, de son confort et de ses attentes immédiates ou à long terme. Ce choix, elle doit pouvoir le faire après avoir reçu une information complète et loyale sur toutes les méthodes, et pris le temps de réfléchir à celle qu'elle préfère utiliser. Toute femme doit pouvoir essayer la ou les méthodes de son choix. Il n'y a pas de « bonne » et de « mauvaise » méthode, mais des méthodes plus ou moins efficaces selon les personnes et les circonstances : un femme qui utilise un diaphragme et en est satisfaite a une bien meilleure méthode de contraception qu'une femme qui prend une pilule imposée par un médecin !
Par ailleurs, comme la vie et la physiologie du corps changent avec le temps et les événements de la vie, toute femme doit pouvoir obtenir la méthode qui lui convient le mieux et changer de méthode chaque fois qu'elle le désire.

Les trois lois de la contraception :
1° Toute méthode de contraception vaut mieux que pas de contraception du tout.
2° Contraception d'un jour n'est pas pour toujours.
3° La meilleure contraception est celle que vous choisissez en connaissance de cause.

Liens utiles :
Le site du ministère de la santé consacré à la contraception :
www.choisirsacontraception.fr

Liste de tous les centres de planification et d'éducation familiale (CPEF) de France :
http://www.ivg.social-sante.gouv.fr/les-centres-de-planification.html


Les DIU (stérilets) provoquent-ils des GEU (grossesses extra-utérines) ? Mise au point.

September 2016, by Martin Winckler - Médecin et écrivain (Montréal).[ —]

L'utilisation d'un DIU augmente-t-elle le risque (la probabilité) de souffrir d'une GEU ?

La réponse est un NON catégorique, et cet article vise à vous donner les éléments scientifiques qui permettent de l'affirmer.


Comment se déroule le début d'une grossesse ?

Une grossesse résulte de la fécondation d'un ovocyte (cellule de la reproduction féminine) par un spermatozoïde (cellule de la reproduction masculine). Cette fécondation a le plus souvent lieu dans l'une des trompes. En effet, au moment de l'ovulation, la rupture d'un follicule sur l'ovaire entraîne une expulsion de l'ovocyte dans le pavillon de la trompe du même côté. L'ovocyte se déplace lentement dans la trompe, car il n'est pas mobile spontanément : c'est le tapis que forment les cils de la paroi qui, telles des algues sur le sol sous-marin, le déplacent en ondulant vers l'utérus.
Les spermatozoïdes, eux, sont mobiles. Après un rapport sexuel ou une insémination artificielle, ils parcourent la paroi utérine, grimpent dans les trompes, et ceux qui ont grimpé du bon côté entourent l'ovocyte et l'un d'eux traverse la paroi – c'est la fécondation. La cellule formée est un ovule, la première cellule de l'embryon. Elle continue à être véhiculée par les cils vers la cavité utérine et se multiplie en même temps. Quand elle arrive dans l'utérus, une semaine plus tard, elle s'implante dans la paroi – c'est à dire que des cellules spécialisées de l'embryon, qui deviendront le placenta, forment une zone d'échange entre la paroi utérine et l'embryon lui-même.

Qu'est-ce qu'une GEU (grossesse extra-utérine) ?

C'est une grossesse qui se développe hors de l'utérus, le plus souvent dans la trompe mais parfois aussi à la jonction entre trompe et utérus, ou plus rarement sur l'ovaire ou dans la cavité abdominale, c'est à dire carrément hors des organes sexuels féminins.

Pourquoi est-ce qu'une grossesse se développe ailleurs que dans l'utérus ?

Il n'y a pas de réponse absolue à cette question, mais les trois causes qui ont été identifiées sont les suivantes :
- les trompes et leurs cils ont été abîmés par des infections répétées ; autrefois, la gonococcie était la cause la plus fréquente de stérilité tubaire (une trompe infectée et non soignée finit par s'abîmer et se boucher) ; aujourd'hui, c'est plutôt l'infection à chlamydiae ;
- le tabac : la nicotine semble avoir un effet nocif sur l'état du tapis ciliaire des trompes ; les femmes qui fument font plus de GEU que les femmes qui ne fument pas ;
- une anomalie anatomique ou microscopique de la trompe : l'ovule ne se déplace pas parce que, à l'endroit où il a été fécondé (ou sur le trajet) quelque chose l'empêche d'avancer.

Comme l'ovule a une vie bien à lui et fait de son mieux pour survivre, ses cellules placentaires vont créer des attaches avec le tissu environnant. Le plus souvent, c'est la trompe elle-même ; parfois (c'est rare, mais ça s'est vu) ça peut être l'ovaire, voire l'intérieur de l'abdomen.

Pourquoi est-ce qu'une GEU est dangereuse ?

Parce que l'utérus est fait pour se distendre sous l'effet du volume croissant d'un fœtus, mais pas la trompe. Une grossesse qui se développe dans une trompe finit par la rompre ou, si le placenta perfore une artère ovarienne, par provoquer une hémorragie interne, qui peut entraîner le décès de la femme si l'hémorragie n'est pas arrêtée et la grossesse retirée de la trompe. Une GEU en place sans complication peut être traitée par endoscopie. Une GEU entraînant une hémorragie impose une intervention chirurgicale.

Pourquoi y a-t-il des grossesses sur DIU ?

La contraception hormonale (pilules, implant, injectables) agit en mettant l'ovulation en suspens : les hormones qui circulent dans le sang font croire au cerveau qu'une grossesse est en cours ; or, pendant une grossesse, l'ovulation est en sommeil. En principe, une femme sous pilule n'ovule pas. Pas d'ovulation = pas de grossesse.

Un DIU au cuivre agit très différemment : les ions (atomes) de cuivre diffusent dans la cavité utérine et inactivent les spermatozoïdes. On pense qu'ils inactivent aussi l'ovocyte et empêchent l'ovule de se développer. Mais ces ions ne diffusent pas au-delà de l'utérus, ils ne vont pas dans les trompes.

Sur les centaines de millions de spermatozoïdes que contient le sperme, il peut arriver qu'un petit nombre échappent aux ions de cuivre et passent tout de même dans les trompes. Dans les trompes, il n'y a pas d'ions de cuivre, ils peuvent aller féconder un ovocyte.

Comme il faut beaucoup de spermatozoïdes pour féconder un ovocyte, les grossesses sont cependant rares. Les ions cuivre semblent aussi avoir un effet anti-implantatoire (ils empêchent les rares ovules qui sont fécondés de s'implanter dans la paroi utérine).

Quelle est la fréquence des grossesses sur DIU ?

La fréquence des grossesses sur DIU au cuivre est compris entre 0,2 et 2 pour 100 (source : John Guillebaud, Contraception : your questions answered, 6th edition, 2013) c'est à dire qu'on observe entre 2 et 20 grossesses pour 1000 utilisatrices de DIU pendant un an (ce chiffre inclut les échecs dus à une mauvaise insertion du DIU ou à une expulsion ; chez les femmes dont le DIU a été bien inséré, le chiffre est proche de 2 pour 1000 ; chez celles dont le DIU a été déplacé ou expulsé, on monte à 20 pour 1000).

A titre de comparaison, on estime que la fréquence des grossesses sur pilule est de
- 3 pour 1000 chez les utilisatrices de pilule qui utilisent leur contraception parfaitement
- 80 pour 1000 (donc, 4 fois plus que sur un DIU mal inséré !) en cas d'erreur d'utilisation (oubli)

On en déduira donc que lorsqu'on se fait poser un DIU (qui n'a pas d'effet sur la libido ou la physiologie) on prend beaucoup moins de risques de grossesse qu'avec une pilule…


Y a-t-il plus de GEU chez les utilisatrices de DIU ?

La réponse est NON. Le nombre de GEU est plus faible chez les utilisatrices de DIU que chez les femmes sans contraception ou chez celles qui utilisent la pilule.

La fréquence des GEU est, spontanément, de 2% en l'absence de contraception : autrement dit, sur 1000 femmes sans contraception qui ont des relations sexuelles, au bout d'un an il y aura 800 grossesses (c'est le taux de fécondité de la population) ; parmi ces 800 grossesses, il y aura 16 GEU (2% de 800)

Sur 1000 femmes porteuses d'un DIU, il y aura, chaque année, au maximum, 20 grossesses. Parmi ces vingt grossesses, 10 % seront des GEU, soit 2 grossesses.

Quand on dit Les GEU sont plus fréquentes sur DIU , le terme plus fréquentes signifie donc en proportion, et non en nombre.

Autrement dit, quand une femme porteuse d'un DIU est enceinte, le pourcentage de GEU est plus élevé (10%) que parmi les femmes enceintes sans contraception (2%) mais le nombre de GEU est beaucoup plus faible parmi les utilisatrices de DIU (2) que parmi les femmes sans contraception (16).

Car, rappelons-le, les GEU sont liées à l'état de la trompe (donc, à l'utilisatrice), et non à la méthode contraceptive employée. Autrement dit, une femme susceptible de souffrir d'une GEU (et qui l'ignore) court 8 fois moins de risque en se faisant poser un DIU qu'en n'ayant pas de contraception du tout ! (Et aussi moins de risque de GEU qu'en prenant la pilule, puisque la probabilité d'être enceinte avec un DIU est inférieure à celle de l'être en prenant la pilule !)

Pourquoi les GEU sont-elles proportionnellement plus fréquentes chez les utilisatrices de DIU que chez les femmes sans contraception ?

C'est facile à comprendre, si l'on se rappelle ceci : le cuivre des DIU inactive les spermatozoïdes et l'ovocyte et empêche aussi l'ovule de s'implanter. Mais les êtres humains ne sont pas des machines. Il arrive que des spermatozoïdes échappent au cuivre en passant dans l'utérus, et aillent féconder un ovocyte dans la trompe. Parmi les quelques ovocytes fécondés, certains, très probablement, descendent dans la cavité utérine et y sont inactivés par le cuivre qu'ils y rencontrent. En revanche, les ovocytes fécondés qui restent dans la trompe (à cause d'une anomalie locale du tapis ciliaire, par exemple) restent à l'abri du cuivre et la grossesse se développe sur place.

De ce fait, chez une femme qui porte un DIU, quand une grossesse survient, la probabilité qu'elle soit dans la trompe est élevée, et on recommande toujours, dans cette situation, de vérifier l'emplacement de la grossesse. Le vieil adage Toute grossesse sur DIU est une grossesse extra-utérine jusqu'à preuve du contraire est donc justifié par la prudence, même si dans les faits, ce n'est pas toujours le cas. C'est comme le vieil adage : Tout retard de règles est une grossesse jusqu'à preuve du contraire. Il faut d'abord penser à l'explication la plus probable pour parer à tout éventualité et y faire face. Dans le cas d'une GEU, la rapidité est essentielle à la prévention d'une complication.

J'ai eu une infection des trompes, est-ce que je peux utiliser un DIU ?

Si vous avez lu ce qui précède, vous saurez que la réponse est OUI. (Evidemment, il faut que vos infections aient été traitées et aient guéri.) Cela peut être psychologiquement inconfortable pour vous (et même pour le médecin), mais médicalement et scientifiquement, ce n'est pas une faute d'avoir recours à un DIU après une infection des trompes guérie.

Est-ce que l'utilisation d'un DIU augmente le risque d'infection (et donc, de GEU plus tard) ?

La réponse est NON. C'est l'activité sexuelle et l'exposition à des partenaires potentiellement infectés qui est source d'infection, non la méthode contraceptive. Une utilisatrice de pilule qui a des relations sexuelles sans préservatifs avec de nombreux partenaires a un risque d'infection sexuellement transmissible (IST) plus grand qu'une utilisatrice de DIU qui n'a qu'un seul partenaire. De plus, comme les médecins et sages-femmes dépistent systématiquement les IST avant la pose d'un DIU, les utilisatrices de DIU sont moins susceptibles d'avoir une infection cachée que les femmes à qui on prescrit la pilule sans dépistage…

J'ai eu une GEU sur DIU. Est-ce que je peux recourir de nouveau à un DIU au cuivre ?

La réponse est OUI, pour toutes les raisons indiquées ci-dessus.
1° avec un DIU, le risque d'être enceinte est moins grand qu'avec une contraception hormonale
2° avec un DIU le risque de GEU est moins grand que sans contraception.

A noter que si vous avez souffert d'une GEU sous pilule, la réponse serait : Vous pouvez reprendre la pilule, mais si vous utilisez plutôt un DIU, le risque d'une nouvelle grossesse (et donc, d'une nouvelle GEU) serait moins grand... !!!

Et si je préfère ne pas utiliser de DIU au cuivre à nouveau ?

Le risque de GEU avec un SIU (système intra-utérin, actuellement il y en a deux : Mirena et Jaydess)) semble quasi-inexistant, bien qu'on observe parfois des grossesses avec ce dispositif. Mais le mécanisme contraceptif du SIU est différent de celui des DIU au cuivre ; il est possible aussi que la population concernée par la pose des SIU (en France, en tout cas) le soit aussi : Mirena et Jaydess sont d'autant plus souvent prescrits que la femme consulte en ville, chez un gynécologue ou à l'hôpital. Plus on s'éloigne des spécialistes et des grands centres, plus la prescription de DIU au cuivre est grande.

Note pour les médecins qui ont le sentiment que toutes les grossesses sur DIU sont des GEU. Cette perception des GEU fréquentes peut être dûe, en particulier, à un biais de recrutement lié au type de population soigné. Je rappelle que le tabac augmente la fréquence des GEU. Or, en France, dans certains secteurs, beaucoup de médecins refusent la pilule aux femmes qui fument, même si elles ont moins de 35 ans (alors qu'avant cet âge, ce refus n'est souvent pas justifié). Ces femmes qui cherchent une contraception vont s'adresser à des médecins qui posent des DIU, lesquels sont eux-mêmes une minorité parmi les prescripteurs. Si les femmes qui fument (et qui sont donc à risque de GEU) consultent un petit nombre de médecins, il est logique que les GEU en cas d'échec soient perçues comme nombreuses par ces médecins, car elles le sont probablement dans cette population sélectionnée, sans pour autant que la fréquence réelle des GEU soit différente, quand elle est rapportée à la population générale…

Il faut toujours se méfier de ces biais de perception. L'expérience individuelle a une grande valeur pour des gestes individuels, elle en a beaucoup moins pour apprécier des phénomènes de population, tout simplement parce qu'un seul soignant ne connaît pas toute la population et soigne le plus souvent une patientèle qu'il sélectionne (souvent de manière inconsciente) et qui le sélectionne en retour....

En espérant vous avoir éclairé.e.s et intéressé.e.s, je vous remercie de votre attention

Marc Zaffran/Martin Winckler

Référence : Guillebaud, J., McGregor, A. Contraceptions Your Questions Answered, 6th Ed., Churchill Livingstone 2013











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