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à table

26 July, by noreply@hautetfort.com (Paul Loca)[ —]

au palpitant les fleurs à la gorge un café
toujours identique et un sentiment se change
pour la ruine amie et tout autant pour un ange
mais le café sent mauvais dans le con des fées

je te ferai marri, bouillu ou bien suiffé
ne m’écoute pas c’est un sonnet de rechange
tiens il faudrait prendre un vin blanc tandis qu’on mange
les truites ce midi — ne va pas t’esclaffer :

c’était en promotion et je les décongèle
cela vient de la rivière et n’est du pagel
dessinons-y la neuve ramure au poiscaille

disséquons nos forfaitures_et nous trinquons
“mais qu’est-ce qu’on en aura vu de tous ces cons”
du couteau nous suivons le hasard des écailles


Manche (la chute)

26 July, by noreply@hautetfort.com (Paul Loca)[ —]

Tout à vau-vent se ploient mes ans, s'abat de l'eau
Entre la page et moi grossissait un mensonge
Entre moi et le fond de la vallée un songe
De postiches neigeux, la moustache au calot

Tombe. Toute une armée d'adieux part à vau-l'eau
A la flaque à la crotte, aux vents ! les flocons foncent
Et descendent et remontent au ciel en once
En collant de si vils baisers aux caniveaux

Il est si bon de dessiner la frondaison
Tout en observant cette coulée des glaçons
Aussitôt fondus que risibles semblant noirs

Mais voilà que maintenant durcit le blanc gras
A la gorge et au nichon du vallon ingrat
Je ne le vois plus il s'éclairera ce soir
(11/03/13)


Les 4 poèmes de février 17

26 July, by noreply@hautetfort.com (Paul Loca)[ —]

cures.jpg

13/02
qu'importe la pierre à un amant ravaudeur
c'est un joli-coeur qui n'est jamais dur qu'aux sangs
passée l'effusion il voit la fesse aux passants
et pour la voisine il a redoublé d'ardeur

il a pris son temps nous devons l'imaginer
sisyphe elle euh s'en branle euh comme euh de ses hardes
il ravale il rabâche il ressasse et ça barde
mais c'est là qu'ils s'entendaient et sans barguigner

sur le sens ils sont bientôt montés en épingle
las elle implora de très grands coups mais le pingre
envisagea du ravalement au grenier

faut-il se déchirer pour se rabibocher
dit-elle quand il eut plusieurs fois ricoché
tout en se regardant au miroir dépeignée

j'ai raté ma série — 17/02

n'écrivons que ce qu'il est merveilleux d'entendre
marcel proust tortille un peu du cul sur les marches
sunsiaré plus roger se sont tués à garches
mais la radi_o crache encor de ce jazz tendre

est-ce elle qui conduisait lui qui descendait
on s'en fiche un brin surtout dans mon destin
où j'ai le prétexte d'enfiler du quatrain
pour rien — l'amour éternel ne se demandait..

c'est le poème au cul-de-sac et sans retour
on ira sur la digue à faire du roller
ceci comme orphée te dirait << à tout à l'heure >>

(vers deux ou trois heures) on aime aussi bien ma glace
et même si je l'ai servie dans des sous-tasses
à midi au dessert j'ai raté ma série

14/02
il ne me reste que huit minutes pour faire  le sonnet
je n'ai pas vu l'heure qui passait
et je n'y arriverai jamais je le sais
bien que c'est impossible et j'irai en enfer

mais admettons que je ne m'en vais pas coucher
ça se tiendrait il n'est que minuit — pas demain
faudrait peut-être veiller à rester humain
on n'est pas non plus à l'impossible bâché

nous avons des impératifs à la maison
des lessives_et des vaisselles_à foison
c'est la moisson de la grande préparation

et la rime est usée tout n'est que printannier
oui primesautier renouvelé mais gagné
pour un retour aux beaux jours comme exclamation

12/02
nous échangeons du regard puisqu'il est si bon
eau claire ou eau sombre avons-nous sa profondeur ?
qu'importe une pierre à un amant ravaudeur
fontainier peux t'élancer pour un saut — un bon

et mieux qu'un vertige ici c'est la libre chute
dans vos yeux en cascade et sous le clignement
de la paupière est l'apesanteur qui dément
l'infime instant où par ce qui vient d'uppercut

d'un contact à l'eau lorsque nous avons plongé
de gerbes d'eaux d'embruns bouillonnants_et gorgés
je vais disparaître assez tôt sous la surface

c'est le meilleur moment celui de la poussée
d'un seul coup de pied la remontée est censée
me faire me voir avec vos yeux hyperclasses


mp.jpg


le 24 avril 2017

26 July, by noreply@hautetfort.com (Paul Loca)[ —]

Que ce ciel est bleu ! comm' ces premièr's feuill's m'étreignent !
<< Nous serons bientôt si brûlantes dans tes bras
Et nous te donnerons la fraîcheur sous la treille
Retourne-nous_encore un peu sous ton beau drap >>

...

Quelle horrible image de coucher sur ses pages
La tâche ou l'encre engluées déjà de peaux mortes
Que n'avons-nous dévoyé d'idées pour des gages ?
Lors, nous soldons notre temps à la page accorte

Pour du contrat des testaments_ou des procès
Allons voir si la greffe a pris s'ouvre à la page
Ce verger est en viager on est prêt des plages

Ça serait l'histoire au notaire qu'irait aux putes
Sans contracter sans station ni hésitation
Il a foncé à travers leurs végétations


le feu (qu'elle promettait)

26 July, by noreply@hautetfort.com (Paul Loca)[ —]

si j'étais un homme

j'aurais aussi des ailes me disait-elle

et je ne volerais que des aurores

à l'aube et vers le soleil encore

pour en rester à bonne distance

je n'aurais pour proie que les alanguies

les profondes endormies mais demoiselles

moi-même oiseau, je me poserais

alors comme une plume auprès d'elles

en silence et enjambées. De ma becquetée

on ne compte plus les décollées

qui se sont réveillées trop tôt

et qui m'ont vue

alors je bande mes ailes

comme pour repartir au Caucase

il n'y a pas de plus grand désir

ni de mouvement de force au monde

que l'arc de mes ailes et de mes cuisses

plus prêts d'ansi faillir dans la posture

la plus ridicule le forfait dérisoire

puis l'inconnue se réveillait il y avait

des petites plumes collées

sur son ventre


Louiza

17 July, by noreply@hautetfort.com (Paul Loca)[ —]

Où vas-tu suivre un petit rayon de spoème
Sur l'eau ou sur la lande où ferait-il meilleur
Il bruine à la mousse au pied de ton débardeur
On voit du nuage à charge et qui s'amoncelle

Pourquoi ce soleil ne nous poursuit-il jamais
Ô taxi, suivez spoèm' ! Montons sur les planches
Alors la lumière électrique est la revanche
Comme un moustique assoiffé au bord des marais

C'est la nuit les sun-lights la poursuite endiablée
Mon poème est tombé de ta pocheu factice
Écrit cette aprèsm' au bord de tel précipice

Ce que je veux dire — un peu grave est si léger
Le plus beau poème est resté dans la pénombre
On sait qu'il se déplace avec ou sans nos ombres











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