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De Mac à Linux, épisode 3 : une véritable (é)migration.

15 January, by davduf[ —]

Les deux dernières semaines ont été riches et… reposantes. Du moins, sans le chaos du début. Je prends mes marques, les lignes de commande deviennent une habitude, j'avance en territoire de moins en moins étranger — et de plus en plus riche. Et puis, la grosse affaire : adieu iCloud, le fil à la patte d'Apple.

Avertissement : il me faut régler un malentendu. Une migration de Mac vers Linux pourrait être bien plus simple que celle que je vous conte. Disons que si vous souhaitez changer de machine, et surtout de système, quitter la cage dorée d'Apple pour la liberté Linux, sans chercher à conserver vos archives et habitudes, prenez Ubuntu (ou toute autre version accessible de Linux) et basta. Ça ira comme sur des roulettes.

Ce que je raconte ici est le chemin de croix d'un utilisateur Mac depuis, pfouiii, 20 ans qui entend migrer totalement, mais complètement : en gardant ses archives.

D'où, second avertissement : même en y consacrant une heure par jour, cette migration ne peut s'opérer en deux temps trois mouvements. On change de pays, littéralement. Et la découverte des usages, des habitudes, de la culture, chose passionnante, coûte du temps. Réclame de la curiosité. Et apporte parfois son lot de contre-coups et de déconvenues.

On pourrait parler d'émigration, tant la migration est majeure. Et c'est ainsi, comble de bonheur, et de joies, et de difficultés, que j'ai le sentiment d'apprendre parfois une nouvelle langue. L'Espéranto de l'informatique libre.

Le point sur les dernières semaines

Question matériel, les choses se sont grandement arrangées. Un autre point, à nouveau : avec son système fermé, qu'on paye au prix cher, Apple garantit la compatibilité totale (encore heureux) de son matériel avec son système d'exploitation. Avec Linux, c'est tout autre chose : la pléthore de drivers, de pilotes, de matériel, engendre tout un tas de complications (quand ça ne marche pas) qui se transforment en possibilités (quand le miracle agit).

D'où la nécessité d'arranger, souvent, les choses selon ses besoins et les spécificités de sa machine. Inutile de raconter les déceptions, quand elles opèrent… Insistons sur la joie quand on parvient à MAITRISER la bête. Tout d'un coup, c'est bien le rapport avec la machine qui change, notre rapport à elle qui s'inverse. C'est évidemment ici toute la beauté de la liberté acquise.

Mon pavé tactile, qui fonctionnait bien mais de façon limitée, est ainsi devenu une bombinette, depuis que j'ai installé libinput qui permet (dans ma configuration) de le paramétrer exactement comme on le souhaite (un doigt, deux doigts, trois ou quatre, etc). Un pas à pas est ici.

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Joie de l'indépendance

Dans le même ordre d'esprit, j'en ai profité pour suivre les conseils lumineux de Samabaia, lecteur de cette série : désormais, mon répertoire /home (en gros, le répertoire utilisateur où l'on cumule préférences et fichiers) est devenu indépendant de la version de Linux que j'utilise. Autrement dit, je peux tester et installer toutes les variantes de Linux sans toucher à mes données, qui resteront intactes. L'indépendance, ça se soigne.

Sur le plan logiciels, la grosse affaire, j'y vais progressivement.

Ayant choisi l'environnement graphique Gnome, j'ai opté pour un maximum d'applications intégrées (i.e : qui se marient avec le visuel Gnome).

Pour l'agenda et les contacts, adieu iCal et Contacts (Mac) pour le calendrier et les carnet de contact intégrés à Gnome.

Au passage, et c'est la grande nouveauté de ces derniers jours, adieu surtout à… iCloud. J'aurais pu faire ça il y a des années, mais c'est bien le passage à Linux qui m'a poussé au cul : désormais, j'héberge moi-même mes calendriers et contacts ou, plus exactement, je passe par le service Owncloud de la belle association Zaclys. Comment vous dire l'extase, vraiment, de cette délivrance ? Quel moment : voir 20 ans de sa vie (contacts) basculer sous Linux ! S'extirper de l'écosystème et des serveurs d'Apple, c'est à la fois brutal et doux. Résolument vivifiant.

Pour info, Framasoft propose de vous simplifier encore les choses avec son opération Dégooglisons Internet
Rappelons encore une fois : le cloud, c'est l'ordinateur de quelqu'un d'autre. Autant être sûr, autant passer par des amis.

Pour les emails, adieu (à regret) Airmail qui avait supplanté (avec joie) Mail sur mon Mac. Ses remplaçants sont : Evolution et surtout Geary, particulièrement soigné mais encore sommaire. Il faut le reconnaitre : les clients emails sur Linux, c'est pas la joie. La révolution prend du temps.

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Tant qu'à faire...

Pour Scrivener, mon logiciel fétiche, sorte de studio d'écriture complet, le passage à Linux s'est fait avec... disons beaucoup de doigté et d'amour. Et l'aide sans limites d'une poignée de linuxiens que je remercie à nouveau ici. Scrivener, c'est l'outil de tous mes projets, livres, films, webdocs. Il mériterait bien un article à part. Ça vient :-)

Les petites Notes. J'ai tout transféré sur SimpleNote (un service des gens de chez WordPress). SimpleNote fonctionne sur Linux, Mac, iOS. Ce n'est pas l'idéal : les notes ne sont pas cryptées, et transitent par les prétendus nuages. C'est pour l'heure une solution de transition. Pour conserver les enrichissements (gras, ital, titres), des notes de « Notes » (Mac), il a suffi de passer par des convertisseurs MarkDown (on en trouve une flopée sur le web).

Evernote : il n'existe pas d'application Linux pour l'utiliser en local. Mais la version en ligne fonctionne à merveille. Rien de particulier. Il existe des alternatives Linux à Evernote. Ce sera pour plus tard.

En remplacement de TextExpander (ou des snippets d'Alfred) sous MacOs, j'ai choisi Texpander et Autokey (ou plutotAutoKey-py3). Ces deux applications permettent de configurer des abréviations ou de courts textes qu'on utilise souvent, très utile pour les emails par exemple.

Pour le navigateur. Adieu Safari, imbattable sous Mac à mes yeux, revoici un vieil ami : FireFox (pas question de passer à Chrome Google). Pour les mots de passe des sites, un mois d'usage de Firefox sur le Mac, et le tour était joué : il a suffi d'utiliser mon compte utilisateur Firefox, identique sous Mac et sous Linux, et tout fut récupéré.

Pour rappels : tous ces logiciels Linux sont libres et gratuits, et maintenus par leur communauté d'utilisateurs.

En résumé : vous attendez quoi ? 
La suite dans quelques semaines.

Le feuilleton de Mac à Linux

Épisode 3 : une véritable (é)migration.
Épisode 2 : les dix premiers jours.
Épisode 1 : parce qu'il n'y a pas d'alternative.


De Mac à Linux, épisode 2 : Les dix premiers jours.

December 2016, by davduf[ —]

Extases et découragements. Excès de confiance et bonheur total. Retour sur les premières semaines post-Mac.

La boite du Dell XPS 13 Developer— c'est à dire avec Ubuntu 16.04 installé dessus, sans une trace de Windows dedans — est arrivée par le facteur. Impessions de déjà vu, du design à la Apple, jusque dans le carton. Le cordon d'alimentation est triste, il n'y pas de MagSafe façon Cupertino (ces branchements qui se défont automatiquement plutôt que de faire tomber la bécane). De tout façon, la Pomme a aussi abandonné cette grande idée sur ses toutes dernières machines, achevant son retour en arrière.

Le reste, de la bombe. A prix bien inférieur, une puissance bien supérieure. Pas un bruit de ventilo, un clavier souple, un écran 3200 x 1800 qui change la vie et la vue.

Mais on n'est pas là pour parler matériel...
Mais usage.

Premier lancement...

Tout marche, tout est reconnu : clavier, pavé, écran multitouch, tout sauf le wifi.
Je relance, ça marche. Mystère.

Parce que mon clavier est un Franco-Anglais, Québec oblige (je vis à Montréal), je suis un peu perdu au début. J'accuse de grosses pertes : le « è » , le « ç » et autre « à » ne sont pas disposés en direct sur le clavier lui-même. J'apprends qu'on peut « mapper » le clavier comme on veut et retrouver les touches manquantes sans problème. Le plus important, quand on vient de 20 ans de Mac, est de se rappeler que Pomme-machin est devenu CTRL-machin. En une journée, c'est acquis.

Par défaut, c'est l'environnement Unity qui est proposé par Ubuntu. Un peu d'explications :
- Linux, c'est le noyau du système d'exploitation, la matrice de tout.
- Ubuntu, une collection de logiciels qui va tourner sur votre machine (appelée la distribution)
- Puis viennent les environnements graphiques (le Bureau, etc). Ubuntu en propose des dizaines. [/doc.ubuntu-fr.org/debutant' id='nh1'>1].

Ou pour reprendre le commentaire, ci dessous, de Stéphane :
- Linux est le chef d'orchestre (l'ensemble des pilotes, ce qui permet aux différents matériels de communiquer entre eux et avec l'extérieur).
- La distribution (ici Ubuntu) est l'orchestre (l'ensemble des logiciels utilisables, leur mise en cohérence, dont la manière de les installer/désinstaller).
- Et on pourrait voir l'environnement de bureau comme le décor et le mobilier de la salle de concert.

Il existe des milliers de discussions sur les vertus de tel ou tel enviromment. Unity, par son approche à la fois grand public et commerciale, est loin de faire l'unanimité. De mon point de vue, Unity est surtout d'une laideur achevée — mais je précise à nouveau ici que mon témoignage est à prendre pour ce qu'il est : une déclaration d'amour d'un linuxien béotien, toute remarque et précision sont les bienvenues, je peux fort bien multiplier les approximations…

Première décision : changer d'environnement graphique

J'opte pour Ubuntu Gnome qui offre à mes yeux tout un tas d'avantages. Et le premier : une nouvelle facon de penser l'interface homme-machine ; ou du moins, notre relation avec le bureau de nos ordinateurs. Gnome appelle ça les « activités » et renforce le focus application par application. Pas bien sûr d'avoir encore compris toutes ses subtilités mais le charme opère. En grand. En très grand. Car quitte à changer de système d'exploitation, autant le faire à fond. Repenser cet outil que j'utilise dix heures par jour. Et pas simplement essayer de retrouver mes marques (ma marque ?) d'avant. A ce titre, amusant de voir combien Mac OS X reste tout de même une sacrée référence dans certaines discussions entre linuxiens. Reproduire l'allure du système d'exploitation Mac Os sur un Ubuntu est même un jeu d'enfant (mais, je le répète : pour moi, c'est non — je change et je change tout).

Autres délices de Gnome, ses extensions à n'en plus finir, autant des widgets délicieux, ses thèmes graphiques plus léchés les uns que les autres, ses jeux d'icônes qui font oublier — ouf — les windowseries qui trainent ici ou là sur certaines variantes Linux.

Les deux premiers jours, c'est l'extase

Un sentiment immédiat de liberté vertigineuse. Une nouvelle peau, sincèrement. De l'aide instantanée sur les forums, des encouragements sans cesse (une pluie de commentaires en ce sens à mon précédent article).

On se sent fort.
On se sent libéré.
On a terrassé le démon.

...Et on fait ses premières conneries

Excès de confiance, je commence à vouloir changer ceci, à modifier cela — sans bien comprendre le plus souvent ce que je fais. Vertiges des lignes de commande, Sudo superstar (Sudo pour Substitute User DO, « faire en se substituant à l'utilisateur » ou aussi Super-User Do, le super utilisateur qui peut tout faire). En deux jours, mon Ubuntu fait n'importe quoi. Ou plus exactement : je lui fais faire n'importe quoi. J'ai foncé tête baissée et c'est le mur. Le pire, c'est qu'il marche encore, pas comme je voudrais, mais il est marche. C'est du solide, Linux. Et je précise : c'est bien parce que je fouille dans le moteur que je le fais caler. Si je m'étais contenté de la version proposée de base, tout aurait marché aux petits oignons.

Je hante alors les forums, pose mille questions, reçois des centaines de pistes. La confiance renait, puis retombe, la mauvaise humeur guette, et le bonheur revient. Mais je dois m'y résoudre : j'ai dû réinstaller Ubuntu plusieurs fois, procéder par de multiples essais et erreurs avant d'arriver à mes fins :

- Le bureau que je voulais.
- Un établi qui me ressemble.

Ce que je retiens

- Préparer sa migration est essentiel. Je pensais que lire de la doc un mois en amont serait suffisant. Dans mon cas, ce fut trop court.
- Prendre son temps est une obligation. La liberté infinie de Linux a un prix : notre propre responsabilité.
- Attendre qu'une astuce soit vérifiée avant de l'employer, tant qu'on n'a pas les compétences, est mère de sûreté.
- S'attendre à ne pas pouvoir basculer d'un coup de son Mac à son Linux : beaucoup d'apprentissages à faire, d'habitudes à se défaire, de découvertes à accomplir et aussi de deuils sont au rendez-vous.

La suite, bientôt.
A vous de jouer.

Le feuilleton de Mac à Linux

Épisode 3 : une véritable (é)migration.
Épisode 2 : les dix premiers jours.
Épisode 1 : parce qu'il n'y a pas d'alternative.


[1] Pour un rapide tout d'horizon, tout est là : https://doc.ubuntu-fr.org/debutant


De Mac à Linux, épisode 1 : Parce qu'il n'y a pas d'alternative.

December 2016, by davduf[ —]

Il y a cinq minutes, la commande est passée. Un PC sans Windows. Adieu Mac, après 30 ans ; finie la prison dorée Apple. Premier épisode d'un converti à Ubuntu.

En 1999, j'avais passé un week-end entier à installer Linux sur mon ordinateur. Nous en avions fait trois pages dans Libération. C'était l'époque, que voulez-vous... On s'amusait bien au « Cahier Multimedia ».

Je me souviens des illustrations, surtout. On voyait un nerd s'arracher les cheveux et son cendrier se remplir au fil des heures.

Peu après, j'avais reformaté mon disque dur et remis Linux à plus tard.

Depuis ces années là, je lorgnais sur Ubuntu et les autres, sans m'y mettre. Sans m'y résoudre. Manque de temps, de courage surtout. Sur Ubuntu Fr, mon profil, créé il y a... dix ans jour pour jour, ou quasi, trahit mes valses hésitations.

Cette fois, c'est fait. Il y a quelques instants, j'ai enfin franchi le Rubicon. Adieu Apple. Dégage. [1]

Et c'est évidemment de politique dont il est question ici.

De politique pure. De choix des armes. De construire notre monde de demain, maintenant.

Après des années à frayer dans l'open source, à le soutenir comme je pouvais, 2016 a sonné comme l'année du sursaut, à appeler mon entourage à se dégoogliser. Ça suffit de transformer ma maison en Apple Store. Ça suffit d'être comme en batterie de poulets déplumés, lors des rencontres et des réunions avec d'autres Mac. Ça suffit cette tyrannie du cool des Salley de la Vilicon,

Après cinq années de bons et loyaux services, mon MacBook Air commençait à en manquer (de souffle). J'avais attendu la sortie des nouveaux portables Mac quand l'immense déception s'est abattue, comme sur toute la « communauté » Mac, qui continue à s'auto-proclamer telle, en souvenir des vaches maigres de la fin des années 1980... Je lisais les circonvolutions d'un Mac Génération pour se faire croire que la Touch Bar allait sauver le genre humain. Je regardais des vidéos qui comparaient... les bruits du clavier. Je goûtais les avis partagés sur le montant de l'arnaque et jusqu'où nous étions prêts à payer notre Apple-servitude. Je sombrais dans la folie de l'addict.

Apple et son eco-système fermé, Apple qui nous pousse à nous mettre nous-mêmes les menottes (iCloud), Apple qui rend son (superbe) OS de plus en plus fermé, Apple et sa vision GAFA du monde, Big Data is Big Brother.

Alors, depuis un mois, je guette les trucs et astuces Linux. Je guette les trucs comment passer du Mac à Ubuntu ? Comment passer d'une vie numérique à une autre, comment conserver mes milliers d'heures de musiques, de souvenirs, de photos, de courriels, sans trop de difficultés.

Depuis un mois, je sais que ce sera dur, à la hauteur de ma dépendance. Mais je sais qu'il n'y a pas d'alternative autre que l'alternative : l'heure est venue de tenter d'être en accord avec soi-même, en s'arrachant à ce qui était devenu un piège.

La suite, à la réception de la bécane.

Le feuilleton de Mac à Linux

Épisode 3 : une véritable (é)migration.
Épisode 2 : les dix premiers jours.
Épisode 1 : parce qu'il n'y a pas d'alternative.


[1] Pour la petite histoire, j'ai pris un Dell XPS 13 avec Ubuntu dessus. Pas question d'acheter un PC avec Windows.

Extases et découragements. Excès de confiance et bonheur total. Retour sur les premières semaines post-Mac. La suite, c'est ici : http://www.davduf.net/de-mac-a-linux-suite-2-les-dix-premiers-jours


« Ma vie atomique » de Jean Songe, ou comment rire de ce que nous devenons : des déchets

November 2016, by davduf, yannick bourg[ —]

Cet homme est mon ami, mon plus grand et plus fidèle ami. Son dernier ouvrage m'inquiète. Au début, mes préoccupations allaient pour lui. Depuis deux ou trois ans, Yannick Bourg (alias Jean Songe) s'enfonçait dans sa nouvelle lubie, son obsession noire, le nucléaire. Il ne parlait plus que de ça, et plus jamais des Cramps. On laissait faire, on connaît l'animal. Puis son livre est arrivé, fin octobre : « Ma vie atomique » (Calmann Lévy). Une bombe, sans jeu de mots. 320 pages de glaciation dans le dos et de rires jaunes dans la tête, de ce jaune dont on fait les pales des beaux panneaux du nucléaire. Et là, dans la gueule, l'inquiétude.

Cette enquête accablante et hilarante sur l'industrie nucléaire est le fruit patient d'un fou au milieu de gens qui se disent sains (et saints). Un p'tit Gonzo au pays des failles et des fissions, des fusions et de la confusion. Un livre au cœur du plus grand mensonge que l'Homme se raconte à lui même.

Si j'étais producteur, j'achèterais les droits de « Ma vie atomique » et j'enverrais Bourg sillonner la France, avec son beau chapeau et son rire magnifique.

Si j'étais lecteur, j'acheterais son livre fissa, avant la grande fissure.

p.126, tu écris : « toutes les mesures de précaution n'empêchent pas l'imprévu, à quoi on est toujours mal préparé, sinon ça ne serait pas drôle » Serais tu ok pour dire que c'est le meilleur résumé de tout l'esprit qui traverse ton livre ?

Si tu veux dire par là que je suis allé de (mauvaise) surprise en (mauvaise) surprise, oui, en effet. En béotien découvrant cette filière (le peu que j'en savais était léger), la somme de dysfonctionnements, aberrations, falsifications, mensonges, et j'en passe, qui couvre l'ensemble de A à Z a fini par dessiner un tableau qui m'a fait dresser le peu de cheveux qui me reste sur la tête. L'inquiétude est allée grandissante. Aujourd'hui, je suis satisfait quand je vois les panaches de vapeur qui s'élèvent des tours de refroidissement de la centrale de Golfech. Ça signifie que pour l'instant les installations fonctionnent…

Sur une échelle de 1 à 5, quels sont les cinq plus grands périls du nucléaire selon toi ?

Sans ordre de priorité, il y a l'arrogance des technocrates, et leur ignorance (quand il s'agit d'expliquer les vraies raisons d'une catastrophe, ils n'ont pas de réponse), qu'a souligné le rapport d'enquête de la commission sur la catastrophe de Fukushima. On n'est jamais à l'abri de ces gens-là.

Le vieillissement du parc nucléaire un peu partout, qui fait peser des menaces sérieuses, alors qu'on va certainement, pour des raisons économiques, prolonger la durée de fonctionnement des centrales en France.

La maintenance des installations, qui est de plus en plus confiée à des sous-traitants dont les employés sont très peu formés et à qui on demande une somme de travail accrue dans des délais raccourcis. Et comme la “ mémoire “ des installations se perd, une grosse partie du personnel d'EDF partant à la retraite, les incidents et les accidents risquent de se multiplier. Au passage, cet emploi d'un personnel peu qualifié permet à EDF d'afficher des bilans de santé de ses employés très satisfaisants. En effet, 80% des travaux, dont les plus exposés, sont à la charge des “ sous-traités “.

Des questions de sûreté/sécurité pas abordés, ou très peu, comme le terrorisme, les attaques informatiques, ou encore les drones qui ont surpris tout le monde.

La gestion des déchets reste une putain d'épine plantée dans le pied des responsables. Nulle part dans le monde ne fonctionne un centre de stockage définitif de ces saloperies à la longévité exceptionnelle. On entrepose, du provisoire qui dure.

Et puis il y a l'inattendu, qui échappe aux scénarios de catastrophe. Cette industrie s'est longtemps vantée de tout prévoir (quitte à laisser de côté des hypothèses estimées invraisemblables), mais qui peut tout prévoir ? La vie repose sur l'incertitude.

Comment expliques-tu notre cécité ? Une propagande démoniaque ? Notre égoïsme ?

A droite comme à gauche (à de très rares exceptions), le nucléaire fait consensus. C'est acquis, on ne revient pas dessus. En France, le programme nucléaire a été mené tambour battant, des records de vitesse d'élaboration et de construction ont été battus. Les politiques ont même devancé les demandes d'EDF. Il y a eu des oppositions citoyennes, mais le temps a joué puis les arguments économiques ont pesé fort dans les décisions locales. EDF arrose copieusement les territoires accueillant les centrales. Areva a mené des campagnes de séduction publicitaire assez performantes, une communication “transparente“ qui est un leurre. Dans les faits, l'industrie ne joue pas la transparence (des “incidents“ pas déclarés, ou en retard, des rapports bidonnés...). Et puis le citoyen s'habitue à (presque) tout, c'est bien le problème.

p.82, tu expliques qu'en Ukraine est apparue l'expression « compter en vie ». Peux tu détailler ?

Dans les semaines qui ont suivi la catastrophe de Tchernobyl, une Commission gouvernementale décidait quotidiennement du sort réservé à ceux envoyés dans les “points chauds“ (les plus contaminés) de la centrale dévastée. Telle intervention nécessitait tant d'hommes, dont on savait qu'on les condamnait. Alors on comptait “en vies“ les mesures à prendre. Je laisse à chacun d'apprécier le sens de cette comptabilité. Après ça, quand l'OMS ose dire en 2011 qu'on dénombre 30 décès officiels de travailleurs et 6000 cancers de la thyroïde (qui, aux yeux de certains, compte à peine pour un cancer, « ça se soigne très bien »), il y a de quoi se foutre en rogne. L'OMS qui a attendu 5 ans avant d'envoyer un représentant sur place et qui a poursuivi à Fukushima en déléguant aussi un seul représentant.

Si je reprends les données du radiobiologiste Nicholas Foray (scientifique reconnu par les nucléophiles) sur l'estimation la plus basse de 1% de la population la plus radiosensible, avec 600.000 liquidateurs passés à Tchernobyl (et dont le nombre pourrait grimper à 1 million), on obtient 6000 cancers létaux, avec une estimation à 5%, on est à 35.000 victimes. Et on ne parle même pas de celles et ceux aux multiples handicaps.

« Le passé est devant nous, le futur est derrière nous » (p.100), tu expliques ?

Je me reconnais dans une population andine qui considère qu'on fait face à son passé, on peut le contempler. Partout ailleurs, on pense que c'est l'avenir qui est devant soi. Non, le futur, on l'a dans le dos. Il est invisible, imprévisible. Ça vaut pour le nucléaire comme pour le reste.

Tu reviens souvent sur le nucléaire comme arme de dissuasion climatique. En gros : tu démontes le discours, très français, du nucléaire comme meilleur rempart contre le réchauffement climatique. Pourquoi y-a-t-il matière à ironiser ?

C'est simple. Encore du foutage de gueule. En 2011, le nucléaire assurait 11,7% de la production mondiale d'électricité, même l'hydraulique produit plus... Le parc mondial devrait être multiplié par VINGT (20) pour avoir un effet sur le climat. Et construire 8000 réacteurs est tout bonnement impossible. Donc, l'affaire est réglée. Il faut passer à autre chose.

Les déchets sont une de tes préoccupations. Je reconnais en toi l'amateur de SF quand tu parles de l'évolution du langage et qu'on ne sait pas comment prévenir les générations futures des enfouissements. Certains préconisent même, dis tu, de rien dire pour pas éveiller les soupçons. Est-ce que la réalité n'a pas eu raison de ta soif de fiction ?

Ah, tu touches un point sensible de ma réflexion actuelle. Je pense toujours que le rôle du romancier est de critiquer ce monde, sinon à quoi bon écrire ? Le patrimoine littéraire mondial est déjà colossal, combien de vies faudrait-il pour lire les ouvrages que nous estimons indispensables ? A présent, je ne sais plus trop si la voie (voix) de la fiction est la plus pertinente pour se confronter au monde. J'ai trois projets sur le feu : deux de fiction (noire) et un dans la lignée de ce que je viens d'écrire sur la filière nucléaire, mais dans un registre plus pamphlétaire.

Ta citation de Twain fait mouche (« il est plus facile de tromper les gens que de les convaincre qu'ils ont été trompés »). En quoi ton livre peut le faire... se tromper, lui ?

Pour le dire clairement, ce livre est une imposture, qui ne répond à aucun critère scientifique validé par la communauté internationale. Ce ramassis de faits et de racontars n'est que la somme d'inquiétudes que poserait la filière nucléaire qui finirait par inspirer la peur. Ce livre se veut aussi peu scientifique que la psychanalyse (où, comme disait Adorno : “rien n'est vrai que ses exagérations“), c'est une interprétation, en l'occurrence d'un cauchemar réel. En tant qu'écrivain de roman noir, je prouve mon attirance malsaine pour le côté sombre des choses du monde. Une des tâches de l'écrivain, je le répète, serait de critiquer ce monde, mais j'use de biais cognififs, d'arguments d'autorité, ne connais pas la “street epistemology“, cite des interviews (qui ne sont pas des preuves) et des extraits de livres (même ceux issus de Prix Nobel de physique ou autres spécialistes sont sans valeur scientifique), et les analyses que je fournis ne font pas consensus. Avoir passé plus de deux années à scruter la filière ne change rien à l'affaire. On peut donc me ranger dans la catégorie des climato-sceptiques ou des paranoïaques complotistes. Qu'on se le dise.

Tu sembles avoir travaillé sur documentation exclusivement. Est-ce à dire qu'il y a une telle masse d'informations que nous sommes noyés et qu'il nous faut des sauveteurs dans ton genre ? Autrement dit, qu'est-ce qui est le plus à craindre : la sur-information qui nous accommoderait avec le danger ou le secret défense ?

Je pratique le tri sélectif, comme avec nos déchets domestiques. L'information n'est pas un déchet, bien sûr, sauf quand elle est erronée, fausse ou fantaisiste. Une des tâches, c'est pas à toi que je vais l'apprendre, c'est simplement, quand on l'estime intéressante, de la vérifier. Il n'y a jamais trop d'informations mais le risque c'est de ployer sous son poids et de se faire écraser. Toutefois, le secret-défense reste une arme de dissuasion massive brandie par l'industrie nucléaire. Elle permet d'éviter un certain nombre de sujets qui fâchent, sur la sûreté & la sécurité des installations par exemple. Il y a aussi des “ boîtes noires “, des secrets de fabrication pour protéger le soit-disant secret industriel, qui font qu'au sein de cette industrie la division du travail règne en maître.

Quel a été le plus difficile dans ton enquête ?

A un moment, je me suis enfoncé dans les détails techniques et je n'en voyais plus le bout. Un tunnel. Et puis l'actualité qui te rattrape sans cesse. Chaque jour, une ou plusieurs infos touchant au nucléaire venait ralentir ma progression ( je devais rester au contact du présent ) ou alourdir mes notes si l'info se révélait intéressante. Sinon, il n'y a pas eu de difficulté majeure. Savoir s'arrêter, peut-être, mais c'est aussi valable pour la fiction.

Est-ce que tu ne crains pas que ton découragement passe aussi pour une façon de tirer ta révérence en disant : démerdez vous, générations futures !

Tu me trouves découragé, ah bon ? Je suis en colère, et surtout contre moi, d'avoir été aussi insouciant, par ignorance, en faisant emménager ceux que j'aime le plus à 17 kilomètres d'une centrale. Après, si le bouquin peut éveiller quelques consciences...


Lettre ouverte de créateurs interactifs québécois au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes


November 2016, by davduf[ —]

Le 25 aout 2016, le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes remettait ses nouvelles recommandations en matière de Cadre politique relatif aux fonds de production indépendants certifiés (CRTC 2016-343) . C'est en réponse à l'une de ses propositions, recommandant de revenir au linéaire en ligne (10% convergent versus 90% linéaire en ligne) qu'un certain nombre d'auteurs et de producteurs interactifs québécois ont réagi, en déposant cette lettre publique.

RÉFLEXIONS D'ARTISANS DU DOCUMENTAIRE INTERACTIF EN RÉACTION AUX CHANGEMENTS DES RÈGLES DU CRTC RELATIVES AUX FONDS DE PRODUCTION INDÉPENDANTS CERTIFIÉS [1]

La filière documentaire interactive au Québec, c'est :

  • un savoir faire reconnu dans le monde entier à la fois auprès du public, de la critique et des professionnels
  • un savoir faire qui s'exporte désormais en Europe, Etats-Unis et Amérique du Sud
  • des pratiques professionnelles qui irriguent tout le secteur culturel (musées, installations, publicité et même monde du jeu vidéo nous approchent et nous consultent)
  • l'émergence d'un nombre croissant de co-productions internationales (avec la France, la Belgique, la Suisse, l'Allemagne)
  • quelques véritables succès d'audience ( Star Citizen : 1,7 million de fans engagés, Do Not Track/Traque interdite : plus d'un million de visiteurs ; Fort McMoney : 700 000 visiteurs ; J'aime les patates : 70 000 joueurs ; Deprogrammed et Family Farmer, 60 000 et 85 000 visiteurs respectivement, Life On Hold : 800 000 visiteurs, etc)
  • un des plus grands ratios au monde de prix récoltés toutes oeuvres confondues
  • un laboratoire surveillé par les plus grandes institutions et universités (MIT Boston, Sorbonne Paris, Barcelone, UQAM, etc)
  • un genre qui parvient tout juste à maturité et qui réclame d'être encore soutenu pour être complètement installé
  • dix ans d'expérience et autant de post mortem qui permettent d'affiner les propositions
  • l'objet de nombreux partenariats presse au Canada (Globe & Mail, Le Devoir, Radio Can, La Presse) comme à l'international (NY Times, Le Monde, Libération, Der Standard, Neue Zürcher Zeitung, Süddeutsche Zeitung)
  • un souffle dans les festivals canadiens qui, tous, ont ouvert leurs portes aux nouvelles écritures

Réflexions :

En tant que créateurs et producteurs de webdocumentaires, documentaires transmédia, et expériences documentaires interactives, nous sommes d'avis que :

  • Il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain : la fin de la production numérique convergente ne doit pas entraîner la disparition des écritures interactives.
  • Le documentaire interactif peut se décliner sous la forme convergente soit, mais pas uniquement.
  • Le documentaire interactif existe sous forme de docu-jeu (Fort McMoney, J'aime les patates, Family Farmer, Or Bionique), sous forme d'expérience interactive (Toi, moi la Charte, Deprogrammed) et sous forme de webdocumentaire non linéaire (Prison Valley, Justice).
  • L'expertise en documentaire interactif développée au cours de 7-8 dernières années, notamment grâce à l'apport des Fonds convergents, se doit d'être soutenue hors des fonds convergents.
  • Il serait dommage d'imposer au documentaire de retourner à une forme linéaire sur le web à l'instar de la fiction sachant que les possibilités créatives du documentaire numérique dépassent largement cette forme.
  • Nous sommes d'avis que les créateurs et producteurs de documentaires numériques doivent pouvoir choisir, en accord avec les diffuseurs, le format numérique (interactif ou linéaire) le plus approprié pour rejoindre le public canadien et qu'ils sont habilités à le faire.
  • Si les volets convergents imposés n'ont pas toujours porté fruit, ils ont tout de même permis une véritable émergence des talents sur la scène québécoise qui, au delà de ce type de productions au succès et à la pertinence mitigés, pourront s'exprimer pleinement.
  • Le documentaire interactif natif comme forme d'art et d'expression doit avoir sa place dans le paysage de création numérique.
  • Par conséquent, nous souhaitons que les fonds considèrent comme plateformes numériques admissibles des portails non reliés à la télévision et idéalement, dédiés au documentaire ou à la création interactive voire aux sites web d'organes médiatiques reconnus et autres institutions culturelles.
  • Nous nous engageons à travailler de concert avec les gestionnaires de ces portails afin de développer de nouveaux modèles de distribution des oeuvres documentaires interactives afin de rejoindre plus largement le public canadien.

Une réflexion signée [2] :

David Dufresne / Auteur et réalisateur documentaires linéaires et interactifs
(Fort McMoney, Dada-Data, Prison Valley).
www.davduf.net
Montréal

Vali Fugulin / Réalisatrice et productrice de documentaires interactifs, jeux et nouvelles écritures
(J'aime les patates / I love potatoes, Justice, Toi moi et la Charte)
www.valifugulin.com
Montréal

Karine Dubois / Productrice de documentaires linéaires et interactifs
(Le bruit des mots, Voisins, Justice)
www.picboisproductions.com
Montréal

Jérémie Battaglia / Réalisateur documentaire linéaire et interactif
(Toi, moi et la Charte)
www.jeremiebattaglia.com
Montréal

Nicolas S. Roy / Directeur de création, Dpt.
(The Enemy, Deprogrammed, The Family Farmer, Disparus, Toi moi et la Charte, Le bruit des mots, Code Barre, Ici Chez Soi, Sacrée Montagne)
www.dpt.co
Montréal

Bruno Choinière / Directeur de création, Akufen
Christian Lebel / Directeur des technologies, Akufen
(Journal d'une insomnie collective, Do Not Track, Dada-Data, Emilie, Space advisor, The wanted 18)
www.akufen.ca
Montréal

Joannie Lafrenière/ Réalisatrice documentaire
www.jlafreniere.ca
Montréal

Vincent Morisset / Réalisateur et producteur. AATOAA
(Jusqu'ici, Just a Reflektor, Bla Bla)
www.aatoaa.com
Montréal

Colas Wohlfahrt / Réalisateur interactif, Kngfu
Ghassan Fayad / Producteur numérique, Kngfu
(Life On hold, 24h dans la vie d'un DJ, Who We Are, Working It Out Together, Religions et Démocratie, 100 mots pour la folie)
www.kngfu.com
Montréal

Marilyne Lacombe
Productrice nouveaux médias, Freelance
Montréal

Mélissa Pietracupa
Productrice télé/film/nouveaux médias, Pigiste
Montréal

Marc Baudet, Turbulent
(Le Photographe Inconnu, Le Rêve de Champlain, Star Citizen, Switch & Bitch)
www.turbulent.ca
Montréal

yako (Jean-Christophe Yacono) / directeur de création et réalisateur
(Du Big Bang au Vivant, Les Enfants de la Bolduc, Émilie, Eros, Les Passagers)
www.yako.ca
Montréal

Franck Desvernes / Scénariste interactif
François Pallaud / Directeur technique
(Justice / Police Académie / Climat Sous Tension / L'Or du Golfe / Disparus / Le Prix à Payer / Mes États Nordiques)
www.pliab.com
Montréal

Thibault Landel - Scénariste interactif
(Du Big Bang au Vivant, Les Enfants de la Bolduc, Le prix à payer, Loov, Apocalypse, Les contemporains, VR en déroute)
www.tiboland.ca
Montréal

Charles Stéphane Roy / Producteur et créateur multiplateforme, La maison de prod
(NORIGINALS : Poetastr, VFC)
www.lamaisondeprod.com
Montréal

Frédéric Dubois - Auteur et producteur
(Trou Story, Atterwasch)
Berlin, Montréal

Voyelle Acker
Ex-directrice adjointe nouvelles écritures France Télévisions
Paris, Montréal


[1] dont font partie le Fonds Bell, le Fonds Québecor, le Fonds Telus et le Fonds Shaw-Rocket.

[2] La signature est ouverte à tous les auteurs et de producteurs qui le souhaiteraient (merci d'indiquer vos noms, votre site et quelques-unes de vos productions).


La RV dans deux à cinq ans selon Minority Media : une pionnière montréalaise des jeux de réalité virtuelle

November 2016, by davduf[ —]

Entrevue avec l'entreprise montréalaise Minority Media. Cette pionnière de la réalité virtuelle (RV) a créé un des tout premiers jeux conçus pour casques de RV, Time Machine VR.

(...)

Julien et moi travaillions depuis longtemps au développement de jeux AAA, dans un environnement que nous jugions très peu favorable à l'innovation. Chaque idée, chaque projet devait être passé au crible par le service du marketing pour en déterminer le potentiel de rentabilité future. L'innovation est imprévisible de nature, et dans cet environnement, 97 % des nouveaux concepts sont mis en veilleuse, puis oubliés. On peut comprendre cet état de choses, parce que la valeur réelle de ces entreprises est liée au prix de leur action. Si un produit ne se vend pas autant qu'on l'avait prévu, le prix de l'action peut en pâtir et des millions de dollars peuvent disparaître en un clin d'œil.

(...)

Q : Comment voyez-vous la fusion de la narration cinématographique et des jeux vidéo ?

JB : La narration cinématographique, dans le sens traditionnel du récit fait à l'auditoire d'un film, devra être entièrement repensée pour convenir à la réalité virtuelle et à l'interactivité.

Les jeux vidéo traditionnels donnaient au joueur l'option de laisser le contrôle temporairement et de regarder des séquences racontant l'épisode suivant. Cette pratique est celle de la scène de transition. La RV ne présente pas ce type d'option, parce que nous avons beaucoup moins de contrôle sur la direction dans laquelle le joueur regardera ou ira dans l'environnement. Nous devons donc créer le langage et les règles qui remplaceront la narration cinématographique conventionnelle.

Autrement dit, je ne crois pas que la narration cinématographique et les jeux vidéo fusionneront. Je pense plutôt que la narration interactive émergera des jeux vidéo et de la réalité virtuelle et remplacera la narration cinématographique.


Tous à Bruxelles pour les Rencontres Web Millenium !

http://www.davduf.net/-nouvelles-narrations-play episode download
November 2016, by davduf[ —]

Du 1er au 5 décembre 2016 aura lieu à Bruxelles le meilleur des petits festivals Webdoc : le Millenium. Cette année, le Millenium a choisi de mettre à l'honneur les jeux documentaires. Avec un appel à projet et hackathon (doté de 2000 €) sur le thème : Comment vivre ensemble dans les méga-villes ? On y sera pour y présenter Dada-Data et le Manifeste des Webdocs comme Zones d'autonomies temporaires. Et vous ?

Communiqué de presse :

Les Millenium Web Meetings sont un lieu de rencontre incontournable pour les fans des nouvelles technologies et des nouveaux moyens de communication. Vu l'ampleur croissante de l'événement au sein du festival Millenium, cette année nous organisons entre jeudi 1er et lundi 5 décembre un évènement dédié à un nouveau genre de story-telling : le GameDoc.

Ce seront 5 jours de rencontres internationales durant lesquelles il y aura une master class d'Anita Hugi et de David Dufresne (Prison Valley, Fort McMoney, Hors jeu) à propos de leur expérience interactive DADA-DATA, des soirées de networking, un pitching et, au centre de l'événement, le Cross-Over Lab de 3 jours (2 de création et 1 pour le pitching). Au cours de cet événement, des équipes diversifiées vont assembler leurs expertises, afin de dépasser les limites de la technologie, et de créer des prototypes de « GameDoc » à vocation professionnelle, sous le thème de « La Tour de Babel » : Comment vivre ensemble dans la mégapole moderne ?

Le GameDoc est l'association du genre webdocumentaire et de la mécanique des jeux vidéo, de quoi sublimer un message profond avec une interactivité ludique. Ce genre hybride nécessite une multitude de talents, allant d'un ou des auteur(s) avec une vision, un ou des game designer(s) versé(s) dans les secrets d'un gameplay aux petits oignons, à un ou des graphiste(s) sachant insuffler de la vie, et un ou des développeur(s) web !

Le GameDoc, appelé parfois aussi « Jeu sérieux », « jeu de la réalité » ou « jeu documentaire » (à dire vrai, il existe autant de définitions que d'œuvres) est à la croisée des chemins et des écritures. Tous n'offrent pas forcément un plaisir ludique, avec des buts et des récompenses, tous sont loin d'être légers, mais tous s'appuient sur la puissance narrative des jeux vidéos et la rigueur documentaire.

A la fin du Cross-Over Lab, un jury professionnel départagera les pitchings et distribuera différents prix : il y aura un prix en argent qui servira à la réalisation du projet, un prix remis par la RTBF, qui propose un accompagnement pour le suivi du projet, ainsi qu'un prix distribué par KissKissBankBank.

Si vous désirez participer, que vous ayez déjà une équipe formée ou non, vous pouvez vous rendre sur le forumet présenter vos idées de projets, poser des questions aux autres participants, et créer des équipes pour les trois jours de compétition. Deux semaines avant le début du Lab, nous sélectionnerons et annoncerons les équipes qui pourront participer.

Les inscriptions pour le Cross-Over Lab sont ouvertes jusqu'au dimanche 20 novembre. Le 23 novembre, nous annoncerons les équipes participantes. Pour plus d'informations, ainsi que pour vous rendre sur le forum, nous vous invitons àvisiter notre site e

Samedi 5 décembre, à 17h :

First, Anita Hugi and David Dufresne (director of Prison Valley, Fort McMoney, Hors-Jeu) will immerse you in their latest interactive experience : DADA-DATA. This fascinating project celebrates 100 years of DADA movement through interactive exercises, a web anti-museum and six DADA hackathons.

Then, David Dufresne will surprise and open minds with the second part : Interactive documentaries as Temporary Autonomous Zones - a manifesto ! How New Narratives open new fields of possibilities. We will talk about the role of the author in the new narratives, the role of the audience, narrativity versus interactivity and our no future as a future to built !

Réservation gratuite


Comment écrire un bon dossier CNC pour son projet nouveaux médias ?

November 2016, by davduf[ —]

Suite à de nombreuses demandes de conseils en ce qui concerne la rédaction, le contenu, le ton, la longueur de ces fameux dossiers, j'ai donc voulu réunir ici plusieurs choses :

une liste des sources de financement existantes
une interview avec Anna Charrière, chargée de mission pour le fonds nouveaux médias du CNC
une banque de dossiers CNC de projets ayant été soutenu ces dernières années
En espérant que toutes ces ressources vous permettent de plus facilement vous lancer dans l'aventure…

Bien entendu, le CNC peut être perçu comme un cas particulier et il existe bien d'autres fonds nationaux, régionaux, européens, ainsi que des bourses diverses et variées. Mais il reste la pierre angulaire de notre système de financement des projets et, globalement, si on sait faire un dossier CNC, on sait tous les faire…

Un excellent article, fort fort complet. L'interview d'Anna Charrière (CNC) fourmille d'indications et les quelques exemples concrets de dossiers déposés au CNC sont vraiment précieux, et inspirants ! Bien joué !











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