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dans l'obscur et le froid de l'absence

23 November, by noreply@hautetfort.com (grapheus tis)[ —]

 

même le nom s'effacera dans la nuit du plus jamais
demeure l'inoubliable Visage


Quand à Bashô, s'ajoutent les Fleurs du Mal et la Diane Française

17 October, by noreply@hautetfort.com (grapheus tis)[ —]

Dernière fin de semaine en cure.

À l'aube, entre deux trouées nuageuses, Castor et Pollux, les Gémeaux au zénith de la clairière.

Hier, Chez mes Très Douces, à Saint-Pierre de Buzet, brocante et vide-grenier.
Déniché une édition des Fleurs du mal de 1935 pour 50 centimes. Préface signée d'un JC anonyme qui parle ainsi de Jeanne Duval, "cette" négresse qu'il enleva..." ;  ce"cette" : un soupçon de mépris, non ? L'Expo Coloniale de 31 est encore proche.

 Plus loin dans une caisse, La Diane Française d' Aragon, parue en juin 1945, chez Seghers dont "la présente édition constitue le premier tirage de l'édition courante" pour 1 euro.
Acquisition d'autant plus précieuse qu'il y a le merveilleux "Il n'y a pas d'amour heureux" que Brassens mettra en musique dans les années 50, et que, dix ans plus tard, dans la brinquebale d'un GMC, toute nuit, je chantonnais lors de ma première opération-commando de jeune " sous-bite" appelé, dans l'ouest du Zaccar au printemps 61. Pour qui ?

Au petit matin de ce jour-là, après plus d'une minute de marche dans une tenace puanteur, j'allais enjamber sur un sentier escarpé mon premier cadavre. Victime d'un accrochage précédent ou d'une épuration ?

Je n'avais pas de parti pour me redonner les vraies couleurs de France* et la juste violence m'était pour un temps encore inconnue. 

     

 * Du poète à son parti, in La Diane de France, p. 87.


lire Bashô dans la première dépression d'automne

14 October, by noreply@hautetfort.com (grapheus tis)[ —]

Sont enfin venues, nocturnes, les pluies bienfaisantes de l'automne. En reverdiront les landes d'Armagnac, mais les trop rares belles de la cure avaient le teint fané des petits matins gris.

 

au premier vestiaire d’entrée

réparant moi-même le papier de mon parapluie

159.

Vivre dans le monde
comme le dit Sögi
c’est s’abriter de l’averse hivernale

 

au vestiaire du couloir de marche

25.

Branches de saule pleureur
dans le vent d’est —
des belles se repeignent

 

 au vestiaire de la piscine de douche sous immersion et de mobilisation

15. 

Blancheur éclatante sur terre —
la face de la lune,  
la Princesse Shitateru ?

 

dans le bain d’eau courante

5.

Les gens pauvres
peuvent voir aussi les esprits
dans les fleurs de chardon-ogre

 

tirés de
BASHÔ
Seigneur ermite
L’intégrale des Haïkus
La Table Ronde, 2012

 

 Trop tôt dans l'octobre, la cure s'achèvera.


Bashô et quelques-uns de ses haïkus pour 16 ans de blogue

10 October, by noreply@hautetfort.com (grapheus tis)[ —]

dans la nonchalance d'une cure thermale
à Barbotan
aux Landes d'Amargnac

 

 

au premier vestiaire d’entrée

138.

Ravi de sa pauvreté
le solitaire admirant la lune
fredonne la chanson de riz de Nara

 

au vestiaire du couloir de marche

1.

La lune pour guide —
Restez donc un peu avec nous 
dans cette auberge !

 

au vestiaire de la piscine de douche sous immersion et de mobilisation

27.

Contemplant les fleurs sans lassitude,
mon carnet de haïkus
rarement sorti du sac

 

à la cabine des douches pénétrantes 

18.

Contemplant la lune claire
l’été de la Saint-Martin
se reposer au nouvel an

 

dans le bain d’eau courante

8.

Les silhouettes des iris,
reflétées sur l’eau,
ressemblent aux iris

 

 

tirés de
BASHÔ
Seigneur ermite
L’intégrale des Haïkus

La Table Ronde, 2012

 


Bashô aux landes de Armagnac

7 October, by noreply@hautetfort.com (grapheus tis)[ —]

Pour la première cure de Barbotan, j’avais emmené dans mon sac de curiste Les Regrets de Joachim Du Bellay. J’y puisais la lecture de plusieurs sonnets au hasard des numéros de vestiaire qui, selon la nature des soins, m’étaient dévolus.
Cet an, j’ai glissé le gros « Poche Points »  de l’Intégrale des Haïkus de BASHÔ, paru à la Table Ronde en 2012 ; il est un peu lourd dans la poche plastique qu’on nous remet pour affronter quotidiennement notre parcours de soins.
La lecture y est plus brève que celles de sonnets. Elle autorise une humide et régénérante méditation, quand celle-ci n’est point troublée par le passage furtif d’une gracieuse Néréide, irradiante dans cette assemblée de corps las, usés, déformés, claudicants qu’est un établissement de cure à visée rhumatologique et phlébologique !



au premier vestiaire d’entrée

33.

Fleurs d’arrière-saison —
comme des fleurs sur la houle
les pétales de la neige

à la cabine d’illutation générale

58.

Comme le dieu Tenjin,
j’admire le trésor dans le ciel bleu —
fleurs de prunier

 

au vestiaires du couloir de marche

55.

Le saké déborde
sur le plateau
orné de chrysanthèmes

 

au vestiaire de la piscine de mobilisation et de douche sous immersion

39.

Deux cerfs,
poil contre poil,
voluptueusement


à la cabine des douches pénétrantes

22.

De fins grêlons
sur la neige,
délicats dessins de kimono


Dans le bain en eau courante, le soin sublime

10.

Sur les rochers,
fleurs d’azalées rouges
teintes par les larmes du coucou


tirés de
BASHÔ

Seigneur ermite
L’intégrale des Haïkus
La Table Ronde, 2012


Georges Balandier disparu des sentiers mondiaux

6 October, by noreply@hautetfort.com (grapheus tis)[ —]

L'homme qui me permit d'alléger mon "orientalisme" juvénile pour m'engager sur les sentiers d'un "africaniste" autodidacte, avec l'accompagnement combien précieux et tout autant chaleureux de quelques femmes - Ama, Rabéa - et hommes d'Afrique, Bruno Kwamé, Si Salah Boulanouar et d'autres.

Sa mort me rapproche d'Adrian Adams, disparue en 2000, tout à la fois Écossaise et Soninké, anthropologue rencontrée sur les rives du fleuve Sénégal, à la fin des années 90.


Que les routes qu'ils ont foulées gardent mémoire de leurs pensers.

À Gabarret, dans les Landes d'Armagnac, autre pays pour moi où je suis tout autant l'Étranger  et ça ne me déplaît point.


Cendrars sur le Volturno

10 September, by noreply@hautetfort.com (grapheus tis)[ —]

 

Quelle idée de s'embarquer un matin de septembre sur un joli petit "Fifty" de 30 pieds, baptisé VOLTURNO, pour le convoyer de Belle-Île en Vilaine quand on sait qu'un navire du même nom prit feu en pleine tempête en 1913 ? Mais ça, c'est une autre histoire... Et une histoire à la Cendrars !
Serais-je monté à bord, si j'avais su ce naufrage ? Les voileux ont réputation d'être superstitieux, : le louis d'or  sous le pied de mât... le cousin du lièvre ou l'animal aux grandes oreilles... le refus des poulies-coupées (!) à bord...
D'un air amusé, un compagnon de convoyage me fit remarquer que le nom "Volturno" avait un rapport avec l'écrivain Cendrars. Je fus légèrement dépité de cette ignorance.

Volturno001.jpg

Oui, une histoire à la Cendrars, dans la vie même de Cendrars .


Il se nomme alors Frédéric Sauser. Le 11 décembre 1911, il débarque du Birma à Ellis Island, petite île près de New-York où sont parqués, triés, contrôlés, chaque jour, les milliers de migrants fascinés déjà par le "rêve américain". Il vient à l'invite d'une femme qui l'aime.

Nous arrivons par un beau clair de lune splendidement étoilé. Voici le premier phare...J'attends le point du jour, l'aube de ma vie... C'est une nouvelle naissance ! Je vois des feux briller, comme à travers l'épaisseur de la chair... Je me souviens, je me souviens des splendeurs apparues... Vais-je crier, ainsi qu'un nouveau-né ?

Ils vivront six mois d'amour et de misère. Il réembarquera pour l'Europe, seul, le 6 juin 1912*, sur le bateau des refoulés du Nouveau Monde, le VOLTURNO.

Je reviens d'Amérique à bord du Volturno, pour 35 francs de New-York à Rotterdam

écrit-il dans un poème ultérieur, « Le Panama ou les aventures de mes sept oncles ».

Il se nomme désormais Blaise Cendrars et le jour de Pâques, dans la solitude et la fièvre, il a écrit un texte qui va ébranler et la langue et la poésie françaises du siècle naissant.

« Je me suis réveillé en sursaut. Je me suis mis à écrire, à écrire. Je me suis rendormi. Je me suis réveillé une
deuxième fois en sursaut. J'ai écrit jusqu'au petit jour et je me suis recouché pour de bon. Je me suis réveillé à cinq heures du soir. J'ai relu la chose. J'avais pondu les Pâques à New York

Seigneur,  c'est  aujourd'hui le  jour  de votre Nom,
J'ai lu dans un vieux livre la geste de votre Passion,

Et votre angoisse et vos efforts et vos bonnes paroles
Qui pleurent dans le livre, doucement monotones.

Un moine d'un vieux temps me parle de votre mort.
Il traçait votre histoire avec des lettres d'or

Dans un missel, posé sur ses genoux.
Il travaillait pieusement en s'inspirant de Vous.

A l'abri de l'autel, assis dans sa robe blanche,
Il travaillait lentement du lundi au dimanche.

Les heures s'arrêtaient au seuil de son retrait.
Lui, s'oubliait, penché sur votre portrait.

A vêpres, quand les cloches psalmodiaient dans la tour,
Le bon frère ne savait si c'était son amour

Ou si c'était le Vôtre, Seigneur, ou votre Père
Qui battait à grands coups les portes du monastère.


Je suis comme ce bon moine, ce soir, je suis inquiet.
Dans la chambre à côté, un être triste et muet

Attend derrière la porte, attend que je l'appelle!
C'est Vous, c'est Dieu, c'est moi, — c'est l'Éternel.

.................................................................................
.................................................................................

Seigneur, l'aube a glissé froide comme un suaire
Et a mis tout à nu les gratte-ciel dans les airs.

Déjà un bruit immense retentit sur la ville.
Déjà les trains bondissent, grondent et dénient.

Les métropolitains roulent et tonnent sous terre.
Les ponts sont secoués par les chemins de fer.

La cité tremble. Des cris, du feu et des fumées,
Des sirènes à vapeur rauquent comme des huées.

Une foule enfiévrée par les sueurs de l'or
Se bouscule et s'engouffre dans de longs corridors.

Trouble, dans le fouillis empanaché des toits,
Le soleil, c'est votre Face souillée par les crachats.


Seigneur, je rentre fatigué, seul et très morne..
Ma chambre est nue comme un tombeau...

Seigneur, je suis tout seul et j'ai la fièvre...
Mon lit est froid comme un cercueil...

Seigneur, je ferme les yeux et je claque des dents...
Je suis trop seul. J'ai froid. Je vous appelle...

Cent mille toupies tournoient devant mes yeux...
Non, cent mille femmes... Non, cent mille violoncelles.

Je pense, Seigneur, à mes heures malheureuses...
Je pense, Seigneur, à mes heures en allées...

Je ne pense plus à Vous. Je ne pense plus à Vous.



Le VOLTURNO, sans doute à la mi-juillet 2012, touchera le port de Rotterdam. En débarque un Blaise Cendrars bien décidé à devenir écrivain et à "bourlinguer" : « On bourlingue sur les livres comme sur la mer ». Les paquebots seront pour lui des bibliothèques flottantes.


En octobre 1913, au milieu de l'Atlantique, en pleine tempête, un violent incendie qui ne pourra être maîtrisé se déclare à bord du VOLTURNO : une importante explosion secoue la soute à charbon et la salle des machines. Le paquebot coule ; il y aura 136 disparus sur plus de 650 passagers et membres d'équipage.

lillustration3.jpg

 

DONC, ayant eu connaissance de tout ce qui précède et ayant été un lecteur plus attentif de l'ami Blaise, aurais-je,  ce samedi dernier 2 septembre 2016, accepter de  monter à bord du petit "fifty" Volturno pour le convoyer en Vilaine ?
PAS SI SÛR !

Ce qui est certain, c'est que le seul nom de "Volturno" m'a fait replonger dans la belle bibliothèque flottante de Cendras, de Bourlinguer jusqu'Au cœur du Monde !

 

 

* Le 21 mai 1912, écrit sa fille Myriam Cendrars dans la très forte biographie qu'elle a consacrée à son père en 1984 (chez Balland, publiée par la suite en "Points Biographie" au Seuil, 1985).


rappeler SA VOIX

22 August, by noreply@hautetfort.com (grapheus tis)[ —]


Poursuivre une fois encore l'aventure
Le tiers livre de François Bon
back to basics, 7
aller chercher la voix des vivants

 

rappeler sa voix

le heurt sourd des pilons dans les mortiers du soir  tout autour l'écoulement d'une langue encore ignorée
l'impossible de SA VOIX
quand donc a-t-elle lancé le chant que reprend criarde et piétinante la ronde des filles
convoquer l'alentour des sons des bruits des cris qui l'encerclent dans les nuits le hurlement enfantin de "l'ahua" qui plane dans la canopée poussiéreuse de la saison sèche
l'impossible de sa voix
craquement énorme d'un fromager rongé par les termites dans l'au-delà des collines le froissement soyeux de ses pieds nus sur le sol de la véranda quand elle le surprend pour leur première nuit
le foudroiement de la tornade nocturne l'interminable mitraille des pluies sur les palmes de l'apatam
la longue plainte aigue et lente des veuves maculées seins nus crânes rasés de kaolin au chevet du lit de terre où repose le cadavre de la mère
comment donc parla-t-elle le même sang sous leurs peaux noire et blanche
l'impossible même de son murmure à l'infime extrême
du silence
de l'absence
rappeler sa voix
ma surdité parfois jusqu'à l'insoutenable de toutes ces années
mais
mais rappeler SA VOIX et ne savoir l'entendre

 

Ainsi suis-je comme l'ensommeillé, cet Homo Algus de Sophie Prestigiacomo dans le marais de Séné.

Homo Algus.jpg

Je n'entends SA VOIX que dans le rêve






 


autoportrait matinal

7 August, by noreply@hautetfort.com (grapheus tis)[ —]

Pour tenter l'aventure :

Le tiers livre de François BON
back to basic 6
le faux autoportrait comme vraie fiction

un détournement du fabuleux Autoportrait d’Edouard Levé

 

 

Quatre heures trente du matin, il achève ainsi souvent ses nuits : il effleure la chevelure de sa compagne de lit, il sort dehors avant l'aube, il lève les yeux, il cherche, l'été au zénith de son ciel, la Croix du Cygne, Altaïr dans l'Aigle, Vega dans la Lyre, l'hiver, dans l'ouest-suroît, Orion et son Baudrier, il a grande nostalgie de l'immense Scorpion sous l'équateur du Pacifique Sud.
Il se recouche rarement. Le jour levé, en toute saison il parcourt pieds nus le jardin. Il salue, par dessus la haie, son voisin l'ouvrier partant au chantier.
Il fait infuser son thé, un thé vert japonais à la saveur fine, il boit à longues goulées lentement. Il s'accoude à son bar entre cuisine et salle de séjour, il lit, debout, une, deux ou trois pages d'un des trois ou quatre bouquins en cours. Il consulte, sur sa tablette, ses courriels, l'annuaire des marées et la météo marine de Penmarc'h à l'anse de l'Aiguillon.
Puis, quoique Breton, à la manière des Bas-Poitevins, il "va".

La journée est suspendue à l'incertain du lendemain.


poursuivre l'aventure

30 July, by noreply@hautetfort.com (grapheus tis)[ —]

Si difficile d'échapper à Rimbaud.
Alors voilà ce que, dans ma gribouille, devient Enfance :

 

L'Aïeule franchit le seuil de sa vie dans les odeurs sucrées des vendanges à la fin d'un été exsangue. —Les ancêtres qui l'avaient précédée ébranlèrent le parvis des églises de leurs sabots ferrés. —Sa fille avait fui dans les lointains orientaux  — et pleuraient les enfants dans l'incertain désespéré de son retour.

Dans le désert des ruelles s'insinuait un air aigre de gavotte — les linges immaculés battaient dans les rafales de suroît. Les desservants du temple avaient, sur les pantoires du lin sacré, frappé les cordes de chanvre de la cloche , — et la virginale angélus, d'un crépuscule à l'autre, était muette. — Le Maître, sur le registre des ports, consignait l'errance obscure des migrants. — Vides, les couches  aux abris des pêcheurs.

Les anses révèlent la rouille des socs, les carcasses des chars-à-bancs endimanchés et les ancres. — Ô les phares et les dentelles de rocs, les hauts-fonds du tumulte et l'apaisé des moissons !

Oiseaux crieurs et luisants cétacés qui peuplent les marées. Odeurs puissantes des grandes laminaires échouées. Pourpre pourrissement des sables .— Largueront-ils une fois encore pour l'au-delà des Îles ?

 

Poursuivre donc l'aventure
Le tiers livre de François Bon
back to basics, 5 La route rouge de Rimbaud

 

Naguère dans mes pages,
un salut sur une peinture de Ernest Pignon-Ernest.

 


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