HOME > RSS > BLOGS France > green :: musicBlog & magazine

R S S : green :: musicBlog & magazine


PageRank : 10 %

VoteRank :
(0 - 0 vote)





tagsTags: , , , , , , , ,


Français - French

RSS FEED READER



Cérémonie

23 July[ —]

Parfois j’y vois comme un point de rupture. Certes, ça forme un continuum, un tout. Mais après? Après cette cassure, les choses ne sont plus du tout pareilles. Et donc la question est de savoir où se trouve le moment précis? The Sex Pistols y sont, c’est sûr. Quelque part là-dedans, ça c’est évident. Mais est-ce tout? Est-il possible que le moment d’où tout part, où tout est refait et re-construit, soit le concert donné par les Pistols au Lesser Free Trade Hall à Manchester, le 4 juin 1976?

La légende, ainsi que le film 24hr Party People, veut que parmi les 40 membres de l’audience ce jour-là, il y avait Tony Wilson (dans le rôle de Moïse, ou éventuellement Jean le Baptiste), Howard Devoto (Buzzcocks, Magazine), Pete Shelley et Steve Diggle (Buzzcocks), Morrissey (The Smiths), Bernard Sumner (Joy Division, New Order), Peter Hook (Joy Division, New Order), Martin Hannett (producteur, génie, et Saint Esprit), Mark E. Smith (The Fall), John the Postman (John the Postman, quoi), Paul Morley (plus tard, journaliste au NME), Mick Hucknall (Simply Red) et Ian Curtis (Joy Division). Franchement, y a t-il jamais eu un autre événement, avant ou après, où un bon tiers de l’audience est devenu le fer de lance de la musique populaire pour les décennies à venir?

Pour moi, les échos de cette nuit sont arrivés sous forme d’un mixtape qu’un ami resté en Grande Bretagne m’a envoyé quelque temps après — merci JJK —. Parmi les morceaux, il y avait la moitié du disque Unknown Pleasures. Cette K7 — avec les émissions de John Peel tard dans la nuit, ainsi que les exemplaires de la NME qui arrivaient avec une semaine de retard, accentuant la distance — étaient mes seuls contacts avec cette musique en devenir.

Même sur cette bande C60 sifflante, usée à tel point que par la suite ses chuintements et bourdonnements sont devenus partie intégrante de la musicalité, où les sons que Martin Hannett a tirés des 4 gars de Joy Division — une froideur, une distance, presque robotique par moments, cette voix grave et profonde, des paroles obscures, et les tours que jouait l’écho avec tes oreilles et ta tête — sont restés des compagnons fidèles presque 30 ans après. Et c’est un esprit que je n’ai trouvé ailleurs pratiquement que chez les Velvets (et leur progéniture), cette idée que la musique rock pouvait être autre chose que des passions fugaces et juvéniles, le sentiment d’un au-delà, ou d’une vie plus lointaine et plus profonde que le quotidien; quelque chose capable de changer ta vie. Cette expérience est donc restée en moi, modelant largement mon écoute et ce que j’exige de la musique, même aujourd’hui.

Vendedi dernier donc, j’ai décidé, de manière totalement dictatoriale et arbitraire, que nous [toute la famille] irions voir Control au cinéma. J’ai voulu partager mon Joy Division à moi, cette passion qui m’habite toujours. Et particulièrement avec ma plus petite fille qui, à 12 ans, après avoir abandonné Björk et Manu Chao, n’écoute plus que de la techno. Ce qui est très bien il faut dire: c’est sa musique à elle, et je préfère largement qu’elle écoute une musique qui la passionne fortement que de la laisser se faire happer par cette chose fabriquée, pré-mâchée et pré-digérée, saccharine à s’en pourrir les dents, qui passe trop souvent pour de la musique ‘populaire’.

Dès le départ, le film d’Anton Corbijn a capturé cette période en faux teint et noir et blanc dans le creux des années 70, quand il n’y avait que David Bowie et Roxy Music pour le salut. Tout: le papier peint hideux, les affiches, le kohl sur les yeux et les poses devant la glace. Même la manière de tenir les clopes, et se rassembler en groupes de mecs le dos rond contre le monde. Dès le départ nous avions remonté le temps à la recherche de ce jardin presque mythique des origines…

Nous, ça nous a tous plu. Et même ma fille a convenu que la musique n’était pas si mal que ça. Venant d’elle, c’est un grand compliment.

D’accord, c’est notre point de vue. Maintenant, allez voir le film pour vous-même et faites-vous votre propre idée.


Mes meilleurs secrets [5 sur 5]

23 July[ —]

Le dernier de cette série de mes meilleurs secrets n’est plus aussi secret que ça, comme je m’en suis aperçu lorsque j’ai découvert que la maison de disques CBS a racheté Last.fm pour la bagatelle de [presque] US $300 millions. Par la même occasion j’ai appris que ce mélange spécial de services web et de réseau social compte désormais 15 millions de membres actifs, ce qui fait que mon secret est déjà largement éventé.

Mais Last.fm possède de multiples facettes. Le Last.fm qu’on connaît aujourd’hui résulte de la fusion avec le service Audioscrobbler, et ce ‘truc’ reste la fondation sur laquelle s’est construit son succès.

Si vous ne le connaissez pas, Audioscrobbler est une extension [ou plug-in], disponible pour la plupart des juke box musicaux, qui note les morceaux que vous écoutez. Il vous permettait également, avant Twitter, de relayer cette information à vos amis. Mais c’est avec ce qui s’est passé ensuite que ce service est devenu vraiment intéressant. Tout d’abord, les serveurs de Last.fm aggrège cette information par utilisateur. Ainsi vous disposez de statistiques sur vos habitudes d’écoute, vous permettant de trouver des accidents heureux et des joyaux oubliés dans vos playlists. C’était déjà rigolo, mais ensuite ils sont allés encore plus loin. En mélangeant ces résultats, et en comparant les similarités et les différences dans des listes individuelles, Last.fm est devenu un service de découverte et de recommandations du genre “les gens qui écoutent la musique que vous aimez, écoutent aussi…” et voici une liste d’artistes à découvrir. D’autres sociétés ont tenté de faire pareil, parfois en procédant de manière semblable, parfois en vous faisant remplir de longs et fastidieux questionnaires sur vos goûts, parfois en faisant écouter [au préalable, et de manière obligatoire] des playlists qui mélangent artistes connus avec d’autres qui le sont moins. Mais Last.fm avait trouvé la bonne formule. Probablement parce qu’il s’appuie sur un important réservoir d’oreilles, et que son ‘Scrobbler’ est facile et sans aspérités [il s’oublie facilement une fois installé]. De plus il évite l’écueil des mensonges ‘innocents’ où, par exemple, Indie Rock Pete peut bien écouter Britney Spears chez lui en cachette, mais ne l’avouerait jamais dans un questionnaire ou un lieu ‘public’.

Plus récemment Last.fm a franchi une autre étape qui ne se résume pas à lister des artistes et des morceaux, mais il vous permet aussi de les écouter en streaming. Dans ce cas, la barrière vers la découverte individuelle a été considérablement baissée. Vous disposez maintenant d’une sorte de radio FM, personnalisée et gratuite, qui connaît exactement vos goûts: qu’ils soient variés, éclectiques, ou simplement bizarres.

Mais qu’est-ce qui peut intéresser CBS dans tout cela? Ils ont promis de ne pas toucher à ce service [même si, dans ces temps d’élections on devrait toujours garder à l’esprit le dicton qui veut que les promesses n’engagent que ceux qui y croient…]. CBS proclament qu’ils veulent explorer les moyens de diffusion que rendent possibles les nouvelles technologies. Donc, on ne devrait pas voir surgir des publicités pour CBS dans nos lecteurs de mp3s, ni des artistes CBS en train de s’incruster dans les listes de propositions.

On peut même penser que la présence de CBS aux côtés de Last.fm est une bonne chose s’il s’agit de protéger le service du genre d’attaques subies en ce moment par les web radios et autres supports de streaming [tel Pandora] aux États-Unis qui font face à une augmentation d’un facteur 10 de la redevance qu’ils doivent reverser aux artistes pour leur service.

C’est semblable à l’affaire récente concernant radio.blog.club ici en France: en plein milieu des négociations avec les organismes de collecte pour les artistes et ayant-droits, une des parties semble avoir perdu patience et intimidé l’hébergeur au point que ce-dernier prenne froid et ferme l’accès. Radio.blog.club a réussi à trouver un hébergeur moins frileux, et, jusqu’ici à survivre à la tempête, mais ce genre de comportement agressif, ainsi que la tentation permanente de mettre la pression [financière] sur les services en devenir, de la part des majors et des services de collection sont de plus en plus courants. Ayant à faire face à une chute de revenus provenant de la vente des disques(*) les majors ont besoin de récupérer un maximum de revenus d’ailleurs afin de satisfaire leurs actionnaires qu’ils ont habitués aux rendements des années fastes. C’est évidemment une stratégie à court terme. Une fois qu’ils arrivent à intimider et à tuer dans l’œuf toutes les idées et initiatives nouvelles, ils ont aussi tué les revenus futurs que ces projets auraient pu engendrer. Et au fur et à mesure que les services alternatifs se tarissent, ils poussent davantage les fans vers des sources alternatives [et pas toujours à jour avec les services de collecte et perception pour les ayant-droits]. Ils n’auront alors plus qu’eux-mêmes à blâmer, peu importe combien ils pourront crier, bouder, ou pleurer misère pour tenter de noyer le poisson.

Last.fm, étant basé à Londres, n’a pas à s’inquiéter pour l’augmentation des redevances à laquelle doivent faire face les équivalents américains. Du moins, pas pour l’instant. Mais ce même genre de pressions myopes à court terme peut aussi pointer le bout de son nez de ce côté-ci de la mer Atlantique. Voyons par exemple le débat actuel au Royaume Uni autour des tentatives de prolonger le copyright, actuellement de 50 ans, sur les enregistrements musicaux. Juste au moment où les premiers enregistrements qui fondent le corpus du rock’n’roll et la musique populaire risquent de tomber dans le domaine public.(**)

S’ils tiennent parole, CBS sont donc à congratuler pour avoir osé rompre les rangs et avoir pris Last.fm dans leur giron, explorant de nouvelles manières de construire leur business dans le monde numérique de demain où la musique est dématérialisée, et quelque peu banalisée, où les canaux de production, de distribution, et de découverte sont à réinventer. Voilà, je croise les doigts pour que l’expérience réussisse.

En attendant, voici une resource formidable, la page où Last.fm regroupe l’ensemble des morceaux en téléchargement libre des artistes qui apparaissent sur son service.

(*) baisse causée non pas par une épidémie de copie privée, mais parce que le ‘boom’ du renouvellement des collections par la transformation des supports de vinyl en CD est désormais terminé, après avoir créé une période de prospérité artificielle qui ne reflétait pas la santé réelle du marché du disque, le tout combiné avec une hausse des ventes pour les artistes indépendants, et une désaffection pour les produits manufacturés des majors… tout concourt donc à réaliser des ventes plus faibles pour les majors. En discutant autour de moi, il me semble qu’en fin de compte les gens achètent plus de disques, pas moins, mais ils ne les achètent plus de la même manière.

(**) Ce n’est pas une question simple. Comme je le comprends, les droits des compositeurs [droits mécaniques] et les droits des interprètes sur ces morceaux continuent de courir pendant environ 20 ans. Ce qui veut dire que les ayant-droits [les artistes s’ils ont réussi à garder ces droits, les maisons de disques ou d’édition sinon] continueront à percevoir les redevances sur ces enregistrements. Mais en libérant le copyright sur les enregistrements originaux, de nouvelles compilations, packages, remixes et formats deviennent possibles, créés par n’importe qui. Ce qui aura pour fin de créer de nouvelles sources de revenus pour les ayant-droits sur ces morceaux qui datent d’il y a 50 ans. Les seuls perdants sont les labels à qui appartenait ce copyright pour les 50 dernières années. Mais si 50 ans ne constituent pas une assez longue période pour récupérer leur investissement initial, majoré d’un jolie bénéfice, alors ils sont vraiment des bras cassés, et les actionnaires seraient entièrement justifiés à bouter de tels incompétents hors de leurs sièges de direction et à se poser des questions sur leur stratégie actuelle et leur combat d’arrière garde.


Wait a minute, Mr Postman...

23 July[ —]

Si vous m’avez écrit pendant l’été, sachez que j’ai presque 150 mails ‘non-lus’ sur le compte green, et une pile de disques et autres choses toujours dans leurs paquets, et toujours en attente d’ouverture sur une table, ici dans le quartier général greenesque. Donc, ce weekend, je commence à regarder tout cela, pour en parler la semaine prochaine. Si vous m’avez envoyé quelque chose et que je n’en ai pas encore parlé… maintenant vous savez pourquoi. Si vous n’avez rien envoyé, alors c’est peut-être le moment, d’autant plus que c’est mon anniversaire dans une semaine [et un jour, pour être exact]. // image par marina~, trouvé sur flickr


MonsterK7 ‘Une ode au toy piano’

23 July[ —]

Nos amis de MonsterK7 m’écrivent: Les 200 exemplaires de la K7 “Une ode au toy piano” sont écoulés. Merci encore à tous ceux qui nous ont apporté leur soutien, notamment ceux qui ont acquis cette K7 alors qu’ils ne possèdent plus de lecteur K7! Pour donner une seconde vie à cette compilation, nous avons décidé de la mettre en libre téléchargement sur le site de MonsterK7 (rubrique “K7 et artistes”). Nous en parlions ici.


En avant !

23 July[ —]

Après avoir été invité l’année dernière par Trent Reznor à tourner avec Nine Inch Nails, Saul Williams avait annoncé que Reznor allait produire son nouveau disque [avec un titre en clin d’œil] — The Inevitable Rise and Liberation of Niggy Tardust. Depuis aujourd’hui, c’est chose faite, et le disque est maintenant dispo. Mais pas dans les bacs… Suivant le chemin de son mentor qui avait récemment annoncé sur son site que, désormais libre d’une maison de disques, il allait poursuivre des canaux alternatifs de distribution, le disque est en téléchargement libre, ou vous pouvez choisir de payer US $5 — avec le taux de change actuel, c’est environ le prix d’un café en terrasse, disons, pas grand chose — pour soutenir l’artiste. Encore une initiative à suivre, non?

L’album lui-même est, sans surprise, un furieux mélange de hip-hop électronique, slam et NIN. Tout en rage et énergie. Avec un très fort engagement politique/social comme on pouvait s’y attendre.

D’ailleurs, sur le sujet des albums en vente sans prix fixe, dans un entretien avec New York Magazine, Trent Reznor rapporte qu’il a choisi de payer US $5000 pour le dernier album de Radiohead, histoire de soutenir l’initiative [sur laquelle je compte revenir dans ces colonnes bientôt].


Du commerce équitable sur la scène indie...

23 July[ —]

J’ai reçu un mail de [****] (1) me vantant les mérites de Fredzefred. Je suis allé voir. Malheureusement pour moi, la connexion vidéo avec le site était très mauvaise et les rythmes et électrobeeps du groupe m’arrivaient saccadés et coupés, cassant à la fois l’ambiance et l’énergie. Je le dis tout de suite, ce n’est pas ma tasse de thé, mais je ne vais pas pour autant prétendre que le groupe, la musique ou la démarche sont nuls. Simplement, ce n’est pas mon genre de musique — de plus, et là je vois que je deviens plus vieux schnock que jamais, il existe des limites à bâtir des chansons autour de la juvénile allégresse à chanter le mot ‘motherfucker’ à tue-tête. Mais ils doivent bien avoir d’autres chansons à leur répertoire, donc passons sur celle-ci.

En revanche, comme d’habitude, je suis allé fouiner autour de cette information pour tomber sur ‘Reshape Music’ qui se présente comme étant ‘le premier label éthique et participatif’ et propose la musique de ses artistes en téléchargement. Comme il est expliqué sur le volet ‘philosophie’ du site, il s’agit de reverser 50% des ventes à l’artiste. Là, je ne puis qu’être d’accord.

Tout d’abord, j’aurais des problèmes à dire ‘first’ [premier, pour ceux au fond de la salle qui ont séché les cours d’anglais], est-ce qu’il s’agit du premier à se lancer dans l’aventure [je ne crois pas, il y avait Magnatune qui pourrait revendiquer ce titre, il y a bien longtemps maintenant, sans parler d’une foule de petits labels et collectifs qui agissent de manière semblable], ou est-ce ‘premier’ parce que le plus important sur le marché [et je ne crois pas que ce soit le cas non plus…]. Ailleurs, cette revendication est plus nuancée, quand l’équipe se proclame ‘first european fair trade label’. Si on parle, principalement, d’Europe, ça enlève effectivement Magnatune [plus présent aux USofA qu’ici] de l’équation. Par contre, l’appellation ‘fair trade’ n’est-elle pas un label validant le plus souvent le commerce entre les supermarchés de l’occident et les producteurs des pays en développement ? Mais, peut-être que les artistes chez Reshape ne sont en fait que des paysans du Pérou ou de Guinée. [en traduction : d’accord les gars, on comprend la démarche, mais faut-il vraiment brouiller le message de ceux qui tentent de faire un boulot valable, en détournant une étiquette qui ne s’applique pas à vous ?]

Le site ensuite est une belle pagaille. Il y a des problèmes de localisation, ce qui veut dire que l’anglais et le français s’affichent souvent ensemble sur la même page, mais pas en traduction simultanée, avec des titres en anglais et des textes en français, ou l’inverse.

J’ai essayé [en vain] de trouver une adresse de contact, pour le courrier postal, ou bien l’adresse du siège social [obligatoire pour les sites, du moins, en France et la plupart des autres pays en Europe], d’autant plus qu’il s’agit ici de vente par correspondance. Que dalle. Oui, il y a bien un formulaire de contact. Oui, il y a bien le nom des membres l’équipe, mais si on a besoin de contacter quelqu’un parce qu’il y a un problème plus grave… on est perdu d’avance. (2)

De même, pour connaître les formats de fichiers utilisés pour encoder les morceaux téléchargeables, il m’a fallu choisir des morceaux et les placer dans le panier de courses du site pour enfin découvrir les choix disponibles [mp3, mp4, et Ogg]. A priori sans DRM. Du moins, ils n’en parlent pas, mais aucune info sur l’encodage — croisons les doigts sur ces deux points.

Donc, c’est une bonne initiative, avec laquelle green ne peut qu’être d’accord. Mais dans les faits, c’est mal abouti, et ça risque même de faire plus de tort que de bien. Pour que des sites, labels, boutiques de disques indies veuillent apporter plus de visibilité [et des ronds] à leurs artistes, il faut que l’expérience pour l’utilisateur soit non seulement à la hauteur d’iTunes Store [qui constitue la référence en termes d’ergonomie, mais aussi qui reverse entre 70 à 78% de la vente]. De même, on peut argumenter qu’iTunes bénéficie d’une telle notoriété qu’une boutique ou qu’un label indépendant se doit de faire encore mieux parce que dans le cas de la musique indépendante, il s’agit aussi quelque part de rassurer un public sur un ensemble d’inconnus.

Allez les gars, encore un effort. La scène indie le mérite non?

Nota 1 - Je ne tiens pas à publier son nom, elle faisait son boulot, elle est certainement sincère dans ce qu’elle a écrit, et je ne tiens pas à attirer l’attention sur cette personne en particulier.

Nota 2 - Le ‘whois’ sur le nom de domaine ‘reshape-music.com’ étant masqué chez OVH, il m’a fallu au moins trente secondes pour trouver que la société ‘Reshape Music’ a pour siège social le 211 rue Leon Gambetta, à Lille. Il s’agit d’une SARL dûment enregistrée au tribunal de commerce de Lille sous le numéro B 483 672 291, au capital de 7500 euros, et qui existe depuis le 10 août, 2005. Le gérant semble être Jean-Francois Caly. Alors, pourquoi ces informations ne sont-elles pas accessibles sur le site ?


Levons un verre de vin de lilas...

23 July[ —]

Il s’avère que Green est sollicité par diverses entreprises — musiciens indies, groupes et collectifs, lieux de concerts, boîtes de promo, fans et autres bienveillants — pour parler de différents musiciens sur ces pages. Il faut avouer que j’ai découvert pas mal de musiques de cette manière et j’encourage même tout le monde à continuer.

Toutefois, il y a une boîte qui m’envoie régulièrement des messages, m’offrant des CD à critiquer, des packs presse et des fils streaming. Cette boîte s’appelle SpecialOpsMedia. Il semble que la major Sony soit une assez bonne cliente chez eux.

Quand ils parlent d’un groupe que je trouve intéressant, je suis le lien, et parfois je fais suivre l’info ici. Dans ce cas, je rajoute la mention ‘via specialopsmedia’ comme je le fais toujours quand j’ai trouvé un morceau par le biais d’un tiers. Mais j’ai nettement l’impression que monsieur Randi Kraemer [mon ‘correspondant’ chez eux] a monté son fichier en relevant des liens sur des blogs de musique, sans forcément qualifier ces sites par le type de musique qu’ils présentent. Donc je me trouve avec des offres à écouter Paul McCartney [merci, je préfère Crowded House, ou The Finn Brothers] ou le re-re-release de Rocket Man d’Elton John [merci, je préfère largement son disque Madman Across the Water.]. De temps à autre, il y a effectivement des choses plus dans mes cordes… Mais est-ce que le monde a vraiment besoin d’un Nirvana Live, ou d’un coffret Elvis Costello ? D’autant plus que j’imagine que même la presse généraliste va couvrir ce genre de disques.

L’autre jour j’ai tilté sur le sujet d’un mail de mon correspondant, intitulé Jeff Buckley - So Real. Effectivement, tout le monde est d’accord pour dire que la carrière du fils de Tim Buckley a été atrocement courte, que les disques qu’il a sortis de son vivant [et le premier publié ‘post mortem’, l’album sur lequel il travaillait au moment de sa noyade, puis terminé par d’autres] constituent des bijoux rares de mélodie et de sensibilité. C’est ainsi qu’à juste titre Jeff Buckley a laissé derrière lui des fans éplorés, se lamentant de son absence.

En inspectant le mail, j’apprends qu’il s’agit de [dixit, et les traductions sont de moi car ce monsieur m’écrit en anglais bien sûr] “the first official anthology of his work” [la première anthologie officielle de son œuvre]. Oui, ça sonne mieux que “compilation” ou “greatest hits”. Donc Sony — à travers Columbia/Legacy — pille les quatre disques ‘officiels’, et rajoute deux morceaux ‘live’. [Tout en se rappelant que les disques ‘live’ signés Jeff Buckley ne manquent pas et, vu que ces morceaux doivent circuler de manière ‘officieuse’ depuis belle lurette, les vrais fans les auraient déjà, forcément.]

Donc, au lieu de la voix à la fois étranglée et aérienne de Jeff Buckley, je n’entends que le bruit des tiroirs-caisses des ayants-droits [car bien sûr, là où se trouve Jeff, où que ce soit, il ne verra pas le moindre pfennig de royalties… même s’il semble avoir le temps de s’occuper de sa page sur mySpace…].

Mon avis, sans même avoir écouté le moindre morceau : n’achetez pas ce disque. Allez acheter un CD d’un petit groupe inconnu, mais plein d’avenir. Il y en a des milliers, et la plupart mérite largement le détour. De plus, ils ont besoin de vos sous plus que Sony et ses potes.

Pour finir dans le ton, je vous conseille de passer voir Bertrand Priouzeau, il propose sur son site un coin de fan — section Audio, puis choississez ‘Jeff Buckley’ bien sûr. Écoutez aussi la musique de Bertrand. Et, pendant que vous y êtes, pourquoi ne pas lui acheter un de ses disques. D’accord, il n’est pas Buckley, mais il est vivant, largement.


Mes meilleurs secrets [4 sur 5]

23 July[ —]

Lorsque j’étais môme, l’appellation ‘musique pop’ englobait toute la musique ‘populaire’, de The Beatles au Dave Clark Five ou Freddy and the Dreamers, de Val Doonican à Tom Jones, et — plus lointain et plus obscur — Tommy Steele, Bill Haley ou Lonnie Donegan. Ce n’est que dans le courant des années soixante que le distingo ‘pop’ contre ‘rock’ est devenu tranché, et je me trouvais — comme la plupart de mes amis — clairement du bon côté de cette division, le côté ‘rock’ de la force…

Ce n’est que bien des années plus tard que la musique ‘pop’ est revenue à mon attention. Et le terme avait aussi changé de sens. Il n’était plus question de musique ‘populaire’, mais d’un genre musical à part entière, plus mélodique que le rock, mais cachant ses dents sous des dehors sucrés. Je ne me souviens plus exactement du moment, mais ça devait n’être que quelques années avant l’explosion punk. Je me rappelle disctinctement le morceau SOS par Abba, en train de passer dans l’espèce de MJC où je travaillais à l’époque, et avoir dit à un collègue que, caché sous le bambambam du rythme eurobeat, se trouvait une chanson formidable. Puis, pendant que le punk explosait et que des bandes de garçons avec des cheveux hérissés à l’eau sucrée armés de trois accords éclataient nos tympans dans des bars et des caves enfumés, nous nous délassions parfois autour d’une bière tiède pour parler de Bacharat/David, de Harry Nilsson, de Paul Williams, et, bien sûr, Brian Wilson. En quelque manière ces discussions adolesentes qui se reproduisaient un peu partout en Grande Bretagne, préparaient le chemin pour les groupes post-punk/new-wave, plus mélodiques, et là je pense à Orange Juice ou Aztec Camera [et les autres gens de Postcard], Sarah Records ou Prefab Sprout.

La musique pop était de retour en force, et depuis cette époque mes oreilles ont dû oscillé entre mélodie et expérimentation, mes goûts musicaux s’étant formés dans le creuset des ces années-là. Et c’est probablement pourquoi un site avec un nom comme popmatters m’a interpellé.

Pour les non-anglophones, il faut signaler une ambiguité cachée dans l’intitulé : on peut lire ‘Pop matters’, c’est-à-dire, les choses autour de, ou concernant ‘la pop’. Mais aussi comprendre Matters, comme le verbe, et ça devient l’importance de la ‘pop’, ‘la pop importe’. Et attention, ‘popmatters’ ne s’occupe pas exclusivement de la musique populaire, mais aussi de toutes les choses qui constituent le ferment de la culture populaire et contemporaine.

Le site existe depuis des années, et n’est pas un secret en tant que tel, mais il réussit à rester un peu en-dessous de l’horizon médiatique contrairement à d’autres sites. Il est, par exemple, beaucoup moins ‘dans le vent’ [et beaucoup moins prétentieux] qu’un site comme Pitchfork, où l’on a souvent l’impression que les contributeurs préfèrent leur voix et sont amoureux de leur propre style, et où la musique n’arrive souvent qu’en troisième place après ces sujets autrement plus importants.

Voilà, je partage le quatrième de mes meilleurs secrets - PopMatters. Pour rappel, les trois précédents sont accessibles ici, ici, et ici. Le cinquième, et dernier, arrivera un de ces jours, mais on n’est pas pressé tous les deux.


Effervescence

23 July[ —]

En travaillant sur le projet que j’ai mentionné récemment dans ces colonnes, mon associé, Alain — celui qui relit et corrige les textes que je poste sur ces pages — a dû, parmi d’autres plaisirs, écouter un nombre incalculable de groupes de rock indépendants d’outre-Rhin : ce qui l’a questionné sur cette association curieuse entre l’Allemagne et les musiques punk, death-metal, et autre ‘screamo’. À bout de forces, et à demi-sourd, il m’a pourtant envoyé un mail pour me signaler une découverte, trouvée non pas en Allemagne, mais au sein d’un collectif français… Effervescence.

Alain me signalait le groupe The Patriotic Sunday, une musique aux accents folk, planante et atmosphérique. Il s’agit d’un Nantais du nom d’Eric Pasquereau à la guitare, accompagné de quelques amis. Et parmi ces amis, au sein de ce collectif Effervescent, se trouve un autre projet This Melodramatic Sauna, moins folk, mais plus expérimental, un peu minimaliste, un peu répetitif, un peu de traitements électro-acoustiques. En fait, encore une fois, il s’agit du projet d’un seul — assisté d’amis et d’autres musiciens — cette fois-ci, un certain Jonathan Seilman.

Je n’ai pas encore eu le temps de bien parcourir le site de ce collectif, mais dès que j’aurai un moment, j’ai l’intention de le faire. Si tout est à la hauteur de ces découvertes, ça en vaut le détour…


La Machine à Hype

23 July[ —]

Relookage de site et nouvelles fonctionnalités pour nos amis de The Hype Machine.


0 | 10










mirPod.com is the best way to tune in to the Web.

Search, discover, enjoy, news, english podcast, radios, webtv, videos. You can find content from the World & USA & UK. Make your own content and share it with your friends.


HOME add podcastADD PODCAST FORUM By Jordi Mir & mirPod since April 2005....
ABOUT US SUPPORT MIRPOD TERMS OF USE BLOG OnlyFamousPeople MIRTWITTER